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Migration

Ce n'est pas en forçant les cigognes à quitter leurs nids qu'ils bloqueront l'arrivée du printemps.

« Nous interpellerons Kadhafi… » | 04 avril 2006

Khalid Jemmah Président de l'AFVIC (Association des familles et amis des victimes de l'émigration clandestine)

Le journal Hebdo Maroc

Comment avez-vous pris conscience de l'ampleur de ce problème ?
Au vu de l'importance des appels reçus par nos centres d'écoute, nous avons conclu que le phénomène des prisonniers marocains en Libye est loin d'être marginal, qu'il concerne un nombre important de familles. Les témoignages accablants de ceux qui sont retournés nous a poussés à passer à l'action. Du coup, on a mis en place une cellule spéciale pour aider les familles des jeunes marocains, emprisonnés ou disparus.
2000 prisonniers, c'est énorme…
C'est un chiffre basé sur les témoignages de ceux qui étaient en place, et dans différents établissements pénitenciers. Nous avons recoupé les témoignages. D'où ce nombre que nous avons publié dans notre dernier communiqué.
Avez-vous recoupé avec les chiffres de l'ambassade marocaine à Tripoli ?
L'ambassade parle de 600 personnes enregistrées dans ses services qui ne seraient pas en prison mais dans des centres de rétention, en attente de leur rapatriement. Nous avons été surpris par la réaction de l'ambassade qui a parlé de 60 prisonniers marocains de droit commun. Nous n'avons pas l'intention de faire dans la guerre des chiffres. Nous voulons tout simplement trouver une solution à ces prisonniers qui sont dans une situation déplorable et qui, de plus, n'ont pas bénéficié d'un quelconque procès.
Vous parlez des prisonniers, mais il y a également des disparus…
Et des disparus qui sont en fait en prison et qui n'ont aucun contact avec leurs familles. D'après nos informations, il y en a ceux qui sont dans ces prisons depuis 2003 sans que leurs familles soient informées. Ce n'est pas normal. Ce qui est encore plus bouleversant, c'est que les témoignages des anciens détenus parlent d'agressions physiques, de privations de toutes sortes et d'insultes.
Que prévoit l'AFVIC pour rapatrier ces jeunes ?
Nous avons commencé par médiatiser cette affaire afin de sensibiliser nos décideurs politiques sur les conditions inhumaines réservées à nos concitoyens dans les prisons libyennes. Nous allons avoir des rencontres avec des responsables marocains et libyens. Nous allons également envoyer une lettre au président Kadhafi l'invitant à rapatrier ces jeunes à leurs mamans qui les attendent depuis plusieurs mois. Et que le prochain voyage du bateau « Khan Khalil » qui relie Tripoli à Casablanca nous les ramène au pays.

Publié par KJEMMAH à 02:19:26 dans Entretien Khalil JEMMAH | Commentaires (0) |

Jemmah : «nous condamnons la xénophobie» | 04 avril 2006

Evenement Septembre 2005

Par : Abdelmohsin EL HASSOUNI ; Aujourd'hui le Maroc


L’association des amis et des familles des victimes de l’immigration clandestine (Afvic) condamne le racisme latent chez certains marocains. Entretien avec Khalil Jemmah, le président de cette association.


ALM : À combien estimez-vous le nombre d’immigrés subsahariens au Maroc ?
Khalil Jemmah : Le nombre estimé des subsahariens dans le nord du Maroc est de 3000. Ils sont surtout concentrés à Belyounech, Gourougou et Oujda. Au sein de notre association, nous sommes étonnés de l’évolution des choses au cours de ces dernières semaines. Cette grande campagne médiatique menée actuellement sur ce sujet-là ne signifie guère que le nombre des subsahariens a connu une augmentation. Le flux de l’immigration clandestine pour les subsahariens est normal.

À votre avis, quelles sont les raisons de cette campagne médiatique ?
Il faut d’abord définir le contexte général qui a précédé le lancement de cette campagne. Il y a en premier la visite récente du président du Parlement européen, Joseph Borell. Dans des entretiens avec de hauts responsables marocains, il avait évoqué, entre autres sujets abordés, l’épineux problème de l’immigration clandestine. En plus de cela, il y a le décès récemment de trois subsahariens qui a remis au-devant de la scène ce phénomène. Ce sont là deux événements qui ont contribué à la surmédiatisation de la présence d’immigrés clandestins subsahariens.

Quelles sont les causes de ces trois décès ?
Deux de ces trois subsahariens ont péri lorsqu’ils ont tenté de rentrer de force dans l’enclave de Melilla. Mais, c’est le troisième cas qui a suscité un tollé au sien de la société civile. Des médecins appartenant à une organisation non-gouvernementale ont affirmé qu’il a été tué puisqu’ils ont constaté un hématome dans son ventre. En fait, c’est une balle en caoutchouc tiré, par les autorités espagnoles ou marocaines ( on ne sait pas encore!), qui lui a coûté la vie.

Comment comptez-vous réagir face à ces derniers développements ?
Notre action sera focalisée sur la montée de la xénophobie chez une grande partie de Marocains. C’est parce que nous constatons de plus en plus une forme de racisme latent que nous allons lutter davantage contre la xénophobie. Vous savez, nous avons vécu les mêmes événements à Elijido, en Espagne. Mais, je pense que les choses sont encore plus dramatiques au Maroc, et ce parce que la société civile est moins impliquée. L’Afvic a également dénoncé le fait que le journal «Achamal» compare les subsahariens à des «criquets noirs».

Publié par KJEMMAH à 02:07:22 dans Entretien Khalil JEMMAH | Commentaires (0) |

Le flot des clandestins ne tarit pas | 04 avril 2006

Les deux naufrages qui se sont produits simultanément le 1er décembre au large de la Libye et des côtes du Sahara Occidental le prouvent une fois de plus : rien n’arrête les candidats à l’émigration clandestine.

De notre correspondante à Casablanca; RFI

Douze morts et cinquante-six disparus sur la côte libyenne, trente-six morts dans la région de Laâyoune, au Sahara Occidental, selon un représentant de Médecins Sans Frontières. Très majoritairement venus de pays d’Afrique Subsaharienne, pour tenter une traversée clandestine vers l’Europe. De tels drames sont courants au Maroc, les vagues de l’Atlantique ayant vite fait de renverser les barques de pêche, les «pateras» sur lesquelles s’embarquent régulièrement les candidats au rêve européen. Sept cents Marocains ont ainsi perdu la vie en 2001. «Certaines régions sont véritablement sinistrées, elles perdent leurs jeunes de cette façon, dans une indifférence totale et le silence des autorités». Khalil Jemmah, qui résume ainsi la situation, est le président de l’unique association marocaine à dénoncer les ravages de l’émigration clandestine. L’AFVIC (Association des amis et familles de victimes de l’immigration clandestine) travaille depuis un peu plus d’un an sur tous les dossiers liés à l’émigration clandestine.

Côté chiffres, les statistiques sont particulièrement difficiles à établir, clandestinité oblige. Une certitude, cependant : une arrestation équivaut à trois passages «réussis». A partir de cette donnée, Pierre Vermeren a pu estimer, pour le Monde Diplomatique de juin 2002, que 100 000 personnes tentaient, chaque année, de franchir le seul détroit de Gibraltar, puisque 21 000 clandestins y avaient été appréhendés durant les huit premiers mois de l’année 2001. Il convient, malgré tout, de nuancer ces estimations effarantes, dans la mesure où les candidats au passage sont souvent des récidivistes. En dépit des arrestations et des naufrages, les survivants poursuivent inlassablement leur quête de l’Eldorado européen.

Des filières organisées

Pour Khalil Jemmah, c’est «l’illusion» qui est la première cause de ces tentatives désespérées de fuir un pays qui ne leur offre pas d’avenir. L’arrivée massive des antennes paraboliques au royaume chérifien, dans les années 90 y est bien sûr pour quelque chose. Mais plus encore, le retour, chaque été, des MRE, ces Marocains résidents à l’étranger, qui impressionnent avec leurs voitures flambant neuves et l’argent dépensé sans compter. Avec un chômage endémique et 18% de la population au-dessous du seuil de pauvreté absolue, l’envie de quitter le pays pour un ciel meilleur tourne vite à l’obsession. D’où les récidives de candidats qui ont peut-être perdu leur naïveté de terriens quant à la facilité de la traversée, mais qui estiment qu’il est de leur devoir de ne revenir à la maison qu’après avoir «réussi» en Europe. La détresse ne suffit cependant pas à expliquer, seule, l’ampleur du phénomène. Les passeurs sont organisés en filières qui assurent jusqu’au recrutement des futurs clandestins. Le «recruteur» travaille dans un périmètre bien délimité, il remet ensuite ses candidats au passeur, qui appuie sa logistique sur des «hébergeants», côté marocain et côté espagnol. Le tout est supervisé par un «cerveau», Marocain ou Espagnol la plupart du temps, mais qui peut être aussi Portugais ou Turc. «On connaît les passeurs, on pourrait établir des listes, dit encore Khalil Jemmah, mais la législation marocaine ne criminalise pas leur activité. On ne peut les attaquer en justice que dans le cadre d’une escroquerie, ce qui est très rare, puisqu’on les voit plutôt comme des Robin des Bois

En attendant, c’est toute la côte Nord du Maroc, de Al Hoceima à Kénitra, qui est touchée par le phénomène des «pateras» de clandestins à destination de l’Espagne, ainsi que la côte saharienne face aux îles Canaries, de Tarfaya à Dakhla. Des points de passages où des clandestins d’Afrique subsaharienne viennent s’ajouter aux Marocains. Et auxquels il faut, en outre, ajouter les «combines» trouvées par ceux qui ne peuvent réunir les 5 000 à 10 000 dirhams (500 à 1000 euros) du passage par la mer. Passagers clandestins des camions embarquant à Tanger ou à Casablanca, enfants s’introduisant dans les villes espagnoles de Ceuta et Melillia, sachant que l’Espagne ne peut les expulser s’ils sont mineurs, ou tentant quotidiennement de s’embarquer aussi par Tanger. Les plus favorisés, mus eux aussi par le manque de perspectives au pays, se font exfiltrer en Europe lors d’une escale aérienne, s’ils n’ont pas obtenu de visa par la voie légale. On le voit, tout est bon pour fuir le Maroc, classé 123ème au monde pour son développement humain. Les tribunaux doivent même traiter, actuellement, d’une «escroquerie», organisée en 2001 par une association affiliée au parti conservateur de l’Istiqlal qui devait, sous couvert d’une croisière, faire émigrer clandestinement de jeunes marocains en Grèce et en Italie !

Sans développement économique tangible des pays concernés, le rêve européen risque donc de continuer à charrier ses cadavres sur les plages marocaines et espagnoles.


par Isabelle  Broz

Publié par KJEMMAH à 02:01:29 dans Entretien Khalil JEMMAH | Commentaires (0) |

Comment devient-on un immigré ? interview de Khalil Jemmah | 04 avril 2006

 
par Roland D’Hoop - Dernière modification le : 20 janvier 2006

LES personnes qui quittent leur pays d’origine pour venir

vivre dans un autre État cherchent de meilleures conditions de vie. Pour le migrant, l’immigration peut avoir une raison : - professionnelle (mission de longue durée à l’étranger), - politique (réfugié politique), - économique (habitant de pays pauvres cherchant un meilleur niveau de vie dans les pays riches, éventuellement temporairement) - sentimentale (volonté de s’installer dans un pays par goût, par exemple si l’on se reconnaît dans ses valeurs).

Extrait de l’interview de Khalil Jemmah, président de l’Association des familles des victimes de l’immigration clandestine (AFVIC, Maroc). 19 juin 2005 :

Est-ce que vous pouvez nous raconter le périple que suivent à partir du Maroc les candidats à l’exil ?

Il y a d’abord le recruteur. C’est quelqu’un qui est du village et qui fait le recrutement des personnes qui veulent partir. Après, il y a le transporteur qui conduit les jeunes du village vers la côte. Et puis nous avons l’hébergeant, qui assure l’hébergement en attendant le moment propice pour partir. Et là, on assiste à une exploitation incroyable. Ainsi, une baguette de pain qui coûte un dirham peut atteindre 6 dirhams. Les sandwichs sont vendus quatre ou cinq fois plus cher. C’est tout un business qui fleurit autour de ça ».

Comment se passe la traversée ?

« Avant, le trajet s’étalait sur 30 à 60 kilomètres. Les côtes marocaines s’étendent sur 3 500 km et sont, de ce fait, difficiles à contrôler. Aujourd’hui, avec l’approche sécuritaire instaurée par les Européens, les clandestins prennent plus de risques.

ls doivent faire 200, voire 500 km de traversée en haute mer, dans des conditions très difficiles à bord de pateras de fortune, pour atteindre Tarifa, dans le sud de l’Espagne. Nous ne cessons de dire que l’approche sécuritaire n’a fait qu’aggraver le risque pour nos enfants et enrichir les mafias de trafic humain ».

Combien coûte le voyage ?

« Cela va de 400 euros jusqu’à un voyage de luxe par avion à 7 000 euros. Les mafias du trafic humain, malgré toutes les méthodes sécuritaires utilisées, ont leur stratégie. Il faut savoir que le flux migratoire qui arrive par pateras ne représente absolument rien par rapport au flux migratoire qui arrive par avion. Les passeurs procèdent en trafiquant les documents ou en pratiquant ce qu’on appelle le via-via, avec des complicités à l’aéroport de Madrid par exemple, en passant par Damas ».

TEMOIGNAGES

« Pour me faire venir, ma famille a payé 10 000 dollars en 1999 à une organisation de passeurs, des « têtes de serpent ». Je suis arrivé en Grèce par avion, puis en train jusqu’à Milan et, enfin, Paris », se souvient Dong Liwen responsable du collectif des sans-papiers Multitude ». « Les clandestins chinois travaillent comme des bêtes de somme pour rembourser, en trois ou cinq ans, l’argent qui a été avancé pour leur passage », souligne Marc Paul, président de l’Association de soutien linguistique et culturel (ASLC), qui fait également office d’adresse postale pour 6 000 Chinois de Paris. « Car ne pas honorer sa dette, poursuit-il, c’est exposer sa famille restée en Chine à de violentes représailles. » C’est aussi la crainte - suprême avanie - de « perdre la face », d’abandonner son honneur..

Publié par KJEMMAH à 00:46:48 dans Entretien Khalil JEMMAH | Commentaires (0) |

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Khalil JEMMAH

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GSM:212 61 088 555

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