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Migration

Ce n'est pas en forçant les cigognes à quitter leurs nids qu'ils bloqueront l'arrivée du printemps.

Histoire d’une association d’immigrants née dans la forêt de Ben Younech | 27 avril 2006

L'Opnion 15 Avril 2006 

Immigrants et Réfugiés Subsahariens)
Histoire d’une association d’immigrants née dans la forêt de Ben Younech
Par deux principaux témoignages est offert ici image forte et positive de migrants subsahariens qui ont choisi de militer pour les droits des migrants. Nous nous mettons à leur écoute.

L’Afrique saignée à blanc par les superpuissances et par des dictatures ne cessera de sitôt de souffrir surtout sous la pression absurde de la politique sécuritaire très égoïste et brutale imposée par l’Europe des anciens pays colonisateurs directement responsables en grande partie de la situation de banqueroute des pays africains.

Le premier témoignage est celui de Placide Nzeza, 38 ans, congolais, originaire du Congo Kinshasa, ingénieur en électromécanique et ex-agent de police, immigrant subsaharien résident au Maroc ayant obtenu le statut de réfugié. Le deuxième témoignage de Paulin Kuanzambi cameraman angolais (lire ci-contre) Placide Nzeza est militant associatif depuis 2005. A ce titre, il est président du Conseil des Immigrants subsahariens au Maroc, association créée à Rabat en novembre 2005, exactement le 10 novembre 2005 avec 20 personnes fondatrices qui représentent tous les quartiers de la capitale du Royaume, Hay Nahda, Hay Takaddoum, Hay Lakwass, Hay J5, et Sidi Moussa à Salé, sans oublier Casablanca notamment quartier des Cheminots etc. Cette nouvelle ONG première du genre, la seule jusqu’à présents pour tenter de représenter tous les immigrants Subsahariens au Maroc, est mise sur pied pour venir en aide aux victimes de l’immigration subsaharienne, des victimes en difficulté. Cela à travers des objectifs précis qui sont, comme le précise Placide Nzeza, de collaborer avec l’AMDH pour défendre les droits humains, de créer un lien de réseau avec d’autres associations pour la communication et l’information comme Chabaka, CIMAD, Caritas Maroc, AFVIC, ATTAC Maroc, CESAM (Confédération des étudiants stagiaires africains au Maroc), de collaborer avec les communautés migrantes dans les deux sens et venir en aide aux gens qui sont victimes de violations de leurs droits, gérer le fond de subsides pour subvenir aux besoins des membres du Conseil. C’est grâce à l’Association Marocaine des Droits de l’Homme que le Conseil a pu voir le jour, note Placide Nzeza.

« Qu’il soit clair que le Conseil tient à respecter les lois marocaines, ne pas s’immiscer dans lapolitique intérieure de l’Etat frère dont nous sommes les hôtes tout en veillant au respect des droits humains en étroite collaboration avec l’AMDH et nos autres partenaires s’activant dans la défense des droits de l’homme » Placide Nzeza a été pris à parti par ses compatriotes à la suite de la publication d’un article précédent sur la vie des Subsahariens au Maroc. Dans cet article nous écrivions que, selon des estimations du Conseil, le nombre de subsahariens provenant du Nigéria est plus important et qu’il pourrait atteindre 75%.

« Nous ne voulons pas dire du mal ni créer la zizanie entre les communautés mais essayer simplement de dire ce qui est sans en rajouter ni retrancher. Notre unique but est d’être sincèrement solidaires avec tous »

La semaine dernière Placide était parti de Rabat vers Oujda pour venir en aide à des demandeurs d’asile qui avaient été arrêtés par la police. Ils ont tous été libérés et ont pu réintégrer la capitale du Royaume.

Combien sont-ils les immigrants subsahariens au Maroc ? Personne ne peut avancer un chiffre. Tout ce qu’on ,sait c’est qu’il y a entre 2350 et 2400 demandeurs d’asile. Les demandes d’asile obtiennent rarement des réponses favorables. Même et surtout en Europe le taux de réponse favorable est très bas. En Grèce l’an passé 99% des demandes d’asile furent rejetée.

Chaque immigrant subsaharien a une histoire. Placide Nzeza nous a raconté la sienne propre. Il commence par dire qu’en migrant de son village natal vers le Maghreb il n’avait jamais pensé, « à aucun moment », immigrer clandestinement en Europe. Il est originaire d’un village de l’Ouest du Congo Kinshasa, d’une famille de 4 garçons et deux filles. Il est marié et père d’un enfant une fillette. Il raconte qu’en tant qu’électromécanicien il travaillant pour le compte de l’Office National de Transport (ONATR) de la république du Congo Kinshasa mais qu’au départ il avait été engagé en tant qu’agent de sécurité après avoir suivi une formation de policier. Il assurait la fonction de police du train express ligne Kinshasa-Matadi (365 kms) Il est resté dans cette fonction pendant deux ans depuis 1998. En 2001 le président Kabila est mort et du coup il y a eu changement au niveau de l’entreprise qui l’emploie.

L’inspecteur général adjoint de l’ONATRA s’appelait Boura et était originaire du Nord Kivu. Avec ce nouveau staff ont commencé les désaccords et du coup il a sollicité de quitter les fonctions de police ferroviaire et de réintégrer ses fonctions techniques de maintenance. Il a pu changé grâce à un ami. Mais cela n’a pas été sans lui attirer antipathie et rancune.

« Comme je suis de l’Ouest et que les nouveaux patrons étaient du Nord-Est il y avait une haine ethnique, un problème tribal a surgi »

Il a continué à travailler à bord du train voyageur, train bleu et train express. Mais c’est au mois de septembre 2002 qu’un décret a été promulgué pour demander à toute entreprise qui avait formé des agents de police de les mettre à disposition de l’Intérieur pour suivre une formation paramilitaire.

« C’étaient pour renforcer les foyers de tension à l’Est fin 2002. Je n’avais pas le choix. J’ai suivi cette formation paramilitaire par peur de perdre mon poste. Nous avions été emmenés au centre Kibomango à 80 kms de Kinshasa. Après avoir suivi cette formation qui a consisté à apprendre le maniement de différents armes nous sommes rentrés pour être présentés à l’Etat major. On nous a remis de l’argent et donné une permission pour voir nos familles avant d’être engagé dans l’expédition à l’Est. Mes parents n’étaient pas d’accord pour que je me lance dans la guerre. Je ne pouvais partir contre l’avis de mes parents. J’ai donc quitté Kinshasa pour aller dans le Bas Congo. Je n’avais pas envie de me mêler à de nouvelles tueries. Par mesure de représailles mon frère a été arrêté pour que je me rende » Toute la famille s’est réunie pour décider qu’il doit se rendre pour libérer son frère aîné. Mais un oncle qui travaillait à l’ambassade du Tunisie l’a encouragé à partir.

« En tant que déserteur je risquais beaucoup plus que mon frère, m’avait indiqué mon oncle. Je l’ai donc écouté et j’ai quitté le pays en traversant le fleuve Congo vers le Congo Brazzaville, c’était le 24 janvier 2003. J’avais en poche l’équivalent de 120 dollars »

Il quitte Brazzaville pour le Cameroun. Il passe ensuite vers la Côte-d’Ivoire d’où il ne tarde pas à s’enfuir à cause de troubles qui ont éclaté. Son oncle lui envoie l’équivalent de 300 euro. Il part au Mali où il a l’idée de s’établir et demander l’asile politique. Son oncle avec qui il était constamment en contact l’en dissuade. Pendant ses passages dans les pays précités il trouve ,dit-il, où aller.

L’hospitalité africaine légendaire joue un rôle primordiale.

« A aucun moment je n’ai passé la nuit dans la rue » Avec un visa pour la Tunisie et un passeport que lui avait envoyé son oncle, il prend l’avion pour aller du Mali vers Gerba en Tunisie. Au terme de deux semaines il est interpellé par la police tunisienne. Il est jeté dans la prison Ouardia où il se retrouve dit-il avec beaucoup d’Africains Libérien, Camerounais, Ghanéens et assiste à la mort d’un Algériens malade, décès dramatique « par manque de soins ». Il entame une grève de la faim. Comme au bout de quelques jours sa santé se dégradait il est hospitalisé. A l’hôpital il parvient à joindre par téléphone quelqu’un de l’église catholique qui alerte des associations de droit de l’homme. Il est libéré et on lui donne un délai d’une semaine pour quitter le territoire.

Il a l’idée de contacter le Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR) de Tunisie. On lui dit qu’il n’existe pas. Il arrive au Maroc le 1er mars 2004. Aussitôt arrivé il va à Casablanca au HCR pour déposer une demande d’asile politique qui est rejetée. Il est hébergé par un ami ivoirien pendant une semaine à Casablanca. Il revient à Rabat où il reste sans abri pendant deux jours. Il rencontre un compatriote congolais qui va l’héberger pendant un mois. Il n’a personne en Europe pour lui envoyer de l’argent dit-il. Cette période coïncide avec l’arrivée d’amis, qui étaient dans la forêt près de Nador et qui étaient venus à Rabat pour se faire soigner. C’étaient deux Camerounais et un Guinéen. Il s’est retrouvé hébergé au quartier Takaddoum. Avec eux il est allé par car vers Nador et de là à pied 12 kilomètres pour arriver à la forêt.

« Quanb j’ai quitté le Congo je n’avais aucune idée de l’immigration vers l’Europe. La plupart des Congolais des étudiants. C’est alors que je me suis rendu compte qu’il y avait des enclaves et qu’on peut arriver en Europe par cet endroit » Il va faire le déplacement entre la forêt de Ben Younech où il va rester du 5 juin 2004 au 16 septembre2005. Douze jours après sa sortie de la forêt pour revenir à Rabat il y a eu les événements de Sebta. Il doit renouveler sa demande au HCR et revenir à la forêt de Ben Youneh. C’est dans cette forêt que l’idée de constituer un Conseil des Immigrants subsahariens est né.

S.A

Edité le: samedi 15 avril 2006.

Publié par KJEMMAH à 22:42:44 dans Sélection presse | Commentaires (1) |

PAULIN AUJOURD'HUI SALARIE DE L AFVIC | 27 avril 2006

Journal Opinion 15 Avril 2006 

Itinéraire d’un cameraman professionnel ayant fui successivement l’Angola et le Congo



Dans le texte suivant M.Paulin Kuanzambi, réfugié angolais au Maroc, cameraman professionnel, vice-président du Collectif des réfugiés au Maroc répond à des questions que nous lui avons posées.

L’immigration est un fait réel car une personne a le droit de quitter son pays enfin de chercher un autre pays ou sa sécurité ne sera pas menacée. Une personne qui immigre dans un pays étranger avec un but précis.

Moi personnellement j’avais quitté la RDC parce que j’étais dans le collimateur de la police congolaise.

La Rdc est mon premier pays d’asile car je suis un réfugié Angolais reconnu par le bureau de la délégation du HCR à Kinshasa j’ai laisse ma femme et mes trois enfants qui actuellement sur la protection du HCR à Kinshasa (RD Congo) je suis Cameraman de formation j’ai exercé ce métier dans 3 chaînes de télévisions à Kinshasa y compris dans un cadre privé.

Il n’est pas vraiment important de vous relater les raisons précises de ma fuite dans mon premier pays d’asile. Pour une petite Histoire j’ai été interpellé- par la police étant réfugié je ne pouvais jamais exercer le travail d’un cameraman chose étonnante...

En date du 20 décembre 2001 j’avais pris la décision de quitter le Congo après une évasion au poste du bataillon de la police d’intervention rapide (PIR) à la recherche d’un Etat où ma sécurité devrait être assurée.

Pour ce qui est de mon parcours le voyage n’étais pas facile j’avais fait un long trajet en passant par le Congo Brazzaville--- Cameroun-je suis resté presque 15 Mois au Nigeria pour demander l’asile mais je devais poursuivi ma route car j’étais à la recherche d’un pays où les droits de l’homme seraient respectés.

J’avais lu sur un site sur l’Internet que le Royaume du Maroc était un pays d’accueil des demandeurs d’asile, c’est la raison qui m’avait poussé de venir au Maroc. Je suis arrivé au Maroc un certain 23 Mars 2003 par la frontière d’Oujda. Ma destination était la ville de Fès car il y avait un jeune étudiant de mon quartier qui était sur place. Quand je suis arrivé à Fès ça n’a pas était facile pour moi d’être accepté par les étudiants car ils avaient peur qu’ils soient interpellés de la police pour assistance à l’immigration clandestine. Il y a eu deux camps dans la maison où j’étais accueilli, 3 étudiants me soutenaient et les 2 autres ne voulaient pas du tout de moi chez eux. Au mois de mai 2003, le Bureau du HCR m’avait convoqué pour une interview à Casablanca. Il y a eu une deuxième convocation et enfin une troisième. Et c’est juste au mois de juin 2004 que le bureau à pu statuer sur mon cas en me reconnaissant comme réfugié statutaire au Maroc, à ce titre une attestation de réfugié m’a été délivrée, tout en m’indiquant de devoir faire une demande d’asile auprès au bureau du ministère des Affaires étrangères à Rabat. J’ai fait cette demande depuis le mois de janvier 2005 en tant que personne exilée mais jusqu’à présent aucune suite n’a été réservée à ma requête. Donc les choses marchent lentement ici dans l’administration marocaine en matière de régularisation de séjours des étrangers surtout pour les réfugiés.

Je tiens aussi à préciser qu’il n y pas que les Subsahariens qui viennent pour immigrer au Maroc, il y a aussi les migrants qui viennent de Bangladesh, Egypte, Tunisie, etc.... En bref j’ai le statut de réfugié mais je ne suis pas encore reconnu comme étant exilé politique par l’Etat marocain car c’est lui qui en a la compétence. La vie d’un immigré au Maroc est toujours difficile, c’est vraiment déplorable.

Vis-à-vis de la populationnous ne sommes pas vraiment considérés, nous enregistrons pas mal d’injures auprès de la population marocaine, on nous traite comme des illettrés or vous devez savoir que parmi le migrants il y a des jeunes qui ont des qualités professionnels énormes, il y a des infirmier, électriciens, maçons, menuisiers, des ingénieurs, des universitaires, des pères de familles qui ont quittés leurs pays, leurs familles pour une cause. Il y en a d’autres qui ont fuient les persécutions, les guerres, conflits tribaux, etc... Il est vraiment très difficile pour qu’un migrant ou un réfugié puisse s’intégré au Maroc, car j’habite presque depuis trois ans et demi ici à Fès, je vous assure c’est vraiment le calvaire, il n y a pas le marché du travail surtout pour nous les étrangers car il y a tout d’abord un taux de chômage très élevés de la population locale. Je suis ici sans assistance financière du hcr. La population se moque de nous subsahariens comme la presse a communément l’habitude de nous appeler même les étudiants qui ont un séjour régulier au Maroc. Donc nous sommes souvent victimes des insultes de la part des Marocains. Toutefois il y a d’autres Marocains civilisés, ils nous considèrent comme leurs frères et amis. Ils sont très gentils envers les migrants que nous sommes ils se sont familiarisés avec nous.

C’est après mon arrestation en juin 2004 par la police à Rabat, que j’ai commencé a milité car j’étais reconduit à la frontière d’Oujda malgré l’attestation de demandeur d’asile délivré par le bureau du HRC à Casablanca que je détenais. C’était à la gare routière de Kamra. Et l’attestation a été déchirée devant moi, le policier m’a dit qu’ici au Maroc seule la carte de séjour et le passeport sont valables.

J’étais enfermé dans un commissariat à Rabat 4 jours après j’étais refoulé à la frontière et à mon retour j’avais eu l’idée de prendre contact avec les associations qui militent pour la défense des droits de l’homme pour leur parler un peu de ma situation au Royaume du Maroc. La 1ère association m’avait orienté vers L’AFVIC (L’association des familles victimes de l’immigration clandestine) que je remercie beaucoup en passant le Président de l’association Khalil jemmah ainsi que leur coordinateur exécutif l’incontournable Hicham Rachidi, pour tous les efforts qu’ils avaient entrepris lors de mes arrestations car j’ai fait l’objet de 4 refoulements successifs depuis que je suis au Maroc. Je tiens à préciser que maintenant les personnes concernés (Réfugiés et Migrants) s’organisent dans des associations pour défendre leurs droits violés, il y a déjà le Conseil des Migrants au Maroc et L’Arcom à Rabat ainsi que le collectif des Réfugiés au Maroc (c’est une association qui ne regroupe que les réfugiés reconnus par le bureau du HCR dont je suis membre co- fondateur et vice président).

Pour les migrants les déboires qu’ils connaissent se traduisent par le fait qu’ils sont déterminés à franchir l’Europe tandis que les migrants qui ont besoin d’une protection internationale cherchent directement le bureau du HCR pour demandé asile car ils ont fuient leurs pays à cause soit de la guerre, les persécutions ; violes etc... Ils sont à la recherche d’un pays où leurs sécurités devraient être assurée. Ils peuvent être refoulés à maintes reprises leurs soucis et qu’ils soient dans un pays ou ils sont en sécurité. Mais ceux qui n’ont pas des antécédents judiciaires dans leur pays les migrants économiques eux peuvent rentrer chez eux sans problème car il y a la stabilité politique dans leurs pays.

Paulin Kuanzambi

Publié par KJEMMAH à 22:35:00 dans Sélection presse | Commentaires (9) |

Auteur

Khalil JEMMAH

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