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La télévision diffusait ce soir un documentaire sur Magritte, qu'elle avait connu. Malgré moi je le regardais avec ses yeux à elle, les yeux de cette Belgique triste et solitaire, grave et folle, pieuse et frondeuse, tendre, surréaliste ; des yeux que je ne sais que de ta bouche. Et je les connais bien.
Il y a eu cette longue partance, des semaines où tu étais présente pour lui tenir la main. Et hier soir, ce mot comme une goutte de pluie : "voilà..."
Tandis que défilent sur l'écran les tableaux bleus de Magritte, me reviennent les bribes de sa vie, les instanés qui marquent une mémoire : les passions, la jeunesse, la foi, les chansons, l'amour de ceux qui vont vous continuer. Ce qu'elle t'a transmis. Elle était heureuse de toi.
Perd-on jamais ceux qu'on aime ? Je ne le crois pas. Ils persistent en nous et nous tiennent la main en secret. La conversation n'est pas finie.
Tu verras.
Publié par COYOTE à 00:00:41 dans Les cris murmurés | Commentaires (2) | Permaliens
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