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Défaut d'explication ? | 30 mai 2005

Du sondage d'Ipsos effectué à la sortie des urnes sur un échantillon représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus et inscrite sur les listes électorales de 3355 personnes (pour rappel les sondages sur les intentions de vote sont effectués sur un échantillon d'un millier de personnes), j'ai retenu les informations suivantes :

 OuiNon
18-24 ans 44%56%
Etudiants 54%46%

Comme la plupart des étudiants ont entre 18-24 ans, la conclusion qui s'impose est la suivante : dans cette tranche d'âge, bien que les électeurs aient voté majoritairement « non », les plus diplômés ont voté majoritairement « oui ».

Cette conclusion est confirmée par le tableau sur le dernier diplôme obtenu par les électeurs :

 OuiNon
Sans diplôme 28%72%
BEP/CAP/Certificat d'études primaires35%65%
Baccalauréat 47%53%
Bac + 2 54%46%
Au moins Bac + 3 64%36%

Le pourcentage des électeurs qui ont voté « oui » augmente avec le niveau de leur diplôme.

De ces deux tableaux, il est tentant de conclure que ceux qui ont voté « oui » ont compris le traité pour une constitution européenne et que ceux qui ont voté « non » ont plus de difficulté à appréhender un texte pas facile et par nature moins attrayant qu'un roman : les dirigeants français ont donc failli dans leur explication de texte sur la constitution ! Se sont-ils mis au niveau des électeurs ?

Le sondage complet peut être consulté via le lien www.ipsos.fr/CanalIpsos/poll/8074.asp


Publié par Tu-Anh à 22:42:20 dans Sur l'Europe | Commentaires (0) |

Le budget de l'UE et l'agriculture française | 26 mai 2005

Nous avons vu, dans l'article que j'ai publié hier, qu'en 2003, la France a versé 15,154 milliards d'euros au budget communautaire mais en a récupéré 13,429 milliards d'euros. La contribution nette de la France s'élève à 1,725 milliards à comparer aux 273, 812 milliards dépensés par l'état français en 2003, soit 0,63%.

Nous avons vu aussi que la France a reçu entre 1/5 et ¼ du budget européen réservé à l'agriculture qui s'élève à 45,15 milliards d'euros dont 44,46 milliards dépensés. Par conséquent, grâce à l'Europe, L'agriculture française a bénéficié de 10 milliards d'euros en retour des 15 versés par la France. Ces 10 milliards provenant de l'Europe est à comparer aux 5,180 milliards accordés au ministère de l'agriculture. Hors protection sociale agricole, les dépenses pour l'agriculture en France sont donc réparties de la manière suivante : 65% provenant de l'Europe et 35 % provenant de l'état français.

Les chiffres européens sont tirés de
http://europa.eu.int/comm/budget/pdf/execution/execution/utilisation/2003/dec/SynthCreditsExecution2003_FR.pdf alors que ceux de la France proviennent de http://www.minefi.gouv.fr/pole_ecofin/finances_Etat/LF/2004/plf/chiffrescles.pdf.

Publié par Tu-Anh à 10:51:28 dans Sur l'Europe | Commentaires (0) |

La France et le budget de l'Union Européenne | 25 mai 2005

Que la France ratifie ou  rejette le traité pour une constitution européenne, faisons un point sur les contributions de la France au budget de l'Union Européenne et les bénéfices qu'elle en retire.
Comme tout budget, celui de l'UE comporte une partie recette et une partie dépense. Les recettes de l'UE sont de 4 types :
1)
les droits de douane perçus sur les importations dans l'UE de produits en provenance de pays tiers (10,7 milliards d'euros prévus pour 2005, soit 10,2% des recettes)
2) les prélèvements sur les importations agricoles : taxes sur les importations de produits agricoles couverts par la Politique agricole commune (1,6 milliard d'euros prévu pour 2005, soit 1,6% des recettes)
3) la ressource TVA: taux uniforme, pour tous les Etats membres, à l'assiette harmonisée selon les règles de l'UE (15,3 milliards d'euros prévus pour 2005, soit 14,5% des recettes)
4) la ressource RNB : contribution de chaque Etat membre calculée sur sa part dans le RNB communautaire (77, 6 milliards d'euros prévus pour 2005, soit 73,7% des recettes).

Les états qui contribuent le plus sont donc :
- ceux qui importent le plus en provenance des pays tiers (11,8% du budget 2005)
- ceux qui consomment le plus (14,5% du budget)
- ceux dont le revenu national brut est le plus élevé (73,7% du budget)

Pour 2005, les plus gros contributeurs bruts au budget de l'UE seront
- l'Allemagne (21,21% du budget 2005),
- la France (17,39%) avec 16,15 milliards d'euros,
- l'Italie (14,16%)
- le Royaume-Uni (12,47%).
 
Côté dépense, en 2005, l'Union européenne prévoit de consacrer:
- 49,68 milliards d'euros aux dépenses agricoles (soit 42,62% des dépenses)
- 42,42 milliards d'euros aux actions structurelles (soit 36,40% des dépenses)
- 9,05 milliards d'euros aux politiques internes (soit 7,77% des dépenses)
- 5,22 milliards d'euros à l'action extérieure (soit 4,48% des dépenses)
- 6,35 milliards d'euros aux dépenses administratives des institutions (soit 5,45% des dépenses)
- 0,45 milliard d'euros aux réserves : garanties, aides d'urgence... (soit 0,38% des dépenses)
- 2,08 milliards d'euros à la stratégie de préadhésion (soit 1,79% des dépenses)
- 1,3 milliard d'euros de compensations pour les nouveaux Etats membres (soit 1,12% des dépenses).

En 2003, la contribution brute de la France au budget communautaire s'élève à 15,154 milliards d'euros) avec un retour sur le sol français de 13,429 milliards d'euros, soit une contribution nette s'élevait à 1,725 milliards d'euros.


D'après le bilan de l'an 2000 avec 15 une UE à 15 états, 8 états sont contributeurs nets et 7 états bénéficiaires nets. Et la France ? Bien qu'étant le deuxième contributeur brut, la France est le dernier des contributeurs nets derrière, par ordre de contribution nette décroissante : la Suède, l'Allemagne, la Hollande, le Luxembourg, l'Autriche, le Royaume-Uni et la Belgique, parce que la France est le premier bénéficiaire de la Pacte Agricole Communautaire (entre 1/5 et 1/4 des dépenses agricoles du budget de l'UE).

En conclusion, la France participe à l'UE avec peu d'effort contrairement aux deux autres grands de l'Europe (par leur poupulation) que sont l'Allemagne et le Royaume-Uni et surtout par rapport aux pays beaucoup moins peuplés qui la devancent au niveau de la contribution nette.
 
Les chiffres de 2003 et 2004 sont tirés de
www.info-europe.fr/document.dir/fich.dir/QR001028.htm, ceux de 2000 sont tirés de http://europa.eu.int/comm/budget/pubfin/data/grpsold_fr.pdf.

Pour la part de la France dans le budget agricole, voir
http://www.agriculture.gouv.fr/spip/IMG/ppt/budget2005modif.ppt#3 et http://www.fnsea.fr/dossiers/PAC/021031pac.html.

Publié par Tu-Anh à 12:31:00 dans Sur l'Europe | Commentaires (0) |

Quelques avancées par rapport au traité de Nice | 24 mai 2005

Si le traité pour une constitution européenne est rejeté lors du référendum et si l'Europe des 25 est prêt à renégocier un nouveau traité, l'Europe va continuer à fonctionner sur la base du traité de Nice, c'est-à-dire sans les avancées introduites par le traité sur lequel les français vont se prononcer le 29 Mai 2005.

Ci-dessous, quelques avancées. Pour la liste complète, je vous invite à suivre le lien http://www.constitution-europeenne.fr/fileadmin/allerplusloin/cigcomparatif.pdf :
- Article III-117 :
Dans la définition et la mise en oeuvre des politiques et actions visées à la présente partie, l'Union prend en compte les exigences liées à la promotion d'un niveau d'emploi élevé, à la garantie d'une protection sociale adéquate, à la lutte contre l'exclusion sociale ainsi qu'à un niveau élevé d'éducation, de formation et de protection de la santé humaine.
- Article III-118 : Dans la définition et la mise en oeuvre des politiques et actions visées à la présente partie, l'Union cherche à combattre toute discrimination fondée sur le sexe, la race ou l'origine ethnique, la religion ou les convictions, un handicap, l'âge ou l'orientation sexuelle.
- Article III-121 : Lorsqu'ils formulent et mettent en oeuvre la politique de l'Union dans les domaines de l'agriculture, de la pêche, des transports, du marché intérieur, de la recherche et développement technologique et de l'espace, l'Union et les États membres tiennent pleinement compte des exigences du bien-être des animaux en tant qu'êtres sensibles, tout en respectant les dispositions législatives ou administratives et les usages des États membres, notamment en matière de rites religieux, de traditions culturelles et de patrimoines régionaux.

 

Publié par Tu-Anh à 10:03:10 dans Sur l'Europe | Commentaires (0) |

La leçon du 21 avril 2002 | 23 mai 2005

Le 21 Avril 2002, vous vous en souvenez ? Après le premier tour de l'élection présidentielle, en % des exprimés, Chirac 19,87, Le Pen (16,86) et Jospin éliminé (16,17).

CSA a effectué ce 21 Avril un sondage (http://www.csa-tmo.fr/fra/dataset/data2002/opi20020421b.htm) à la sortie des urnes auprès d'un échantillon national représentatif de 5352 personnes, contre des échantillons d'un millier des sondages sur le référendum, les sondés ont choisi leur candidat
- en opposition aux autres candidats (30%)
- en faveur d'un projet (28%)
- en fonction d'un bilan (8%)
- par attachement (20%)
- ne se prononce pas (14%)

Bref, 30% de vote protestataire contre 20% de vote « par habitude » et 36% de vote « réfléchi ». Résultat des 30% des votes protestataires, Jospin a été éliminé pour un différentiel de vote de 0,69%.

Dans le semaine qui démarre le 22 Avril 2002, la presse a montré pleins d'interviews des personnes qui ont regretté de ne pas aller voter d'avoir émis un vote protestataire.

J'espère que les personnes qui vont voter « non » le 29 mai 2005 voteront « non » pour rejeter l'Europe sur le bilan depuis Maastricht ou en croyant fermement que le projet de renégociation du traité va aboutir. J'espère que ces personnes ne vont pas voter « non » uniquement pour protester contre la politique du gouvernement. Bref que c'est un « non » réfléchi et pas un « non » contestataire.

Publié par Tu-Anh à 15:53:50 dans Sur l'Europe | Commentaires (0) |

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