en vacances, tu peux décider de faire faire du monokini à ton cerveau sur la plage de diamante k. mais si la gnôle dès 8h, le sexe facile & les brésiliennes avec un cheveu sur la langue ne t'intéressent pas (après le départ de lindsay, personnellement, tu as repris tes billes pour te concentrer sur les aventures de bonhomme dans "l'amour est dans le pré"), tu peux par exemple aller à saint-nazaire. généralement il y pleut. mais on s'en fout parce d'un autre côté, une ville post-destruction massive s'en tirerait pas hyper mieux sous 35° et un soleil plombé. alors à saint-naz' il y a deux choses: les souvenirs de chantiers navals de mon bopapa ("en ce temps-là, le chef de chantier on le pendait par les pieds dans le port, on savait rigoler") & le life. le life est une aberration brusquement apparue dans une alvéole de la base sous-marine: autrement dit un lieu dément pour l'art contemporain.
et j'ai envie de dire: pour le rock.
cet été, le life, sous la houlette de roland groenenboom, présente un truc qui, si tu penses que daydream nation est l'une des meilleures choses qui soient arrivées à tes oreilles, devrait te mettre la joie dans le corps. sonic youth etc.: sensational fix. autrement dit une foisonnante expo composée autour de la bande à kim gordon, thurston moore, ce taré de lee ranaldo (personne ne détruit les amplis comme lui) et steve shelley et des liens qu'ils ont tissés durant toute leur carrière avec l'avant-garde artistique américaine. l'expo se présente comme une sorte de spirale folle, anarchique et pourtant très fine, qui prendrait sa source dans les années 50 aux côtés du crew d'allen ginsberg pour filer jusqu'aux skateurs aériens de spike jonze. pochettes d'albums, bidules griffonnés sur la nappe d'un dinner, flyers, toiles, vidéos, installations, de raymond pettibon à jeff wall, de jutta koether à tony oursler, sensational fix mélange les genres et les approches avec jubilation et permet de mieux comprendre comment ces quatre punks intellos sont parvenus à irriguer leur musique sans bredouiller depuis trois décennies. c'est aussi retrouver avec des sourires d'anciens combattants nirvana, dinosaur jr., sugar, les smashing pumpkins, pavement et tous tes petits camarades des années lycée. le souvenir d'un concert de sonic youth où tu avais été soulevée de terre par une foule de fauves en folie. teen age riot.
jusqu'au 7 septembre au life (lieu international des formes émergentes), base des sous-marins, bd de la légion d'honneur 44600 saint-nazaire. 02 28 54 99 45. www.life.org
http://fr.youtube.com/watch?v=iva_Y9W3hJ0 (parce que quel fix !)
Publié par piapias à 11:58:58 dans où mes oreilles clappent leurs mains et font yeah | Commentaires (4) | Permaliens
c'est le matin où ton chien a fait du saut à l'élastique sans élastique du premier étage de la maison. le beurre lui aura monté à la tête? ce genre de matin hésitant (petit dej avant l'apéro?) où tu ne devrais pas, logiquement, découvrir fuck buttons. de toute façon tu ne devrais pas aimer fuck buttons car comme ton mari non rasé (depuis?....) te le souligne immédiatement (les maris qui ont collectionné les accrédits de festirocks sont comme ça, toujours un peu "rock academy" à la lisière de leur être céleste), "mais on dirait du pink floyd".
et tu n'aimes plus pink floyd et toute cette merde de rock progressif depuis 1990.
cependant, sur tes bras, c'est bien une sorte de chair de chicken. cependant, tu as ouvert les fenêtres (tant pis pour les chiens volants) pour que tout le village en profite. plane. dans ce gros son mâle qui grésille. le même qui décoiffera les jolis garçons sages de la route du rock la semaine prochaine. tu aimes bien les garçons de la côte. leurs lunettes rectangles. leurs petits polos. leur culture musicale vaste comme l'australie. leur snobisme drôle. leurs cheveux timotei. cette époque où l'on ne sautillait pas d'un myspace à l'autre mais où l'on allait dealer des 33 tours chez ce petit disquaire rennais.
comment ça, "oh ça va, lâche nous la grappe mamina"?
Publié par piapias à 12:33:54 dans où mes oreilles clappent leurs mains et font yeah | Commentaires (7) | Permaliens
c'est dimanche, je peux même pas prétendre qu'il pleut. c'est le machin qui ressemble-à-la-pluie-mais-finalement-non qu'on sait bien faire en bretagne. ça donne envie d'avoir l'activité d'une plate du belon. j'en connais qui règlent la question en bouquinant au-dessus d'un sachet de palets bretons. j'en connais qui boivent "matin, midi, soir et soirée" selon la belle expression de certaine longue caro à moi. j'en connais qui seraient cap' d'aller voir au ciné un film très finement sous-titré "évitez de vous faire sucer ce soir". si tu étais un intello, au mieux les vacances te transforment en adorateur de koh lanta. tu sais tous les noms des tayak et des mingao. je préfère donc ne pas m'étendre sur ce que l'oisiveté couplée à ce que nous nommerons "la météo bousière" fait aux capacités neuronales de la bonne vieille quiquiche des familles. il y a comme un effondrement général dans la langueur, la sieste de crapules, l'abandon de tout genre d'ambition personnelle (je sais pas chez vous, mais avec mes gens on a comme une tendance à pratiquer le niveau zéro de la blague en ce moment).
la preuve ultime c'est que je ne mets plus deux heures à m'habiller le matin. je suis capable, telle un être humain ou telle mon mari, de tout simplement attraper le t-shirt sur le haut de la pile.
un acte gratuit presque beau de désinvolture.
quand je rentre de ce genre de séjour cotonneux, il me faut toujours une sorte de petit sas pour remettre ma tête en état de marche. en général, mon stressomètre se réactive au même moment: jean-eude sera-t-il dans ma classe à la rentrée? anne-charlotte aura-t-elle déjà shoppé un slim en cuir et comment faire alors pour ne pas la détester plus que l'année dernière? y aura-t-il des nouveaux et si possible un/LE nouveau très très désirable, mettons, un jamie dornan, pour faire simple, et est-ce qu'on devra faire un exposé ensemble et travailler tard, si tard, le soir dans l'open space déserté? la maîtresse sera-t-elle une peau de vache ou y aura-t-il moyen de lui mendier un 3/4 temps ET une augmentation? et pourquoi bon dieu ne fait-on pas de moleskine septembre-septembre? toutes questions essentielles, je crois qu'on est toutes d'accord. je me rends alors compte avec accablement que d'une certaine façon, bonne élève à sa môman un jour, bonne élève à sa môman toujours: je kiffe la rentrée. les papillons dans le ventre. l'insomnie la nuit d'avant. l'odeur des cartables (t'as ton tann's? parce que moi pas encore). je me rends compte que je suis un freak. je le savais un peu mais là le truc est plus net.
tout ça pour dire quoi?
que certains auront réussi leur défi tête de tigre 2008. trilby bas, pete ;).
http://www.myspace.com/windsorforthederby et http://www.cqfd.com/zaklaughed (parce que je ne connaissais pas la reprise et que merci laurent et bonne chance à ta moustache blonde)
Publié par piapias à 17:06:29 dans moi, ma vie, mon cerveau de poule | Commentaires (7) | Permaliens