bien sûr, devant cette... chose, on pense à ces petites annonces (exemple au hasard? "nounou idéale, horaires souples, tarifs misérables, cherche bébé de pauvres trentenaires à garder", ce genre) collées sur le comptoir du boulanger, avec le numéro de téléphone qu'on déchire toujours de travers et que de toute façon on perdra immédiatement au fond de sa poche, parce que c'est comme ça, la vie des gens, horripilant, les chaussettes perdent toujours leur frangine dans l'espace intersidéral de la machine à laver, il manque toujours un centimètre entre le bout des doigts et le ticket du péage, on a toujours la répartie fracassante quand l'impudent a mis les voiles depuis 12h et on ne retrouve jamais les numéros piqués chez les boulangers. si j'avais eu l'idée d'en faire un livre, ça s'appellerait le baleinié et à cette heure, riche & famous, je serais déjà en train de caresser ce divin gilet tricoté pour topshop.
néanmoins, 250 livres faisant un score un peu trop délirant en euros à mon goût -ainsi qu'à celui de la décence la plus élémentaire: la récession, bordel, c'est pas pour les chiens- nous en resterons là.
ou alors se lancer dans la contrefaçon maison ? il parait que le tricot est "sexy" : je crois que c'était écrit dans glamour, l'autre fois, mais d'une façon générale, ça fait bien cinq ou six ans qu'on nous fait le coup de la hype de la maille à l'endroit/maille à l'envers et je n'ai pas l'impression que la mayonnaise prenne : pour avoir passé ces derniers mois beaucoup de temps dans les magasins où on vend de la laine -des laineries?- je ne peux qu'essayer de vous dissuader de vous y mettre. mieux vaut assumer sa ringardise, la seule chose plus chiante que fréquenter une lainerie étant probablement le fait de tricoter (c'est une fille qui a d'éprouvants souvenirs de point mousse qui vous le dit). quant à mettre grand-ma sur le coup: même au temps de la splendeur de ses doigts de fée, elle te faisait toujours le coup du pompom surprise rajouté au dernier moment au modèle que tu avais pourtant longuement choisi sur le catalogue de la lainerie (ainsi, l'humiliation par le slip de bain en laine du "mari de la coiffeuse" aura toujours un sens particulier pour toi). tu ne parvenais pas à lui faire comprendre qu'un pull de curiste (pas d'acharné du tourisme thermal: juste de ce bon vieux robert à teint de navet) ne POUVAIT EN AUCUNE MANIERE s'agrémenter de ce genre de fantaisie. ça ne rigolait pas des masses avec la fofollerie, chez les curistes. mais grand-ma s'en nervermindait les bollocks, elle écoutait les choeurs de l'armée rouge à fond dans son pavillon d'athis mons et c'était tout.
les communistes sont des gens souvent déconcertants.
oui, tu es à fond dans l'anecdote familiale ces jours derniers, cela pose un souci? c'est peut-être parce que tu as sous les yeux cette liste de noël longue comme la liste des amendements déposés contre cette joyeuseté de réforme de l'audiovisuel public? chaque année tu te dis que tu vas t'y coller avant décembre et puis bon, décembre, c'est toudesuite, encore une fois. tu ne sais pas s'il y a un mot dans le baleinié pour dire cette loose annuelle.
Publié par piapias à 19:37:06 dans où je bave avec application | Commentaires (25) | Permaliens
le gant de cuir est dans la place. or comme tu ne disposes ni d'un roadster, ni de tendances dominato-castrato-germaniques, ça te laisse somme toute de glace. tu n'es pas karl. le gant de cuir fait partie de ces accessoires beaux et classieux qui s'ennuieraient dans ton existence si peu martiale: tu t'imagines serrant des mains avec ta moufle polaire et rigide, peinant du coup à convaincre tes interlocuteurs de devenir tes gorge profonde pour la vie (tu parles comme si tu avais présentement une activité professionnelle excitante consistant à donner envie à des gens de te révéler des secrets d'état, pas comme si la seule personne à qui tu avais parlé ce matin était la caissière du marché u, et d'ailleurs seulement parce que tu avais oublié ta carte de fidélité, car finalement, tu ne serres jamais la pogne des caissières du marché u, ce qui, au fond, est peut-être un peu gauche caviar si on veut bien y réfléchir, refermons la parenthèse).
donc fi du gant de herr doktor.
tu aimes, comme c'est étonnant, un truc beaucoup plus stupide & charmant & féminin: la mitaine. tu dis "stupide", car dans une région normale, une région où les gens portent actuellement de la laine, et non une ville où le réchauffement climatique permet encore de se la donner en petites manches courtes (en terrasse plein sud, ok), la mitaine est à peu près inutile: on se gèle le bout des doigts et non la paume, jusqu'à preuve du contraire. mais ici, un peu le LA de la france (mais carrément, ouais !), tu peux frimer avec tes mitaines-bijou rodarte bien dégoulinantes sur ton gracile poignet, comme des espèces de bracelets mi-amis de la chevalerie, bonsoir, mi-eh oui, une entorse, mais bling.
c'est beau. tu aurais bien du mal à expliquer pourquoi, mais tu rappelles à tout hasard à tes gens de passage ici que noël, c'est dans un mois.
une autre fois nous parlerons guêtres car dans la série "l'hiver, par petites touches", tu ne vois pas tellement comment tu pourrais faire sans cette année (une autre autre fois nous parlerons peut-être aussi carrément jambières car fame is in me, soudain, et pour une raison inexpliquée).
http://www.myspace.com/stuckinthesound
Publié par piapias à 15:38:17 dans où je bave avec application | Commentaires (14) | Permaliens
il y a des choses monstrueuses dans la dernière collec de kate pour topshop. oui: comme à chaque fois. le cheap le plus synthétique qui soit, le cheap que même le mot il crisse sous la dent. le cheap à un point que si tu vomis en sortant du pub, ça ne sert à rien de t'essuyer la bouche dans ta robe, tellement elle est dans une de ces matières qui n'absorbent rien et que du coup tu vas tout étaler et alors bon. je ne sais pas vous, mais moi depuis qu'on peut acheter du topshop en france, je suis moins la fille qui a vu jésus et tous ses apôtres quand j'entends ce nom. la blasitude? plutôt le constat qu'on parle généralement d'une qualité que ne renierait pas jenyfer. le fin fond d'un bac H&M en période de soldes. au prix du baril de zara.
mais là, bon, force est de constater que nous sommes sur nos fesses. posée dessus, très confortablement.
je sais bien qu'elle nous a(ura) tout fait, la kate. je sais bien que l'overdose d'images. je sais. n'empêche: à mes yeux, aucune mannequine de 18 ans n'a le chien de cette, eh bien, trentenaire, les filles. alors il faut peut-être être kate pour transcender ses fringues: tu me diras ton sentiment, martine. n'empêche que là, comme ça, je vois plusieurs pièces dignes de craquage de cébé. c'est bien du kate: rien qu'on aurait jamais vu -puisque nous avons tout vu- juste au fond la signature d'un style, celui qu'on a toutes pompé depuis 5 ans (pomper agyness deyn, par exemple, ça restera plus épiphénoménique, si je puis me permettre) et qui parvient miraculeusement toujours à nous plaire.
http://www.myspace.com/thesubmarinesmusic

parce que la petite veste "gentleman & barde" on aime encore, surtout quand le bas la joue sobre

parce que j'ai dit énormément de mal du poil et que c'est le moment de me renier.

parce que le petit cardigan à même la peau, si quelqu'un connait quelque chose de plus sexy l'hiver, je veux bien qu'il me fasse signe.
Publié par piapias à 19:57:07 dans où je bave avec application | Commentaires (14) | Permaliens
quand les gens ne savent pas trop quoi dire, des fois à la fin d'une soirée (ou des fois au début d'une soirée, mais alors là vraiment c'est le signe que fallait pas venir) ils parlent cinéma. la conversation 7e art (démarrant généralement par "tu as vu le dernier film de machin?") c'est un peu comme l'achat de parfum pour un anniversaire: un truc sans idée pour pas faire un blanc mais qui ne produit jamais l'effet plaisir escompté. donc dès que quelqu'un se met à causer ciné chez moi, je lui demande s'il s'emmerde à ce point, putain (le plus souvent heureusement, les gens sont ivres -mon homme se fait un devoir que les gens repartent en rampant: il a ses petites manies et moi je ne le contrarie pas).
bref.
c'est dimanche, il fait beau, j'ai les lombaires en compote et c'est mon dernier jour de boulot avant quasiment le milieu de 2009. la quille. le saut dans le vide, martine. la grosse joie mêlée de tas d'autres trucs moins nets. de trucs de mon égoïsme qui ne passe pas comme ça. de trucs de ma vanité qui s'accroche comme une tique. c'est penser que la prochaine fois que les coursiers du journal me croiseront, je ne serai plus une fille à qui on fait du gringue entre deux fax, mais une MERE, avec des problèmes de mère (je pense notamment à mes futurs délires sécuritaires sur la personne d'assistantes maternelles surpayées et à la perspective que les stocks de cellulite de la france ne quittent jamais mes fesses). c'est penser que bien sûr, à ce moment-là je pourrai à nouveau voir mes pieds, et donc lacer mes converses sans aide extérieure, mais aussi que je pourrai également rendre mes bonnets C. que plus personne ne saluera mes seins comme s'ils étaient des petites personnes rebondies à part entière. d'un autre côté, je pourrai à nouveau noyer mes désillusions dans la gnôle, c'est toujours ça. mais en cinq mois peut-être que le monde entier m'aura oubliée ? peut-être que tous mes contacts auront changé de numéro? peut-être que je vais perdre mon mojo ? et pis peut-être que terrifié par mes vergetures, mon mari me plaquera, moi, mon enfant en bas âge et ma nouvelle nullité professionnelle, pour une stagiaire de 22 ans appelée stacy ? peut-être aussi que ma gamine elle-même claquera la porte en disant "si c'est comme ça je me casse" ??? à 3 ans????
franchement, des fois, autant causer cinéma.
en ce qui me concerne, je dirais pour résumer, parlons daniel craig. j'attends "quantum of solace" un petit peu comme noël ou alors barack président. il y aura des gros muscles, des poursuites, des explosions, des filles, des gros muscles. normalement tout ce que je ne peux pas blairer au ciné. d'un autre côté, je regarde aussi "turbo" et je peux me faire pipi dessus devant des cochonneries comme "supergrave": donc suis-je vraiment une fille? toujours est-il que le romantisme, la finesse, l'étude psychologique aux petits oignons, des fois, juste c'est non. le flegme de bond, moi je le préfère en micro-boxer bleu ciel, if i can me permettre. même si je ne sais pas comment, exactement, j'en suis arrivée à kiffer quelqu'un qui est somme toute le frère jumeau-séparé-à-la-naissance-de poutine. parce que par exemple, vladimir. bon, vladimir, je n'ai pas super envie de me faire emporter dans ses gros bras de tueur de tigre, quoi (entre parenthèses cette anecdote renouvellant qlque peu l'exercice de la conf' de presse m'a tjs fait rire -pardon, tiger: j'imagine gaudin à la place de poupoute, trucidant, je sais pas? bon, ok, un gabian menaçant face aux journalistes... ok. en france on a vraiment aucun sens du style). alors que dany, groooaar, dany !!!... enfin je me comprends.
vous avez, vous, des espèces de goûts mystérieux qui flirteraient presque avec la shame?
puisqu'on en est aux confidences, j'ai toujours bien aimé tryo. et quand j'ai arrêté de fumer, je pleurais devant les pubs herta avec le petit moulin en bois sur la petite rivière.
Publié par piapias à 14:35:39 dans où je bave avec application | Commentaires (7) | Permaliens
quand j'ai envie de me brutaliser un peu le moral, de faire comme si j'avais encore des jeans neige, 13 ans, un conflit ouvert avec ma mère, la sensation que j'allais passer ma vie à garder le sac de mes copines et une meilleure amie qui avait failli jouer emmanuelle béart jeune dans manon des sources, je vais chez rumi. un peu les plus belles jambes de la blogo, on va dire, cette rumi. une fille dont la hauteur des talons est toujours inversement proportionnelle à la longueur des robes. une fille qui ne se met pas en berne sous prétexte qu'elle est sévèrement gaulée. une fille rock avec des yeux tristes, un drôle de sourire, généralement un amoureux bodybuildé et des espèces de lumières californiennes poudrées dans les parages. et un minimum de 132 commentaires les jours de micro-short.
une fille un peu iréelle, une fille améwicaine, quoi.
l'autre matin, c'est sur ses leggings lacérés que j'ai fait mes yeux de tex avery. peut-on les porter dans la véritable vie qui est la nôtre, jeunes femmes trentenaires dignes de la france en crise ? je veux dire sans fiancé avec de gros bras, sans los angeles, sans perfection de la taille 34 ?
comme on l'aura observé, j'ai comme qui dirait du mal à me fasciner pour le côté bcbg de la fashion, les filles bien coiffées, tout ce côté charme discret de la bourgeoisie, ce côté tout en retenue romantique des dames de chez nous, ce côté "sexy?? mais vous n'y pensez pas honey". si j'étais un homme j'aimerais juste ces filles un peu bad, ces filles qui claquent. mon empire aux pieds toujours merveilleusement chaussés de rumi.
http://www.myspace.com/loveisall8 (merci hans! je les avais oubliés)
photo: www.fashiontoast.com
Publié par piapias à 19:53:46 dans où je bave avec application | Commentaires (22) | Permaliens