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Des choses pareilles

von Philippe Monneral

Buffet froid (dédicace à Sensuelle) | 19 février 2006

Je sens la poitrine vibrante. Ce qui passe chaque seconde. Les carreaux vernissés qui gardent la buée de ses mains, puis de ses jambes et de ses cuisses enfin. Elle aime, halète, échappe à mon doigt, elle se sait comme la bête. La chaste est ouverte. Les lumières s'éteignent. Il reste les gestes plus durs que tout de suite.

Elle n'est plus qu'une pâte qui m'enrobe vraiment corps et âmes.

Et les sons de cette nuit, le sol glacial, la peau qui cède aux assauts du sang plus chaud que des soleils, des chocolats aux mousses que la langue ne peut happer, aux bruits des bulles du lait, à ces envies trop pressantes que je confonds, à cet autre qui se défend de mon couple, d'échanger des souffles obscurs et des désirs que je sens l'étrangler.

C'est trop. Alors, je laisse aller tout. A elle, à la terre, aux murs que je devine humer sa peau, la palper vraiment, puisqu'il y a là plus de murs que je n'ai de mains, puisqu'elle veut partir quand moi, puisqu'elle veut finir toute cette histoire de dingue. J'allais seulement pisser et me voici ventre à ventre à terre. Ca n'est pas moi. Mais c'est moi. Ca n'est pas vrai. Mais pourtant, c'est vrai.

Je crois qu'elle était rousse de peau, une matière sensuelle.

10 minutes pour sécher. Le boss déteste attendre.

Publié par pareil à 14:38:37 dans [D-10-KC] | Commentaires (0) |

Revue | 13 février 2006

Je respire pour la première fois de la journée.

J'ai marché beaucoup, mais je n'ai pas avancé d'un pouce. Je pense à elle. A l'Italie. A son Italie. Mes rêves. Ce qui reste possible. Vivant. Sublime.

Je me revois. Je pense à ce que je dirai vendredi. Je me sens vivant et mort. Je ne sens plus rien du passé aussi bien qu'avant. Je revois cette cellule à Hauterive. Je regarde ma chambre, mon lit. Ce que je n'utilise jamais. Les cols trop hauts, les habits neufs. J'en ai bien assez pour ce soir. J'ai trop appris. Trop mangé.

Laisse-moi seul. J'aimerais parler au monsieur qui se tient la tête.

Publié par pareil à 22:32:26 dans Des choses pareilles | Commentaires (7) |

Les mots, ton toucher | 12 février 2006

Moi. La demoiselle. Je l'ai aimée sans attendre. Je lui ai dit : « La fumée de votre cigarette m'importune. » Son regard était doux. Tout doux. Doux comme les nuages de mes rêves. Doux comme une peau fraîche.

Le toucher simple d'une main qui tisse des harmonies gracieuses dans ma nuque, j'échange mon piano contre ton toucher, les cordes de ma vielle grâce à toi. Les instruments s'accordent et la symphonie d'un monde nouveau m'emporte loin les étoiles.

Je tais les mots. Entre nous, c'était toi.

Publié par pareil à 22:45:18 dans Des choses pareilles | Commentaires (2) |

(Laisse) venir | 07 février 2006

Je pense à la perspective du passé, à tous ceux qui ont la vue sur le lac, qui ignorent la beauté, ou qui ne peuvent pas la voir. Je pense au ciel de chaque existence, à la conscience que seul altère le présent. A toute cette confusion. A la fleur qui s'en fout. A cette fleur qui grandit.

Je regarde le ciel qui s'habille, lentement, qui se laisse disparaître. Je te regarde, trop intime pour te voir, pour te voir vraiment. Si tu étais ce ciel, je te couvrirais de mes baisers les plus...

Je pense aux nouveautés. A celle qui m'a dit : "Tu n'es pas seul." Je laisse les pensées venir. Je ne pense rien. Ce sont elles qui me choisissent. L'arbre ne demande rien. A lui viennent les rayons, les gouttes de pluie, les fruits. Il n'y fait rien. Il n'y peut rien. Et nous ? Et toi ? Que fais-tu pour ne rien faire ? Comment te laisses-tu grandir ? Quelle prise lâches-tu enfin ?

Publié par pareil à 12:45:06 dans Des choses pareilles | Commentaires (4) |

Taripule | 05 février 2006

 

 
Tempête du dessert (en japonais) : Tiramitsunami

 

 

Publié par pareil à 21:28:54 dans [En short] | Commentaires (2) |

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