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La vie que j'aime ressemble à un silence,
à un endroit serein.
J'y suis seul
à mon aise
avec vous autres
ailleurs
un rêve pur
et pur
encore.
Publié par artemis à 10:30:24 dans Vers de terre | Commentaires (1) | Permaliens
C'est bientôt la fête des mères, alors en hommage à ma maman, je vous raconte, dans la lignée des plaisirs minuscules de Philippe Delerm, les petites crêpes des après-midi pluvieux.
Il fait mauvais, cet après-midi. Inutile de penser à sortir, il pleut des cordes.
Et si on se faisait des petites crêpes. Rien que l'idée me rappelle des souvenirs d'enfance.
Je vous fais des crêpes, si vous voulez.
C'est le moment où la magie opère. Dans notre imaginaire, l'espoir de montagnes de crêpes fumantes qui nous attendent.
Tout d'abord, il y a la pâte. Cette alchimie qui opère souvent sans recette. Personne ne saurait dire dans la famille quel poids de sucre ou de farine il faut mettre pour la réussir. Pourtant, nous savons tous la faire, chacun à notre manière.
Ensuite la pâte se repose. Mais la pauvre, elle reçoit souvent des visites inopinées. Car pour savoir si la pâte est réussie, il faut tremper un doigt dedans : pour vérifier le goût d'abord, et puis aussi l'épaisseur. Pour être sûrs, nous avons pris et transmis l'habitude de goûter souvent la pâte, on ne sait jamais. En plus, ça vous occupe quand il fait mauvais. Il faut choisir entre deux options : soit on met vite le doigt à la bouche pour en avoir le plus possible à goûter, soit on attend patiemment, en observant le liquide glisser du doigt pour retomber dans le saladier dans un ploc un peu sourd. Bien sûr, comme il ne faut jamais tremper deux fois le même doigt pour des questions d'hygiène, ça donne droit à dix essais seulement.
Vient enfin la cuisson. Avec un peu de chance pour les dégustateurs, la première crêpe sera réussie. Sinon, la ratée finit toujours par faire un heureux : celui qui cuit les crêpes. Car contrairement à ce que nous avions imaginé au départ, il n'y aura jamais de montagne de crêpes empilées. Tout se joue à ce moment où les crêpes arrivent enfin une à une dans l'assiette. Un aller retour incessant se forme entre la cuisine et les autres pièces de la maison. On vient faire la causette, une fesse sur le bord de l'évier, l'œil sur l'assiette déjà vide. On cherche négligemment de la main la confiture de fraises. On apporte un ou deux spécimens à ceux qui risquent de ne pas en avoir s'ils continuent à les ignorer. On alterne au sucre, au miel, roulée ou pliée en quatre.
Avec un peu de chance, il reste une bouteille de cidre dans la cave, et un pot de cette délicieuse confiture de myrtilles qu'on avait oubliée depuis la dernière fois.
Et quand on regarde la pluie, la neige au dehors, on se sent bien au chaud.
Bon, promis, la prochaine fois, je choisirai un plaisir plus adapté à la saison !
Publié par artemis à 22:27:53 dans Vers de terre | Commentaires (1) | Permaliens
Je te donne ce poème
le mot arbre, le mot maison
et sentier, ruche, rivière
mésange, jardin, lumière,
lune et soleil, nuit et jour
étoile, sourire, amour,
le mot coeur, le mot caresse.
Je te donne la promesse
de l'amitié du monde.
Jean Joubert
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Je dédie ce poème à Verdad, et à tous ceux qui connaissent la générosité du coeur.
Publié par artemis à 18:27:30 dans Vers de terre | Commentaires (2) | Permaliens
Toute une enfance
Bercée par le bruit du torrent
Enfant du village
Enfant de la neige
La montagne est mon refuge.
Souvenirs qui remontent
Je n'appartiens plus à ce monde
Nous avons dû partir
Les autres sont restés bien sûr
Et m'ont bien vite oubliée.
C'est l'appel de la montagne
Lorsque l'on est en haut
Rien d'autre n'existe
La vallée est cachée par les nuages.
Aujourd'hui en plaine
Je dois faire le deuil
De cette partie de moi
Je suis toujours une fille de la neige
J'appartiens à la montagne,
Mais elle ne m'appartient plus.
Je suis comme ce télésiège
Lorsqu'on l'éteint.
Tous les enfants de la neige
Connaissent ce petit deuil de l'hiver
Il faut attendre un an
Pour reconquérir la neige
Pour moi, c'est le deuil d'une enfance entière.
Pourrai-je un jour voir la montagne
M'appartenir à nouveau ?
Déracinée,
Je vais embrasser le monde
Et le faire mien.
Publié par artemis à 16:34:27 dans Vers de terre | Commentaires (1) | Permaliens
Publié par artemis à 14:28:34 dans Vers de terre | Commentaires (2) | Permaliens
Petits cailloux