dans la série "tu veux bien être ma copine, diiiis", je vous présente :
leslie plée.
alors oui elle porte le même prénom qu'un être cher -ceux qui me connaissent auront ce petit sourire en coin qui caractérise la personne contente "d'en être", même si "d'en être", des fois, comme là, c'est vraiment à deux doigts "d'en être" de la loose, enfin bon moi c'que j'en dis- et ça tombe bien, car elle pourrait bien en devenir un, d'être aimé. sauf que bien sûr je ne lui dirais pas "niche, vilain chien" quand elle aura essayé de se coucher en boule sur mon bébé. ah ah ah (glop). en plus elle a fait l'iut métiers du livre et vend des livres dans le genre de magasin où vous êtes obligés de porter un atroce gilet sans manches, tout comme 12 000 personnes de mon entourage (vous vous en foutez, mais c'est parce que vous avez la méchanceté en vous, j'imagine, sinon cette information vous laisserait pantois).
enfin bref, sa bédé vient de sortir, ça s'appelle "moi vivant vous n'aurez jamais de pause" et son blog est là http://www.vuedelaprovince.canalblog.com/
bonne journée & toutes ces choses.
Publié par piapias à 11:27:27 dans où je me prosterne avec servilité | Commentaires (9) | Permaliens
il y a des tas de parisiens qui ne sont jamais allés visiter la tour eiffel. ils doivent se dire qu'ils ont le temps, qu'il y aura sûrement un jour une bonne occasion de se frapper l'ascension, que rien de presse, que la vieille ferraille sera toujours là. on est comme ça, nous autres les gens: on finit toujours par retourner glander dans le même troquet connu par coeur, réécouter les mêmes albums, remettre le même jean, refaire les mêmes blagues avec les mêmes amis. on est des aventuriers de la life, mais il faut le dire vite. ça fait comme ça deux siècles que je me dis qu'"il faut vraiment que j'aille chez space". parce que c'est une vitrine qui me file toujours des espèces de petites décharges au passage, des bzzz, du pschiii, des signaux que je chope juste au feu rouge, trois secondes et puis ciao.
jusqu'à today.
j'avais raconté ici à quel point le vintage me plaisait dans l'idée et carrément moins dans la pratique: fripes mal foutues, odeur de poney mort, portants plus serrés que chez les suédois un jour de réassort, vieux tromblons importables, coude à coude éreintant avec les fashionnettes, etc. eh ben space, c'est tout le contraire. déjà c'est désert, la preuve que je suis pas la seule gourde marseillaise. ensuite, ça sent PAS les contes de la crypte mal aérée. les habits, tu les touches, tu vois bien qu'ils sortent du pressing. y a pas la moindre trace de transpiration de routier aux emmanchures des vestes à la mesrine. personne n'a eu de cors aux pieds dans les escarpins. si là tu trébuches dans ton excitation, tu peux te rattraper à des robes courrèges impecc' (et même pas au prix du brent) ou à des sacs en croco à crever (et pourtant j'approuve pas la transformation des bêtes en pochettes, hein, mais je suis obligée d'admettre que les alligators, si l'on veut bien réfléchir, c'est plus sympa à tenir sous le bras qu'à se trouver coincé devant dans un marigot). des bottes, mais divines !... des robes 80's comme si on était en train de se préparer pour une virée au palace avec anouschka et paquita paquin.
seule au sous-sol, j'en faisais des petits criiiiis de putois parti en folie dans sa tête (vous voyez?). de l'hyperventilation (vous voyez???). de la bouffée de chaleur (ouiii??). alors à un moment, l'un des gentils frères qui tient space est venu voir ce que je foutais -que je lui fasse pas le coup de perdre les eaux de joie, genre- et j'ai dû lui expliquer que si je ne laissais pas ma prime de naissance de la caf dans sa taule, c'était juste parce que je ne pouvais pas essayer ces fringues merveilleuses dans ma taille habituelle. le secret de space? c'est que 90% de ce qui est en vente dans cette boutique est d'époque, but neuf. le boss court la planète pour choper des stocks, des fois juste une pièce, et on aimerait bien faire le voyage avec lui. même que tu peux lui commander des trucs, un peu comme si le père noël existait pour les grandes filles, finalement. après, y a des lutins quelque part qui s'agitent pour te trouver le bidule de tes rêves (="une besace en cuir caramel craquelé de la taille d'une feuille A4 avec un beau fermoir, siouplé père noël de l'espace").
si vous avez lu ce post jusqu'ici, vous comprenez ce que je veux dire (pisk, toi non, mais imagine: ce serait comme tomber sur les premières éditions impec de ton reporter à houpette).
je suis repartie avec UNE veste (mon héroïsme, un jour, il faudra le mettre en hymne). c'est du modèle des 70's, c'est du velours noir et rock et doux à mourir, le genre de pelisse capiteuse que tu aurais bien vue sur le dos de verushka ou nico. une veste pour ne jamais s'en prendre (ah ah, mon humour, il faudra un jour lui édifier des monuments). c'est de la carrure absolument divine, étroite, au millimètre taillée pour moi. de la doublure neuve et soyeuse. des petits boutons précieux aux manches. dans le métro, je tripotais mon trésor avec une tête comme si je sais pas, je venais de prendre de la drogue et d'aimer ça.
ouais, je sais c'que vous allez dire. mais nan, mes hormones expliquent pas tout.
http://www.myspace.com/castanets (en fait j'ai chopé la veste pour claquer des doigts sur "good friend yr hunger")
Publié par piapias à 19:05:22 dans où je me prosterne avec servilité | Commentaires (11) | Permaliens
on me demande souvent: "ava, voyons, si tu ne faisais pas ton métier, tu ferais quoi?"
je fais un très beau métier. un métier très mal-aimé, très mal payé, très malmené, il faut quand même dire. c'est disons le contraire du métier cool qui fait son petit effet au comptoir du macumba. un métier moribond, donc. un métier qui est un peu comme le mineur de fond ou, je sais pas, néanderthal fut un temps: le truc à deux doigts de s'éteindre dans l'indifférence générale.
ce qui ne m'arrange guère. même si je ne faisais pas mon métier, d'une manière ou d'une autre je ferais quand même mon métier: je n'ai jamais voulu (su? ok, su) faire autre chose.
enfin si: rock star. mais il aurait fallu apprendre à jouer de la guitare et moi je me suis arrêtée à la flûte (et au girl's band fictif: tu as des copines, tu as une grande gueule, tu as une bonne tête, donc des gens veulent t'engager pour jouer dans leurs festivals, le seul souci après c'est ne jamais recroiser ces gens à qui tu as, forcément, posé lièvre sur lièvre tellement tu leur as raconté des craques grosses comme toi). de toute façon même à la flûte j'avais 1. sur 20. il y a des rêves et puis il y a la réalité (une bonne vieille flemmite?).
des fois il y aussi des rêves et une réalité qui leur colle aux fesses.
donc tu fais le métier que faisaient tes barbie en CM1 et ça fait quinze ans et ça fait, même si tu râles, parce que tu es grimpy ava, ta joie. voilà.
qu'on te paie pour faire ce que tu aimes le plus au monde -rencontrer des gens, raconter des histoires- ça te semble toujours aussi foufou comme idée. tu te dis qu'un jour, quelqu'un va t'enlever ton masque comme à la fin de scoubidou, et tout le monde va voir que tu es un escroc.
les années passent. personne ne m'a encore dit : "oh ça alors sammy ! en fait c'était le colonel moutarde avec le chandelier dans la bibliothèque ! "(je m'embrouille pas, je mixe)
même si ce n'est pas toi qui prends les photos, chaque année à perpignan -ta fashion week à toi, où tout le monde glande en multipoches- tu es fière de faire ce vieux métier malade.
http://www.ultratop.be/fr/showitem.asp?interpret=Brisa+Roch%E9&titel=Whistle&cat=s (ça c'est parce que des fois des vieilles chansons reviennent. on les réécoute. on est bien contents. voilà. merci.)
ps: ça n'a rien à voir mais ce blog a du plomb dans l'aile. car will wright a remis le couvert: "spore" arrive. autrement dit je vais retomber dans l'enfer du jeu dont j'avais eu toutes les peines à me sortir.
photo: christian poveda
Publié par piapias à 12:01:24 dans où je me prosterne avec servilité | Commentaires (8) | Permaliens
je ne vais pas vous faire le coup de la rentrée littéraire. déjà parce que pour la plupart des gens, il n'y a rien de plus chiant qu'une rentrée littéraire. ensuite parce que ce blog a déjà bien du mal à suivre sa feuille de route de départ (c'est con la vie, ça vous déborde toutes vos ambitions). mais quand même. je fais partie des gens qui se souviendront de 2001 pour deux raisons: évidemment, une histoire de tours crashées mais aussi quelque chose -dans un tout autre domaine, certes, évidemment plus anecdotique- de plus sidérant peut-être encore, j'ai nommé "la vie sexuelle de catherine m".
il y a longtemps, un autre petit livre m'avait comme ça retourné la tête, "la mécanique des femmes", ça s'appelait, et louis calaferte devrait être sur la table de chevet de toutes les jeunes filles du monde, je dirais. bon. autour de moi, des tas de gens détestent catherine millet. l'archétype de la sulfureuse cérébrale. je comprends, mais je comprends pas. il n'y a pas de soufre chez cath', il y a de la vie. c'est cru, la vie. et pis moi je raffole des cérébrales. enfin pas de christine angot bien sûr. déjà quand on sort avec doc gynéco je trouve que c'est pas hyper le truc qu'on devrait faire un livre avec. si un jour il m'arrive de coucher avec cauet, identiquement, il est probable que personne ne l'apprenne, jamais, plutôt crever, je préfère ne pas imaginer la tête de mes copines et de mes soeurs face à une révélation de ce calibre. enfin bref. catherine, je l'aime, avec son énorme cerveau, son énorme lucidité, sa plume magnifique et l'incroyable façon âpre qu'a cette femme de déshabiller les petites choses de la vie et de l'amour.
il y a cette scène au début de "jour de souffrance", où jacques lui caresse le dos de la main avec le doigt. ils viennent de se rencontrer, bientôt ils seront amants et il lui envahira la tête.
bon. si chaque écrivain pouvait écrire quelque chose comme ça dans sa vie de labeur, je dirais qu'il pourrait ensuite aller mourir tranquille dans son coin.
en fait je vous ai un peu fait le coup de la rentrée littéraire.
vous avez le droit de détester catherine m, mais pas parce qu'elle est hyper médiatique, please.
http://www.youtube.com/watch?v=HMrqBldlqzA (si tu aimes les fleet foxes, les jeunes filles et les forêts)
Publié par piapias à 10:12:33 dans où je me prosterne avec servilité | Commentaires (19) | Permaliens
alors sur wow, l'excellent magazine dont j'ai loupé le bouclage l'autre jour -le truc qui, au rayon flips de ma vie équivaut un peu au fait de se réveiller à l'école en pyjama- j'avais déjà un peu causé de ces sympathiques tronches de rien de black lips. de la moustache, de l'hideuse casquette de pompiste, de la vieille chemise, de la dent en fer (si, siiii !), les black ont assez peu de chance de se retrouver shootés par heidi slimane, je dirais. c'est peu dire que le glam n'a jamais fait escale à atlanta, georgie. mais le rock, c'est comme l'amour. en théorie, tu aimes les pantalons étroits, noirs, les cravates fines, les gilets de barman (= en théorie tu aimes benjamin siksou), en pratique tu deviens sauvage quand se pointe un homme qui n'aurait pas acheté un seul vêtement depuis 1991 si tu ne l'avais pas forcé, je veux dire un 38 sur la tempe. mystères de la vie. donc j'aime ces affreux gringalets, leur sale son vintage de fond de garage, leurs voix qui déraillent (ce groupe a la particularité d'avoir mis son meilleur chanteur... à la batterie. c'est pour que vous compreniez l'idée) et surtout leurs tueries de tubes façon kinks (que celui qui garde son calme sur "bad kids" me jette la première moustache).
depuis hier soir, j'aime aussi les concerts de rednecks.
comment vous dire le cabaret aléatoire? on parle en gros d'une friche. enfin de murs moches, de piliers moches, de la plus infecte bière du monde et l'un dans l'autre d'un niveau de chaleur à peu près équivalent à celui de feue la RDA. eh bien hier ce n'était pas du tout ça. hier c'était le public debout sur la scène disons à la 3e chanson, du vol plané de sosie des shades (ou de tony de "skins") toutes les deux secondes, du pogo de 77, du PUTAINDEROCKNROLL fiévreux et déchaîné comme marseille n'en voit jamais parce que marseille, je vous balance le truc au cas où, ne venez jamais vous y installer si par exemple vous êtes un petit peu dingue de rock. en revanche, fan de christophe maé, je pense que cette ville sera ta jérusalem.
bref, il faut réhabiliter le bouseux, moi je dis. atlanta, hypeland pour 2008 ?
http://www.blogotheque.net/Black-Lips,4006 si le coeur vous en dit.
Publié par piapias à 20:53:27 dans où je me prosterne avec servilité | Commentaires (12) | Permaliens
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