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Emigration clandestine : Comment sont traités les Marocains en Libye ?!
De nombreux migrants marocains et subsahariens sont maltraités dans des centres de détention libyens... Ils projetaient de se rendre clandestinement en Italie via Tripoli.
« Je réclame le corps de mon fils ! ». Ce cri de désespoir est celui du père d'Aydouni Mohamed. Un jeune Marocain disparu en Libye depuis trois ans. À 28 ans, il s'est rendu par avion à Tripoli dans l'espoir d'entrer plus tard, en secret, en Italie. Il croyait fort à son projet. Son passeur, payé à 4000 euros, est de sa famille.
MOHAMED n'est plus revenu. Maintenant, il est déclaré officiellement mort. Après de vaines recherches en Libye, ses parents ne parviennent pas à trouver son corps. Ils accusent les autorités libyennes de l'avoir liquidé. D'après eux, le passeur sévit toujours en toute impunité.
Comme les parents de Mohamed, de nombreuses autres familles sont sans nouvelles d'un fils, d'une fille, d'un frère ou d'une sœur. Tous partis en Libye dans l'espoir d'entrer coûte que coûte en Italie.
Certaines familles, désemparées, se sont adressées à l'association marocaine des familles et des amis des victimes de l'immigration clandestine (Afvic) pour témoigner et chercher du soutien.
« Près de 750 migrants Marocains (763 selon Nouzha Chekrouni, ministre déléguée chargée des Marocains résidant à l'étranger, voir encadré) et un nombre encore plus important d'Africains subsahariens sont jetés, sans procès, dans les centres de détentions libyens », clame Khalil Jemmah, président de l'Afvic. Ce dernier évoque des cas de torture et de spoliation de biens de « migrants clandestins ». Il accuse des éléments des forces de l'ordre libyennes de ces actes. Il révèle également des cas de viol dans des centres de détention de jeunes émigrées en situation irrégulière.
Kamal Ghalfi, 20 ans, vient d'être extradé au Maroc. Ce jeune Casablancais appuie les propos de K. Jemmah. Il se rappelle, les yeux mouillés, les 21 jours qu'il a passés dans la prison d'El Fellah. « C'était l'enfer, j'ai failli crever de faim et de fatigue à force de travailler comme un esclave pour mes geôliers », résume-t-il, ému. Le jour où il a été incarcéré, Kamal avait échappé de peu à la mort. Il était parmi les rares rescapés, après le chavirement du bateau surchargé qui devait l'amener « clandestinement » à l'île italienne de Lampedusa.
Mehdi Rajaâ Allah, 31 ans, de Khouribga, est passé aussi par la prison d'El Fellah. Il confie : « Plus de 40 personnes dont des Marocains, des Camerounais, des Maliens, des Soudanais, des Tchadiens, des Egyptiens, Congolais (RDC)... sont tabassés sans raison, giflés, humiliés... ». Il ajoute, la voix étouffée : « on nous entassait comme du bétail dans des hangars puants ». L'Afvic déclare avoir recueilli une soixantaine de témoignages tout aussi accablants que ceux présentés par Mehdi, Kamal et les autres. Leurs auteurs sont pour la plupart des rescapés de la mésaventure libyenne.
L'Afvic avec d'autres associations de défense des droits de l'Homme projettent de hausser le ton à l'occasion de la journée internationale des migrants, célébrée ce 18 décembre. Ajoutée au ballet diplomatique entre Rabat et Tripoli entrepris au sujet des émigrés clandestins marocains, cette pression pourrait pousser le pays de Kadhafi à lâcher du lest.
Mohamed ZainabiPublié par KJEMMAH à 18:03:33 dans News | Commentaires (1) | Permaliens
Migrations,
droits fondamentaux et liberté de
30 juin et 1er juillet 2006, Maroc (Rabat – Bouznika)
Nous savons que l’origine du « problème », sur ces questions migratoires, entre l’Europe et l’Afrique est à chercher d’abord en Europe : ce n’est pas le flux migratoire africain, démographiquement insignifiant, qui envahit l’Europe mais les intérêts, le protectionnisme et les phobies de celle-ci qui impose d'une main des accords de libre commerce et s'érige de l'autre en forteresse assiégée, fermant les frontières les unes après les autres. Cette Europe stigmatise l’étranger comme menace et opère un amalgame inadmissible entre migration et terrorisme, dévoie l’aide au développement en moyen de lutte anti-migratoire et transforme le droit d’asile en droit de rejet pour justifier les rafles et expulsions des déboutés. Cette Europe multiplie les accords avec les pays de la rive Sud de la Méditerranée pour imposer le partage des politiques de filtrage et de répression des migrations, subordonnant même des acteurs de solidarité à des finalités de fixation au loin des étrangers. Cette responsabilité première des Etats européens n'exonère pas de leurs propres responsabilités les Etats d’Afrique lorsque leurs carences et dysfonctionnements dégénèrent en marasmes politiques ou économiques qui ne laissent à leurs citoyens d’autre espoir que celui du départ. Mais nul ne peut ignorer l'état des rapports de forces entre les Etats européens et ceux d'Afrique.
Sur la base des évolutions politiques et diplomatiques observables depuis dix ans au moins et des développements les plus récents, nous constatons l’incapacité des acteurs institutionnels, notamment dans l’espace euro-méditerranéen et euro-africain, à s’abstraire des idéologies anti-migratoires qui prédominent au sein des élites dominantes notamment en Europe et par contagion, de plus en plus, au nord de l’Afrique. A quelques mois de prochaines conférences intergouvernementales sur le sujet, nous craignons plus que jamais que les technocraties policières et diplomatiques s’accordent par delà les frontières, sur la fermeture sélectives de celles-ci aux plus démunis et aux plus exposés tant à la misère qu’aux persécutions. Nous savons que les nationalismes xénophobes constituent un référentiel de politique gouvernementale toujours aussi facile d’utilisation et aussi dangereux pour notre avenir qu’il a été dévastateur dans notre passé. Nous savons que ce référentiel peut s’adjoindre des logiques marchandes de tri sélectif de la main d’œuvre utile et de drainage des cerveaux. Nous pensons qu’il existe un risque réel de consensus élitaire fondé sur des arrangements réciproques par-delà la Méditerranée, sur les dissociation d’intérêts entre les élites et les peuples et menant à la constitution de zones tampons ainsi qu'à la segmentation de l’Afrique.
Pour ces raisons…
Nous appelons l’ensemble des acteurs des sociétés civiles d’Afrique du Nord, d’Afrique Subsaharienne et d’Europe à participer à la CONFERENCE NON GOUVERNEMENTALE EURO-AFRICAINE sur le respect des droits fondamentaux des migrants, sur la liberté de circulation pour tous, sur une politique de développement et de partage de la prospérité non conditionnée à des finalités sécuritaires, sur la lutte contre les politiques sécuritaires et leurs conséquences, sur des politiques d’accueil et d’intégration qui réhabilitent le droit d’asile et assurent la reconnaissance aux personnes migrantes de l’ensemble de leurs droits, de travailleurs et de citoyens.
Au terme de cette Conférence sera adopté le premier Manifeste non gouvernemental euro-africain sur les migrations, les droits fondamentaux et la liberté de circulation.
Dates de la Conférence : 30 juin et 1er juillet 2006
Pays d’accueil : Maroc (Rabat – Bouznika)
Lors d’une réunion tripartite Afrique subsaharienne – Maghreb – Europe qui s’est tenue à Rabat le 1er avril, l’initiative de la Conférence a été prise par les personnes, organisations et réseaux suivants :
MIGREUROP / réseau TERRA (France) / Plateforme Migrants – PFM (Maroc) : AFVIC (Maroc), Alterforum (Maroc), AMDH (Maroc), AMERM (Maroc), APDHA (Espagne), ATMF (France), ATTAC (Maroc), Caritas (Maroc), Hommes et environnement (Maroc), Chabaka (Maroc), CIMADE (France), Pateras de la vida (Maroc) / ABCDS (Maroc) / ARCOM (Maroc) / ASDHOM (France) / CESAM (Maroc) / CIRE (Belgique) / Collectif des réfugiés (Maroc) / Conseil des migrants subsahariens (Maroc) / GISTI (France) / SOS migrants (Belgique) / Ali BENSAAD (géographe, Université de Provence et IREMAM-CNRS) / Mehdi ALIOUA (Doctorant en Sociologie / Université de Toulouse le Mirail) / A. Belguendouz (Universitaire, chercheur en migrations à Rabat)
Secrétariat du Comité de Préparation : Association Marocaine des Droits de l’Homme (AMDH)
Contact : conferencemigrations@gmail.comDate limite de pré-inscription : 20 mai 2006
Déroulement de la Conférence
La Conférence sera organisée en quatre parties (TITRE) chacune donnant lieu à une assemblée délibérative spécifique éventuellement subdivisée en sous-groupes de travail :
Vendredi 30 juin 2006 – matin : ASSEMBLEE PLENIERE
Vendredi 30 juin 2006 – après-midi : CONFERENCES THEMATIQUES (I)
Titre 1 - Respect des droits fondamentaux, liberté de circulation pour tous, réhabilitation du droit d’asile
Samedi 1er juillet 2006 – matin : CONFERENCES THEMATIQUES (II)
Titre 1 - Respect des droits fondamentaux, liberté de circulation pour tous, réhabilitation du droit d’asile
Samedi 1er juillet 2006 – après-midi : ASSEMBLEE PLENIERE
MANIFESTATION PUBLIQUE
Contact : conferencemigrations@gmail.com
Publié par KJEMMAH à 08:58:24 dans Communiqués Ongs | Commentaires (1) | Permaliens
Une honte pour les dirigeants africains
africains sur la Méditerranée
Texte : H. Bangi Bayo (AEM), Photos : all4all.org mercredi 3 mai 2006 Herman Bangi Bayo(AEM)Les tristes événements des clandestins africains sur le territoire marocains et les enclaves espagnoles de Céuta et Melilla, ont jeté l’anathème sur la capacité, pour ne pas dire la volonté , des dirigeants africains d’apporter des solutions adéquates aux problèmes cruciaux qui minent le développement de ce continent. L’assaut des hordes de clandestins prêtes à tout pour franchir la Méditerranée, avec tous les risques que cela représente, traduit le désespoir des gens désemparés par le manque de répondant de leurs dirigeants face aux besoins les plus élémentaires et à leurs droits fondamentaux. Cette situation déplorable interpelle également la communauté internationale, plus particulièrement les puissances occidentales qui ont une part de responsabilité sur la déliquescence du continent africain.
La scène des clandestins qui prennent en masse l’assaut des barbelés qui délimitent les frontières espagnoles, au risque de leurs vies, a choqué plus d’un et le traitement leur réservé a été à la limite inhumain. Certains clandestins ont été abattus, d’autres transportés loin dans le désert sans aucune assistance. Et ce comportement n’est entre autres qu’un crime contre l’humanité car les autorités marocaines avaient donné le mot d’ordre à leurs compatriotes de ne pas venir en aide à ces africains sub-sahariens. La communauté internationale et les organismes internationaux ont mis du temps pour leur venir en aide, tandis que les autorités politiques des pays d’origine n’ont réagi que tardivement et timidement après que cela ait créé un scandale de voir ces gens abandonnés à leur triste sort. Et leur rapatriement ne semble pas régler le problème car au même moment de rapatriement, il y’a d’autres disséminés à travers d’autres pays du Maghreb qui sont prêts à tenter l’aventure. Et le rapatriement vers les pays d’origine est plus complexe et touche les ressortissants de plus de 40 pays d’Afrique, voire le Maroc est également concerné. Tout récemment, on a encore assisté au rapatriement forcé des réfugiés soudanais au mépris même des conventions internationales et avec comme conséquence la mort de dizaines de ces réfugiés. A peine la paix semble revenir au Sud Soudan, on ne peut pas par force rapatrier des gens dans un milieu où ils n’ont plus d’ancrage depuis plusieurs années et n’a pas non plus des infrastructures d’accueil adéquat. L’immigration clandestine n’est pas l’apanage de seuls pays africains et ne date pas d’hier, car les populations en difficultés ont toujours cherché de trouver des solutions dans des terres éloignées. Ce phénomène a toujours existé et continuera toujours aussi longtemps qu’il existerait des disparités dans l’accumulation des richesses entre les peuples. L’histoire la plus ancienne relate l’immigration juive vers l’Egypte. Vers les 16è et 19è siècles, il eut une forte immigration anglo-saxonne et germanique vers les Amériques. Il eut également l’immigration des Indiens, les Chinois, les Français, les Hollandais et les Anglais vers le Sud de l’Afrique (Afrique du Sud, Namibie, Zimbabwe, Madagascar etc.). Et ces flux migratoires sont loin d’être arrêtés car on les observe un peu partout dans le monde : l’immigration des Cubains et des Mexicains vers les USA, les Haïtiens vers la Guadeloupe, les boat people vietnamiens, les populations de Balkans vers l’Europe occidentale. L’Afrique n’est pas du reste car il existe une immigration interne qui part de l’Afrique de l’Ouest vers l’Afrique centrale et australe, un autre flux vers le Maghreb ; une autre vague part de l’Afrique centrale vers le Maghreb et vers l’Afrique australe. Il faut également épingler l’immigration anjouanaise et comorienne vers les îles de la Réunion et Mayotte. Face à cette donne, les responsabilités sont partagées entre les dirigeants africains, les puissances occidentales et les institutions financières internationales.
LES PUISSANCES OCCIDENTALES
La déliquescence des économies africaines est due en partie à la politique appliquée par les puissances occidentales après la période des indépendances qui a consisté à l’octroi des prêts et crédits aux dirigeants africains qui défendaient leurs intérêts idéologiques et économiques. Ces différents prêts et crédits n’ont pas aidé l’Afrique à se développer, mais plutôt à enrichir un certain nombre de dirigeants au détriment de l’intérêt général. La communauté internationale a longtemps fermé les yeux à ces pillages à large échelle de deniers publics perpétrés par leurs protégés. Et la responsabilité de ces puissances est largement démontrée car l’argent détourné a servi à se procurer des biens immobiliers en Occident et également placé dans des banques occidentales. Face à ce constat d’échec, ces mêmes puissances impérialistes ont inventé de nouveaux concepts de transparence, de bonne gouvernance, du respect des droits de l’homme, et de la démocratie. Les mêmes pays et dirigeants qui avaient soutenu les dictatures en Afrique s’érigent en défenseurs des droits de l’homme et donneurs de leçons. Et les économies africaines sont à genoux à cause du poids de la dette qui les tient en laisse. Par manque de répondant aux besoins élémentaires d’une grande frange de la population africaine et face à la misère de plus en plus criante, ces Africains trouvent l’Europe comme planche de salut et l’ultime recours. Pour contrer ces flux migratoires de plus en plus croissants, les Occidentaux ont durci les conditions de délivrance des visas, des titres de séjour et l’expulsion massive de sans papiers. Et on observe de longues files devant les consulats occidentaux des demandeurs de visas. Ce durcissement a amené ces candidats à l’immigration à se rabattre sur les pays du Maghreb qui sont frontaliers de l’Europe, les cas du Maroc, la Libye et la Tunisie.
LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE ET LES INSTITUTIONS DE BETTON WOOD
Tous les efforts, toutes les politiques et toutes les stratégies utilisés pour sortir l’Afrique du sous-développement ont été inefficaces. Et l’Afrique sombre davantage dans la misère. La plupart de programmes mis en place n’ont pas donné des résultats escomptés. Certains peuvent même d’être qualifiés des simples slogans : Santé pour tous d’ici 2000, Education pour tous, Autosuffisance alimentaire, les Objectifs du millénaire etc. Tous ces programmes ont été initiés sans tenir compte de la diversité de l’Afrique comme si l’Afrique est un même pays sans tenir compte de sa diversité et de la disparité de niveaux de développement et des ressources. Et la plus grave erreur commise a été le Programme d’ajustement structurel (PAS) qui a désarticulé les faibles économies africaines sans apporter des changements positifs. Il a plutôt entraîné des fermetures d’usines, des licenciements massifs des travailleurs et le rabattement des salaires ; en mettant plus accent sur le remboursement de la dette. Les pays africains ont emprunté plus de 240 milliards de dollars et en ont remboursé plus de 200 milliards et la grande partie de cette dette est constituée des intérêts de cette dette. Cette même communauté, face à l’échec de sa politique, a inventé de nouveaux concepts comme l’Initiative pays pauvres très endettés(PPTE),les Objectifs du millénaire, Nouvelle stratégie pour l’Afrique etc.
LES DIRIGEANTS AFRICAINS
René Dumont avait prédit que l’Afrique noire était mal partie et le temps lui donne raison car l’Afrique est malade. Ce continent dont la majeure partie des populations ne vivent que de l’agriculture avait adopté l’implantation des industries lourdes au détriment du développement du secteur agricole. Cette inversion de pyramide économique a engendré l’extraversion de l’économie qui a fait que les pays africains dépendent maintenant de l’extérieur pour couvrir leur déficit alimentaire qui nécessite des devises étrangères. La plupart de ces pays vivent de la rente des matières premières qui est tributaire des aléas des marchés mondiaux. A côté de ce mauvais choix économique, les dirigeants africains se distinguent par la gabegie, la concussion, le clientélisme et le pillage des richesses de leurs pays. La mauvaise gouvernance a conduit un grand nombre de ces pays en faillite. Des pays fortement endettés qui n’arrivent pas à faire face à leurs obligations : création des emplois, couverture sanitaire, paiement des salaires, protection alimentaire etc. Cela se traduit par la dégradation des infrastructures sanitaires et scolaires,par la recrudescence des maladies endémiques, par la paupérisation de la population,le chômage accru, l’accroissement de la mortalité, le manque d’accès à l’électricité et à l’eau potable etc
En bref, c’est la faillite des dirigeants africains à apporter le bien-être social à leurs concitoyens qui est à la base de l’immigration croissante des populations.
Quant aux récents événements du Maroc et de l’Egypte, les responsabilités sont partagées. Les pays européens doivent aider l’Afrique à rebâtir son économie et les crédits et aides à accorder doivent être affectés dans les secteurs susceptibles d’améliorer l’environnement économique et social de ces pays. La communauté internationale doit faire pression sur les dirigeants africains en les contraignant à une bonne distribution des richesses nationales. Et les programmes à mettre en place doivent tenir compte des spécificités de chaque pays et des réalités locales. Exiger à ces dirigeants d’adopter des budgets réalistes car une grande part de ces budgets vont à l’entretien des dirigeants et de leurs cours ; et seulement une portion insignifiante pour le développement. Comment développer un Etat aussi longtemps que le budget alloué à l’éducation ne dépasse pas les 10 % et celui de la recherche ne dépasse pas le 1 %. Par contre en France, le budget de l’éducation est le plus élevé.
Pour renverser les flux migratoires des Africains vers l’Occident, il faut créer un environnement socio-économique capable de relancer les économies et susceptible de répondre aux nouveaux défis du développement dans les domaines de la santé, de l’éducation, du logement, création des emplois, accès à l’eau et à l’électricité etc. L’Occident n’étant pas un Paradis et l’Afrique ne pouvant être développée que par les Africains eux-mêmes. Si demain, les dirigeants africains arrivaient à faire de la bonne gouvernance leur cheval de bataille, beaucoup de ceux, qui avaient fui leurs pays, reviendraient pour contribuer à leur développement.| Herman Bangi Bayo( AEM). Ǿ
Publié par KJEMMAH à 08:23:09 dans Sélection presse | Commentaires (0) | Permaliens
L'Opnion 15 Avril 2006
Immigrants et Réfugiés Subsahariens)L’Afrique saignée à blanc par les superpuissances et par des dictatures ne cessera de sitôt de souffrir surtout sous la pression absurde de la politique sécuritaire très égoïste et brutale imposée par l’Europe des anciens pays colonisateurs directement responsables en grande partie de la situation de banqueroute des pays africains.
Le premier témoignage est celui de Placide Nzeza, 38 ans, congolais, originaire du Congo Kinshasa, ingénieur en électromécanique et ex-agent de police, immigrant subsaharien résident au Maroc ayant obtenu le statut de réfugié. Le deuxième témoignage de Paulin Kuanzambi cameraman angolais (lire ci-contre) Placide Nzeza est militant associatif depuis 2005. A ce titre, il est président du Conseil des Immigrants subsahariens au Maroc, association créée à Rabat en novembre 2005, exactement le 10 novembre 2005 avec 20 personnes fondatrices qui représentent tous les quartiers de la capitale du Royaume, Hay Nahda, Hay Takaddoum, Hay Lakwass, Hay J5, et Sidi Moussa à Salé, sans oublier Casablanca notamment quartier des Cheminots etc. Cette nouvelle ONG première du genre, la seule jusqu’à présents pour tenter de représenter tous les immigrants Subsahariens au Maroc, est mise sur pied pour venir en aide aux victimes de l’immigration subsaharienne, des victimes en difficulté. Cela à travers des objectifs précis qui sont, comme le précise Placide Nzeza, de collaborer avec l’AMDH pour défendre les droits humains, de créer un lien de réseau avec d’autres associations pour la communication et l’information comme Chabaka, CIMAD, Caritas Maroc, AFVIC, ATTAC Maroc, CESAM (Confédération des étudiants stagiaires africains au Maroc), de collaborer avec les communautés migrantes dans les deux sens et venir en aide aux gens qui sont victimes de violations de leurs droits, gérer le fond de subsides pour subvenir aux besoins des membres du Conseil. C’est grâce à l’Association Marocaine des Droits de l’Homme que le Conseil a pu voir le jour, note Placide Nzeza.
« Qu’il soit clair que le Conseil tient à respecter les lois marocaines, ne pas s’immiscer dans lapolitique intérieure de l’Etat frère dont nous sommes les hôtes tout en veillant au respect des droits humains en étroite collaboration avec l’AMDH et nos autres partenaires s’activant dans la défense des droits de l’homme » Placide Nzeza a été pris à parti par ses compatriotes à la suite de la publication d’un article précédent sur la vie des Subsahariens au Maroc. Dans cet article nous écrivions que, selon des estimations du Conseil, le nombre de subsahariens provenant du Nigéria est plus important et qu’il pourrait atteindre 75%.
« Nous ne voulons pas dire du mal ni créer la zizanie entre les communautés mais essayer simplement de dire ce qui est sans en rajouter ni retrancher. Notre unique but est d’être sincèrement solidaires avec tous »
La semaine dernière Placide était parti de Rabat vers Oujda pour venir en aide à des demandeurs d’asile qui avaient été arrêtés par la police. Ils ont tous été libérés et ont pu réintégrer la capitale du Royaume.
Combien sont-ils les immigrants subsahariens au Maroc ? Personne ne peut avancer un chiffre. Tout ce qu’on ,sait c’est qu’il y a entre 2350 et 2400 demandeurs d’asile. Les demandes d’asile obtiennent rarement des réponses favorables. Même et surtout en Europe le taux de réponse favorable est très bas. En Grèce l’an passé 99% des demandes d’asile furent rejetée.
Chaque immigrant subsaharien a une histoire. Placide Nzeza nous a raconté la sienne propre. Il commence par dire qu’en migrant de son village natal vers le Maghreb il n’avait jamais pensé, « à aucun moment », immigrer clandestinement en Europe. Il est originaire d’un village de l’Ouest du Congo Kinshasa, d’une famille de 4 garçons et deux filles. Il est marié et père d’un enfant une fillette. Il raconte qu’en tant qu’électromécanicien il travaillant pour le compte de l’Office National de Transport (ONATR) de la république du Congo Kinshasa mais qu’au départ il avait été engagé en tant qu’agent de sécurité après avoir suivi une formation de policier. Il assurait la fonction de police du train express ligne Kinshasa-Matadi (365 kms) Il est resté dans cette fonction pendant deux ans depuis 1998. En 2001 le président Kabila est mort et du coup il y a eu changement au niveau de l’entreprise qui l’emploie.
L’inspecteur général adjoint de l’ONATRA s’appelait Boura et était originaire du Nord Kivu. Avec ce nouveau staff ont commencé les désaccords et du coup il a sollicité de quitter les fonctions de police ferroviaire et de réintégrer ses fonctions techniques de maintenance. Il a pu changé grâce à un ami. Mais cela n’a pas été sans lui attirer antipathie et rancune.
« Comme je suis de l’Ouest et que les nouveaux patrons étaient du Nord-Est il y avait une haine ethnique, un problème tribal a surgi »
Il a continué à travailler à bord du train voyageur, train bleu et train express. Mais c’est au mois de septembre 2002 qu’un décret a été promulgué pour demander à toute entreprise qui avait formé des agents de police de les mettre à disposition de l’Intérieur pour suivre une formation paramilitaire.
« C’étaient pour renforcer les foyers de tension à l’Est fin 2002. Je n’avais pas le choix. J’ai suivi cette formation paramilitaire par peur de perdre mon poste. Nous avions été emmenés au centre Kibomango à 80 kms de Kinshasa. Après avoir suivi cette formation qui a consisté à apprendre le maniement de différents armes nous sommes rentrés pour être présentés à l’Etat major. On nous a remis de l’argent et donné une permission pour voir nos familles avant d’être engagé dans l’expédition à l’Est. Mes parents n’étaient pas d’accord pour que je me lance dans la guerre. Je ne pouvais partir contre l’avis de mes parents. J’ai donc quitté Kinshasa pour aller dans le Bas Congo. Je n’avais pas envie de me mêler à de nouvelles tueries. Par mesure de représailles mon frère a été arrêté pour que je me rende » Toute la famille s’est réunie pour décider qu’il doit se rendre pour libérer son frère aîné. Mais un oncle qui travaillait à l’ambassade du Tunisie l’a encouragé à partir.
« En tant que déserteur je risquais beaucoup plus que mon frère, m’avait indiqué mon oncle. Je l’ai donc écouté et j’ai quitté le pays en traversant le fleuve Congo vers le Congo Brazzaville, c’était le 24 janvier 2003. J’avais en poche l’équivalent de 120 dollars »
Il quitte Brazzaville pour le Cameroun. Il passe ensuite vers la Côte-d’Ivoire d’où il ne tarde pas à s’enfuir à cause de troubles qui ont éclaté. Son oncle lui envoie l’équivalent de 300 euro. Il part au Mali où il a l’idée de s’établir et demander l’asile politique. Son oncle avec qui il était constamment en contact l’en dissuade. Pendant ses passages dans les pays précités il trouve ,dit-il, où aller.
L’hospitalité africaine légendaire joue un rôle primordiale.
« A aucun moment je n’ai passé la nuit dans la rue » Avec un visa pour la Tunisie et un passeport que lui avait envoyé son oncle, il prend l’avion pour aller du Mali vers Gerba en Tunisie. Au terme de deux semaines il est interpellé par la police tunisienne. Il est jeté dans la prison Ouardia où il se retrouve dit-il avec beaucoup d’Africains Libérien, Camerounais, Ghanéens et assiste à la mort d’un Algériens malade, décès dramatique « par manque de soins ». Il entame une grève de la faim. Comme au bout de quelques jours sa santé se dégradait il est hospitalisé. A l’hôpital il parvient à joindre par téléphone quelqu’un de l’église catholique qui alerte des associations de droit de l’homme. Il est libéré et on lui donne un délai d’une semaine pour quitter le territoire.
Il a l’idée de contacter le Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR) de Tunisie. On lui dit qu’il n’existe pas. Il arrive au Maroc le 1er mars 2004. Aussitôt arrivé il va à Casablanca au HCR pour déposer une demande d’asile politique qui est rejetée. Il est hébergé par un ami ivoirien pendant une semaine à Casablanca. Il revient à Rabat où il reste sans abri pendant deux jours. Il rencontre un compatriote congolais qui va l’héberger pendant un mois. Il n’a personne en Europe pour lui envoyer de l’argent dit-il. Cette période coïncide avec l’arrivée d’amis, qui étaient dans la forêt près de Nador et qui étaient venus à Rabat pour se faire soigner. C’étaient deux Camerounais et un Guinéen. Il s’est retrouvé hébergé au quartier Takaddoum. Avec eux il est allé par car vers Nador et de là à pied 12 kilomètres pour arriver à la forêt.
« Quanb j’ai quitté le Congo je n’avais aucune idée de l’immigration vers l’Europe. La plupart des Congolais des étudiants. C’est alors que je me suis rendu compte qu’il y avait des enclaves et qu’on peut arriver en Europe par cet endroit » Il va faire le déplacement entre la forêt de Ben Younech où il va rester du 5 juin 2004 au 16 septembre2005. Douze jours après sa sortie de la forêt pour revenir à Rabat il y a eu les événements de Sebta. Il doit renouveler sa demande au HCR et revenir à la forêt de Ben Youneh. C’est dans cette forêt que l’idée de constituer un Conseil des Immigrants subsahariens est né.
| Edité le: samedi 15 avril 2006. |
Publié par KJEMMAH à 22:42:44 dans Sélection presse | Commentaires (2) | Permaliens
Journal Opinion 15 Avril 2006
Itinéraire d’un cameraman professionnel ayant fui successivement l’Angola et le Congo
L’immigration est un fait réel car une personne a le droit de quitter son pays enfin de chercher un autre pays ou sa sécurité ne sera pas menacée. Une personne qui immigre dans un pays étranger avec un but précis.
Moi personnellement j’avais quitté la RDC parce que j’étais dans le collimateur de la police congolaise.
La Rdc est mon premier pays d’asile car je suis un réfugié Angolais reconnu par le bureau de la délégation du HCR à Kinshasa j’ai laisse ma femme et mes trois enfants qui actuellement sur la protection du HCR à Kinshasa (RD Congo) je suis Cameraman de formation j’ai exercé ce métier dans 3 chaînes de télévisions à Kinshasa y compris dans un cadre privé.
Il n’est pas vraiment important de vous relater les raisons précises de ma fuite dans mon premier pays d’asile. Pour une petite Histoire j’ai été interpellé- par la police étant réfugié je ne pouvais jamais exercer le travail d’un cameraman chose étonnante...
En date du 20 décembre 2001 j’avais pris la décision de quitter le Congo après une évasion au poste du bataillon de la police d’intervention rapide (PIR) à la recherche d’un Etat où ma sécurité devrait être assurée.
Pour ce qui est de mon parcours le voyage n’étais pas facile j’avais fait un long trajet en passant par le Congo Brazzaville--- Cameroun-je suis resté presque 15 Mois au Nigeria pour demander l’asile mais je devais poursuivi ma route car j’étais à la recherche d’un pays où les droits de l’homme seraient respectés.
J’avais lu sur un site sur l’Internet que le Royaume du Maroc était un pays d’accueil des demandeurs d’asile, c’est la raison qui m’avait poussé de venir au Maroc. Je suis arrivé au Maroc un certain 23 Mars 2003 par la frontière d’Oujda. Ma destination était la ville de Fès car il y avait un jeune étudiant de mon quartier qui était sur place. Quand je suis arrivé à Fès ça n’a pas était facile pour moi d’être accepté par les étudiants car ils avaient peur qu’ils soient interpellés de la police pour assistance à l’immigration clandestine. Il y a eu deux camps dans la maison où j’étais accueilli, 3 étudiants me soutenaient et les 2 autres ne voulaient pas du tout de moi chez eux. Au mois de mai 2003, le Bureau du HCR m’avait convoqué pour une interview à Casablanca. Il y a eu une deuxième convocation et enfin une troisième. Et c’est juste au mois de juin 2004 que le bureau à pu statuer sur mon cas en me reconnaissant comme réfugié statutaire au Maroc, à ce titre une attestation de réfugié m’a été délivrée, tout en m’indiquant de devoir faire une demande d’asile auprès au bureau du ministère des Affaires étrangères à Rabat. J’ai fait cette demande depuis le mois de janvier 2005 en tant que personne exilée mais jusqu’à présent aucune suite n’a été réservée à ma requête. Donc les choses marchent lentement ici dans l’administration marocaine en matière de régularisation de séjours des étrangers surtout pour les réfugiés.
Je tiens aussi à préciser qu’il n y pas que les Subsahariens qui viennent pour immigrer au Maroc, il y a aussi les migrants qui viennent de Bangladesh, Egypte, Tunisie, etc.... En bref j’ai le statut de réfugié mais je ne suis pas encore reconnu comme étant exilé politique par l’Etat marocain car c’est lui qui en a la compétence. La vie d’un immigré au Maroc est toujours difficile, c’est vraiment déplorable.
Vis-à-vis de la populationnous ne sommes pas vraiment considérés, nous enregistrons pas mal d’injures auprès de la population marocaine, on nous traite comme des illettrés or vous devez savoir que parmi le migrants il y a des jeunes qui ont des qualités professionnels énormes, il y a des infirmier, électriciens, maçons, menuisiers, des ingénieurs, des universitaires, des pères de familles qui ont quittés leurs pays, leurs familles pour une cause. Il y en a d’autres qui ont fuient les persécutions, les guerres, conflits tribaux, etc... Il est vraiment très difficile pour qu’un migrant ou un réfugié puisse s’intégré au Maroc, car j’habite presque depuis trois ans et demi ici à Fès, je vous assure c’est vraiment le calvaire, il n y a pas le marché du travail surtout pour nous les étrangers car il y a tout d’abord un taux de chômage très élevés de la population locale. Je suis ici sans assistance financière du hcr. La population se moque de nous subsahariens comme la presse a communément l’habitude de nous appeler même les étudiants qui ont un séjour régulier au Maroc. Donc nous sommes souvent victimes des insultes de la part des Marocains. Toutefois il y a d’autres Marocains civilisés, ils nous considèrent comme leurs frères et amis. Ils sont très gentils envers les migrants que nous sommes ils se sont familiarisés avec nous.
C’est après mon arrestation en juin 2004 par la police à Rabat, que j’ai commencé a milité car j’étais reconduit à la frontière d’Oujda malgré l’attestation de demandeur d’asile délivré par le bureau du HRC à Casablanca que je détenais. C’était à la gare routière de Kamra. Et l’attestation a été déchirée devant moi, le policier m’a dit qu’ici au Maroc seule la carte de séjour et le passeport sont valables.
J’étais enfermé dans un commissariat à Rabat 4 jours après j’étais refoulé à la frontière et à mon retour j’avais eu l’idée de prendre contact avec les associations qui militent pour la défense des droits de l’homme pour leur parler un peu de ma situation au Royaume du Maroc. La 1ère association m’avait orienté vers L’AFVIC (L’association des familles victimes de l’immigration clandestine) que je remercie beaucoup en passant le Président de l’association Khalil jemmah ainsi que leur coordinateur exécutif l’incontournable Hicham Rachidi, pour tous les efforts qu’ils avaient entrepris lors de mes arrestations car j’ai fait l’objet de 4 refoulements successifs depuis que je suis au Maroc. Je tiens à préciser que maintenant les personnes concernés (Réfugiés et Migrants) s’organisent dans des associations pour défendre leurs droits violés, il y a déjà le Conseil des Migrants au Maroc et L’Arcom à Rabat ainsi que le collectif des Réfugiés au Maroc (c’est une association qui ne regroupe que les réfugiés reconnus par le bureau du HCR dont je suis membre co- fondateur et vice président).
Pour les migrants les déboires qu’ils connaissent se traduisent par le fait qu’ils sont déterminés à franchir l’Europe tandis que les migrants qui ont besoin d’une protection internationale cherchent directement le bureau du HCR pour demandé asile car ils ont fuient leurs pays à cause soit de la guerre, les persécutions ; violes etc... Ils sont à la recherche d’un pays où leurs sécurités devraient être assurée. Ils peuvent être refoulés à maintes reprises leurs soucis et qu’ils soient dans un pays ou ils sont en sécurité. Mais ceux qui n’ont pas des antécédents judiciaires dans leur pays les migrants économiques eux peuvent rentrer chez eux sans problème car il y a la stabilité politique dans leurs pays.
Publié par KJEMMAH à 22:35:00 dans Sélection presse | Commentaires (12) | Permaliens
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