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Avez-vous déjà entendu de l'action commune en justice contre les majors pour cause de présence de dispositif anti-copie sur les DVD ? Vous pouvez se joindre à cette action, pour faire respecter le droit de copie privée, sur le site www.classaction.fr/actions/action1/service1.htm,.
Sur le principe, quoi de plus noble que de défendre un droit que vous reconnaît la législation française et que bafouent les majors bafouant ce droit dont le montant annuel collecté par la SACEM s'élève à 48,50 millions d'euros en 2003 soit 6,85%des droits collectés cette année (voir l'article Que rapporte un CD vendu aux ayants droit ? phenomenessociete.blogg.org/themes-36643.html).
Mais joindre à cette action n'est pas gratuite, car il faut payer les honoraires fixes des avocats qui s'élèvent à 12 euros, 12 petits euros alors que le site propose de vous en réclamer 1000. Ma foi, c'est alléchant. Mais, en regardant de plus près, il y a un astérisque qui renvoie aux conditions générales. (Cliquer dans la barre des menus sur "Edition", puis "rechercher (dans cette page)"
Ces conditions précisent que pour la catégorie 1 (il y en a 6), les honoraires des avocats sont composés d'un fixe de 12 euros et d'une part variable qui représente 40% du résultat (Voir article 6 Grille tarifaire).
Imaginons qu'il y en a 999 avec vous et que le tribunal reconnaît que vous avez raison et condamne les majors à vous verser 1000 euros. Vous et les 999 autres aurez touché 60%*1000-12 soit 588 euros,ceci représente quelques DVD et les avocats ? ils toucherons (40%*1000 + 12)*1000 soit 412 000 euros par tranche de 1000 participants.
Qui sont les perdants ? Sans aucun doute, les majors qui auraient versé 1 000 000 euros par tranche de 1000 plaignants ?
Qui sont les gagnants ? Vous avec vos 588 euros ou les avocats avec leur 412 000 euros par tranche de 1000 défenseurs du droit de copie privée ? Disons que c'est la législation française qui aurait gagné.
Et si le tribunal tranche en faveur des majors et que les majors demandent que les frais de justice leur soient remboursés ? Devine qui va payer ces frais ? Les avocats de www.classaction.fr, le site lui-même ou vous ? Et si de plus le tribunal juge que vous avez agit abusivement, il y aurait probablement une amende civile à payer. Devine qui va payer cette amende ? (Voir article 15. Remboursement des frais et honoraires).
Conclusion, l'action en elle-même est louable, un plaignant solitaire hésitera avant de se battre contre les majors pour un ou plusieurs DVD avec le dispositif anti-copie. Cette action en regroupant les plaignants permet de faire respecter la législation française, mais les honoraires me semblent un tantinet abusifs.
Publié par Tu-Anh à 21:04:49 dans Sur le téléchargement | Commentaires (0) | Permaliens
| 1998 | 1999 | 2000 | 2001 | 2002 | 2003 | |
| Phono | 79 | 77 | 93 | 88 | 92 | 111 |
| Vidéo | 21 | 17 | 19 | 19 | 26 | 38 |
| Cinémas | 12 | 11 | 12 | 11 | 12 | 14 |
| Copie privée | 20 | 19 | 18 | 23 | 39 | 49 |
Repère :
- NAPSTER a été utilisé pour la première fois en juin 1999 aux US
Les droits de « copie privée » ont légèrement baissé jusqu'en 2000 pour bondir les années suivantes. Le téléchargement a-t-il décollé en France qu'à partir de 2001 ?
Les droits « cinéma » n'ont pas bougé entre 1998 et 2002 puis un bond de 17% en 2003. Le téléchargement n'a pas d'impact ou alors un impact positif sur ces droits. Les droits « « Vidéo » ont baissé en 1999 (effet NAPSTER ?), puis augmenté par la suite. Il est tentant de conclure que le téléchargement fait vendre.
Vu les chiffres de ces catégories, il est difficile de conclure que les ayant droits du cinéma perçoivent moins à cause du téléchargement. Peut-être que sans le téléchargement, ils pourraient percevoir plus ?
L'évolution des droits « phono » est plus difficile à analyser pour cause de changement de périmètre en 2000 et en 2003. A part ces deux années, les droits ont baissé en 1999 et en 2001 et monté en 2002. L'impact du téléchargement sur les droits « phono » n'est pas évident.
En conclusion, si le téléchargement a un impact sur les droits perçus par la SACEM, l'impact est en général positif surtout dans le domaine de la vidéo. Le téléchargement dope-t-il la vente ? La question est posée et la réponse semble être oui pour les supports vierges et les DVD.
Publié par Tu-Anh à 13:32:39 dans Sur le téléchargement | Commentaires (0) | Permaliens
A l'attention des lecteurs : Sauf erreur de copie ou de calcul involontaire, les faits et les chiffres reportés proviennent des sources citées. Par contre les réflexions sont forcément subjectives et ne me fais pas dire ce que je n'ai pas dit.
Comme je vous avais promis, je suis sur le point d'analyser les chiffres de la SACEM de 1998 à 2003. Pourquoi cette période, pour deux raisons :
1) parce que sur le site www.sacem.fr, ce sont les seuls chiffres qui existent
2) parce que le début de NAPSTER (premier logiciel P2P) avec une quinzaine d'utilisateurs, a été situé au 01/06/1999 et le premier procès contre même logiciel en 12/1999, nous aurons avec les chiffres 1998 et voire 1999, un cliché sur l'ère avant NAPSTER.
Donc, en retroussant mes manches et en sortant ma loupe, j'ai constaté que les chiffres 2002 ont été « reclassés » par SACEM entre le rapport 2002 et le rapport 2003. Pour ceux qui ont la flemme d'aller consulter ces rapports via le lien www.sacem.fr/portailSacem/jsp/ep/home.do?tabId=4, sachez que dans chaque rapport, Sacem indique les chiffres relatifs de l'année et ceux de l'année précédente pour comparaison.
Rien de catastrophique car le total des droits perçus n'ont pas changé, par contre, 30 millions d'euros des droits perçus de l'étranger (31,16%, des droits publiés en 2002) ont été injectés dans les droits perçus de la radio (7,66 millions soit 19,81% des droits publiés en 2002) et dans les droits phono, vidéo et sonnerie (22,15 millions soit 18,55%).2002 en 2002 2002 en 2003 Variation Télévisions 181 559 000 181 899 000 340 000 0,19% Radios 38 658 000 46 318 000 7 660 000 19,81% Droits phono, vidéo et sonnerie 119 420 000 141 573 000 22 153 000 18,55% Etranger 96 507 000 66 435 000 -30 072 000 -31,16% Spectacles 105 581 000 105 500 000 -81 000 -0,08% Copie privée 39 073 000 39 073 000 0 0,00% Lieux publics sonorisés 79 773 000 79 773 000 0 0,00% Cinémas 11 852 000 11 852 000 0 0,00% Total 672 423 000 672 423 000 0 0,00%
Le terme utilisé par la SACEM pour qualifier ces opérations est « reclassement ». Il ne s'agit donc pas d'une erreur commise en 2002 lors de la publication du rapport. Mais comment des droits perçus de l'étranger soit directement par la SACEM soit provenant des sociétés d'auteur étrangère peuvent-ils donc être reclassés pour augmenter les droits versés par les chaînes de radio et pour augmenter ceux provenant de la vente des K7, CD et DVD ainsi que du téléchargement de sonnerie musicale ?
Je n'ai pas trouvé d'explication dans le rapport 2003 mais l'explication, dans le rapport 2002, peut être la suivante :
- Les droits reclassés dans la catégorie "radio" proviennnent probablement des droits reversés par RTL pour des radiodiffusions en France.
- Les droits reclassés dans la catégorie "Phono, Vidéo et Internet" proviennent des droits de reproduction mécanique à l'étranger pour des ventes sur le territoire de la France, ces droits concernent surtout les productions de WARNER et de BMG.
Publié par Tu-Anh à 18:27:02 dans Sur le téléchargement | Commentaires (0) | Permaliens
A l'attention des lecteurs : Sauf erreur de copie ou de calcul involontaire, les faits et les chiffres reportés proviennent des sources citées. Par contre les réflexions sont forcément subjectives.
Dans cet article j'utilise le rappaort 2004 de l'Observatoire de la musique ainsi que le rapport 2003 de la SACEM, en attendant le rapport 2004 de cet organisme. Ces rapports sont accessibles via les liens suivants :
- www.sacem.fr/portailSacem/jsp/ep/home.do?tabId=4
- rmd.cite-musique.fr/observatoire/etudes.htm
Première information importante, le chiffre d'affaire (CA) 2003 sur les CD s'élève à 1,8 milliard d'euros (source : Observatoire de la musique) alors que les droits phonographiques perçus s'élèvent à 111 millions d'euros (chiffres déduits du rapport 2003 de la SACEM), soit 6,11% du CA. Comme le CA ne se rapporte qu'aux CD alors que les droits sont rapportés à tout support, les droits perçus par la SACEM sur la vente de CD sont donc inférieurs aux 6,11% calculés et comme les coûts de gestion de la SACEM en 2003 s'élèvent à 15,2%, en moyenne, les ayants droit, interprète, auteur, compositeur et éditeur se partagent, par CD vendu, moins de 5,18% du prix de vente HT.
Heureusement pour les ayants droit, ces droits phonographiques ne représentent que 15,64% des droits perçus par la SACEM pour leur compte.
La ventilation des droits perçus par origine est classée par part décroissante dans le tableau suivant :2003 % Total Chaînes de télévision publiques et privées 182 757 000 25,79% Spectacles 111 948 000 15,80% Droits Phonographiques 110 821 564 15,64% Lieux publics sonorisés 84 421 000 11,92% Chaînes de radio publiques et privées 48 518 000 6,85% Copie privée sur les supports d'enregistrement vierges 48 502 000 6,85% Droits Vidéographiques 38 146 436 5,38% Cinéma 14 434 000 2,04% téléchargement de sonneries 2 700 000 0,38% Etranger 66 262 000 9,35% Total 708 510 000 100,00%
Je fais remarquer, en passant, que les droits de la copie privée, appelés communément « taxe SACEM », représente aujourd'hui 6,85% des droits perçus, au même niveau que les droits reversés par les chaînes de radio publiques et privées et légèrement supérieur aux droits vidéographiques.
Bien entendu, les droits versés autres que sur les vidéographiques et phonographiques ne rapportent surtout qu'aux ayants droit des CD «à la mode » :
D'après l'observatoire de la musique, « La diffusion musicale observée sur le panel de radios visé plus haut, porte sur 60 000 titres par an. Les titres diffusés plus de 200 fois sur le panel représentent 4,5% de la totalité des titres diffusés et totalisent 85% du volume total de diffusion ».
Quel est l'impact du téléchargement sur les droits perçus par SACEM ? Je fournirai les chiffres de la SACEM dans mon prochain article.
Publié par Tu-Anh à 18:14:43 dans Sur le téléchargement | Commentaires (0) | Permaliens
Dans l'article « Les CD sont-ils trop cher en France ? », nous avons vu que la baisse des prix des CD fait bondir les ventes, que cette baisse provient d'une baisse de TVA, d'une simulation de baisse de TVA ou d'une opération mid-price.
Depuis 2002, le gouvernement français milite auprès de la commission européenne pour une baisse de la TVA sur les CD (http://www.culture.gouv.fr/culture/actualites/politique/tva-disques/index-tva.html). En attendant, voyons comment le chiffre d'affaire sur la vente des CD est réparti entre les acteurs économiques, du compositeur au détaillant. J'ai consulté deux études, l'une effectuée par GMV Conseil, étude citée par le ministère de la culture (http://www.culture.gouv.fr/culture/actualites/politique/tva-disques/index-tva.html), pour les années 1987 et 1988, la deuxième de Loïc Roman publiée sur le site de ratiatum le 20/11/2003 (http://www.ratiatum.com/p2p.php?id_dossier=1215&page=1) citant les chiffres de la SNEP (Syndicat national de l'édition phono-graphique).1987 1988 2003 ? 2003 / 1988 Droits d'Auteur 7,35% 7,39% 7% 95% Royalties d'interprète 7,35% 7,39% 19% 257% Frais d'enregistrement 1,84% 1,85% 3% 169% Frais généraux 9,19% 9,24% 13% 141% Publicité promotion 3,68% 3,69% 16% 436% Fabrication 14,71% 14,78% 11% 74% Marge brute (maison de disque) 7,35% 7,39% 9% 120% Distribution 22,06% 22,17% 22% 46% Détaillant 26,46% 26,11%
Si les chiffres cités sont exacts, la comparaison de la répartition à 15 ans d'écart donnera les résultats suivants :
- le coût de fabrication a diminué de 26%.
- la part de la distribution (détaillant compris) a été divisée par deux.
- Les droits d'auteur n'ont presque pas évolué.
- Les royalties d'interprète ont plus que doublé. Mais dans l'étude de Loïc Roman, les royalties d'interprète dépendent de la valeur de l'artiste, pour certains, cette part serait plus proche de 10%, alors que dans l'étude de GMV, il s'agit d'une estimation moyenne. Même à 10% en 2003, les interprètes ont vu leur part grimpé de 33%.
- Les frais d'enregistrement et les frais généraux ont augmenté de 50%.
- La marge des maisons de disque a augmenté de 20%.
- Les frais de publicité et de promotion ont quadruplé.
Publié par Tu-Anh à 19:39:14 dans Sur le téléchargement | Commentaires (0) | Permaliens