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Pour ceux qui souhaitent renégocier le traité. | 23 mai 2005

Il est nécessaire de répondre à la question suivante avant d'aller au bureau de vote :
- le traité constitutionnel est-il mieux ou moins bien que le traité de Nice pour les points qui vous impactent ? Aujourd'hui, l'Europe fonctionne en se basant sur le traité de Nice.

Pour ceux qui trouvent que le traité constitutionnel est un traité de Nice amélioré mais qui doit être renégocié pour encore l'améliorer, je ne résiste pas à extraire le poème « Le héron » de Jean de la Fontaine :

Le Héron au long bec emmanché d'un long cou.
Il côtoyait une rivière.
L'onde était transparente ainsi qu'aux plus beaux jours ;
Ma commère la Carpe y faisait mille tours,
Avec le Brochet son compère.
Le Héron en eût fait aisément son profit :
Tous approchaient du bord ; l'oiseau n'avait qu'à prendre
Mais il crut mieux faire d'attendre
Qu'il eût un peu plus d'appétit :
Il vivait de régime et mangeait à ses heures.
Après quelques moments, l'appétit vint : l'Oiseau,
S'approchant du bord, vit sur l'eau
Des tanches qui sortaient du fond de ces demeures.
Le mets ne lui plut pas ; il s'attendait à mieux,
Et montrait un goût dédaigneux,
Comme le Rat du bon Horace.
« Moi des tanches ! dit-il ; moi, Héron, que je fasse
Une si pauvre chère ? Et pour qui me prend-on ? »
La tanche rebutée, il trouva du goujon.
« Du goujon ! c'est bien là le dîner d'un Héron !
J'ouvrirais pour si peu le bec !aux Dieux ne plaise ! »
Il l'ouvrit pour bien moins : tout alla de façon
Qu'il ne vit plus aucun poisson.
La faim le prit : il fut tout heureux et tout aise
De rencontrer un limaçon.

Ne soyons pas si difficiles :
Les plus accommodants, ce sont les plus habiles ;
On hasarde de perdre en voulant trop gagner.

Publié par Tu-Anh à 14:05:24 dans Sur l'Europe | Commentaires (0) |

Renégocier le traité constitutionnel européen ? | 23 mai 2005

L'analyse des appels à voter non au référendum sur la ratification du traité constitutionnel européen montre qu'ils existent trois catégories :
- ceux qui sont contre l'Europe comme les souverainistes
- ceux qui sont contre le traité de Maastricht mais pour une Europe de la paix et des peuples
-
ceux qui sont pour l'Europe de Maastricht mais souhaitent renégocier le traité constitutionnel

Contre ou pour l'Europe de Maastricht, les deux dernières catégories rassemblent les personnes qui souhaitent renégocier le traité constitutionnel.

Si le référendum français rejette la constitution, celui-ci ne sera pas appliqué tel quel par les 25 états.
Si le référendum français rejette la constitution et en espérant que tous les états acceptent de renégocier, la renégociation peut aller dans un sens comme dans le sens contraire. En supposant que la renégociation va dans le sens de ceux qui appellent à rejeter ce traité afin de la renégocier, le prochain traité sera-t-il suffisamment bien pour eux ?

Maintenant imaginons le cas pire avec scission de l'Europe entre les pays qui ont ratifié le traité et ceux qui l'ont rejeté. Avec qui la France va-t-elle construire l'Europe du non, avec le Royaume-Uni qui s'est engagé aux côtés des Etats-Unis dans la guerre d'Irak et qui est opposé au projet de directive européenne interdisant de dépasser les 48 h de travail hebdomadaire ?

Et comme toujours, quelques chiffres (site www.constitution-europeenne.fr)

Etat par état, le visage de la ratification de ce traité est le suivant :
- 7 états ont déjà ratifié ce traité : L'Espagne, la Grèce, la Hongrie, l'Italie, la Lituanie, la Slovaquie.
- 2 états vont probablement la ratifier : l'Allemagne, la Belgique.
- 2 états où l'opinion publique pour le traité est majoritaire : le Danemark et le Luxembourg.
- 10 états où, sans être majoritaire, l'opinion publique pour le traité dépasse celle pour le non de 10 points : l'Autriche, Chypre, l'Estonie, la Finlande, l'Irlande, la Lettonie, Malte, la Pologne, le Portugal, la république Tchèque.
- 2 états où le « oui » et le « non » sont au coude à coude : Les Pays-Bas et la Suède.
- 1 état où le « non » est largement majoritaire : le Royaume-Uni.

Le parlement européen a approuvé ce traité à 500 pour, 137 contre et 4 abstentions.

Publié par Tu-Anh à 13:52:44 dans Sur l'Europe | Commentaires (3) |

Le téléchargement dope-t-il l'industrie cinématographique ? | 14 mai 2005

Les rapports annuels de 1999 à 2003 sont disponibles sur le site de la SACEM (www.sacem.fr/portailSacem/jsp/ep/home.do?tabId=4). Ces rapports présentent un tableau avec les droits perçus avec pour origines : « télévision », « radios », « Phono, Vidéo & Multimédia », « copie privée », « spectacles », « lieux publics sonorisés », « Cinémas » et « Etranger ».

Certains droits classés comme provenant de l'étranger sont ensuite reclassés dans la catégorie « Phono, Vidéo & Multimédia » comme en 2000 puis en 2003 ou dans la catégorie « radio » comme en 2003. Le reclassement dans la catégorie « radio » concerne les droits versés par RTL. Les autres concernent Universal en 2000 puis BMG et WARNER identifiés en 2002 mais reclassé qu'en 2003 : Il s'agit des productions à l'étranger pour des ventes en France. Ces reclassements ne facilitent pas les comparaisons.

Autre difficulté, le tableau présente des chiffres globaux pour la catégorie « Phono, Vidéo & Multimédia » sans les détailler. Heureusement, dans la partie description, SACEM donne quelques indications sous forme de pourcentage d'évolution d'une année sur une autre. Les répartitions en « phono », « vidéo » et « multimédia » ne sont donc que des estimations de ma part, mille excuses à la SACEM si cette répartition est erronée.

Si le téléchargement a un impact sur l'évolution des droits perçus, il ne peut impacter que sur les catégories suivantes : « phono », « vidéo », « cinéma »  et « Copie privée » avec logiquement un impact négatif sur les 3 premières catégories (moins d'achat et moins de fréquentation) et positif sur la dernière (plus d'achat de support vierge).

Voici les chiffres (en millions d'euros) :
199819992000200120022003
Phono7977938892111
Vidéo211719192638
Cinémas121112111214
Copie privée201918233949

Repère :
- NAPSTER a été utilisé pour la première fois en juin 1999 aux US

Les droits de « copie privée » ont légèrement baissé jusqu'en 2000 pour bondir les années suivantes. Le téléchargement a-t-il décollé en France qu'à partir de 2001 ?

Les droits « cinéma » n'ont pas bougé entre 1998 et 2002 puis un bond de 17% en 2003. Le téléchargement n'a pas d'impact ou alors un impact positif sur ces droits. Les droits « « Vidéo » ont baissé en 1999 (effet NAPSTER ?), puis augmenté par la suite. Il est tentant de conclure que le téléchargement fait vendre.

Vu les chiffres de ces catégories, il est difficile de conclure que les ayant droits du cinéma perçoivent moins à cause du téléchargement. Peut-être que sans le téléchargement, ils pourraient percevoir plus ?

L'évolution des droits « phono » est plus difficile à analyser pour cause de changement de périmètre en 2000 et en 2003. A part ces deux années, les droits ont baissé en 1999 et en 2001 et monté en 2002. L'impact du téléchargement sur les droits « phono » n'est pas évident.

En conclusion, si le téléchargement a un impact sur les droits perçus par la SACEM, l'impact est en général positif surtout dans le domaine de la vidéo. Le téléchargement dope-t-il la vente ? La question est posée et la réponse semble être oui pour les supports vierges et les DVD.

Publié par Tu-Anh à 13:32:39 dans Sur le téléchargement | Commentaires (0) |

Les chiffres 2002 de la SACEM | 12 mai 2005

A l'attention des lecteurs : Sauf erreur de copie ou de calcul involontaire, les faits et les chiffres reportés proviennent des sources citées. Par contre les réflexions sont forcément subjectives et ne me fais pas dire ce que je n'ai pas dit.

Comme je vous avais promis, je suis sur le point d'analyser les chiffres de la SACEM de 1998 à 2003. Pourquoi cette période, pour deux raisons :
1)     parce que sur le site www.sacem.fr, ce sont les seuls chiffres qui existent
2)     parce que le début de NAPSTER (premier logiciel P2P) avec une quinzaine d'utilisateurs, a été situé au 01/06/1999 et le premier procès contre même logiciel en 12/1999, nous aurons avec les chiffres 1998 et voire 1999, un cliché sur l'ère avant NAPSTER.

Donc, en retroussant mes manches et en sortant ma loupe, j'ai constaté que les chiffres 2002 ont été « reclassés » par SACEM entre le rapport 2002 et le rapport 2003. Pour ceux qui ont la flemme d'aller consulter ces rapports via le lien www.sacem.fr/portailSacem/jsp/ep/home.do?tabId=4, sachez que dans chaque rapport, Sacem indique les chiffres relatifs de l'année et ceux de l'année précédente pour comparaison.

Rien de catastrophique car le total des droits perçus n'ont pas changé, par contre,  30 millions d'euros des droits perçus de l'étranger (31,16%, des droits publiés en 2002) ont été injectés dans les droits perçus de la radio (7,66 millions soit 19,81% des droits publiés en 2002) et dans les droits phono, vidéo et sonnerie (22,15 millions soit 18,55%).

2002 en 20022002 en 2003Variation
Télévisions181 559 000181 899 000340 0000,19%
Radios38 658 00046 318 0007 660 00019,81%
Droits phono, vidéo et sonnerie119 420 000141 573 00022 153 00018,55%
Etranger96 507 00066 435 000-30 072 000-31,16%
Spectacles105 581 000105 500 000-81 000-0,08%
Copie privée39 073 00039 073 00000,00%
Lieux publics sonorisés79 773 00079 773 00000,00%
Cinémas11 852 00011 852 00000,00%
Total672 423 000672 423 00000,00%

Le terme utilisé par la SACEM pour qualifier ces opérations est « reclassement ». Il ne s'agit donc pas d'une erreur commise en 2002 lors de la publication du rapport. Mais comment des droits perçus de l'étranger soit directement par la SACEM soit provenant des sociétés d'auteur étrangère peuvent-ils donc être reclassés pour augmenter les droits versés par les chaînes de radio et pour augmenter ceux provenant de la vente des K7, CD et DVD ainsi que du téléchargement de sonnerie musicale ?

Je n'ai pas trouvé d'explication dans le rapport 2003 mais l'explication, dans le rapport 2002, peut être la suivante :
- Les droits reclassés dans la catégorie "radio" proviennnent probablement des droits reversés par RTL pour des radiodiffusions en France.
- Les droits reclassés dans la catégorie "Phono, Vidéo et Internet" proviennent des droits de reproduction mécanique à l'étranger pour des ventes sur le territoire de la France, ces droits concernent surtout les productions de WARNER et de BMG.

Publié par Tu-Anh à 18:27:02 dans Sur le téléchargement | Commentaires (0) |

Que rapporte un CD vendu aux ayants droit ? | 10 mai 2005

A l'attention des lecteurs : Sauf erreur de copie ou de calcul involontaire, les faits et les chiffres reportés proviennent des sources citées. Par contre les réflexions sont forcément subjectives.

Dans cet article j'utilise le rappaort 2004 de l'Observatoire de la musique ainsi que le rapport 2003 de la SACEM, en attendant le rapport 2004 de cet organisme. Ces rapports sont accessibles via les liens suivants :

- www.sacem.fr/portailSacem/jsp/ep/home.do?tabId=4

- rmd.cite-musique.fr/observatoire/etudes.htm

Première information importante, le chiffre d'affaire (CA) 2003 sur les CD s'élève à
1,8 milliard d'euros (source : Observatoire de la musique) alors que les droits phonographiques perçus s'élèvent à 111 millions d'euros (chiffres déduits du rapport 2003 de la SACEM), soit 6,11% du CA. Comme le CA ne se rapporte qu'aux CD alors que les droits sont rapportés à tout support, les droits perçus par la SACEM sur la vente de CD sont donc inférieurs aux 6,11% calculés et comme les coûts de gestion de la SACEM en 2003 s'élèvent à 15,2%, en moyenne, les ayants droit, interprète, auteur, compositeur et éditeur se partagent, par CD vendu, moins de 5,18% du prix de vente HT.

Heureusement pour les ayants droit, ces droits phonographiques ne représentent que 15,64% des droits perçus par la SACEM pour leur compte.

La ventilation des droits perçus par origine est classée par part décroissante dans le tableau suivant :

2003% Total
Chaînes de télévision publiques et privées182 757 00025,79%
Spectacles111 948 00015,80%
Droits Phonographiques110 821 56415,64%
Lieux publics sonorisés84 421 00011,92%
Chaînes de radio publiques et privées48 518 0006,85%
Copie privée sur les supports d'enregistrement vierges48 502 0006,85%
Droits Vidéographiques38 146 4365,38%
Cinéma14 434 0002,04%
téléchargement de sonneries2 700 0000,38%
Etranger66 262 0009,35%
Total708 510 000100,00%

Je fais remarquer, en passant, que les droits de la copie privée, appelés communément « taxe SACEM », représente aujourd'hui 6,85% des droits perçus, au même niveau que les droits reversés par les chaînes de radio publiques et privées et légèrement supérieur aux droits vidéographiques.

Bien entendu, les droits versés autres que sur les vidéographiques et phonographiques ne rapportent surtout qu'aux ayants droit des CD «à la mode » :

D'après l'observatoire de la musique, « La diffusion musicale observée sur le panel de radios visé plus haut, porte sur 60 000 titres par an. Les titres diffusés plus de 200 fois sur le panel représentent 4,5% de la totalité des titres diffusés et totalisent 85% du volume total de diffusion ».

Quel est l'impact du téléchargement sur les droits perçus par SACEM ? Je fournirai les chiffres de la SACEM dans mon prochain article.

Publié par Tu-Anh à 18:14:43 dans Sur le téléchargement | Commentaires (0) |

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