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Migration

Ce n'est pas en forçant les cigognes à quitter leurs nids qu'ils bloqueront l'arrivée du printemps.

Itinéraire sans repères à Djanet au sud-est du pays | 24 avril 2006

ALWATAN ALGER 20 AVRIL 2006
Détalant comme s’ils avaient la mort aux trousses, les quatre hommes filaient à travers les allées du marché de Djanet, bousculant l’après-midi caniculaire et faisant tomber des étals entiers, sous le regard presque habitué des marchands. Dans leur précipitation paniquée, ils ont abandonné leurs « stand » de vente de cassettes et des CD de musiques targuies. De l’extérieur du marché, on entend les hurlements métalliques du 4X4 de la gendarmerie fonçant à toute vitesse.

 
Un des meilleurs chauffeurs de Djanet, Belgacem Essoufi, nous a expliqué que pour chasser la gazelle, il fallait la poursuivre avec la Toyota sur un terrain plat en la poussant à l’éreintement extrême. Les quatre hommes, jeunes et Noirs, étaient des « sans papiers ». Des « sans papiers », « sans papiers », répète-t-on comme pour mieux appréhender le sens de ce mot appliqué à des frères continentaux qui mériteraient probablement une régularisation au nom d’une certaine africanité, si proclamée lors des Sommets feutrés du NEPAD et de l’Union africaine. En tous cas, l’Etat veille. Le 16 avril, la police des frontières a annoncé qu’une nouvelle brigade de lutte contre la criminalité et les filières de l’immigration clandestine sera prochainement opérationnelle dans la région de Djanet, à 2300 km au sud du port d’Alger. La commune de Bordj El Haouès, située à 120 km au nord de Djanet, accueillera un bureau de contrôle des services des frontières. « Ce service sera doté de tous les moyens de lutte contre la criminalité et de contrôle de l’immigration clandestine allant vers Tamanrasset », selon l’APS qui fait parler la police des frontières. Un diplomate français déclarait, en mars 2005, à un journaliste du Quotidien d’Oran : « nous voulons que les pays du Sud encadrent cette immigration, il est difficile de la contrôler comme le prouve Djanet qui est devenue une plaque tournante (...) Il existera en Algérie des zones grises d’immigration, avec des régions périphériques, des groupes terroristes qui vont encadrer ce flux et se servir en termes de recrues. » Le lien est vite trouvé. Mais que serait le monde si la police des frontières était postée sur l’itinéraire des premiers hommes quittant les vallées originelles de l’Afrique orientale il y a des milliers d’années, sur le parcours d’Abraham d’Ur à Canaân, sur la route de l’enfant Jésus de Bethléhem vers l’Egypte, sur le chemin de Moïse vers le Sinaï ou sur la piste de la migration du prophète Mohamed vers Médine ? « Ici tu peux vivre : tu achètes une 4X4 au Mali ou au Niger à un prix dérisoire et après tu choisis : chauffeur contractuel pour une agence ou indépendant. Mais eux, ces Noirs, comment veux-tu qu’ils s’en tirent ? », dit un habitant de la Djanet niché sur un côté de la vallée charriant, de temps à autre, de violents torrents comme celui qui a emporté le chanteur Othmane Bali en juin 2005. Les quatre jeunes fuyards reprennent position. Ils n’ont pas été appréhendés par l’ordre et la Loi. Les Touareg, nomades dans l’âme, et dont la majorité ont des parents de l’autre côté des frontières libyennes et nigériennes, observent ce jeu de cache-cache avec étonnement. « Je n’aime pas Alger. Tout se paye : dormir, l’eau. Et surtout, ici, je dors n’importe où sans que personne ne vienne me demander qui je suis », lâche ammi Yahia Ouaouane, 64 ans, guide et agriculteur, né quelque part à Tin N’houïan, non loin de Bordj El Haouès où il a fini par s’installer en 1974. C’est aussi les migrations du Nord et les fixations de populations nomades qui ont créé ce genre de bourg, chef-lieu d’une commune. « Il y a trente ans, il y avait un corbeau, la station essence et moi », dit de sa voix caverneuse le vieux Boudjemaâ, natif de la Casbah d’Alger - « voisin d’El Anka à la rue du Regard » - yeux clairs perçants, cigarette brune au bec, allure oulid dzayer avachie dans sa gandoura sur une chaise au café exigu du centre de Bordj El Haouès. Dans les années 1970, un tirage au sort concernant l’attribution de gestion de pompes d’essence au profit des anciens moudjahidine, le propulse à Bordj El Haouès, anciennement Fort Gardel, du nom d’un lieutenant de l’armée française, Gabriel Gardel qui laissa notamment de précieuses notes sur la tribu des Kel Ajjer (ou Azjer), éditées à titre posthume en 1961.

« Même si ton père TE fait du stop... ! »

« C’était le grand vide. Quand je voyais de la poussière au loin sur la route vers Amguid, j’étais content : un camion. Mais souvent ce n’était que du vent », raconte ammi Boudjemâa qui a cédé la station essence à l’APC au bout de douze ans de galère au quart de son prix réel : « en tout, j’ai perdu un milliard et demi de centimes. » La station est toujours là. Pas le pompiste. « Et voilà, y’a personne à la pompe. Il faut l’attendre. Il est peut-être parti faire un tour dans les environs, fait la sieste ou je ne sais quoi », râle notre compagnon chauffeur. « Et depuis, j’ai ouvert une épicerie avant de déposer bilan... Les gens ici gagnent 5000 dinars, et ils font des courses pour 6000. Beaucoup de pauvreté dans ces régions », soupire ammi Boudjemaâ. « A part partir trimer dans les bases à In Amenas, faire le guide ou le chauffeur pour une agence de tourisme ou trouver un petit commerce, y pas grand-chose. Qui va rester pour faire paître les chèvres ? », dit-on à Djanet, capitale du Tassili, vitrine urbaine de la confédération tribale des Kel Ajjer, dont la nouvelle digue se promet de protéger ce joyeux de la colère de l’oued. Djanet accueille ses hôtes de partout : touristes, clandestins, commerçant de l’Est, routiers de passage, chasseurs de prime autrichiens, appelés militaires au bout de leurs vingt ans, fonctionnaires, européennes mariées à des Touareg, contrebandiers aux larges épaules, Mozabites tenants de riches échoppes, etc. Belgacem Essoufi, la trentaine, originaire de Oued Souf, chauffeur de 4X4 adroit et audacieux, caresse son véhicule avec l’amour du chevalier pour sa noble monture. « Il connaît sa Toyota pièce par pièce », dit, admirateur, Djemî, un autre chauffeur, de Hassi Messaoud. « J’aime travailler ici. C’est tranquille et on rencontre beaucoup de gens différents. J’ai appris un peu l’anglais, l’espagnol et l’italien avec les touristes », dit Essoufi. Les chauffeurs-guides se connaissent et ne sont pas avares de conseils : « Si tu croises un véhicule dans l’après-midi, fait lui un appel de phare. Si le conducteur en face ne répond pas, serre à droite, car les gens ont tendance à somnoler sur leur volant quand le soleil tape. » De Djanet à Tamanrasset, de In Salah à Ouargla, ces chauffeurs sillonnent le désert, coincés entre la canicule et les bandits des grands espaces. « Dès que tu quittes une ville, tu roules à toute vitesse, tu ne t’arrêtes sous aucun prétexte, même si ton propre père te fait du stop », conseille l’un des conducteurs qui raconte avoir été poursuivi une fois par des bandits. « Ils garent leurs puissants 4X4 en bord de route, cachés derrière une dune, puis te prennent en chasse, et parfois fois ils tirent sur les roues. Il faut rouler vite, ne pas paniquer », poursuit-il. Que pensent les néo-méharistes de Mokhtar Belmokhtar (MBM), dit Belaouar, le borgne, alias Khaled Abou El-Abès, présenté comme chef d’une bande de voleurs de 4X4 et comme « émir » terroriste ? « Lui au moins, il ne s’attaque qu’aux entreprises publiques. Sa bande oblige le conducteur à s’arrêter, le laisse tranquille, prend le véhicule, le ‘‘désosse’’ pour revendre les pièces détachées et acheter un nouveau 4X4 au Mali ou ici. Point important : ce ne sont pas des assassins », raconte un routier adossé sur sa Toyota devant la place du marché de Djanet qui râle par contre, contre la rareté organisée du mazout, comme c’est le cas à Tindouf ou à Tamanrasset. « Tu promènes des touristes en ne pensant qu’au mazout. Eux ils ont payé une prestation, ils se moquent des décisions du gouvernement », poursuit-il. Les autorités opèrent le rationnement pour limiter, disent-ils, la contre-bande du fioul vers le Mali, le Niger ou le Maroc. Frauduleusement, l’on exporte du carburant et on « importe » cigarettes, drogues et armes. « Comment voulez-vous faire du tourisme lorsque l’Etat ne suit pas. Les Algériens préfèrent passer leurs vacances en Tunisie ou en Grèce plutôt que de venir à Djanet. Avec 27 000 dinars le billet d’avion Alger-Djanet (deux vols par semaine, l’un transitant par Ouargla et l’autre par Ghardaïa, environs trois heures de vol), rares sont les nationaux qui viennent », regrettent des patrons d’agence de tourisme, dont le jeune Ahmed Khirani à la tête notamment de l’hôtel Ténéré-village, ouvert en 1992. « On fera du tourisme, réellement, lorsque le policier, le douanier, le porteur ne feront plus la gueule aux étrangers à l’aéroport. On fera réellement du tourisme, lorsque le ministère nous entendra, lorsque les banques suivront ainsi que les autorités locales, quand il y aura moins de bureaucratie », résume Ahmed, qui a fait des études en tourisme et hôtellerie et qui a fréquenté l’USTHB de Bab Ezzouar à Alger. Dans son hôtel, à 5 kilomètres de la ville de Djanet sur la route de l’aéroport, vingt- deux touristes japonais, visiblement retraités, s’installent avant d’entamer un circuit d’une journée au Tassili. En dix jours, il devront faire le tour des sites algériens inscrits au patrimoine universel, nous explique Chafika, la vingtaine, de l’agence Chèche Tour basée au Mali. Depuis octobre 2005, douze groupes de japonais ont fait des séjours en Algérie. « La catastrophe ? C’est l’état des hôtels, et Air Algérie avec ses prix et ses retards », regrette Chafika. Autre difficulté : les vénérables nippons demandent systématiquement le nombre d’habitants de la ville où ils se trouvent, or les statistiques sont aussi rares qu’un bureaucrate affable. Les touristes japonais ont découvert l’offre Algérie grâce aux foires de tourismes mondiales organisées au Pays du Soleil levant. Sinon, « aucune présence de l’Algérie dans des guides à audience internationale », indique Chafika, d’origine algéro-espagnole, qui vient de placarder sur une porte du restaurant de l’hôtel un plan du circuit autour de Djanet parsemé d’idéogrammes nippons. « Avec la bouffe ça se passe bien. Les japonais exigent que le plat soit chaud et veulent, pour le petit-déjeuner, des œufs, des fruits et du thé », explique la jeune guide qui refuse de donner le montant du circuit. Mais ces touristes arrivent rarement là où même l’Etat central peine à pénétrer : monter 200 kilomètres vers le carrefour d’Ihrir, couper plein ouest pour traverser une piste de 220 kilomètres en territoire jupitérien, passer devant les gravures rupestres détériorées à Houcher dans le plateau de Tasset, s’incliner devant le pic d’Adredj et la montagne scindée en deux d’Inadh dont les Touareg expliquent la forme par le cri que la montagne a poussé lorsque le mont Mezriren a atteint Adredj avec une ballâ (lance), pour arriver dans la vallée de Tamadjert (« T’madjert », corrige le guide Yahia) et nager dans l’édenique guelta Timadouendi, à l’abri des roches gravées par des hommes il y a des milliers d’années. Des hommes qui ont immigré depuis dans l’histoire humaine et l’espace lybique sans se faire traiter de « clandestins », de « trafiquants de drogue » ou de « sidéens » en puissance.

Adlène Meddi

 

 

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Publié par KJEMMAH à 01:46:04 dans Sélection presse | Commentaires (8) |

Émigration : Contrats pour la misère | 10 avril 2006

TELQUEL MAROC

A Khouribga, on rêve d'Italie. Alors on fait confiance à des rabatteurs, à des passeurs, tous peu scrupuleux. Puis, contrat de travail bidon en poche, on vient s'entasser devant le consulat d'Italie, dans l'attente du visa…

Dans la cohue qui anime les abords du consulat d'Italie, dans le très chic quartier Gauthier de Casablanca, un jeune candidat à l'émigration pour le pays de Berlusconi, de Baggio et des spaghettis, jubile de bonheur. Après une journée d'attente épuisante, il semble, d'un coup, avoir retrouvé toutes ses forces et tient à annoncer vite la grande
nouvelle. “Allo Lwalida, c'est bon je l'ai eu, j'ai eu mon visa !”, hurle-t-il dans son portable, sous le regard envieux de tous ceux qui, comme lui, ont opté pour fuir le plus beau pays du monde. Hamid fera ainsi partie des 4000 Marocains qui, en 2006, auront droit au précieux sésame, grâce à un contrat de travail qu'ils auront pu décrocher, soit avec l'aide de proches déjà installés en Italie qui les recommandent habituellement à leur propre patron, soit comme Hamid et la plupart des autres, en ayant recours à des “passeurs” qui les leur procurent à 60 000, voire 90 000 DH/pièce. Cela représente une activité tout à fait profitable pour ceux qui tirent les ficelles. “Grâce à la sensibilisation faite par les médias depuis 2001, les candidats à la patera venant du milieu urbain ont dorénavant peur de s'y risquer. Ainsi ceux qui en ont les moyens se rabattent de plus en plus sur les contrats de travail”, analyse Khalil Jemmah, président de l'Association des familles des victimes de l'immigration clandestine (AFVIC).

Une flopée de rabatteurs au triangle de la mort

Que Khouribga soit la plaque tournante de ce trafic n'est un secret pour personne. Ici la ville regorge de rabatteurs et tout le monde peut vous en désigner au moins un. C'est le cas de ce chauffeur de taxi qui nous communique à notre arrivée déjà, deux numéros de téléphone, nous précisant, avant de nous lâcher dans la nature, qu'il en a d'autres en réserve au cas où. Paco, ce jeune militant de l'AFVIC qui doit son surnom à l'Espagnol qui l'a repêché alors que sa patera coulait, nous le confirme à son tour. Les rabatteurs ont fait leur QG de quelques cafés bien connus et trois d'entre eux sont d'ailleurs attablés dans le même que nous. A longueur de journée, ils reçoivent les candidats au départ, principalement des gens du “triangle de la mort” que forment Khouribga, Béni Mellal et Kelaât Sraghna. Rien de bien compliqué, ils n'ont même pas besoin de démarcher, tellement la demande est importante. “J'ai à ce jour 25 personnes sur ma liste d'attente”, se vante ce rabatteur, l'air très fier, avant d'ajouter : “mais je donne toujours la priorité à la famille et à ceux qui, à mes yeux, seront capables de payer. Comme je suis de la région et que je connais beaucoup de monde, je peux savoir rapidement qui est solvable et qui ne l'est pas. Ce qui est compliqué, c'est quand je reçois des étrangers, là on ne sait pas à qui on a affaire”.

Habituellement les candidats comptent sur leurs parents et proches pour réunir de quoi payer le voyage. D'autres se tueront à la tâche pendant des années sans avoir la certitude de pouvoir y arriver. C'est le cas d' Amine. Ce serveur travaille depuis quatre ans, tous les jours de la semaine pour la modique somme de 900 DH. Il en a à peine mis 15 000 de côté à ce jour. Il est encore bien loin du compte, et, à ce rythme-là, il pourra accéder à son rêve dans une dizaine d'années ! D'après ce responsable associatif khouribgui, “cette situation est dramatique puisqu'elle pousse de plus en plus de jeunes, irréprochables à ce jour, à se lancer dans la vente de drogue ou la contrebande pour espérer y arriver plus rapidement”. Et c'est au rabatteur qu'incombe également la mission de récolter l'argent. “On touche 5000 à 10 000 DH d'avance, le reste lorsque le visa est délivré”, souligne cet autre semsar, nous avouant au passage qu'il se fait en moyenne 5000 DH par opération et que son ultime but, à peine avoué, est de partir en Italie pour devenir à son tour “passeur”.

Un réseau de passeurs pour fouler le sol italien

Comment alors les passeurs arrivent-il à dénicher ces précieux contrats ? Il faut savoir que ces hommes et femmes (oui, il y aurait des femmes dans le milieu), originaires surtout du triangle Khouribga - Béni Mellal -Kelaâts Sraghna , sont non seulement impliqués dans toutes sortes de trafics (voitures, drogue, falsification) mais sont installés depuis assez longtemps en Italie pour pouvoir connaître les rouages de leur pays d'adoption. Grâce à un réseau de connaissances bien établi, ils arrivent à entrer en contact plus facilement avec des patrons, essentiellement dans le domaine de la construction et de l'agriculture, des gens en difficulté financière ou tout simplement désireux de faire des profits supplémentaires. “Nous leur proposons de nous vendre des contrats légaux en bonne et due forme : ça peut aller d'un seul à une vingtaine chez le même propriétaire. En contrepartie nous leur promettons que personne ne viendra travailler chez eux : ils n'auront qu'à résilier les contrats quelques jours voire quelques semaines après que leurs “pigeons” auront foulé le sol italien”.

Il est très clair, de l'aveu de nombreuses personnes déjà parties en Italie de cette manière, que le contrat n'est qu'un moyen pour accéder au pays. “La plupart de ceux que je connais, ne se sont jamais rendus sur leur lieu de travail et ont disparu dans la nature. Quant à ceux qui, comme moi, se sont présentés chez leur patron, ils l'ont regretté : c'était pire que de l'esclavage, un travail que les Italiens refusent de faire”, nous avoue Mohamed. Une chose est sûre : le passeur peut gagner de l'argent, beaucoup d'argent, même si l'un d'eux souligne que “les patrons italiens sont de plus en plus gourmands. Ils savent que leurs contrats sont très recherchés au Maroc, alors ils en profitent pour faire de la surenchère. Un contrat qu'on achète habituellement à 15 000 DH peut grimper jusqu'à 25 000”, ce qui laisse une marge on ne peut plus confortable pour celui qui, comme notre interlocuteur, réalise entre 20 et 40 opérations par an. Si les nouveaux dans le milieu gagnent beaucoup moins, de nombreux passeurs ont pu acheter des maisons à leur famille restée au Maroc, ouvrir des cafés impressionnants … On parle même d'une personnalité politique de la ville qui doit son statut actuel à son passé… de passeur.

Les rêveurs entre escrocs et semsara gourmands

D'autres escrocs lorgnent également ce marché en se faisant passer pour des rabatteurs. “Généralement ce sont des types qui ont perdu leur patera en mer et qui se retrouvent sans rien. Ils veulent se refaire une santé, empochent des avances à droite et à gauche et disparaissent dans la nature”, nous raconte Paco. D'autres auraient même réussi à fourguer de faux vrais contrats à de nombreux rêveurs d'un monde meilleur. “Un type qui avait déjà donné une avance de 15 000 DH a perdu la tête quand il a su que le contrat qu'on lui a vendu est un faux. Aujourd'hui, il traîne dans les rues sans même savoir comment il s'appelle”. On ne peut alors s'étonner de constater l'extrême méfiance qui entoure ce milieu à tel point qu'on entend de plus en plus souvent ce conseil: “Il ne faut pas se fier à un rabatteur ou à un passeur, même si c'est ton père”.

Quant aux plus chanceux, ils attendent en moyenne près de trois mois pour que le contrat de travail se retrouve entre leurs mains. Explication d'un rabatteur gourmand : “Je ne peux pas rentrer au Maroc avec un seul contrat en ma possession, j'attends d'en avoir un minimum pour que ce soit rentable, mais ça ne dépasse pas les trois ou quatre mois d'attente”, répond ce passeur. Pourtant, pour tous ces acheteurs de rêve qui se voient déjà à Rome ou à Milan, une autre aventure commence et pas la moindre mais cette fois-ci, c'est au quartier Gauthier, à Casablanca, devant le consulat d'Italie.


Visa. Et vogue la galère !

Le parcours du combattant se poursuit donc pour décrocher le visa tant convoité. Le demandeur devra non seulement batailler fort pour se faire une place sur la rue Jean Jaurès (très souvent à coups de bakchich), réunir et traduire des documents qui n' en finissent pas (les traducteurs se frottent les mains à l'occasion), mais également attendre trois à six mois pour avoir une réponse, le temps que les autorités italiennes puissent faire les vérifications nécessaires. “En gros, ils vérifient l'authenticité du contrat, si le patron et sa société existent réellement et s'ils sont en règle”, explique un intermédiaire, au consulat. Le cas échéant, la demande est tout simplement refusée.

Mehdi Sekkouri Alaoui
Source : TelQuel

Publié par KJEMMAH à 03:33:03 dans Sélection presse | Commentaires (455) |

Pourquoi partent-ils tous ? | 10 avril 2006

 

Pourquoi partent-ils tous ?
MAROC - 27 février 2005 - par PAR JACQUES BERTOIN

Trois millions de Marocains sont aujourd'hui expatriés
: 86 % d'entre eux dans les pays de l'Union
européenne, 9 % dans le monde arabe et 5 % en
Amérique. Ce sont donc plus de trois millions de
personnes qui ont été déposées sur « l'autre rive »
après s'être laissé emporter par les « flux
migratoires », expression contemporaine désignant un
immémorial exil. Un Marocain sur dix, au moins, vit
aujourd'hui à l'étranger. Et chaque année, ce sont
encore plus de 100 000 candidats au départ qui se
mêlent aux touristes dans les ports et les aérogares
du Maroc, pour ne pas dire sous les camions et sur ses
plages. Aucun grand pays, dans l'Histoire, n'a subi
une hémorragie d'une telle importance, sur une aussi
longue période.
Changer de lieu, faute de pouvoir changer le monde.
Parfois au péril de sa vie. Pour ne pas revenir. Sauf
en vacances, quand les circonstances s'y prêtent. Ou
en rêve. Parce qu'on n'a pas oublié, quand on est «
là-bas », qu'on sera toujours « d'ici », parce qu'on a
conservé sa nationalité d'origine, qu'on n'a pas rompu
les liens avec la famille, que résonnent encore les
rumeurs de la médina et qu'on a, sur la langue, le
goût du tajine ou du thé à la menthe...

Concernant les premières vagues de l'émigration, on
peut encore comprendre : l'Occident, qui avait besoin
de chair à canon pour ses guerres et d'ouvriers pour
ses usines, a jeté ses filets sur des populations
démunies, raflées dans les villages du Sud avec la
complicité de rabatteurs locaux. Plus tard, la misère
des agriculteurs victimes de la sécheresse, le chômage
des jeunes que l'exode rural a jetés dans les rues des
villes, la répression policière qui sévissait durant
les « années de plomb », le sous-équipement des
hôpitaux, le manque de maîtres dans les écoles
publiques et plus généralement le différentiel de
richesse existant entre le Maroc et l'Europe prospère
des « Trente Glorieuses » se sont chargés d'alimenter
une émigration qui n'a pas faibli malgré la fermeture
progressive des portes de la « forteresse Schengen ».

Mais aujourd'hui ? Incontestablement, plusieurs de ces
causes subsistent. Toutefois, elles ne sauraient
suffire à elles seules à justifier la persistance
d'une telle pression migratoire. Comment expliquer en
effet, dans un pays jouissant désormais, au contraire
de tant d'autres, d'une paix civile durable, où la
population bénéficie d'une liberté d'expression
enviable, où le débat démocratique s'est largement
ouvert et où tous les indicateurs économiques ne sont
pas dans le rouge, que le désir d'émigrer y confine
encore si souvent à l'obsession ? Parmi les jeunes de
moins de 30 ans interrogés en 2001 par l'AFVIC
(Association des familles et victimes de l'immigration
clandestine), la quasi-totalité de ceux ne disposant
pas d'un revenu stable (94 %), la plupart des lycéens
(82 %) et une majorité d'étudiants (54 %) ont déclaré
qu'ils avaient « l'idée d'aller vivre en Europe ».

Une autre manière de nommer ce « syndrome du départ »
qui frappe désormais, au Maroc, l'ensemble de la
population. Non seulement les plus défavorisés, mais
aussi les coeurs à prendre, la classe moyenne des
diplômés (il est bien connu que les ingénieurs
informaticiens de l'École Mohammedia se sont exilés
par promotions entières), voire les négociants nantis
qui vendent leurs biens avant de s'expatrier, les
intellectuels et les artistes qui s'en vont donner
ailleurs la pleine mesure de leur talent ou les
professeurs qui occupent au Canada les chaires des
universités francophones.

Qu'ont-ils, ceux-là, qui les pousse à fuir à tout prix
la terre où ils sont nés ?

Moins telle ou telle raison objective que des
sentiments, à commencer par cette conviction qu'une
unique clé, le visa, est susceptible de déverrouiller
leur vie dans une société marocaine à jamais bloquée.
La culture de l'émigration se nourrit de toutes les
peurs - l'inévitable triomphe des islamistes, sinon le
chaos annoncé d'une explosion sociale -, de tous les
fantasmes - avivés sans répit par les télé-réalités
étrangères -, de toutes les rancoeurs - vis-à-vis
d'une hiérarchie injuste, ou seulement d'un rival
chanceux - et de toutes les humiliations subies au
pays du « Makhzen ».

En fin de compte, c'est la singularité marocaine
elle-même qui alimente les départs, conçus non plus
comme le passage d'un territoire à un autre, mais
comme la fuite hors d'un espace clos vers un ailleurs
supposé sans limites. Un horizon bordé par la mémoire,
les retours estivaux et une bonne conscience qui se
mesure en devises... Par Jacques Bertoin

Publié par KJEMMAH à 02:47:58 dans Sélection presse | Commentaires (0) |

Triangle de la mort: Quand le rêve tourne au cauchemar | 10 avril 2006

L'Economiste Avril 2006
 
· Des victimes par centaines à Khouribga, Kelaâ des Sraghna et Béni Mellal

· Véritable plaque tournante de l’émigration clandestine


«Moi aussi, si je trouve un moyen, je n’hésiterais pas. Je partirais dès demain!». Ce n’est pas un jeune téméraire qui exprime ainsi sa décision à gagner, lui aussi, coûte que coûte, le Vieux Continent. Mais, une jeune veuve de Boujaâd.
La trentaine environ, Loubna(1) porte le deuil de son mari même si elle n’a pas encore la confirmation officielle de son décès. A près de deux mois du naufrage de la barque qui transportait son mari avec 35 autres personnes, Loubna attend que sa dépouille soit rapatrié. Dans ce qui tient lieu de salle de séjour dans la maison de sa belle-famille, dans ce vieux quartier de Boujaâd à quelque 50 kilomètres de Khouribga, Loubna raconte son calvaire.
Comme d’autres familles de victimes, elle a multiplié les tentatives pour avoir le cœur net sur le décès de son mari. En vain. Hormis les informations glanées auprès des rescapés de ce naufrage, survenu près des côtes espagnoles selon eux le 19 février dernier, rien.
Emmitouflée, de pieds en cap, dans ses vêtements blancs de deuil, Loubna fixe obstinément le sol pour cacher ses yeux larmoyants. Elle explique calmement son désir de quitter, elle aussi, pour l’Italie. «J’ai maintenant à charge un fils de 10 ans et qui doit, en plus, être opéré sans tarder de l’œil. Pensez-vous que j’y arriverai avec pour uniques ressources l’aide de ma sœur et de ma belle-sœur résidant en Italie». Et d’ajouter, «figurez-vous que dernièrement mon fils m’a demandé si le passeur ne pouvait pas l’emmener à la place de son père!».
Mais plus frappant encore: le cas de ces parents qui consentent à «confier» leurs enfants à des passeurs. L’on trouve de plus en plus de mineurs parmi les people boat potentiels, affirme ce jeune avocat à Khouribga. Le drame, s’indigne-t-il, c’est que leurs parents savent pertinemment que de l’autre côté, leurs enfants vont tomber entre les mains de mafieux qui ne s’embarrasseront d’aucun scrupule pour les enrôler dans les filières de drogue ou de mendicité ou encore de prostitution.
«Qu’est-ce que vous voulez qu’on fasse? Oui, mon petit-fils qui n’a pas encore franchi ses 15 ans vient de passer de l’autre côté. Nous n’avons pas d’autre choix”, se lamente cette vieille femme dans ce bidonville de Khouribga, habituée depuis longtemps à tendre la main aux passants. Dans ce bidonville de «Kellala» à Boujaâd, (son nom, Kellala, rappelle l’ancien métier de ses habitants dans la fabrication de jarres en terre cuite), à voir les gens traîner les pieds, il est facile de deviner que tout le monde ici a «migré» mentalement. Jeunes et moins jeunes, hommes et femmes, actifs ou chômeurs… tous sont habités par la même flamme: émigrer dans le Vieux Continent, précisément l’Italie. Un pays qui semble incarner, pour eux, une sorte de «terre promise» où ils doivent parvenir quels que soient le prix et les risques. Cet état d’esprit est, comme le souligne les responsables de l’Association des amis et familles des victimes de l’émigration clandestine (AFVIC), un dénominateur commun entre les habitants de cette plaque tournante d’émigration (Khouribga, Kalaâ des Sraghna et Béni-Mellal), désormais désignée sous le nom évocateur du «triangle de la mort». Ces gens sont convaincus que, pour eux, il n’y pas d’autre choix: «la fortune ou la mort», explique Paco, chargé de la communication à l’Afvic et qui parle en connaissance de cause. D’ailleurs, le surnom Paco qui lui colle désormais est le prénom d’un Espagnol qui, dit-il, l’aurait secouru. Lui aussi a caressé le rêve d’émigrer depuis l’adolescence. Il avait alors 22 ans et avait contraint sa mère, dont il est fils unique, à emprunter la somme nécessaire: 30.000 dirhams. Son rêve a failli tourner à la tragédie suite à un naufrage et sa mère en garde encore des séquelles psychiques. Mais pourquoi veulent-t-ils tous partir? Et pourquoi des parents et familles endeuillés, qui pour la plupart attendent encore le rapatriement des cadavres de leurs fils, consentent-ils à répéter le même «sacrifice» avec d’autres membres?
«C’est notre destin, une fatalité», lance philosophiquement un chauffeur de taxi à Khouribga. Comme beaucoup de ses confrères, il est intarissable dès que le sujet de l’émigration est abordé. «Dans ces coins marginalisés, nous sommes tous comme dans une grande salle d’attente où chacun attendrait son tour pour tenter sa chance», dit-il. Pas donc de répit tant qu’on a pas foulé de ses pieds la terre italienne, ajoute-t-il. L’idée s’exacerbe à l’occasion de promesses de régularisation comme quand l’Italie a décidé de le faire pour 4.000 dossiers (quota du Maroc dans le cadre d’un total de 170.000 dossiers à régulariser).
Le cas de Mustapha(2), ce fils de Boujaâd de 27 ans est à ce sujet éloquent. A son actif trois tentatives ratées pour gagner l’Europe en empruntant la voie classique pour arriver en Espagne. La dernière lui a valu une fracture de jambe. «Je me suis cassé la jambe en sautant de la remorque du camion où je me cachais». Sans cet accident, déplore ce père d’une fillette de 4 ans, il serait à l’heure qu’il est en Europe.
Mustapha qui avoue avoir dépensé jusque-là plus de 120.000 dirhams ne baisse pas les bras. Actuellement, il est en négociation avec un passeur pour un autre essai. «J’ai déjà la somme qu’il faut. Cette fois-ci, c’est plus sûr et moins risqué: j’aurai un contrat». Tant d’acharnement alors que Mustapha n’est pas vraiment dans le besoin: Il vit d’un petit commerce qu’il mène entre Casablanca et Nador. «Mais cela ne marche plus comme avant».
C’est aussi ce que pense son frère, Saïd, dont la petite menuiserie ne serait plus aussi rentable que par le passé. En tout cas, pas assez à ses yeux, pour lui permettre de mener le même train de vie que ses anciens collaborateurs et apprentis-menuisiers. «Allez voir tous ces apprentis que je payais parfois moins de 600 dirhams/mois. A peine un an qu’ils sont en Italie, qu’ils roulent déjà dans de luxueuses voitures», lance-t-il avec amertume. Et d’ajouter, «à moins d’émigrer, je ne pourrais jamais accéder à ces belles maisons qui restent fermées à longueur d’année».
Le fait qu’il y ait une victime, voire plusieurs dans la famille, comme c’est le cas pour Saïd et Mustapha, ne les empêche pas de tenter l’expérience à plusieurs reprises. Plus que la pauvreté, explique Khalil Jemmah, président de l’Afvic, ce sont, en effet, les success-stories des «anciens» qui expliquent cette ténacité à réussir son projet d’émigration. L’ascension sociale rapide d’anciens migrants fait fantasmer voisins, familles et amis. Normal, puisque, comme le soutient-on, beaucoup, partis de rien, sont parvenus, en peu de temps, à se hisser au plus haut niveau de la hiérarchie sociale. «Certains évoluent aujourd’hui dans le cercle fermé de l’élite politique de la région», soutiennent des responsables de la société civile. On parle même de certains présidents de communes qui auraient été au départ d’anciens passeurs. «Au lieu d’être inquiétés, ces anciens passeurs jouissent de tous les privilèges que leur permet leur nouveau statut et surtout leur manne de devises», déplorent des militants associatifs.
C’est dire qu’au fond, avec de telles «réussites», rien ne peut dissuader un clandestin de partir. Ni les drames humains multiples, ni le durcissement des mesures de surveillance, encore moins les sommes exorbitantes exigées par les passeurs ou les arnaques dont ils sont souvent victimes.
Comment peut-il en être autrement, lorsqu’on sait que cette région a une longue tradition d’émigration et que l’idée de «brûler» berce les esprits depuis la petite enfance. C’est ce que confirment d’ailleurs les conclusions d’une enquête menée en 2001 par l’Afvic auprès des jeunes de la région. «L’idée de migrer apparaît dès l’enfance et continue à se développer jusqu’à sa concrétisation».
Et contrairement à ce que l’on pourrait croire, les candidats au départ ne se recrutent pas uniquement parmi les laissés-pour-compte, ces jeunes sans diplôme et sans emploi. L’envie de s’expatrier tenaille tout aussi bien ceux qui ont une situation professionnelle. Cette catégorie sociale veut à son tour s’installer sous d’autres cieux et améliorer son quotidien et celui de sa progéniture. Les récits des rescapés d’épisodes macabres semblent renforcer les people boat potentiels dans leur projet d’émigration. Des familles pleurent toujours les victimes du naufrage des embarcations qui tentaient de passer par la Tunisie, d’autres attendent encore le retour de leurs fils qui croupissent dans les geôles de la Libye. Des victimes par centaines, voire milliers, comme l’affirme l’Afvic, mais qui n’altèrent pas l’obstination des habitants de ces régions.

Khadija EL HASSANI
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(1) et (2) Les prénoms ont été modifiés

Publié par KJEMMAH à 02:38:42 dans Sélection presse | Commentaires (6) |

Expulsés, la difficile réinsertion | 10 avril 2006

L'economiste Avril 2006
 
· L’Afvic vient en aide à 500 personnes

Réinsérer des expulsés de l’émigration clandestine dans la vie active. Tel est le projet auquel s’attelle aujourd’hui l’Association des amis et familles des victimes de l’émigration clandestine (Afvic). Grâce à un financement européen, une enveloppe de 5 millions de dirhams sur trois ans, l’ONG monte un projet pour la réinsertion de 500 jeunes dans la vie active. Selon Khalil Jemmah, président de l’Afvic, ce projet, qui devait démarrer début mars, porte sur le Maroc et l’Albanie dans le cadre de la coopération internationale italienne.
Selon le président de l’association, ce projet qui s’inscrit dans l’esprit de l’INDH, s’articule autour de deux volets. Le premier ciblera des porteurs de projets, qu’il s’agira d’aider, moyennant des microcrédits, à monter de petites entreprises. Au total, ce programme prévoit le financement de 250 microprojets à hauteur de 3.000 euros (près de 30.000 dirhams) chacun. «Dans notre approche, nous encouragerons ensuite ces 250 personnes à se regrouper en coopératives», explique Jemmah. Pour piloter le projet, 6 personnes seront recrutées à plein temps par l’Afvic.
Le deuxième volet du projet consiste, quant à lui, à monter des partenariats avec des entrepreneurs dans l’objectif de faire embaucher des jeunes, 250 personnes que l’association aura préalablement formées. «L’Afvic prendra en charge les six premiers mois de leurs salaires. Histoire d’encourager l’entrepreneur, qui pourra ainsi tester les compétences de sa nouvelle recrue sans engager de frais», souligne Jemmah, qui glisse au passage que pour cette initiative, l’association n’a pas fait appel à des fonds publics. «Nous avons pris notre dossier et nous avons sollicité différents bailleurs de fonds dont la Commission européenne avant de bénéficier de ce financement», explique-t-il. L’ONG multiplie en effet les actions pour sensibiliser l’opinion internationale sur la nécessité d’adopter une démarche plus humaine dans le traitement de la problématique de la migration clandestine.
En effet, à l’Afvic, on est convaincu que «sans véritable alternative sur place, nos jeunes continueront d’être des candidats potentiels à l’émigration clandestine». «Le jeune doit être en mesure de choisir de rester dans le pays et non pas y être forcé», indique Jemmah. C’est pourquoi cette association, créée en 2004, focalise sur les potentialités existantes dans le pays et la création d’espaces où les jeunes pourront se réaliser pleinement.

K.E.H.

Publié par KJEMMAH à 02:33:47 dans Sélection presse | Commentaires (1) |

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Khalil JEMMAH

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