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piapias

avec de vrais morceaux de pipelettes dedans !

ma jeunesse fout le camp | 11 janvier 2010

"une période un peu honteuse de ma vie" me disait hier soir ma soeur, parce qu'on en était là, à se remémorer des trucs de nos 18-20 ans, parce que depuis hier des gens d'un passé perdu se remanifestent, des amants, des amies, des gens qui t'ont connue furie, des gens qui faisaient avec toi ces trucs comme le tour de l'ouest en stop dans les traces de l'autre chanteur musette, pour être accrochées comme des berniques ivres au premier rang (et des fois, soir de chance, attraper une invitation backstages) des concerts de mano solo, à trembler comme s'il avait, ce garçon compliqué, un MESSAGE particulier à nous délivrer à nous, les filles du premier rang, les filles amoureuses et transportées du premier rang. 
ah mais non. ah mais non, pourquoi honteuse? 
c'est notre jeunesse.
depuis hier, elle remonte. depuis hier tu découvres que tes collègues, ces gens avec deux enfants, une maison, un prêt sur 25 ans, étaient au même concert que toi, saint-brieuc 94, putain, si loin, "j'avais une vie amoureuse ouh la tumultueuse", elle te dit cette fille sage et raisonnable de ton open space, et voilà des vieux noms jamais évoqués dans cette rédaction qui déboulent et qui font soudain de nous des gens avec un PASSE, tindersticks, babybird, palace brothers, vic chesnutt, et nous voilà soudain d'autres personnes sous nos peaux de maintenant, nous voilà soudain avec nos 20 ans, nos emballements, nos doc martens, nos cimarron, nos cols camionneur, et tout ce qu'alors on imaginait de nos vies futures -c'est à dire coucher avec bertrand cantat, globalement. on est très ambitieux quand on a 20 ans. "on est à un moment de nos vies où il va falloir admettre que l'insouciance, c'est fini", elle me disait ma copine de burlingue, et oui, voilà, c'est un peu ça qui me fait une boule de chagrin et d'autre chose encore ce matin, désormais nous enterrerons notre jeunesse des premiers rangs petit à petit, il va falloir s'y faire. ce n'est jamais les johnny hallyday qui se tirent les premiers.
hier au journal ceux qui avaient le coeur à se taper une pizza étaient tous nés après 1979 ou avant 1972 et tu n'avais vraiment rien à leur dire à part que la trois fromages, ça pue.
il y a très longtemps je me moquais de ma mémé, qui commençait toujours sa lecture du journal par les avis d'obsèques. c'était avant facebook. très longtemps je te dis. "à mon âge, quand tu as des nouvelles des gens de ta jeunesse, c'est souvent à cette page" elle me disait. je n'y comprenais rien. de toute façon les vieux, hein. désormais quand je regarde un visage ancien je ne fais que chercher, sous les rides, la coquine de 20 ans, avec son coeur qui tremblait peut-être pour le premier chanteur un peu écorché venu, avec ses prétendants, ses nuits blanches, ses petits matins, son saint-brieuc 94 à elle -l'acmé de sa jeunesse.
c'est un lundi pas tellement à faire tourner les serviettes en d'autres termes.
je ne saurais trop vous conseiller, aujourd'hui un petit peu plus encore que d'ordinaire, la lecture de besnob.com

Publié par piapias à 11:45:44 dans moi, ma vie, mon cerveau de poule | Commentaires (8) |

motherfucker | 19 septembre 2009

on dit des trucs aux jeunes filles et ces trucs ne sont jamais: cocotte, quand tu seras mum, ce qui sera chaud les marrons, chaud, à gérer, ce sera pas d'être mum

ce sera tout le reste en même temps.

ce qu'on dit aux jeunes filles c'est : sois la MEILLEURE. sois AU TAQUET. compare toi. et sois LA MEILLEURE. je le fous en grandes lettres balèzes pour que tu mesures tout le merdier énorme. ce truc de pas pouvoir se reposer dans sa propre médiocrité confortable. ce truc de tenir debout, quoi qu'il arrive. alors que des fois, hein, dedans on est à quatre pattes à peine.

nous, on est connes, on dit bon. on dit d'accord. on fera comme ça. de la maternelle au clos des violettes, 4e étage, porte à droite (la dame qui bave). on sera en COMPETTE. même menues, avec des épaulettes. épaulettes MENTALES I precise (pas les balmain). on est des fourmis. on est LA FOURMI DU MOIS. la fourmi avec sa photo son sourire à la noix à l'entrée de la fourmillière. la fourmi avec les cernes. la fourmi qui quand elle lâche les amarres, du coup, c'est comme son enterrement de vie de jeune fille, n'importe quoi, n'importe quoi, mais vraiment, pire qu'à 20 ans et demi. la grosse lâchade. il faut inventer des enterrement de vie de jeune fille hebdomadaires. il faut interdire aux mères actives épanouies de venir. il faut que florence foresti paye sa tournée de mojitos. ou même deux. putain. c'est pas moi qui ai chopé les cent millions bucco-rhôdaniens.

dans tout ce machin de la vie qui n'arrive pas à tenir dans des journées de 24h, heureusement qu'il y a les XX. c'est à deux à l'heure et c'est bon, cette respiration un peu sale un peu tiède, dans la course d'en ce moment. l'amour c'est pas compliqué c'est la seule chose qui raccroche mes wagons dans ces périodes-là.

 

Publié par piapias à 22:25:45 dans moi, ma vie, mon cerveau de poule | Commentaires (14) |

eyes wide shut | 11 août 2009

j'étais devant les images de cartier-bresson ce week-end -puisque je n'ai pas vu sean connery en écosse, j'ai fini par rentrer- et je me disais : "ma bonne ava, tu vois, la vie, souvent, c'est exactement le contraire d'une photo à riton." ça n'est pas cadré au millimètre, il y a des trucs qui dépassent, des gens qui plissent les yeux, des ombres moches, des rictus, ce n'est pas cette perfection de construction qui te saute aux mirettes, ce découpage inouï, ces images où tu cherches le truc, comme on fait pour les magiciens sauf que bien sûr les vrais majax, ça m'a toujours gavée, mais bon. 

c'est peut-être pour ça que tout le monde aime cartier-bresson, ce type qui photographiait comme on décoche une flèche, fzzz, dans le mille, toujours, parfaitement au centre: il est notre idéal de compréhension, d'ordre serein, une claire évidence dans nos vies patachonnes, brouillonnes, celui qui expose notre beauté, nos instants déjà perdus comme l'on n'y parvient presque jamais nous mêmes.

par exemple, ce week-end -attention, toudesuite ! ma vie toute personnelle très très passionnante !- je marchais dans paris à côté d'un petit camarade cher à mon coeur, il y avait la langueur de la ville, des rues désertes, ma soeur qui était belle, des épaules nues, ma fille dans sa poussette à draguer les serveurs des beaux quartiers malgré sa coupe très 1933 (à quel moment faut-il dire à ses enfants que les épis existent à la racine des cheveux mais AUSSI au milieu d'une mèche?). et je boudais ma joie, des fois je fais ça, ma moufe, ma ronchonnette. j'achetais des lapins lumineux chez petit pan pour passer ma grognerie de vieux loup des bois. un moment très typiquement moi, ma foi. il se peut que jean-pierre bacri ait pris possession de mon être, comme d'autres gens avaient, autrefois, pénétré la personne de john malkovich. 

il a fallu que je rentre, au calme dans mon tgv, pour comprendre, en buse extrêmement lente, que j'étais tout simplement heureuse.

je sais pas comment riton se serait démerdé avec ça, pauvre vieux.

je suis un peu comme une amélie pouliche, il me faudrait un souffleur pour bien apprendre à regarder. je ne trouve mon cadrage qu'après coup.

http://www.myspace.com/bowerbirds

(sinon ça vaaaa, quoi, c'est du bel été au pays des filles blogosphériquement absentes. il faudra juste que quelqu'un me dise comment on fait pour s'exciter sur la mode de la rentrée: quand je vois les portants, j'ai envie d'aller me pendre au fond d'une cabine zara -ils ont des tabourets).

ps: à simiane-la-rotonde, riton et son pote marchaient en discutant le bout de gras et l'ami a vu riton faire un petit mouvement de main, hop, pfuit, en un clin, sans s'arrêter ni de marcher ni de parler. et c'était la photo là-haut. après ça, je crois que nous pouvons tout simplement aller nous recoucher).

Publié par piapias à 21:47:05 dans moi, ma vie, mon cerveau de poule | Commentaires (16) |

là-bas | 03 juillet 2009

pas de campari, pas d"huile solaire, pas de garçons de la plage, pas de peau brûlée par le soleil.

mais des ciels noirs, des montagnes âpres, des rades bouillants, et du rock, forcément. la voiture, et nous dedans, tout en haut du haut du nord de l'europe.

les copains nous regardent avec désolation, comme si on partait au bagne, en quarantaine, en taule : "je veux dire, merde, c'est L'ETE, quoi !?! et vous vous tirez sous la flotte froide ?!?"

oui oui on se tire. 

Publié par piapias à 22:23:17 dans moi, ma vie, mon cerveau de poule | Commentaires (10) |

isoloir | 06 juin 2009

l'odeur des écoles vides, ces printemps-là, la tête des assesseurs, oh, bonjour madame michu, ça vote bien aujourd'hui, oui, non, peut-être, la douce france, le temps suspendu, les dessins des enfants qu'on ne connait pas sur les murs, des fois un petit habit oublié à une patère, les platanes dans la cour et toutes ces parties de billes auxquelles on ne joue plus, d'ailleurs les enfants jouent-ils encore aux billes c'est une bonne question? y aller en famille, y aller en couple, y aller en famille (l'autre, la nouvelle) le matin ou tout de suite après les croissants de midi quand on avait le genre de vie où les croissants c'était à midi, maintenant c'est à 8h mais c'est fou comme c'est beau un dimanche matin quand il commence avant 13h finalement. après, traîner, attendre, biper, appeler les copains à l'heure de l'apéro, s'organiser quelque chose avec du rosé, des pizzas, de la mauvaise foi (et dans notre cas énormément de gnôle pour faire passer la douloureuse finale), des fois revenir tard pour compter les bulletins, c'est votre grande fille? la honte et en même temps la fierté à la con, ce truc d'appartenir, ce truc de la république, ce truc de vieux. mais souvent, bosser, plutôt. courir les permanences, les QG, recevoir des sms en panique d'élus mais peut-être plus pour très longtemps, alors alors vous savez QUELQUE CHOSE, du rosé, des kirs royaux, du taboulé que personne touche jamais, des télés allumées, les sorties des urnes, les estimations, les calculs savants, les reports, les projections, il est 23h, un journal qui sent la trois fromages et le rosé, l'excitation, le rosé, l'effort collectif, les analyses, les scènes surréelles, putain mais en fait jean-pierre est de DROITE dit sur le ton de mais en fait jean-pierre c'est le mal, le chagrin ravalé des déçus, la liesse des QG, les caméras dans ma petite gueule, les JRI qui se fritent, les airs entendus, les airs de fin du monde, les airs de c'est la luttte finaaale, le rosé, bon sang mais il est

1h du matin.

je suis le genre de fille qui aime ces dimanches-là.

même si demain avec tess dans l'isoloir je crois que ce sera un petit peu plus ardu de faire quelque chose de vraiment cohérent. et pas seulement parce qu'elle va sans doute vouloir boulotter les bulletins (bouffe l'europe utile de la dame qui foutrait les miquettes si par exemple c'était la nouvelle secrétaire de direction ou alors la maîtresse de maternelle, chérie chérie !). on a beau aimer la politique (oui! voilà ! c'est dit !) des fois on est tout merdeux avec sa perplexité, madame michu.

(oui, je sais, la mode. mais pas forcément non plus)

http://www.myspace.com/dandeacon (c'est énooooorme nom de moi !)

Publié par piapias à 21:23:43 dans moi, ma vie, mon cerveau de poule | Commentaires (10) |

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