Bonjour chères lectrices et chers lecteurs,
j'ai voulu créer une page pour me défouler, écrire ce qu'il se passe ici bas, dans le monde merveilleux des éternels étudiants endettés, avec un boulot peu rénuméré malgré les aptitudes et les diplômes acquis. Les amoureux de la lecture, plus particulièrement les maniaques de livres dont on ne parle pas beaucoup s'y retrouveront. Comme j'aime aussi les cultures métal et punk, c'est certain que je vais écrire quelques lignes là-dessus.
Et puis moi... je suis désormais un ex-libraire, viré pour avoir exprimé son opinion sur son employeur, Renaud-Bray, malgré mes neuf ans d'ancienneté. Je suis dans la trentaine, ma formation est en histoire et en science politique. Pas d'enfant, pas riche, pas d'auto, pas de REER, pas de télé câblée, pas de colocataire et pas d'animaux. Mais beaucoup de livres et de disques.
J'espère que ce site va vous plaire. Bonne lecture!
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Le 23 janvier, j'avais présenté dans ce blogue les deux répliques à ma critique du consternant navet qu'est "L'illusion tranquille", laissé sur le site http://www.cinemamontreal.com/fr... je ne pensais pas avoir encore des blâmes de la part des fans de ce film. D'après ce que j'ai observé, tous ceux ayany laissé une critique négative pour ce film ont obtenus des répliques. Le dernier dans mon cas, d'une dame Houde, va plus loin et m'accuse de nier la "vérité". C'est assez déconcertant:
A oktobre7@... La chose la plus importante a retenir de l'Illusion Tranquille, est que LE QUEBEC EST UNE PROVINCE PAUVRE! Même si l'on retient rien d'autre, cette declaration est super importante pour definir le futur du Quebec. Ce que je trouve incroyable, c'est que chacun des separatistes a qui je parle, croit que le Quebec est riche a craquer et une des provinces les plus riche du Canada. Je sais le contraire depuis 20 ans... comment se fait t'il qu'autant de personnes ne sont pas au courant. Les politiciens cachent cette verite, pourquoi? Alors les temoignages du film devraient nous porter a constater, reflechir et a agir. Croyez moi, ce n'est pas la France qui viendrait a notre secours suite a l'independence du Quebec. En effet, on devrait envoyer une copie du film a Segolene Royal qui veut acceder au poste de Presidente de la republique francaise, pour qu'elle soit au courant des chiffres avant de faire des declarations sur la souverainte comme elle l'a fait recemment suite la visite de Boisclair a Paris. En descendant le film cher oktobre, vous enlevez probablement la chance pour que certains Quebecois qui ne sont pas claires sur la pitre situation financiere de notre province, connaissent la verite en ignorant le film. J'ai aussi ete amusee avec Borat mais je n'ai rien appris... votre 1/10 va priver des gens de faits importants qui pourraient faire une grande difference dans le Quebec de demain suite a un referendum.
22.1.2007 - reneehoude@ - âge: 50+
Bien sûr, je n'ai pas laissé passer cette occasion d'en rajouter sur ce film:
Madame Houde, ce film mérite amplement son 1/10, du fait de la malhonnêteté intellectuelle qui s'en dégage, de son caractère purement progagandiste et surtout de sa prétention à contenir la seule vérité. Les réalisateurs de ce mauvais pamphlet ne cherchent pas à vouloir engager le débat, en prétendant à promouvoir une "vérité révélée", ils excluent toute réfutation, comme les sectes religieuses. De plus, les réalisateurs prétendent que les gens sont bernés en permanence, comme si tout le monde au Québec ignore ce qu'il se passent ailleurs. C'est une insulte à l'intelligence. Partout en Occident, nous retrouvons le même débat sur les finances publiques et la présence de l'État. Nous avons au Québec tous les moyens d'informations pour faire soi-même son avis. Ce film n'apportent rien rien de plus qu'un exutoire aux néo-libéraux contre leurs adversaires. Je persiste: il vaut un 1/10, même un zéro si c'était possible, car la technique est nulle.
Voilà, ma critique va empêcher le Québec d'avancer... je devrais me sentir mal! Ne soyez pas surpris d'entendre prochainement que la gauche américaine est responsable des attentats du 11 septembre, comme "L'illusion tranquille" dénonce la gauche québécoise (partis, syndicats, mouvements sociaux) comme responsables de tous les maux. Le drôle d'oiseau qui nous a pondu un truc pareil s'appelle Dinesh D'Souza, un ancien conseiller de Ronald Reagan... comme quoi chaque pays contient ses freaks de l'extrême-droite néo-libérale, pour nous relancer avec des inepties, en forme de films ou de livres...
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Sans doute, quand ce livre sera disponible au Québec, je vais m'amuser à le lire... |
Publié par oktobre7 à 13:21:46 dans Le subversif | Commentaires (0) | Permaliens
Avez-vous remarqué ce petit détail, dans l'épisode des "Invincibles" de lundi dernier? Le personnage de Rémi, en manque de fric pour l'enregistrement de son album, doit vendre une de ses guitares à un type. Le gars, pas mal plus jeune que lui, paie la guitare sans d'autre façon et s'en va. Rémi s'exclame pour lui-même, une fois le type parti, "criss d'Emo".
Un Emo, qu'ossé ça?
La première fois que j'ai entendu parler du truc emo, c'est sur Ebay. J'achète souvent des machins comme des patches ou des macarons. Souvent, à la suite du mot "punk", suit immédiatement le mot "emo". Je me suis demandé ce à quoi ce mot réfère, j'ai fait appel à Google, pour avoir une meilleure idée. La recherche n'a pas été très concluante, sauf sur Wikipedia: http://fr.wikipedia.org/wiki/Emo
C'est de la troisième vague dont il est question aujourd'hui. Lorsque ce courant du punk hardcore, dont mon premier groupe à la fin des années 80 était issu (Morbid Reality, 1988-90), il a fallu qu'on récupère le genre pour créer une mode de toute pièce, à partir de plusieurs genre (punk, goth, metal). La mode Emo était née.
Ça donne comme type de look quelque chose s'approchant de ceci:
Plus communément, lorsque vous rencontrez un Emo, il ressemblera à ça:

Règle générale, rarement vous verrez un type au-dessus de 25 ans avec un look pareil. Il faut être mince (les bédaines de bière, on oublie ça), tellement qu'il peut être possible de porter des jeans de filles. Il faut avoir l'air angélique, quasi efféminé, d'où l'âge très bas. Comme le souligne l'article de Wikipedia:
Au fur et à mesure que la popularité de la musique s'est accrue, l'emo est devenu de plus en plus un objet de dérision, en particulier certaines modes et attitudes associées à l'emo, et des stéréotypes ont surgi qui ont facilité les critiques et en ont fait une cible facile.
Dans les premières années de la « troisième vague », la critique était relativement légère, amusée, voire parfois de l'auto-dérision. En septembre 2002, Jason Oda lança l'Emogame, qui se moquait des nombreux stéréotypes emo et des musiciens du genre, mais d'une manière qui pouvait être appréciée également des fans et des détracteurs du genre.
Les années suivantes les moqueries ont augmenté de façon exponentielle. Les fans masculins d'emo ont commencé à recevoir des injures sur leur orientation sexuelle supposée, reflet de la mode propre à la « scène » (notamment l'utilisation d'eyeliner et de maquillage),le port de vêtements plus ajustés, parfois même destinés aux filles, et de l'expression des émotions. Les critiques portaient toutefois d'abord sur l'exagération dramatique des émotions et non pas nécessairement sur les émotions en elles-mêmes.
Ce que l'article ne dit pas, c'est justement le fait que le genre a été inventé de toute pièce pour vendre des fringues. Ça été vrai de la période glam des années 70, ce l'est également pour cette vague. L'anecdote qui me revient est lorsque je suis passé près de la ligne d'attente pour le spectacle d'Atreyu. Tous les spectateurs se ressemblaient, même les filles! Comme me le racontais mon pote André au boulot, une fois à un spectacle de Dillinger Escape Plan, il croyait qu'un Emo passait toujours près de lui, histoire de se faire remarquer...il a fini par réaliser que ce n'était pas le même gars, mais bien plusieurs!
Atreyu

It Dies Today
Avec notre groupe, c'est devenu un "running gag", surtout lorsque Louis-David, le batteur, nous a présenté un DVD du groupe It Dies Today. En voici un extrait, grâce à YouTube: http://www.youtube.com/watch?v=JGNIHMR4gv0 Sans doute, les gars on du talent, mais lorsque j'ai vu leur allure, hé bien...ça passe un peu difficilement. Peut-être que je suis vieux jeu, ou conservateur dans mon genre, mais j'aime pas trop l'attitude et le look. Il m'apparaît trop exclusif, comme je l'expliquais plus haut, j'imagine mal un gars de plus de 25 ans ou un gars avec un surplus de poid, avec un look pareil. Musicalement, ça pourrait être intéressant. On est très près du death metal et du hardcore, mais au niveau des paroles, "l'émotion" doit être au premier plan et c'est agaçant lorsque ça intervient dans la musique. On se lasse très vite de ce genre.
Je ne prétend pas que les genres auxquels je m'identifie font preuve de grandes créativités, mais leur principal atout, c'est le côté "home-made". Contrairement à ce genre, la créativité provient des fans eux-mêmes. La mode, le look, la musique ne proviennent pas d'au-dessus, par les labels et les concepteurs, mais bien de "l'underground", la scène. C'est vrai, le punk a souffert du même problème il y a bien des années. Comme le chantait Jello Biafra dans "Chikenshit Conformist", une chanson écrite il y a plus de vingt ans:
Punk's not dead
it just deserves to die
when it becomes another stale cartoon
A close-minded, self-centered social club
ideas don't matter, it's who you know
If the music's gotten boring
it's because of the people
who want everyone to sound the same
Who drive bright people
out of our so-called scene
'til all that's left is just a meaningless fad
Publié par oktobre7 à 14:26:19 dans Le subversif | Commentaires (1) | Permaliens
Habituellement, lorsque je vais voir un film, je vais laisser une appréciation de ce film sur le site suivant: http://www.cinemamontreal.com/fr Le dernier en titre a été "L'illusion tranquille", vous avez déjà une appréciation sur ce blogue, le 15 janvier dernier. Sur ce site, j'ai laissé la note 1/10, la note la plus basse. J'ai laissé cette appréciation plus détaillée, sous le nom oktobre7@:
Huit dollars de perdus, une heure et quart de nausée, voilà le bilan que je tire du visionnement de ce film. C'est quand même fascinant d'entendre des gens parler de "pensée magique", alors qu'ils ne jurent que par le marché libre, leur grand remède à tous nos maux. La production est d'un amateurisme navrant, il serait étonnant de voir une plus large diffusion. De plus, à ce que je sache, on ne doit pas encourager des idées anti-démocratiques, ni ressasser la conception selon laquelle tout le monde se fait berner, sauf les économistes, les seuls détenteurs de leur vérité révélée. Les nostalgiques du dictateur Pinochet vont trouver leur compte. Si vous tenez à perdre votre temps et votre argent, vous pouvez y aller. Mais même pour vous faire une idée, ça ne vaut pas la peine, c'est un pamphlet ridicule et sans nuance!
Il fallait que je m'en doute, j'ai eu droit à des réplique. La première est d'un dénommé Hobbesetcalvin@, de 50 ans et plus:
"on ne doit pas encourager des idées anti-démocratiques"... euh lesquelles, par exemple? Est-ce qu'aller à l'encontre de la pensée unique et exprimer des idées est anti-démocratique?
Je lui ai répondu:
L'idée anti-démocratique sous-entendue dans le film est la suivante: suggérer l'application de politiques néo-libérales sans passer par le processus démocratique, soit élire des députés, soumettre un projet de loi, débattre en commission parlementaire, entendre les différents intervenants, etc. Quel est l'endroit du film où il en est question? Nulle part. Où est la nuance apportée dans le documentaire, pour démontrer la possibilité de débattre des politiques supposées sauver le Québec? Nulle part. Où est l'endroit du documentaire où elles sont soumises à la critique, ces politiques? Nulle part. Que du sous-entendu, des perceptions d'un seul côté de la médaille, des grandes vérités révélées, des solutions toutes prêtes. À part cela, ce n'est pas du documentaire, ce film est de la propagande, un mauvais film de propagande. La prochaine fois que l'IEDM souhaite financer un autre navet de la sorte, qu'il regarde à deux fois, avant d'encourager un amateurisme pareil.
De la part de Redwardh@, j'ai eu droit à une attaque plus directe. Le monsieur a tellement aimé le film, qu'il considère entièrement vrai, il a cherché à me discréditer:
Vous donnez 8/10 a Borat qui vous eclaire sur le manque de civilite et 2/10 sur un documentaire qui a pour but de vous informer sur l'etat pitoyable du Quebec et vous incite a penser... hmmm! Quel insouciance!
Je lui ai laissé la réplique suivante:
J'ai donné cette note à "Borat", car le film m'a fait bien rire, il a de l'audace, son concept est inédit et les comédiens principaux ont du talent. De votre film-fétiche, c'est un mauvais pamphlet, propagandiste d'idées éculées, abandonnées un peu partout à travers le monde. Je connais amplement le néo-libéralisme pour savoir comment il se limite à la vision de l'économie, érigé en science exacte, et son postulat anti-démocratique. Peu importe d'où provient un documentaire, un écrit, une opinion émise, il faut toujours prendre du recul. Avez-vous pensé un instant que le couple ayant réalisé ce film aurait peut-être tort à un endroit où un autre, ou les autres intervenants, dans leurs explications? Vous devriez être plus critique, au lieu de prendre les idées telles quelles, sans faire preuve d'un peu de nuance. C'est pourquoi j'ai décerné cette note à ce film ridicule.
Voilà, je voulais partager ces quelques petites confrontations virtuelles. À+! Et gardez le sourire!

Le rêve néo-libéral...
Publié par oktobre7 à 13:59:50 dans Le subversif | Commentaires (0) | Permaliens
La fête du fleurdelisé
Le 21 janvier est la journée anniversaire du drapeau du Québec. Comme l'a souligné ce sondage, pas mal moins controversé que ceux de cette semaine dans la convergence médiatique de Quebecor, il est perçu majoritairement comme celui de TOUS les Québécois. C'est clair, non?

Par ailleurs, 84% des Québécois sont d'avis que le drapeau est un symbole national important.
C'est le 21 janvier que l'on souligne au Québec le Jour du drapeau, tel que le prévoit un décret de 1999 du gouvernement du Québec. Il s'agit en fait de l'anniversaire de l'adoption du fleurdelisé comme drapeau officiel, il y a 59 ans, par le gouvernement de Maurice Duplessis.
Le sondage a été effectué entre le 6 et le 10 décembre 2006 auprès de 1002 répondants. Sa marge d'erreur est de 3,1%.
Le drapeau du Québec, j'y suis attaché, comme beaucoup de gens. Plus jeune, j'étais probablement un de ceux qu'on appelle en bon français un « flag-weaver ». Les manifestations nationalistes menées par le Parti québécois, la Saint-Jean-Baptiste, j'y suis allé avec mon grand drapeau et un t-shirt avec le fleurdelisé imprimé dessus. Quand je me suis impliqué à gauche en politique, j'ai conservé cet amour, sans le côté quelque peu fétichiste que je vois parfois, chez mes concitoyens. J'ai cousu un drapeau du Québec sur mon sac, à côté des couleurs des Patriotes de 1837. Autrement, je trouve plus important d'aimer son coin de pays mais pas seulement ses symboles, ses gens aussi, peu importe d'où ils proviennent, d'où mon engagement à gauche, dans différentes actions collectives. C'est pourquoi je ne comprendrai jamais ceux qui ont cette prétention d'aimer leur pays, en faisant la promotion de l'idéologie de l'égoïsme, les « lucides » et les néo-libéraux de tout poil. Comme le disait Richard Desjardins dans la chanson « M'as met'un homme là-d'sus » :
-J'ai le sentiment d'rater ma vie,
même mon chien a fait faillite.
J'vas voir un gars qui a réussi,
Condo le jour, condom la nuit.
Y dit « Je frotte ma femme et j'flatte mon char,
J'aime mon pays, mon voisin je l'hais. »
J'ai retenu aussi les paroles de « Stars and stripes of corruption », des Dead Kennedys. Le compositeur des paroles, Jello Biafra, une des personnes m'ayant le plus influencé dans la vie, avait composé des paroles les plus dures envers le pseudo-patriotisme des Républicains du temps de Ronald Reagan, des gens faisant les grands amoureux de leur pays, mais les plus durs envers les plus humbles des leurs. Ces paroles n'ont pas perdu de leur vigueur :
-...you chicken out and threaten me saying,
"love it or leave it" i'll get beat up if I criticize it
you say you'll fight to the death to save your worthless flag
if you want a banana republic that bad
why don't you go move to one.
D'autres drapeaux...
Des drapeaux, j'en ai plusieurs chez moi sur mes murs. Évidemment, ce n'est rien pour plaire aux anarchistes qui me lisent ici... Outre celui du Québec, j'ai celui des Patriotes, même si certains hurluberlus du MNLQ lui ont donné un côté très négatif, en faisant oublier la présence des anglophones, dans le soulèvement contre l'Empire britannique dans les deux Canadas.

J'ai celui de la Palestine, j'ai appuyé le mouvement d'émancipation de ce peuple opprimé, malheureusement par des opprimés d'hier. Je me rappelle encore très bien la nouvelle au téléjournal de Radio-Canada, le soir où la planète a appris le massacre de Sabra et Chatila.

Il est dans mon salon, en face de celui de Montréal, cette ville qui m'a si bien accueillie, sur l'autre mur. J'en ai un de Terre-Neuve, que j'ai acheté dans un deux-pour-un lorsque je voulais me procurer un drap à l'effigie de l'album « Legacy of brutality » des Misfits. J'en ai un autre, noir avec une tête de mort, sur le mur où est adossé mon lit. Dans le couloir, j'ai ceux de deux pays disparus : celui de l'URSS, pour rappeler l'utopie derrière l'histoire sinistre de cet État, et celui de la république démocratique allemande (RDA), que je me suis procuré après avoir vu « Goodbye Lénine », un des plus beau film que j'ai vu dans ma vie. C'était pour rappeler cette RDA imaginaire de la mère du personnage principal, joué par Daniel Bruhl.

J'ai aussi un drapeau de Black Sabbath, représentant le crâne que l'on retrouve sur la pochette « Sabbath bloody sabbath ». Finalement, un de mes préférés est dans la cuisine, c'est celui de Cuba, avec le visage christique archi-connu de Che Guevara superposé dessus, avec le mot « Revolucion ».
Ça décore, ça fait de la couleur, ça démontre mon absence de sophistication dans la décoration...
Publié par oktobre7 à 03:14:23 dans Le subversif | Commentaires (0) | Permaliens
Une belle soirée turque!
Je crois avoir perçu à nouveau une excellente façon de passer ses soirées autrement que sous l'influence de l'alcool. Et mieux encore, quand on cherche à faire quelque chose de différent, on se retrouve à connaître quelque chose de vraiment différent. Pour illustrer le contexte, imaginez un gars de 36 ans, accompagné de deux belles filles de 19 et 20 ans...ouhouhou, j'entend déjà les commentaires! Naaaan, mes copines demeurent mes copines, Audrey m'a invité plus tôt cette semaine, ainsi qu'Émilie, sa grande amie fusionnelle, à aller fumer la shisha dans un café turc, la Gitane, sur la rue Saint-Denis. L'occasion a été belle pour connaître un autre endroit de la « montréalité ». On a bien rigolé ensemble, en attendant les autres amis qui se sont décommandés à la dernière minute, sauf Julien, le chum d'Audrey, venu nous rejoindre un peu plus tard. J'ai eu un beau compliment d'Audrey, vers la fin de la soirée. On tentait d'expliquer pourquoi on s'entend si bien, malgré les multiples différences entre nous: « dans le fond, tu as 20 ans dans ta tête ». Voilà, c'est la même chose que je ressent, même si l'image que me renvoie le miroir, quand je me rase le matin m'indique un certain viellissement. Les temps qui grisonnent très lentement, un menton de la trentaine, mais pour les reste, ça se maintien.
Et puis la shisha, ça vaut l'essai, même pour le non-fumeur de toujours que je suis. Le petit buzz que ressent l'accro à la nicotine, je l'ai ressenti amplement hier, avec le goût de la pomme et du citron, les saveurs que nous avons choisi. Rien de rude pour la gorge, la fumée que nous aspirons dans le narguilé passe par l'eau. Accompagné de la tisane au pomme à la turque, la sensation est parfaite. Avec l'ambiance de café moyen-oriental que l'établissement a tenté de recréer, la soirée est loin d'être banale, avec la musique arabo-turque jouée à plein tube. Ça s'est mis à danser dans les allées, c'est tout dire.. Ça m'a changé des Foufs et du punk que j'écoute tout le temps.
Être jeune à 36 ans.
L'évidence même. C'est loin d'être vieux, cet âge. Je commence peut-être à sentir des limites, notamment sur ma capacité de récupérer d'une grosse soirée de bière et de pizza, ou encore les rhumatismes lorsqu'il fait très humide, sur les jointures de mes doigts et mes genoux. Quand je constate jusqu'où on peut aller, avec la dame Winnifred Bertrand, qui nous a quitté hier à 115 ans, je n'ai pas à m'inquiéter sur le fait d'être vieux ou non. Et quand j'ai vu l'entrevue d'Henri Salvador à « Tout le monde en parle » l'an dernier, toujours là à chanter et à rire comme il le fait, je me dit qu'il faut que j'en profite. La platitude à répéter, c'est que la jeunesse, c'est entre les deux oreilles. Je ris quand je vois les Denis Drolet faire les pitres, j'ai été dans le trash à Conflict, je réagis toujours promptement devant l'injustice, la course à l'enrichissement me rebute, je m'habille presque tout le temps d'un style entre le punk et le metal...est-ce que ça veux dire quelque chose? Je vois que je ne change pas, de mes vingt à trente ans. Cependant, je ne pourrais accepter de me faire traiter d'immature. On confond trop souvent l'immaturité à la jeunesse. Je me vois comme mature, sans aucun doute. Les immatures, c'est une autre catégorie. Des gars qui sacrifient leur vie familiale, pour aller travailler davantage afin de pouvoir payer rapidement non pas un confort supplémentaire à leur femme et leurs enfants, mais pour se payer leur jouet d'adulte, le gros Jeep avec des pneus monstrueux ou la moto sport en plastique avec le moteur ultra-puissant. L'ex-conjoint d'une de mes cousines, c'était son genre. De l'immaturité, c'est aussi refuser d'aller voter, puis se plaindre que les politiques publiques ne nous conviennent pas, voire que la démocratie ne convient plus et ce qu'il nous faudrait, c'est un dictateur... Les aigris des lignes ouvertes, les fans des démagogues à la Jeff Filion, la base de toutes les dictatures, la catégorie que je trouve la plus immature dans notre société.
Ou encore les jeunes vieux. Ceux qui ne s'amusent plus depuis un moment dans leur vie, sauf pour vous faire la leçon, avec un air méprisant[1]. Je n'ai pas beaucoup de ce type de personne dans mon entourage. Les gars qui font plus vieux que moi, avant même d'avoir eu trente ans, avec le souci d'avoir toujours l'air sérieux, un look de Robert Bourassa, avec la mentalité de Claude Ryan[2]. Je les vois dans le métro, le cou coincé sous une cravate, dénués d'émotion. Ou encore les filles qui s'oblige à adopter un look très cliché de « matante ». Ça ne veut strictement rien dire, ces apparences de respectabilité. Martin Lacroix, l'escroc à la tête de Norbourg, il avait une bonne tête, tout le côté dignitaire et homme de confiance, ça ne l'a pas empêché de commettre ses crimes au détriment de la retraites d'honnêtes personnes. Et Martha Stewart, quelle bassesse elle a fait, pour sauver un petit 50 000 dollars, de l'argent de poche pour elle? Et Jeffrey Skilling, avec son comparse Kenneth Lay, à la tête d'Enron et du scandale, des milliers d'employés floués, avec du vent comme fond de retraite? Qu'on ne vienne plus me dire que l'habit fait le moine! Souvent, ces jeunes gens bien mis et trop sérieux dès leur vingtaine finissent par être rattrapés par ce qu'ils ont manqué des années plus tôt. Ils se refusent d'admettre que la pression est trop forte, les voilà qui s'échappent ailleurs, les dépenses inconsidérées, les tromperies, les paradis artificiels, toutes sorte de dérapes admise à un âge plus jeune[3], mais dont les effets sont plus dévastateurs lorsque ça arrive plus loin dans sa vie.
J'ai fait une dépression, qui a duré à peu près deux ans. Parfois, je ressent encore les prémisses mais j'essaie de combattre ces symptôme, en assumant ce que je suis. C'est pourquoi j'ai décidé que je ne changerais pas mon apparence, pour toute ces questions aussi vaines que celles exposée plus haut. Je demeure moi-même, au bout des ongles. Mes semblables qui pètent les plombs, je les comprend tellement bien désormais, je leur souhaite qu'ils réalisent que l'adoption de règles incompatibles avec leur vie, ou encore une fausse discipline qui les oblige à apparaître ce qu'ils ne sont pas, c'est la voie tracée vers l'abîme. Je peux vous dire, deux ans à prendre la dose maximale d'Effexor, un anti-dépresseur à effets secondaires remarquables, ça laisse des traces. Pas de libido, 25 livres de surplus de poids, des crises de colère à répétition, je ne souhaite pas ça à mon pire ennemi.
Je viens de me relire, hé bien! J'ai fait dans la grosse morale, wow! Je ne me connaissais pas comme ça!

[1] « Décroches, tu vois bien que ce n'est plus de ton âge... », on m'envoie parfois cette réplique. Un de mes amis les plus proches me sert aussi le laïus, mais lui c'est pour d'autres raisons obscures.
[2]Pourtant, ces deux-là pouvaient encore s'amuser un peu, comme on a fini par le savoir après leur retraite, sous leur apparente austérité se cachaient des gens plus sympathiques. C'est un de leur adversaire qui l'écrit.
Publié par oktobre7 à 22:41:48 dans Le subversif | Commentaires (1) | Permaliens
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