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piapias

avec de vrais morceaux de pipelettes dedans !

la petite robe bleue | 03 juin 2008

parfois on va faire 12 000 boutiques et puis rentrer épuisée, échevelée, avec comme des maxis 45 T sous les bras (spéciale dédicace à carlie). et bredouille bien sûr. ach, jours de rage ! normalement je finis par m'en prendre à quelqu'un après une épreuve pareille: ma mère, le plus souvent, si elle a l'incongrue idée de m'appeler à ce moment-là (ma mère a un sixième sens masochiste pour ce genre de trucs) ; mon mari, s'il vient m'annoncer la bouche en coeur que non, honey, on ne va pas regarder la suite d'entourage ce soir mais... ce fucking "euro".

tout le monde sait ce que je pense du fouteballe? ok. il y a des chances pour que j'en reparle très vite (ma réponse à "elle" : non, je ne suis pas prête pour "l'euro", j'oublie toutes les règles du foute d'une compète sur l'autre et en plus y a pas trézéguet, donc non).

bref le vêtement, c'est souvent comme l'amour ou la preuve d'amour. ça te tombe dessus quand tu ne cherches rien.

exemple? prenons ce midi. j'étais dans mon trend pas croisé depuis, pfiou, peut-être un mois (vous ne mesurez pas tout l'exact extraordinaire de la chose, je le sens bien) et que vois-je? rien de dingue, juste ce genre de truc qui va vous obliger à effectuer un achat imprévu. donc on a quoi? peut-être 10 grammes de tissu? bleu et blanc rayé tout léger - donc essentiel, je vois qu'on est d'accord. quelque chose de frais et de doux comme des draps propres à l'île de ré. avec, on verrait bien un vélo, un truc en paille sur la tête, des sandales faciles à enlever. ou des balades d'après-midi en bretagne, par exemple à groix, tout au bout de l'île, là-bas, vers le sémaphore ou alors carrément du temps perdu dans une prairie normande, à compter les pommes (ou les crêpes, ou les camemberts, franchement je suis bonne fille). sinon il y a aussi des bretelles fines et puis des boutons devant, histoire que ton mari ne regarde pas trop autour les touristes teutonnes mais reste bien bien concentré sur la Lumière De Sa Vie (tout de suite après ribery). tout ça, c'est 24 euros, tout ça c'est suédois, tout ça c'est un peu l'été, tu as décidé.

http://www.myspace.com/themusic

ps: on ne voit pas HYPER bien les rayures because j'ai eu la flemme de balancer les blancs le soir à la tarde. les gens observateurs auront toutefois noté l'absence de taille sur notre mannequin: c'est normal.

Publié par piapias à 22:19:41 dans où j'ai encore travaillé plus pour dépenser toujours plus | Commentaires (17) |

le nouveau sac | 21 avril 2008

une fille qui s'achète un sac est-elle plus heureuse que les autres? cette hypothèse semble avoir un fondement scientifique. car un nouveau sac, ça marche toujours main dans la main avec de bonnes résolutions. et croire qu'elle va changer le monde avec des résolutions est un truc qui excite la fille, cette perverse, cette bree. elle se sent héroïne à cape. elle se sent madonna. under control. en plein fantasme de maîtrise. où ça, de l'hystérie ?

ce nouveau sac, en d'autres termes, elle ne le laissera pas se transformer en ignoble foutoir.

car pour une raison qui m'échappe, ces résolutions de netteté et d'efficacité ne peuvent en aucune manière s'appliquer à un sac ayant déjà servi: un sac ayant déjà servi sert jusqu'à la mort, lourd comme un cheval mort. c'est son devoir. on ne lui demande pas son avis. il trime, et puis il meurt.

cet aprem, il faisait beau, j'étais en vacances & je cherchais chez les suédois de l'article à Très Haut Coefficient Glamour: en fait, de la polaire. car dans une autre vie, la montagne, ça me gagne et là-haut il faut bien dire que le THCG, on s'en tamponne le coquillard. dans cette autre vie, je vais tous les cinq ou six mois ouvrir la vieille maison, tuer des ours, me coucher à 22h, manger de l'aligot et me faire croire qu'un jour je reviendrais ici ouvrir une chambre d'hôte, écrire un roman de mille pages, regarder mes six enfants gambader heureux et sales et sauvages dans les jupes de mon mari barbu. bref. ce genre de rêve auquel il manque souvent une petite laine.

bon, la polaire, en fait ça se fait plus. maintenant on fait du sweat de yelle, sauf que quelque chose me dit que c'est un coup à ce que les marmottes me disent, "eh, bouffonne, parle à ma patte". c'est méchant, une marmotte, on l'oublie un peu trop facilement. au lieu de repartir bredouille (on a sa fierté madame), je suis donc partie avec bêêê. ce sac prune vieillie tellement doux qu'on le dirait fait dans le corps d'un enfant mouton. un agneau à 29,90? bah. on a le droit de rêver.  

sinon dans la maison glacée on écoutera sans doute joe pug. l'illinois, c'est un peu la lozère aussi.

http://www.myspace.com/thejoepug

Publié par piapias à 18:53:56 dans où j'ai encore travaillé plus pour dépenser toujours plus | Commentaires (13) |

et tout à coup, un inconnu vous offre des fleurs | 13 avril 2008

parfois, pour comprendre la mode, il faut se faire un peu violence.

une veste margiela über épaulée, un pantalon carotte à pinces porté avec des low boots à orteils apparents, ça ne vous vient pas comme ça en dormant. il faut de la propagande, il faut beaucoup répéter, il faut du message subliminal pendant de longues semaines avant d'y parvenir. sinon, spontanément, vous avez juste envie d'éclater de rire et de dire "ah ah ah mais quelle horreur la vache". la mode, mesdames, messieurs, souvent c'est un petit peu comme l'art contemporain: ce n'est pas fait pour être immédiatement "joli". c'est fait plutôt pour surprendre, déboussoler, faire réfléchir. alors je réfléchis vachement à la veste margiela, parce que je sens que l'hiver prochain, ce sera ça ou le bagne à casser des cailloux.

ma maman a un ami, il parle des langues style dialecte lapon de la fin du XIVe siècle, il dit toujours que si tu parles six langues, autant en jacter trente, donc c'est ce qu'il fait, finger in the nööse (nez en dialecte lapon, on va dire). la mode pleine d'audace, quand tu n'as pas assez de vocabulaire, c'est un peu comme expliquer à un employé du métro de new york de 156 kg de muscle que cette metrocard -pardon, this fucking metrocard- ne marche pas. tu finis par parler avec les mains, par faire un dessin sur ton lonely planet, des gens s'attroupent, quelqu'un finit par dégainer le patriot act et puis voilà, c'est guantanamo avec quelqu'un qui te demande en farsi quelle était la cible de ton groupe armé. ce que je veux dire c'est que la première leçon de la bête de mode, c'est: l'aisance. quand elle traverse la ville avec son sarouel en vinyle et son plastron métallique d'un mètre d'envergure, personne n'a donc envie de pouffer sur son passage. nan nan. car la bête de mode porte la pure assurance comme éternel accessoire. elle n'a pas l'air de s'excuser d'avoir du courage, tout simplement parce que tel le véritable héros, elle n'a même jamais pensé que c'était du courage: oser ce que personne n'ose lui vient naturellement.

je ne suis pas du tout une bête de mode. personne ne m'a jamais dit "whaaa, la polyglotte de la fashion", par exemple. ou "putain, il faut avoir des bollocks grosses comme la chine pour porter ce que tu portes". ni rien. les jours fastes, mes copines bondissent sur moi en disant "aaaah, ta robe, j'adore" ou alors c'est mon mari et c'est pour enlever la robe, les maris ont ça de rassurant que lorsqu'ils aiment un vêtement, ça leur donne envie qu'il soit tout chiffonné au pied du lit.

il y a aussi des boutiques pour les demeurées des langues étrangères. des boutiques comme sessun. dedans, tout est simplement comme une fille aux cheveux un peu emmêlés qui revient du marché bio avec son petit panier plein de pain allemand et de tomates coeur de pigeon. l'été, je suis comme ça. j'enlève les couches de moi qui ne sont pas absolument nécessaires, les crises devant mon dressing, le questionnement existentiel, je veux juste avoir ma tête un peu pompette le soir encore chaud à la terrasse du petit nice, mes fesses à l'aise dans l'herbe pour un pique-nique de copains, mes pieds qui s'étirent dans le sable. chez sessun tout est un petit peu fait pour ça. une robe fraîche et charmante, un petit trilby en paille, des spartiates caramel, un rien de peau dorée et puis voilà: ta mère, ton homme et le miroir ne disent qu'une seule chose, et cette chose c'est que tu es jolie. pas hyper-sapée-la-vaaaache, pas ptain-mate-la-bête-de-mode-làààààààà, nan, juste une fille pas encombrée des codes de la représentation en bonne société fashion.

http://www.myspace.com/swanlaketheband (est-ce que le canada est pas une terre idéale pour migrer, là, les petits amis?)

Publié par piapias à 11:47:31 dans où j'ai encore travaillé plus pour dépenser toujours plus | Commentaires (9) |

une question d'altitude | 07 avril 2008

marcher avec deux petites bûches sous le pied? je mentirais si je disais qu'on m'a vue dans le vercors sauter à l'élastique ou, même, mettons, gambader la jambe légère ce lundi. car le bois est une lourde matière: avec, par exemple, on fait des buffets. mes ancêtres obligés de s'asseoir au fond de la classe avec leurs sabots autour du cou en savent quelque chose. ne pas sentir sur quoi tu poses le pied (du plat, du traître??) oblige au pas menu, pesé, pensé. un escalier devient un truc un peu extrême: à monter, je peux même dire que c'est comme du sport, mais en pire (= avec des poids accrochés aux chevilles, tiens, ça me rappelle encore ma kiné). bon, voilà l'affaire, je me suis déjà sentie plus free like a bird qu'aujourd'hui.

mais tout à coup aussi, j'étais GRANDE. et pis voilà je les aime, mes plateaux rustiques (même si sur la photo je donne l'impression d'avoir une cheville de la finesse d'un tronc: moi qui ai les chevilles les plus graciles du monde, merde c'est bien la peine). je me sens la troisième soeur olsen. la vieille. celle qui ne rentre pas dans les slims 32. voilà. le truc c'est surtout que ces plateaux-là vont avec 99,99% de mon dressing. donc quelque part: très grosse perf.

faut juste que je maîtrise le coup de marcher avec de petites commodes au bout des pieds.

www.myspace.com/cajundanceparty (oui, ENCORE les cajun, y a pas d'mal à se faire du bien)

ps: je voudrais juste décerner le prix de la Plus Grosse Marade Du Lundi au dossier cellulite du elle. quelle poilade. il faut apprécier surtout le tapis de rando en plan incliné à 6500 euros. excellent. ce truc va peut-être prendre en belgique? parce que partout ailleurs, je sens le flop: tout le monde a un escalier près de chez soi? ok. cet escalier ne coûte pas 6500 euros, voire même il est gratuit, et fait quand même la fesse de première catégorie. mais on n'était pas dans le dossier "cellulite à petit prix" de elle. next time :D ?

Publié par piapias à 22:51:22 dans où j'ai encore travaillé plus pour dépenser toujours plus | Commentaires (18) |

salut, c'est mardi | 18 mars 2008

à quoi reconnaît-on une fille vraiment larguée de la hype ?

si c'est au fait de s'emparer d'une tendance quand toutes les vraies fashionnettes sont passées à autre chose, je veux bien m'auto-désigner pie of tuesday ("quiche du mardi" si tu veux martine).

prenons donc le jean large. ce truc que punky pratique depuis l'an pèbre (comme on dit sur ma bonne vieille canebière droitière) a été très très difficile à appréhender: le fait de mesurer la même taille qu'un enfant de 13 ans y est évidemment pour quelque chose. le fait d'avoir, cette dernière paire d'années, abusé de tout un tas de trucs sympa, aussi (sur la première marche du podium, notre ami le fromage est évidemment à la fête, suivi de près par le bon vieux pain craquant, suivi à un rien de la cave démente de mon cordon-bleu de mari -qu'il soit dit une bonne fois pour toutes que ce chien m'avait achetée mince et puis au fil des années subrepticement transformée en patate).

garance rêve peut-être de trouver des robes cap' d'envelopper ses énooormes nichons (:-p), moi c'est juste de ressembler le moins possible à un petit pot pour bébé en low-boots.

après moults crises de nerf, un désespoir vaste et la perspective de ne jamais pouvoir abandonner mes robes-housses (pourtant, se voir soi-même comme un vieux canapé, je dis bof pour le glamour) je pense que dans mon cas le tassement peut être à peu près contourné par: a) le port obligatoire de putain de talons hauts ; b) une forme de jean large moulante sur le cuissot, évasée plus tard. j'ai pris le large chez bershka (vaches maigres, j'écris votre nom maudit): celui-là existe aussi en bleu quasi fluo, mais soyons honnêtes, un jean clair c'est minimum deux kilos de plus dans la vue et je n'ai pas besoin de ça ces jours-ci (seremettreausportseremettreausportbonsangdebois). je ne vous fais pas le coup du recto-verso, mais l'avantage de ce modèle est aussi de faire la fesse altière.

http://www.myspace.com/luketemple

ps: piski, effectivement, belle prise ! je n'ai aucun mérite, elle était déjà là quand je me suis installée, mais enfin merci, ton admiration va droit à mon coeur de rémi bricoletout.

pps: quant à cette veste noire: oui, je dors quasiment avec. pour une fois que je ne me lasse pas d'un vêtement en deux heures, merde.

Publié par piapias à 10:23:57 dans où j'ai encore travaillé plus pour dépenser toujours plus | Commentaires (10) |

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