aujourd'hui était le genre de journée comique où je suis cap' d'acheter des shorts taille haute à ponts juste parce que je suis de bonne humeur. donc, égarée dans une cabine de centre-ville, protégée par le pouvoir magique d'un salaire tout neuf, j'étais à deux doigts de me traîter de véritable bomba hot tschhh ava dans un short ridiculement petit.
avais-je fumé de la drogue? quelqu'un avait-il mis du prozac dans mon quinoa de midi ? mon boss avait-il finalement déverrouillé l'accès à piapias dans mon open-space?
point d'acte criminel là-dessous, martine. seulement ma quicherie ordinaire. à la fin de l'hiver, la fille est encore dans ses vieilles habitudes d'essayer des habits sur ses bons vieux collants opaques de duègne, vois-tu. elle CROIT donc que ce cuissot fuselé, ce mollet coquin, cette cheville gracieuse sont véritablement à ELLE. pour réaliser son erreur, c'est pourtant très simple: la fille hivernale n'a qu'à réessayer le short de poupoule à même la peau de dindonneau. de dindonneau sous vide je précise. eh bien nous avons là une bomba d'un genre assurément très différent, les enfants: une bomba peut-être amusante -pour les autres, et cette part de l'humanité marseillaise que je n'arriverais jamais à véritablement tolérer : les filles bronzées en hiver- mais tout à fait déprimante à son propre regard. bref, une bomba qui ne se souvenait plus que lorsqu'elle marche (vers un miroir, sous un éclairage sadique) l'expression "silhouette tonique" n'est pas celle qui saute aux yeux ("absence totale de sport l'hiver 07-08" s'imposant davantage). bref, il y a urgence à aller se retartiner matin et soir (et midi, et au goûter à la place d'un maronsuisse, et au milieu de la nuit, en règlant le réveil sur 3 du mat', et en coupant les gens au milieu d'une conversation, "s'cuse, hein, ma cream") de crème anti-cellulite. parce que je ne sais pas pour l'afrique: mais il semble que les réserves en eau de la planète soient présentement stockées A L'INTERIEUR de mes cuisses de bomba.
or le truc essentiel dans cette sympathique anecdote, c'est que je ne suis pas certaine d'être capable de vivre sans ce short atomique. short nucléaire absolument pas portable dans 99,99% des moments de ma vie, je le précise tout de suite pour qu'en observant mes derniers posts, les esprits malveillants n'aillent pas en conclure que mon travail consiste à péripatéticienner sur le port.
ps: ce titre n'a quasiment rien à voir avec la choucroute: c'est juste un prétexte pour obliger les gens à aller se pâmer devant un hawaïen obèse. http://www.youtube.com/watch?v=PL-uL2M3xvM&feature=related. avec mon mari, on a fait des choeurs pathétiques en tombant là-dessus ce matin. avec des brosses à cheveux en guise de micro et une conviction de dingues. mince, est-ce que ça donne pas envie de bien la kiffer, la vibe, comme dirait cindy saunders ??
photo: short de la mort, lee cooper
Publié par piapias à 21:45:59 dans où je copierais bien si j'osais | Commentaires (6) | Permaliens
cette histoire commence un post plus bas, à la recherche de ce que nous nommerons "les très désirables spartiates à talons de la fin mars". j'ai fini par me trouver face au saint graal : c'était ce midi, le graal était posé sur un présentoir galicien et le graal faisait genre ma propre taille si j'étais moi-même montée sur des talons de 16. SANS DECONNER ?!? qui peut acheter des trucs pareils?? vincent mc doom? on cause d'un talon de forme vaguement triangulaire, en plus, quasiment ce qui se fait de pire, vous dirait ma fidèle -hélas- kiné. super déçue, j'ai erré telle une âme en peine dans mon zara, à la recherche d'un objet de substitution, or rien. du nèfle, du vent, voire moins. de la bonne misère pédestre en fait. on dirait que par les temps qui courrent (enfin, surtout qui piétinent précautionneusement, d'ailleurs), une chaussure, c'est soit un truc plus plat que le moral d'une marseillaise confrontée aux giboulées de mars (28 jours sur 31), soit de la pompe pour aller travailler rue curiol, rue de la gaudriole, comme tout le monde saît.
m'accomoder de bonnets A, voire A moins les jours de loose, ça va, maintenant, je sais. mais être ostracisée par tout ce que la terre compte de créateurs de souliers sadiques, alors là non, je m'emporte ! prenez andré: mince, andré. dans le temps, le très vieux temps d'accord, tu y allais avec ta mère, ta vieille mère pour qui des talons, ce sont des pieds gonflés et point. vous trouviez votre joie, cette vieille jacotte et toi. eh bien andré, c'est plus du tout ça: dans la vitrine, là, tout ce qui est beau, c'est du + 9,5 fastoche. 9,5. lorsque tu es même tombée d'une tongue et que par trois fois ta cheville gauche t'a obligée à te déhancher sur une fausse planche de surf dans un cabinet de kiné disposé en VITRINE sur la rue, passante, 9,5 c'est un peu le Mal. pour filer une métaphore mammaire, je dirais que ce serait un peu comme passer du jour au lendemain du bonnet A au bonnet G. un truc qui pushes tellement tes limites que pour finir ce n'est plus ton corps, là, non non, c'est : AUTRE CHOSE encore. pourtant, des personnes, je veux dire de vraies personnes, pas des mannequins payées par dédé pour se la péter en + 10, hein, achètent ici ces très belles pompes aussi dangereuses que des armes de première catégorie. alors forcément je m'interroge: quelle est donc la vie des filles qui peuvent porter du + 9,5 sans finir aux urgences? dans cette vie mystérieuse, marcher dans marseille (intéressante expérience d'équilibrisme), marcher dans marseille d'un pas éventuellement vif, descendre un escalator semble exclu. alors je ne sais pas? secrétaire téléportée matin et soir au bureau?
donc voilà le triste tableau, je suis pieds nus. après mes low boots à + 5, en tout cas. y a-t-il une recette pour garder sa dignité sur des talons non pas de dame (on s'en fout, des dames ! on est pas au patronage !) mais de vraie fille rock & hot, mince à la fin ? est-ce que ça s'apprend? est-ce que tout le monde y arrive sauf moi ? c'est quoi votre limite?
http://www.myspace.com/silvermtzion
photo: objet du désir, givenchy.
Publié par piapias à 21:01:58 dans où je suis plongée dans un abime de perplexité | Commentaires (12) | Permaliens
en ce retour de pique nique au soleil, les pieds dans la grande bleue, je me sens comme ma poulette, le vendredi soir du show case de raphaël (presque doyenne de la salle et plus très loin de crier son rituel "je veux lécher ta sueur et le reste": lorsque les vraies jeunes filles aixoises se lâchent, tu as envie de disparaître au fond de ton sac avec ta honte comme un manteau): toute pleine d'un incommensurable désir.
cependant pas pour un petit chanteur un brin défoncé entre sa caravane et son petit avion, mais pour ces fucking chaussures zara qui sont tout ce que je souhaite, là, pour débarquer telle une walkyrie dans ce printemps qui me fait déjà le bout du nez comme une gariguette. elles sont espagnoles, mais introuvables chez moi. pourtant, il va me les falloir, c'est très clair (à moins que je sois en fait en présence d'un talon de 12?). je lance un appel: peut-on croiser mes chéries cap' de rockiser n'importe quelle mièvrerie à fleurettes ailleurs que sur le blog (devant lequel très bas je me prosterne, au passage) d'agathe bjørnsdatter (frappadingue de la fringue comme je les aime) ?
http://www.myspace.com/turnerandkane (alors sinon on va très très vite reparler du nouveau band d'Alex Turner et de Miles Kane, je parie lourd dessus) : poulette, merci de ne pas écouter seulement ce vieux raphi ;)
photo: stylesbytes.net
Publié par piapias à 18:54:20 dans où je me prosterne avec servilité | Commentaires (13) | Permaliens
je suis un peu le jean-pierre bacri de la presse mag' ces temps derniers (avec domino & frieda, on pourrait former un club de la grogne). toujours à cracher du fiel méchant et de la grosse ronchonnade sur le dos des magazines de fille qui faisaient hier mon simple bonheur de poule (deux heures devant moi, l'appart désert, un rayon de soleil sur le canapé, une pile de papier glacé à dépiauter : le peuple n'arriverait pas à demander plus même s'il se forçait). je ne comprends pas exactement si c'est moi qui suis devenue plus exigeante ou si c'est eux qui se frisent les moustaches, mais en tout cas on se rencontre de moins en moins, eux et moi. je m'ennuie avec "elle", je m'ennuie avec "vogue", j'ai déjà tout vu, en plus drôle, en plus malin, sur les blogs des filles que j'aime, j'imagine. même les séries mode "officielles" m'indiffèrent, c'est comme si je n'y sentais plus rien de vivant, comme si toutes ces images étaient muettes. tout le contraire d'une cherry blossom girl dans son arbre en fleurs, des portraits pleins de style chipés à la rue par géraldine et garance: ces filles drôles, leur regard m'éclaire, dirais-je. et puis quand je vois comme punky ou fanny arrivent à vous transcender n'importe quel gilet H&M, je me dis qu'il n'y a guère de mérite à frimer avec du top modèle et le PIB de l'inde en frusques chic sur le dos des filles (hein domi?)...
peut-être qu'au marketing, je préfère seulement les conseils de copines? c'est pas du sentimentalisme à la con: c'est juste que punky, en disant un jour "eh ! ce fond de teint est une tuerie", a sauvé mes joues d'endive et expédié du même coup les 812 trucs coûtant un rein (en fait, des pots de plâtre et/ou d'huile) achetés sur les "conseils" de telle ou telle rédaction "conquise"...
bon, du coup, mon mari est content : "lire "elle" ne rime plus avec "t'es gentil, mais va t'occuper ailleurs avec tes jouets et ne me PARLE PAS, JE LIS, lmerci". on se recause même le lundi soir, c'est dingue. le déclin de la presse mag booste ton couple, je te le dis martine.
et puis parfois, quand même, exception, pépite: respect. la série en partie consacrée à clémence poesy (les plus belles narines du cinéma français, nan?) dans "nylon", là, c'est du vrai ravissement. l'ambiance nostalgique & douce un peu surex', la leçon de fausse vintagerie démente, gentillement gypsy, la petite veste à carreaux divine déjà vue sur irina (chez garance et j'avais déjà eu du mal à déglutir), les collants rayés avec les escarpins jaunes, les rayures avec les fleurs et puis la beauté de cette fille (franchement, vous l'aviez déjà vue si wow ?): moi je dis chapichapo à la styliste !
en fait on s'est pas quittés, avec les journaux de filles. la preuve des fois ils arrivent encore à me faire le coup du vieux volcan, qu'on a vu souvent, etc.
http://www.myspace.com/chrisgarneau


Publié par piapias à 20:46:22 dans où je me prosterne avec servilité | Commentaires (13) | Permaliens
je suis comme martine, ménagère de moins de 34 ans qui a donc connu l'an 2000, époque où dans certains coins de notre vieille france, le petit noir était à 3 balles -je parle de francs: je me dis que je vais peut-être mettre des petites affiches dans le quartier pour retrouver mon pouvoir d'achat, un petit compagnon dont je suis sans nouvelles depuis eh bé ?!? sais même plus. je ne parle pas d'un pouvoir dément de l'achat, naaan, entendons-nous bien: dans mon djob, le truc c'est plutôt de dire "attends, mais nous le blé on s'en foOOoout ! mais nous c'est la gloire ! nous c'est la flamme" (je précise que je ne suis pas présidente d'un comité olympique sans roupettes, merci). tout le monde saît ça, la gloire, la flamme, c'est des machins qui riment avec fins de mois en wheeling à la rémi julienne.
par exemple, là c'est décembre. froid, vent, froid, froid. j'ai remis des pulls et aussi DES CHAUSSETTES. le matin, je passe devant des vitrines d'agences de voyages (je ne sais même pas comment fonctionne une agence de voyage: rémi julienne voyage plutôt avec son sac sur le dos), je vois des images stupides du type bahamas et je me dis, "putain, entrons, faisons le plus gros chèque du monde et tirons-nous quelque part en maillot". je veux des trucs aussi cons que du sable, une mer à 30°, du rhum dans un verre. je veux du bonheur de masse, je veux croire aux sms qui me disent "eh ! vous venez de gagner un très gros chèque, appelez ce numéro surtaxé". l'après-midi je passe devant la redoutable vitrine de soul shop et je suis à deux doigts de braquer la vitrine by malene birger. je siffle mon pouvoir d'achat, mais ce petit con doit être en train de lever la patte contre l'agence de voyages...
j'ai des copains, des gars très chomsky sur le retour, ils me diraient comme ça que ce qui me rend pauvre, ce sont mes incessants désirs de consommer. que c'est l'affiche des bahamas, que c'est non seulement la robe divine et blanche de soul shop mais aussi les 12 ticheurtes de consolation des suédois qui m'abattent le pouvoir de l'achat. l'avoir plein les armoires et tout le toutim. j'ai des copains, ils font aussi le boulot "la gloire, la flamme", tout ça, et ils sont pas du tout rémi julienne: la preuve, ils s'achètent des F4, des bagnoles plus grosses qu'une smart, ils sont tout le temps en train de partir en ouiquaine, ils ne savent pas ce que "solde négatif" signifie. quel est votre secret, amis pas sans cesse sollicités? j'ai aussi plein, plein de copains qui me prennent pour une abominable paris hilton de canebière parce que les 12 ticheurtes des suédois. des copains qui ont genre 30 ans, des fois des minots, et zéro perspective de flamber aux bahamas dans cette vie. ce que je ne comprends pas, c'est comment on se retrouve à consommer plutôt d'une façon ou d'une autre.
y a des jours où je bave sur les bahamas, mais y a aussi des jours où je me dis "eh ava, tu ne vois donc pas que tout ça est chimère, poudre dans tes beaux yeux, qu'on t'invente mille choses à convoiter, tellement qu'à la fin tu ne sais plus, toi, ce que tu désires vraiment et qu'à la fin peut-être tu passes juste à côté de ton bonheur sans le regarder?"
ouais, mes neurones, j'en fais du tricot et je suis ce soir aussi blogomode & glam qu'un labrador. ça ira mieux quand marseille ne me foutra plus le moral à moins mille avec sa saloperie de météo des pôles.
http://www.myspace.com/theyoungpunx (avec du remiiix qui shake le booty)
photo: the cobrasnake.
Publié par piapias à 20:17:35 dans où ça prête à rire | Commentaires (15) | Permaliens
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