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piapias

avec de vrais morceaux de pipelettes dedans !

le sacrifice | 21 octobre 2008

poulette va avoir un âge qu'aucun d'entre nous ne pensait jamais atteindre: pas parce que nous aurions vécu vite et mourru jeune (vivre lentement, c'est très bien aussi, et clamser à 99 ans dans son sommeil comme soeur emmanuelle, je pense qu'on peut trouver trépas plus dégueu), mais parce que, tout simplement, quand tu as encore une carte 12-25 à la sncf, tu crois que la jeunesse est ton état personnel, ton état personnel pour toute la vie. les pattes d'oie et le souffle court, c'est toujours pour les autres, pas vrai? toi tu es la fraîcheur de vivre. d'ailleurs il t'arrive encore d'avoir de l'acné: n'est-ce pas la preuve ultime que tu transpires l'adolescence par tous les pores de ta peau caractérielle?

mais bref, poulette n'a plus de carte 12-25 depuis dix ans et tu es donc là, dans ce mall, à traquer le cadeau qui ferait un peu, genre, 35 ans. dommage, toujours pas de boutique avec des hommes en libre-service dedans. du coup tout paraît un peu plan B, un peu lot de consolation aux chiffres & aux lettres, un peu passage à H&M après excursion chez zara. donc dépitée d'hommes à vendre, tu entres chez minelli: une marque que tu ne fréquentes plus guère, car à un certain niveau d'arnaque (de la pompe à 169 euros fabriquée en malaisie? mais pourquoi pas !!!), tu cesses d'être shoesivore. et tout de suite tu les vois: comme qui dirait les low boots parfaits. pointus, cloutés, cambrés. tu les essaies car, comme ça tombe bien dis donc, tu partages avec poulette une forme d'humour de hyène et cette pointure 38.

dans le miroir, c'est simple, tu as l'air... d'une mannequine. d'une mannequine enceinte jusqu'à la frange, mais d'une mannequine quand même, merde. d'ailleurs la fille assise à côté en train d'essayer des bottes molles te regarde et a visiblement un léger malaise de jalousie. la fille assise à l'autre bout du magasin te sourit avec l'air de vouloir arracher les clous de tes low pour te les planter dans les yeux. la fille qui passait dans la galerie du mall l'air pressé fait demi tour, entre dans le minelli et demande à voir tes low en 40 en faisant mine de ne pas te regarder. comme cela est doux au coeur, parfois, d'être haïe. 

en tout cas la vendeuse a déjà sorti sa machine à cébé tellement l'affaire semble entendue. il y a des couples naissants, parfois, qu'il est évident à tous que rien, non rien de rien ne saurait séparer.

toi, tu es déjà en train d'essayer mentalement la paire de low avec tout ton dressing et c'est la magie, tout en est comme transcendé. tu connais cet état, cet état s'appelle: l'achat impulsif excitant qui à la fin du mois fait que tu es pauvre, telle ce précaire de job, et que tu entretiens une relation de duperie avec ton mari: mari à qui tu tenteras de faire gober que, non, ces low, tu n'aurais pas été jusqu'à les acheter, mais que tu les as quasiment trouvés par terre, dans la rue, oui, dans ta pointure, si c'est pas dingue mon chéri tu veux que je te masse les trapèzes en toute petite tenue ? enfin ce vieux sketche dans lequel je perds toute dignité.

puis que se passe-t-il? soudain l'image de poulette, une fille qui ne peut pas blairer les trucs à clous, une fille qui est un peu la délicatesse d'audrey hepburn alliée à l'humour d'un routier ukrainien, se superpose au papier de soie dans lequel la vendeuse est en train de rouler tes low si rock. tu prends conscience que c'est justement la fin du mois. tu prends conscience que la phrase "et pour tes 35 ans, je me suis offert ces low" n'est pas prononçable dans la vraie vie, enfin dans mon cercle de gens coincés de la morale. tu prends conscience que ton propre anniversaire n'aura lieu que dans trois mois et qu'en attendant, tu as déjà flambé pour 12. puis tu te souviens aussi qu'il te reste ce joker "liste de naissance" dans ta manche 3/4: entre le maxi cosy et la poussette tout-terrain, tu pourras peut-être encore glisser "low boots cloutés minelli" sans attirer l'attention et la shame sur ta face?

tu dis à la vendeuse, avec cet air de madone au martyr que tu sais si bien prendre en ce moment, que non, finalement non. le coup des chiffonniers du caire, à côté, c'est de la petite bière d'altruisme.

photo: piquée sur le blog de la pipelette. j' avais pas le coeur à pétrifier davantage les filles de minelli en dégainant mon pentax pour me shooter les chevilles.

la plus belle chanson du monde? oh oui, tiens :)

http://www.youtube.com/watch?v=i2V_ZT-nyOs

 

 

 

Publié par piapias à 17:23:23 dans inspiration | Commentaires (14) |

putafranges & toutes ces choses | 19 octobre 2008

c'est sans doute parce que mes parents n'avaient pas de décodeur, au fond de leur foutue forêt des 80's. alors à la récré, j'étais cette fille larguée, cette fille qui ne savait pas qui étaient les nuls, pine d'huître, vandel et tous ces gens tellement cools qui habitaient dedans le poste. un truc qu'on peut vivre mi-loose, mi-raisin: comme à 13 ans, j'étais (déjà) le genre de fille snob dans sa forêt, j'ai plutôt choisi de passer mes soirées avec des écrivains morts et/ou alcooliques. je voyais pas vraiment ça comme perdre au change.

le truc, donc, c'est que je suis passée totalement à côté de toute cette "école" canal + de la life. alors même quand j'ai eu ma propre vie, ma propre télé (un truc même pas lcd qui a l'âge des études universitaires de mon homme, autant dire que ce poste a fait la guerre) je n'ai pas acheté de décodeur non plus. ni de bouquet satellite. ni... rien. du coup je suis toujours assez nullasse en starlets de télévision: j'ai bien yves calvi, mais je crois pas qu'il ait jamais été chroniqueur sur canal, avec sa tête de sanglier ronchon. du coup pendant longtemps j'ai ignoré les putafranges par exemple. ouii !! je t'assure. c'était un nom dans jalouse, un nom de soirées où je vais pas, d'émission que je regarde pas et puis des franges, quoi. quelque chose de ce aaah, paris qui n'est pas le aaah ! paris qui moi me botte, parce que je trouve qu'il sent trop le très gros pognon facile les doigts dans ton nez des années 80, mais c'est mon avis, hein, mon avis d'enfant snob dans sa forêt sans décodeur. bon eh puis cet été, chez ma mum, je crois qu'à la fin d'une soirée nous nous sommes échoués devant ce truc de france 4 avec ray cox, en direct des festivals. alors j'aime bien ray, parce que son accent et ses blagues pourries et qu'on dirait ton oncle, en gros, si ton oncle était backstages. alors nous avons découvert un peu interloqués tania bidule, la tania putaf'. eh bien ! mazette! avions-nous envie de siffler entre nos dents. tania, elle est peut-être gentille, comme copine de shop-shop ou je ne sais pas, pour des bons conseils de lissage de mèches, mais alors il faut vous dire le truc, c'est que la musique, bon ben. ce serait un peu comme moi si je devais tenir une rubrique "nos amis les pipolets télévisuels, leur vie, leur oeuvre". la crédibilité discutable je dirais. l'à côté de la plaque pas trop trop pardonnable. l'envie de bien faire, c'est certain. mais quelques myspace de retard, ouh la, ouh la. 

alors je lis chez besnob -un lieu où par nature je me sens à mon aise de petite péteuse au nez froncé, oui, voilà, roulons-moi à mon tour dans le sarcasme- que désormais les putaf', elles font de la fringue. pour maje. avec en gros de la chemise à carreau et de la robe noire rock'n'roll comme tout le monde cet hiver, je vais dire pour résumer. à un moment tout ça sera en vente chez colette, on est bien contents. alors maje, je vais dire quelque chose de pas hyyyyper sympa, un truc même assez vachard de plus, ok, mais c'est un peu comme le phénomène de la putaf', quoi. c'est assez de la gueule, surtout, non? c'est du prix dessus qui fait oumpfff dans ta face. mais la qualité, touche la qualité, eh bien elle n'y est point dessous, ma petite martine, touche et rends-toi à l'évidence. maje/putaf' c'est un peu juste le concept l'ascenseur, tu le vois l'ascenseur? eh bien je le prends et je te le retourne, martine. alors sois gentille de me le renvoyer idem. tout ça pour dire quoi?

tout ça pour dire: mouais mouais.

sans doute la seule double affirmation au monde qui à la fin forme une négation.

http://www.myspace.com/jennylewismusic  

ps: il doit toujours me manquer le décodeur pour comprendre le fun qu'il y a à être un tout, tout petit monde de gens (parisiens: je le dis alors que je les aime, hein, j'en suis moi-même une à demi) sur la terre qui se renvoient la baballe dans leur coin. on va dire que je suis aigrie. parce que j'y suis pas, parce que ma province, parce que les forêts, parce que philippe vandel. ouaiiis. disons-le donc :).

Publié par piapias à 23:17:22 dans inspiration | Commentaires (20) |

guerre & pax | 14 octobre 2008

en ce moment j'emploie des ouvriers non-déclarés.

et non-payés, attention, on a son éthique madame ! en 2008, on peut être de gauche et se commettre dans des trucs de bitch carnassière & droitiste, c'est mon amie cbs qui le disait l'autre jour sur le canapé de mimiche drucker. je profite donc de mon état (à 7 mois et demi, ce mot ne se prononce plus qu'en italique, la tête penchée un peu de côté, le regard digne mais subtilement culpabilisateur: une figure difficile à maîtriser. si on est concon comme moi, on peut même passer 7 mois à bosser deux fois plus que tout le monde pour faire son intéressante. au fil du temps, aucune médaille n'étant toutefois décernée à notre jeune mère courage, elle mettra sa force de travail dans sa poche comme toutes ses copines avant elle) pour refiler toutes les corvées à mes gens.

par exemple, monter un dressing ikéa qu'à côté, un puzzle 8000 pièces "les alpes sous la neige" c'est une partie de poilade.

car comment vous dire le truc sans passer pour la dernière des dindes?

avoir un dressing, c'est un peu le rêve de toute ma vie de grue. déjà au temps où j'avais des barbie, je crois que leur valise de fringues était plus balèze que leur camping-car jaune.

on laisse les enfants faire n'importe quoi dans leur coin, et après on s'étonne.

les hommes et les femmes bordéliques ne peuvent pas comprendre. les gens qui n'ont pas grandi dans une famille (mode "cosette" on:) nombreuse pour qui le mot "bordélique" a été inventé ne peuvent pas comprendre (mode "cosette" off).

mais les filles qui ont frôlé la rupture d'anévrisme devant le dressing de SPJ dans "sex & the city" (le film) savent précisément de quel délicieux sentiment tordu confus (le contrôle! l'ordre!) je veux parler. les filles qui détestent eva longoria depuis qu'elles ont appris que cette toute petite femme possède un dress de 130 m² (soit exactly la surface de mon appartement multipliée par deux) aussi. les filles qui sont obligées de partager leur penderie étriquée avec un homme uniquement muni de t-shirts XXL également. ainsi que les filles tenues d'opérer une tournante dans leur armoire à chaque mi-saison. et qui du coup sont obligées de descendre à la cave alors qu'elles flippent leur race à l'idée d'y croiser, je sais pas, un rat? michel fourniret en embuscade? leur voisin peintre libidineux "spécialisé dans le nu" (je ne mens pas sur ces choses-là: mon immeuble abrite un sexagénaire "n'y voyez pas le fantasme de l'homme mais le délire de l'artiste". un retraité qui par ailleurs fait son footing en short de cheerleader en lycra glossy: c'est dire à quel point on nage en pleine perversion dans cette taule).

donc pendant que mon beaup (cet homme dont par décence et respect pour la mémoire de mc gyver je préfère taire les titres de gloire) et sa team s'arrachent les cheveux dans la pièce d'à côté, je suis cette fille qui rêvasse.

à des classements par couleur. par forme. par marque (sauf qu'entre l'espagne et la suède, je vois difficilement d'autres nations émerger). par style. par association d'idée à la con du jour. à des portes coulissantes qui font ziii. à des piles à l'équerre. je suis cette fille qui emmènera désormais ses invités visiter sa chambre - et pas pour les trucs salaces qu'immédiatement vous croyez, hein, je vous signale que je suis bardée d'un mari pétri de principes d'un autre siècle. je suis cette fille (gaulée un peu) comme baloo: il lui en faut peu, si peu pour être heureuse ! trois panneaux de mélaminé & quelques clefs allen (*), what's else? je suis cette mère indigne qui profite déjà de sa progéniture pour s'offrir des trucs beaucoup trop chers pour une fille travaillant dans un secteur en crise d'une ville en crise d'un pays en crise d'un monde total barré en crise (dans la vie normale, quand on passe brutalement de la déprime à l'euphorie, c'est qu'il est temps d'envisager un diagnostic de dépression sérieuse, petit jean-pierre gaillard de mon coeur).

un monde foutu mais bientôt rangé au cordeau, bien à l'abri derrière ses portes en verre trempé.

amis de la psychanalyse sauvage, bien le bonsoir, moi je vais voir l'avancée des travaux. 

http://www.myspace.com/fujiyaandmiyagi

photo: il faut vraiment être une actrice majuscule pour garder le sourire quand le photographe te propose une pose aussi improbable, non? même le chien a l'air total interloqué (ou mort & empaillé?). au passage, il faudra qu'un jour quelqu'un m'explique pourquoi si tu es une femme riche, tu as forcément un treugnon petit chienchien blanc, petit et blanc, comme joyeux compagnon. ce mystère de la vie me laisse toujours perplexe.

(*) il m'a fallu à peu près 2000 ans pour comprendre que le truc ne s'écrivait pas une "clef à laine". le jour où j'ai compris ma méprise, ça m'a fait un peu comme quand je me rends compte que je brame un mot pour un autre dans une chanson -et pas forcément en britton, d'ailleurs, j'ai comme qui dirait une oreille qui ripe.

Publié par piapias à 18:22:52 dans inspiration | Commentaires (19) |

pourvu qu'elle soit fausse | 11 octobre 2008

la preuve que je ne suis pas une vraie blogueuse de la fashion?

ok, on ne me demande pas mes bons plans shop-shop dans glamour.

mais sinon?

la preuve que je suis un escroc, c'est que je peux pas blairer le gilet en peau de lapin que LEMONDENTIERDELAMODEMONDIALEKIFFE. dans la rue des temps-ci, ça me glace, j'ai l'impression de croiser des filles qui portent des pauvres bêtes écorchées, des pauvres bêtes écorchées qui crient "hiii, j'étais le papa lapin d'une portée de 12 lapereaux en bas âge qui ont fini en cols" dans d'horribles laboratoires chinois (quoi, ma tête?), j'ai l'impression d'être revenue près des clapiers avec ma mémé qui me dit "tiens, je vais te montrer comment on lui enlève son petit pyjama, à jeannot lapin" ("nooon, mémé !!! pas jeannoooot"). avec un couteau de boucher. couic couic jeannot lapin, tu feras moins le malin. euh, ou peut-être je rêve cette scène de cauchemar?? enfin je suis sûre d'avoir assisté au moins au meurtre d'une poule. avec ma grandm's (mémé, pas mamina la coco fan de "plus belle la life" et des pulls mohair), c'était pas trente millions d'amis tous les jours (alors que moi, vraiment, je pourrais vous arracher des larmes en vous racontant comment je kiffe les grands singes, par exemple, mais également les suricates, tout ça pour vous dire allez voir le film, y a pas que woody dans la vie. ok, y a quand même jjjjavier bardemgroar. oui. je sais.) 

en revanche, j'ai une sorte de fascination pouffie-pouffe pour la fausse fourrure de bête exotique. sans doute parce qu'à la ferme de mémé "misery", y avait pas de panthère à foutre à poil. enfin bref. du moment que la fourrure est complètement fausse, mais limite synthétique crissant, hein, je peux dire yes. et c'est dans ma pelisse de femme de mauvaise vie, mon slim noir, mes boots et ma frange de kate moss que j'irais retirer tous mes sous de la banque, ah ah ah (je ris mais les gens me foutent les miquettes avec leurs psychoses: les gens de l'islande, mais pas seulement. une psychose au gilet en peau de lapin, c'est moins dangereux pour l'économie mondiale, par exemple). 

sinon je propose aussi de porter un toast chaleureux aux routes autrichiennes.

http://www.myspace.com/anaisinyourface (eh ouais ! cette fille me fait horriblement rire. et pas juste quand elle mange des supions à côté de moi chez dédé à la verrerie)

Publié par piapias à 22:08:38 dans inspiration | Commentaires (30) |

le problème avec le systématisme en fashion | 09 octobre 2008

l'humanité se divise, on le sait, en deux camps:

celui de ceux qui vont cheveux nus et celui de ceux qui portent volontiers l'accessoire capillaire. et quand je dis "accessoire", ma bonne martine, je t'arrête immédiatement, je ne vois pas spécialement ce genre de longue fausse mèche rêche que les presque chauves se plaquent sur le crâne pour donner le change et qui parfois, mais alors c'est vraiment, vraiment trop de laideur sur la terre, non ? se soulève avec le vent (excusez-moi mais : nausées de fin de journée). vade retro, patrick poivre, tu n'as rien à faire sur ce blog, cache ce camouflet (c'est le petit nom de la chose) que je ne saurais voir. noon, quand je dis "accessoire", je veux juste dire barrette. chouchou (nan: en fait, pas chouchou, même si comme je vois les années 80's revenir à toute berzingue dans nos faces, on va bien assister au retour de la vengeance de cette atrocité à un moment). 

bricole dans le crin, donc. 

puisque tu me le demandes, martine, et je te remercie pour cette belle curiosité qui t'honore, j'ai longtemps été moi-même très très barrette. minimaliste, style épingle à chignon, la barrette. coincée sur le côté, exactement comme la jeune personne diaphane là-haut, ce qui arrangeait mes repousses de mèche en vrac, mes histoires de cheveux dans les yeux, de cheveux sales du dimanche, d'épis d'huckleberry finn, tout ce petit côté indomptable angélique de ma chevelure souple (il y a deux saloperies sur cette terre: la peau mixte et le cheveu souple. que ce soit dit. des femmes ont la joie und l'honneur d'être munies des deux. j'en témoigne très misérablement). avec ma barrette, c'était comme ça une sorte d'histoire d'amour et aussi d'efficacité matinale (=prête en trois secondes). mais voilà le truc pénible, avec certains gadgets récurrents: à un moment ils font tellement partie de vous, ils semblent à ce point vous signer, vous définir, vous surligner au stabilo fluo, que vous ne pouvez plus sortir les poubelles sans. au lieu d'allumer une cigarette après le sexe torride, comme tout le monde, vous réajustez votre barrette. vous la gardez sous votre bonnet de piscine. votre terreur est de tomber en panne de barrette au milieu d'une journée sans monop à portée. vous en avez du coup quelque chose comme 2000 en stock. au fond de vos sacs, poches, tiroirs de burlingue, boîte à gant. tous vos amants trouvent des épingles dans les lames de leur parquet. vous déglinguez des aspirateurs. ça ne peut plus durer: vous êtes ridicule.

alors quand vous devenez plus connue sous le nom de "fille à la barrette" que sous, par exemple, celui de "splendide et sombre créature propre à inspirer le désir le plus ardent" c'est qu'il est temps de réagir.

moi, j'ai laissé pousser ma frange en rideau. julien doré s'est sorti louise truc. chacun son plan B. on s'en lassera aussi, de toute façon.

pourquoi ce préambule interminable, en ces temps de crise où subprime & krach sont des mots que tu prononces davantage dans une journée que le prénom de ta femme ?

mais parce que la barrette is back, apparemment. en voilà de la nouvelle qui claque! plutôt que de tenter de décrocher (et d'échouer à) un prêt à taux variable à 25%, mieux vaut se poser des questions à notre mesure, notamment celle-ci: la femme, je ne vais pas dire devenue vieille, mais devenue moins jeune peut-elle encore se permettre la barrette de petite fille? n'est-ce point trop de ridicule, soudain? n'est-ce point trop faire pitié comme ces vieilles dames en mini-jupes qu'on essaie de ne pas regarder mais qu'on regarde quand même à la dérobée avec effroi ? il est bon de parfaire une journée stupide par une interrogation idiote. un jour où l'on considère que le clézio est ce qui est arrivé de mieux à la littérature mondiale en 2008, je ne trouve pas ça inutile.

http://www.myspace.com/andrewbird

photo: le charmant blog de sandra & josefin, que tu as en lien dans ma blogroll depuis l'an pèbre

Publié par piapias à 19:22:33 dans inspiration | Commentaires (8) |

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