En exclusivité, une photo extraite du prochain calendrier de nos rugbymans so frenchy! connus maintenant sur toute la planète (probablement parce qu'ils jouent désormais dans de sobressplendidesremarquables notables ensembles dont la couleur majoritaire est le... rose)
Evidemment, c'est pour de faux.
Mais quand on voit certaines photos de l'édition 2007, à la charge homo-érotique de plus en plus prononcée (telle cette image de Sergio Parisse, offert, à quatre pattes sous le jet d'une douche, vêtu d'un simple jock strap, et dont le visage semble refléter l'extase - how gay porn!), on pourrait presque penser que l'année prochaine, ils vont tous franchir le cap et verser dans la pornographie pure en se prodigant de mâles carresses que l'on échange plutôt d'habitude dans l'intimité (entre hommes ou pas). A moins que, pour la prochaine édition, il n'y ait publication d'une version soft et d'une version hard (toutes deux vendues sous cellophane, bien sur...)?
Je crois que Les Dieux (Du Stade) sont tombés sur la tête...
[PS: photo choisie un brin choquante volontairement]
Dans le brouhaha du restaurant, noyé dans les odeurs de fumée de cigarette et celles, alléchantes, en provenance de la cuisine, mon regard se porte soudain sur le couple assis à deux tables de la mienne. Ils sont arrivés peu après moi et je n'avais guère prêté attention à eux jusqu'à maintenant. Jusqu'à ce que j'entende cette femme dire : elle. Un mot d'une banalité affligeante s'il en est. Quatre lettres pour tout et rien dire Un mot qui n'a de sens que celui qu'on veut bien lui conférer. Mais un mot qui, dans la bouche de cette inconnue attablée à quelques pas de moi, prend un sens dramatique de part la façon dont elle l'a prononcé. Quatre lettres, oui. Mais quatre lettres qui en un instant résument toute une situation. Toute une vie peut être. Quatre lettres qui témoignent, dans un souffle de voix cassée, de la déchirure d'un cœur.
Je vois les larmes retenues dans les yeux si verts de cette rousse si belle. Une seconde, mon esprit vagabonde sur l'histoire possible de cette fille d'Irlande à la chevelure de feu qui lui cascade sur les épaules en une beauté certes négligente mais surtout insolente. J'imagine, je fabule, j'invente peut être. Je veux croire que je connais leur histoire. Tout comme je veux croire que je me trompe. Mais il y a tant de détresse dans les yeux de cette femme que je comprends ce qu'il se passe très clairement. Pas besoin d'un dessin. Je sais reconnaître une rupture quand j'en vois une.
Question d'expérience. Et de pratique.
Se souviennent-ils qu'une assiette est posée devant eux ? L'univers a-t-il encore une consistance dans la dimension presque privée où ils se trouvent en cet instant ? Qu'est-ce qui est important quand on se fait mal ? L'autre ? Soi-même ? Nous ?
Non. Ce n'est plus qu'eux. Eux deux et le fantôme de l'autre. Cette « elle » si absente mais trop présente. Comment retient-elle ses larmes ? Comment peut-il paraître si froid, si distant, alors que sa compagne est plus nue devant elle qu'il ne l'a jamais vue ? Souffrir toujours ? Au-dessus d'un pat de spaghettis au pesto ? Quelle ironie ridicule...
Je ne saurai jamais la fin de l'histoire. Mon temps est venu : je dois partir, ma table étant réquisitionnée pour d'autres convives de passage. Pourtant, je ne veux pas m'en aller sans savoir. Sans les regarder une dernière fois. Ce que je fais.
Elle lui tient la main, une main qui semble n'avoir qu'une envie : s'enfuir de celle qui la retient contre elle. Ses doigts jouent avec l'alliance de celui qui est encore son mari (cet anneau est comme votre amour : il n'a ni début ni fin - c'est ça, ouais...). Et là je vois que ce qui existe entre eux, ce qui a toujours existé entre eux et qui existera toujours entre eux. Je vois ce halo d'affection et de liens qui les entoure, qui les unis, qui les lie l'un à l'autre jusqu'à la fin des temps, de vies en vies peut être. Tout à coup, je ne vois plus la première couche du tableau dépeignant une séparation mais toutes les couches précédentes de cette toile peinte au jour le jour.
Je vois qu'ils s'aiment. Encore.
Et que c'est magnifique.
Même maintenant, je me demande s'il a retiré son alliance. Après... Ou bien si, tels deux adolescents découvrant le pouvoir immense de l'amour et du pardon qui l'accompagne, ils se sont retrouvés dans une intimité qui n'appartient qu'à eux, à l'hôtel au coin de la rue. Après...
A vous la parole!