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Comment avez-vous pris conscience de l'ampleur de ce problème ? Au vu de l'importance des appels reçus par nos centres d'écoute, nous avons conclu que le phénomène des prisonniers marocains en Libye est loin d'être marginal, qu'il concerne un nombre important de familles. Les témoignages accablants de ceux qui sont retournés nous a poussés à passer à l'action. Du coup, on a mis en place une cellule spéciale pour aider les familles des jeunes marocains, emprisonnés ou disparus. 2000 prisonniers, c'est énorme… C'est un chiffre basé sur les témoignages de ceux qui étaient en place, et dans différents établissements pénitenciers. Nous avons recoupé les témoignages. D'où ce nombre que nous avons publié dans notre dernier communiqué. Avez-vous recoupé avec les chiffres de l'ambassade marocaine à Tripoli ? L'ambassade parle de 600 personnes enregistrées dans ses services qui ne seraient pas en prison mais dans des centres de rétention, en attente de leur rapatriement. Nous avons été surpris par la réaction de l'ambassade qui a parlé de 60 prisonniers marocains de droit commun. Nous n'avons pas l'intention de faire dans la guerre des chiffres. Nous voulons tout simplement trouver une solution à ces prisonniers qui sont dans une situation déplorable et qui, de plus, n'ont pas bénéficié d'un quelconque procès. Vous parlez des prisonniers, mais il y a également des disparus… Et des disparus qui sont en fait en prison et qui n'ont aucun contact avec leurs familles. D'après nos informations, il y en a ceux qui sont dans ces prisons depuis 2003 sans que leurs familles soient informées. Ce n'est pas normal. Ce qui est encore plus bouleversant, c'est que les témoignages des anciens détenus parlent d'agressions physiques, de privations de toutes sortes et d'insultes. Que prévoit l'AFVIC pour rapatrier ces jeunes ? Nous avons commencé par médiatiser cette affaire afin de sensibiliser nos décideurs politiques sur les conditions inhumaines réservées à nos concitoyens dans les prisons libyennes. Nous allons avoir des rencontres avec des responsables marocains et libyens. Nous allons également envoyer une lettre au président Kadhafi l'invitant à rapatrier ces jeunes à leurs mamans qui les attendent depuis plusieurs mois. Et que le prochain voyage du bateau « Khan Khalil » qui relie Tripoli à Casablanca nous les ramène au pays. |
Publié par KJEMMAH à 02:19:26 dans Entretien Khalil JEMMAH | Commentaires (0) | Permaliens
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