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Des choses pareilles

von Philippe Monneral

Arg ! | 19 décembre 2005

J'ai frémi. Je me voyais là, avec cette personne essayant de me faire cracher le morceau, de me faire sortir de mes gonds.

Je me voyais dans cette peur du retranchement, des abris mous derrière lesquels il n'est pas possible de se cacher ou de se protéger. Etre mis à nu. Mise à nu illusoire. Mais peut-être n'est-elle que le prélude à des naissances nouvelles, des désencombrements, des déshabillages, des incisions dans cet ego pluriforme. Arg !

Peur. Truc au ventre. Attirance. Répulsion. Amour et haine. Peur d'être le meurtrier, de me mourrir moi-même.

Publié par pareil à 10:16:27 dans Des choses pareilles | Commentaires (6) |

Laisser grandir | 16 décembre 2005

Je voulais faire ma vie. La construire. Bâtir un avenir. J'ai compris, aujourd'hui, que c'est possible, souhaitable même. A une condition : accepter que la vie se déconstruise. Accepter qu'elle soit ce qu'elle est. Qu'elle ne se laisse ni réduire, ni savoir, comme chacun d'entre nous d'ailleurs.

J'ai compris qu'il n'y a que des instants. Il n'y a que des espaces éphémères, des bouts de temps qui s'offrent à nous pour nous laisser grandir.

Je dis : Ok ! Aidez-moi ! Collez-vous à moi afin que je comprenne mieux le monde de cet instant.

Je dis : Non ok ! Allez-vous-en ! Eloignez-vous du centre d'amour que je suis et qui n'est pas disponible à votre attention.

Publié par pareil à 08:06:46 dans Des choses pareilles | Commentaires (4) |

Jusqu'à Paris | 15 décembre 2005

Suspendus les nuages immobiles
la peau du lac striée
le tunnel qui mène à l'autre monde.

J'ai tout vu.

Le rideau tombe.

A Paris, avec elle
Elles, peut-être
Ailes, c'est sûr.

Rester immobile
dans la voiture qui file,
des chevaux frais
pour aller jusque-là.

Jusque-là.

Publié par pareil à 08:34:13 dans Des choses pareilles | Commentaires (4) |

A l'instant | 14 décembre 2005

Mourir. Renaître. Progresser toujours. Voilà le but de cette (?) vie. En fait, croire à la réincarnation n'est pas tellement nécessaire.

Il suffit de comprendre que les naissances et les morts se font à chaque instant. Il s'agit de fixer son attention sur l'instant, sur l'inspir.

La fixité de l'attention se fait dans l'inspir. L'attention de l'inspir conjuguée à une position corporelle adéquate mène à l'attention du vide. Le silence. La cellule du détenu, la cellule du moine.

La cellule, base de la vie, dans l'infiniment petit, dans l'infiniment grand. La cellule est l'unité d'attention à laquelle chacun peut retourner à l'envi.

Publié par pareil à 13:26:20 dans Des choses pareilles | Commentaires (2) |

Frage V | 12 décembre 2005

Si le miroir renvoie mon image, cela ne signifie-t-il pas que je l'avais envoyé ailleurs, à d'autres ?

Si le miroir me reflète, alors n'est-il pas mon ami le plus fidèle ?

Si le miroir me ramène à mon existence, est-il un taxi, un chien ou un cheval connaissant par cœur le chemin qui me ramène à moi-même ?

Publié par pareil à 08:16:24 dans [Frage] | Commentaires (5) |

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