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Le Subversif

Les joies et colères de la vie de libraire

Oktobre, le joyeux libraire

Bonjour chères lectrices et chers lecteurs,



j'ai voulu créer une page pour me défouler, écrire ce qu'il se passe ici bas, dans le monde merveilleux des éternels étudiants endettés, avec un boulot peu rénuméré malgré les aptitudes et les diplômes acquis. Les amoureux de la lecture, plus particulièrement les maniaques de livres dont on ne parle pas beaucoup s'y retrouveront. Comme j'aime aussi les cultures métal et punk, c'est certain que je vais écrire quelques lignes là-dessus. 




Et puis moi... je suis désormais un ex-libraire, viré pour avoir exprimé son opinion sur son employeur, Renaud-Bray, malgré mes neuf ans d'ancienneté. Je suis dans la trentaine, ma formation est en histoire et en science politique. Pas d'enfant, pas riche, pas d'auto, pas de REER, pas de télé câblée, pas de colocataire et pas d'animaux. Mais beaucoup de livres et de disques.




J'espère que ce site va vous plaire. Bonne lecture!

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Des élections en juillet? | 27 mai 2007

Nooon! S'il vous plaît! Pas encore des élections! Pas encore des jours de reportages biaisés, des scandales de l'un et l'autre s'étalant dans des déclarations imbéciles, des têtes que je trouve insupportables à la télévision encore et encore... Pas si vite! Je viens à peine de me remettre de l'autre...quand on voit autant de tristes sires, avec ces titres de députés et ministres, on se souhaite autre chose que les voir essayer de se faire valoir à nouveau.

 

Ben oui, on le dirait bien, le gouvernement Charest a oublié de rendre des comptes à l'Opposition, avant de déposer son budget. On connaît un peu la nouvelle ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, une néo-libérale bon teint, admiratrice de Friedrich von Hayek et souhaitant un jour voir l'État se faire réduire à sa fonction de régulation, comme du temps de Maurice Duplessis. En attendant cette grande régression, la bonne ministre de son chef fait preuve de pragmatisme, du moins pas mal plus qu'à ses débuts en 2003, lorsqu'elle avait la seule charge du Conseil du Trésor. Son ton a changé, elle cherche à faire plaisir plus largement, elle fait ce que son chef lui demande...sauf qu'évidemment, ça ne plaît qu'aux plus riches. Personnellement, je ne trouve pas son budget pire que ceux de son prédécesseur, Michel Audet. Une gestion sans imagination, toujours peu à se réjouir, une direction à la petite semaine, peu au faîte des préoccupation de l'ensemble de la société, mais bien à quelques classes sociales bien ciblées. Pour les travailleurs pauvres, on ne trouve pas tellement de choses pour eux, comme pour moi-même, chez Renaud-Bray. Avec un salaire minimum à 8.00$ de l'heure désormais, tel qu'annoncé au 1er Mai, on ne pouvait s'attendre à beaucoup plus de largesse de la part de la ministre...

 

En redonnant en impôt à la consommation, on dirait un budget de courte vue. Alors que des besoins à long terme son criants, voilà que notre gouvernement décide de s'entêter à réaliser la promesse inconsidérée de réduire les impôts. Rappelez-vous la caricature de Garnotte, avant la fin des élections : le gouvernement fédéral réajustait les paiements de transferts au Québec, selon l'argument développé par Jean Charest du manque à gagner dans le maintien des programmes sociaux...et voilà notre premier ministre décider d'en faire autrement, de cet argent...

 

        

 

Comme si ce n'était pas suffisant, voilà que le gouvernement se coupe volontairement d'une source de revenue importante, la taxe sur le capital. Comme si les entreprises implantées ici devait être libérées de leurs responsabilités fiscales, sur les profits faramineux qu'ils engrangent, notamment les compagnies pétrolières. Pis encore, le gouvernement en est réduit à anticiper ses revenus, notamment sur le dos de ses sociétés d'État, Hydro-Québec en particulier. Cette façon de faire est à proprement parler une preuve d'incompétence flagrante. Peut-on vraiment prévoir les revenus que fera la société d'État? Quand ce gouvernement s'en tient à cette remise immédiate de 900 millions de dollars, pour anticiper des revenus incertains de 400 millions, peut-on vraiment parler d'une cohérence quelconque dans ce budget?

 

En fait, il y en a une : ce gouvernement, directement affilié à la classe des affaires, n'a fait aucun cas des embauches dans le secteur de la santé, ni de la création de places supplémentaires dans les garderies, ni de réinvestissement dans le transport en commun (quand on n'évoque pas sa privatisation, comme le chef de l'ADQ semble en avoir fait sa cause cette semaine), ni dans les normes environnementales, ni dans des programmes de développement durables...peut-être que ce gouvernement n'a fait qu'écouter ce qu'on lui dictait en haut lieu, quelque part dans une des propriétés de la famille Desmarais, un exemple de ce qu'est une famille de la classe moyenne, pour le Parti libéral du Québec...

 

Il fallait s'y attendre, les deux partis de l'opposition ont déchiré leur chemise en public. Rien de bien nouveau, le contraire nous aurait tous étonné, et pas qu'un peu...la nouveauté, c'est plutôt la prestation du nouveau critique de l'Opposition officielle, M. Gilles Taillon. L'ancien président du Conseil du Patronat du Québec ne semble pas s'être départi de son ancien rôle : on dirait qu'il parle toujours au nom des patrons. Avec son allure d'échevin d'une ville de petite envergure, on ne dirait pas que c'est la politique qui l'anime. Rarement j'ai vu un type faire semblant de prendre son rôle au sérieux, tout a sonné faux chez lui, lors de sa réplique. Du reste, pour un individu comme Taillon, formé à l'aune du grand mensonge libéral, seul compte les résultats comptables et tant pis si les gens les moins fortunés en souffrent, ils sont responsables de leur malheur, point. Avec des politiciens aussi peu subtil que celui-ci, on n'a pas fini d'être épaté du côté idéologue de ce parti qu'est l'Action démocratique du Québec. Pour ce qui est du Parti québécois, la surprise est surtout qu'il n'appuiera pas non plus le budget, dans son rôle de « balance du pouvoir ». Normal, le budget de la ministre Jérôme-Forget semble avoir été écrit pour irriter les députés péquistes, sur tous les aspects.

 

Maintenant, la grande question est la suivante : si aucun des deux partis ne votent en faveur du budget, le gouvernement Charest est renversé, que va-t-il arriver? Il n'est pas impossible que les Libéraux demandent à un ou à l'autre parti de faire une coalition avec eux plutôt que d'aller en élection, mais cette dernière éventualité est la plus probable, advenant le cas du renversement. À cette date, je suis porté à croire que le gouvernement a fait exprès...tant qu'à voir les tabous sociaux disparaître ces derniers mois, je ne serais pas surpris que Jean Charest et ses députés se sentent plus à l'aise de retourner en élection, même en plein juillet, afin d'obtenir cette fois-ci la majorité, maintenant que la « preuve » a été faite de l'impossibilité de gouverner plus longtemps en étant minoritaire. L'arrogance affiché par le Premier ministre et sa ministre des Finances n'a échappé à personne, cette semaine...On le verra bien, le 1er juin, lors du vote...

 

           

           Ouais, ils peuvent bien rire...

 

Retour à des premières amours...

 

J'ai reçu par la poste l'album Bloodsuckers des Varukers, que je me suis procuré sur Youtube. Je les avait découvert il y a très longtemps, mais ma cassette sur laquelle j'avais copié l'album a rendu l'âme... Du punk comme je l'aime, brut, direct, sans compromis. Je laisse ici en exemple un vidéo de leur répertoire... en maudissant  le fait de les avoir manqué l'an dernier, parce que le Café Chaos était plein, je ne pouvait entrer pour les voir en spectacle...grrr!

 

 

Publié par oktobre7 à 02:35:14 dans Le subversif | Commentaires (0) |

En attendant l'autobus... | 23 mai 2007

Je m'attendais bien à ce que la grève à la STM ne fasse pas plaisir à beaucoup de gens. J'en fait partie, en tant qu'usager quotidien des transports en commun. Je dois entrer au travail plus tôt, afin de pouvoir faire mes heures. J'imagine que d'autres en subissent des inconvénients plus importants. Et pourtant, je demeure calme. Les négociations entre la société et ses employés continuent, on plastronnent de part et d'autre, mais on continue de se parler. C'est toujours ça...Je ne crois pas que ce conflit dure très longtemps, le règlement va arriver plus rapidement qu'on le pense.

 

Alors que le processus de négociation est tout à fait réglo, on s'excite à l'ADQ. « Les citoyens sont pris en otage... », encore la ritournelle habituelle des excités de la loi et l'ordre, telle qu'on l'a entendu depuis lundi..., avec au premier rang le chef de l'Opposition officielle, à Québec. On en est rendu à essayer de démontrer que les transports en commun sont aussi essentiels que les services de police et de pompiers. N'importe quoi, pour se faire parler de lui. « Les familles sont prises en otage », le voilà qu'il se sert de la fibre familiale, pour faire avaler son désir à éliminer un droit fondamental. Un droit légitime et reconnu par la loi du travail. Le droit de grève est reconnu dans une majorité d'emploi, avec le principe de services essentiels. On peut être contre les revendications des employés de soutien de la STM, perçus généralement comme des « gras durs », mais de là à vouloir éliminer le droit de grève... quel sera le prochain corps de métier à se faire imposer ses conditions de travail, par loi spéciale? Que fait-on de la liberté des travailleurs à négocier? Au nom des uns et des autres, on ne peut brader ainsi les droits reconnus de longue date. Avant de hurler au meurtre, il faut faire davantage la preuve de ce qu'on avance.

Encore une fois, la démagogie s'est imposé...

        

Publié par oktobre7 à 14:15:14 dans Le subversif | Commentaires (0) |

Pour dénoncer le choc des civilisations. | 21 mai 2007

Vous l'avez peut-être remarqué, j'ai été quelque peu absent sur mon blogue. Aujourd'hui, je me suis promis de me remettre à mon rendez-vous quotidien, sur ce site. Ces derniers jours, j'ai été éloigné de ma maison, pour une fois, ce n'étais pas uniquement pour le travail. Il m'est arrivé aussi à plusieurs reprises d'être retenu sur MSN...Ah, ces conversations virtuelles, ces échanges qui durent trois-quatre heures, avec des échanges d'émôticones drôles et quelque fois douteux, (sauf celui de Normand L'Amour qui chante, que Frefon a adoré...). Ainsi, je me suis fait une nouvelle amie, que j'ai rencontré pour la première fois vendredi. D'où nos longs échanges msnesque, sur le black metal, la politique (elle a voté ADQ...), la vie de famille, etc. Hier, je suis allé souper chez mes amis Julie et Benoît, qui ont eu la gentillesse de m'inviter à partager leurs cotelettes grillées sur leur barbecue. Comme je suis rentré tard, que j'ai eu ma semaine de travail dans le corps, que j'ai échangé sur tout et sur rien avec plein de mondes en très peu de temps...ben voilà, le syndrome de la page blanche me tombe dessus. Je n'ai pas eu beaucoup de chose à commenter ou à raconter. Du moins, je ne sais comment trop l'apporter. Ah misère...

 

Peut-être aussi qu'il faudrait que je me couche plus tôt et que je dorme un peu...

 

Pour dénoncer le conflit entre les civilisations

 

Le site AVAAZ a fait une animation, pour dénoncer le néo-conservatisme et  plus précisément le concept de « Choc des civilisations ». Développé par Samuel Huntington, dans son ouvrage «The Clash of Civilisations », le concept est apparu la première fois en 1993, dans un article de la revue Foreign affairs. Il a consacré l'approche néo-conservatrice des relations internationales, à savoir que les États-Unis d'Amériques, en tant qu'entité politique démocratique et libérale, se devait d'exporter ses valeurs de hautes civilisation à l'étranger, dans le contexte de la redéfinition de la géopolitique, suivant la chute de l'URSS et la disparition d'une des deux superpuissances. Ces politiques d'influences, développées par les « faucons », les idéologues de la manière forte, auprès des instances les plus importantes du gouvernement américain, soient les ministères de la défense (Pentagone) et des affaires étrangères (secrétariat d'État), ont été à la base de la Guerre contre le terrorisme, déclarée dans la foulée du 11-septembre. On s'en doute bien, pour pacifier le monde, il faut entrer dans la gorge des civilisations « ennemies » les concepts de la liberté et de la démocratie. Comme nous le savons tous, les troupes américaines sont généralement bien accueillies sur le territoire irakien par les populations reconnaissantes, qui lancent des fleurs et des bonbons sur les Marines et les GI...

 

Pour le professeur Huntington, la chute du mur de Berlin annonce le passage d'un monde caractérisé par des clivages idéologiques, entre communisme et capitalisme, ou impérialisme et anti-impérialisme, à un monde marqué par des clivages culturels. Pour appuyer cette thèse, Huntington montre que la chute des idéologies s'est accompagnée d'une résurgence des sentiments identitaires, que ce soit dans le monde musulman, avec le réveil de l'islam radical, qu'en Asie ou dans les pays d'Europe orientale, qui ont fait leur révolution au nom de leur nation et de leur culture, comme en Pologne.

 

Le deuxième temps de la thèse d'Huntington consiste à affirmer que ce réveil identitaire ne s'affirme plus par le biais des nations, comme au XIXe et au XXe siècle, ni des ethnies, mais à l'échelle civilisationnelle, du fait de la mondialisation des échanges. Or pour Huntington, les civilisations ont toutes pour origine une grande religion, qui en a formé le socle moral et politique. (source : Wikipedia)

 

Dans le contexte où s'enlisent les troupes américaines en Irak, que le gouvernement israélien préconise à nouveau l'écrasement de la population palestinienne de la bande de Gaza, que l'Afghanistan risque à tout moment de s'enflammer à nouveau, que des troubles religieux semblent défier le pouvoir au Pakistan, pays doté de l'arme atomique, que le gouvernement iranien multiplient les pantalonnades... peut-on espérer éviter les sombres prédictions des analyses néo-conservatrices? Je pense que oui. Je vous invite à regarder et à diffuser cette animation.

                  

Publié par oktobre7 à 03:44:30 dans Le subversif | Commentaires (1) |

Jerry Falwell: un Tartuffe s'est éteint. | 16 mai 2007

Jerry Falwell. J'ai appris son décès aujourd'hui, à l'âge de 73 ans. Ce n'est pas dans mes habitudes d'écrire en mal d'un individu venant tout juste de rejoindre son créateur, même si c'était un type vraiment pas sympathique, de son vivant. Pourtant, je tenais à écrire quelques lignes sur ce supposé homme de Dieu.

 

Le télévangéliste Falwell a été le fondateur et la principale tête dirigeante du mouvement Moral Majority, un PAC (political action comitee) dans tout ce que ce terme renferme de sinistre. Le révérend Falwell, un baptiste fondamentaliste, citant la Bible pour à peu près tous les sujets, avait senti le besoin de promouvoir sa vision religieuse et de lui donner un langage politique, après les tumultueuses années 60 et 70. La Moral Majority, puis la Christian Coalition, autre mouvement politico-religieux cherchant volontairement à rétablir le lien entre l'Église et L'État, en dépit de la Constitution américaine, ont fortement transformé le Parti républicain, autant dans son programme politique que son électorat.

 

La Moral Majority, regroupant les activistes religieux catholiques, protestants et juifs les plus conservateurs,  a été derrière le programme de démolition sociale de Ronald Reagan, le candidat républicain à l'élection de 1980. Anti-avortement, anti-homosexuel, anti-progressiste, favorable à la course à l'armement contre l'URSS et partisan d'un État d'Israël fortement militarisé, le mouvement a contribué aux victoires du président Reagan et à la victoire de George H. W. Bush. Il a également contribué à promouvoir la réduction de l'intervention sociale de l'État, pour permettre un retour massif de la présence des organisations religieuses, dans une vision rétrograde de la philanthropie. Déçu de certaines concessions pragmatiques de Bush père, la coalition n'aurais pas été au rendez-vous en 1992, permettant au démocrate William Clinton de se faire élire. En 2000 et 2004, la Christian Coalition, l'autre mouvement de Falwell, a fortement contribué aux deux élection de George W. Bush et sans doute, au programme ultra-conservateur du Parti républicain.

 

Ce mouvement de Tartuffes est devenu à la longue si incontournable, un lobby si puissant, qu'il est inimaginable de voir un éventuel candidat républicain se passer de lui. En fait, c'est devenu la partie la plus active du Parti lui-même. Le mouvement de Falwell a si bien réussi à devenir indispensable aux Républicains, autant pour les levée de fonds que pour la mobilisation de militants bénévoles, motivés dans une ferveur religieuse normalement étrangère à la politique, au point qu'on ne pouvait voir la séparation de ce PAC avec le parti lui-même.

 

Falwell est ainsi devenu un personnage puissant, imbu de lui-même et de son influence. Dans les années où on a vu son ascension, il a passé le plus clair de son temps à pourfendre tout ceux qui lui apparaissaient comme détestables. Outre les féministes, les gays et lesbiennes, les personnalités de gauche, il s'en est même pris aux défenseurs des droits civiques, en se liguant pratiquement avec l'extrême-droite et des milieux fascisants. Il s'est tellement senti intouchable qu'il s'est même permis une attaque particulièrement imbécile, aux lendemains du 11-Septembre. Je vais vous la citer, il s'adressait au public en studio, à l'émission The 700 Club, le 13 septembre 2001:

 
"I really believe that the pagans, and the abortionists, and the feminists, and the gays and the lesbians ... the A.C.L.U., People for the American Way, all of them who have tried to secularize America, I point the finger in their face and say, 'You helped this happen.'"
 
Il s'est rétracté quelques jours plus tard, devant le tollé qu'il avait provoqué. Mais de toute manière, il s'agissait d'une de ses provocations habituelles, répétées inlassablement devant des auditoires qui en redemandait, dont les inconditionnels de ses émissions. Pour le plus grand malheur des Américains modernes et progressistes, il était assis sur un empire médiatique, héritant le public des autres télévangélistes tombés en disgrâce, avec la succession des scandales sexuels et financiers touchant ce milieu dans les années 90. On évalue sa fortune à plus de 200 millions de dollars.
 
À mon humble avis, Falwell a contribué à rendre le christianisme aussi peu attirant pour la jeunesse, en détournant le message du Christ pour revenir à une version où est privilégié l'exclusion des pécheurs et l'Enfer aux uns et aux autres. Du pharisianisme, dans toute son intolérance. Aujourd'hui, on a l'impression que se dire chrétien, c'est s'identifier à des bigots comme Falwell, Pat Robertson et les autres. Pourtant, je persiste à croire que c'est ce genre d'individus qui est l'exception, la frange de droite excitée du chapeau, ce n'est pas la norme dans la chrétienté. Idéalement, pour les chrétiens majoritairement en dehors de cette version étriquée et fondamentaliste de la religion, il est temps d'affirmer que ces tartuffes ne valent pas l'attention qu'ils ont obtenu, par la pression politique.
 
Je laisse les paroles d'une chanson qu'a écrit Jello Biafra, du temps qu'il chantait dans les Dead Kennedys, sur la Moral Majority, dont il a donné le titre. Elle est très évocatrice...j'ai laissé aussi la chanson, à la fin, par la magie de Youtube...
 
MORAL MAJORITY
you call yourself the Moral Majority
we call ourselves the people in the real world
trying to rub us out, but we're going to survive
god must be dead if you're alive
 
you say, 'god loves you. come and buy the good news'
then you buy the president and swimming pools
if jesus don't save 'til we're lining your pockets
god must be dead if you're alive
 
circus-tent con-men and southern belle bunnies
milk your emotions then they steal your money
it's the new dark ages with the fascists toting bibles
cheap nostalgia for the salem witch trials
 
stodgy ayatollahs in their dobble-knit ties
burn lots of books so they can feed you their lies
masturbating with a flag and a bible god
must be dead if you're alive
 
blow it out your ass, Jerry Falwell
blow it out your ass, Jesse Helms
blow it out your ass, Ronald Reagan
what's wrong with a mind of my own?
 
you don't want abortions, you want battered children
you want to ban the pill as if that solves the problem
now you wanna force us to pray in school
god must be dead if you're such a fool
 
you're planning for a war with or without Iran
building a police state with the Ku klux klan
pissed at your neighbour? don't bother to nag
pick up the phone and turn in a fag
 
blow it out your ass, Terry Dolan
blow it out your ass, Phyllis Schlafly
ram it up your cunt, Anita
cos god must be dead if you're alive

god must be dead if you're alive

 

 

Publié par oktobre7 à 06:06:57 dans Le subversif | Commentaires (0) |

La souveraineté et connaître Einsturzende Neubauten... | 13 mai 2007

J'ai négligé un peu mon blogue, cette semaine. Pourtant, ce n'est pas les sujets et les thèmes d'actualité qui ont manqué. Je pense notamment à la démission d'André Boisclair, inévitable, après sa gaffe de la semaine dernière. Le retrait de la vie politique d'Anthony Blair, le premier ministre de Grande-Bretagne. La tentative d'OPA sur Alcan, par l' entreprise étrangère Alcoa. Aujourd'hui même, c'est la Fête des Mères, je pourrais écrire des trucs sur ma mère et l'importance qu'elle a encore aujourd'hui, dans ma vie (je pense à toi, Môman, même si je suis à deux cents et quelques kilomètres de toi!). Enfin, rien ne vaut une bonne conversation téléphonique...

 

J'ai quand même une bonne raison d'avoir délaissé mon activité d'écriture habituelle. Vous connaissez mes textes un peu long, souvent à forte connotation politique, j'aurais passé la semaine à écrire rien que du mal sur le « blairisme »... C'est drôle, je n'ai pas cessé pour autant d'utiliser mon clavier d'ordinateur. J'ai passé beaucoup de temps à discuter sur MSN que cette semaine, et pour cause. Celle avec qui je discute, ben...disons que j'ai très hâte de la rencontrer. Jusqu'à maintenant, je crois être en présence d'une fille pas mal dans mon genre...on va avoir beaucoup à se raconter de vive voix, je le pressent...

 

Une bonne décision, et sa suite...

 

La démission d'André Boisclair a été largement commenté sur les autres blogues de ce site. Je n'y couperais pas. Quand il a annoncé sa démission, il a réalisé une prédiction que j'avais faite dimanche dernier. « Il ne passera pas la semaine », que je me suis dit. Hé bien! Pour une fois que j'ai eu du pif, aussi bien m'en vanter ici. Maintenant, je ne suis pas fâché non plus de la tournure des événements, concernant ce parti politique qu'est le PQ. Même si je ne suis plus membre ni électeur de ce parti depuis plus de dix ans. Je m'explique.

 

D'une part, la façon que Boisclair menait le PQ ressemblait étrangement à celle de Pierre-Marc Johnson, surtout dans la mise à l'écart de la raison d'être de ce parti, l'indépendance du Québec. Cette tentation, purement électoraliste, aurait fait un tort considérable à la cause. Comme Johnson avant lui, voire même René Lévesque, avec ce que l'Histoire a retenu comme étant le « Beau risque », lorsque le chef du Parti québécois a appuyé tacitement l'élection des progressistes-conservateurs de Bryan Mulroney en 1984, Boisclair a essuyé les critiques les plus dures, de la part de ceux appelés les « purs et durs ». En fait, on ne devrait pas les blâmer, ceux-là, pour avoir bouffé encore une fois un chef du parti. Quand on pense que c'est ce même groupe qui a mené à la fin de la carrière politique d'un Lucien Bouchard, ce n'est pas moi qui va les condamner.

 

D'autre part, le retour de Pauline Marois à la politique active, éventuellement à la tête du PQ, maintenant que Gilles Duceppe s'est désisté et restera chef du Bloc québécois, va permettre de réanimer ce parti et peut être reprendre le terrain du nationalisme québécois, perdu en grande partie aux mains de ce parti fourre-tout qu'est l'Action démocratique du Québec. Penser un instant à la possibilité de réformer le fédéralisme, par l'autonomisme ou l'affirmation nationale, c'est perdre royalement son temps. Le retour de Pauline Marois va possiblement rendre confiance aux électeurs nationalistes à la souveraineté, chose dont André Boisclair a été tout à fait incapable, dès le moment où il est devenu chef de ce parti, à l'automne 2005. C'est une politicienne redoutable, une sociale-démocrate convaincue, que je respecte davantage que son ex-collègue. Elle pourra redonner du lustre à l'idée de la souveraineté, même si je ne voterai pas pour elle ni pour son parti, lors des prochaines élections.

 

Je suis indépendantiste, membre de Québec solidaire. Je ne crois pas à la vision de la souveraineté du Québec proposée par le Parti québécois, qui est une fin, alors que celle de Québec solidaire est un moyen. Un moyen d'émancipation nationale, certes, mais surtout celui de développer des politiques autrement libératrice que celle du néo-libéralisme, dont on retrouve les traces sur tous les programmes des partis représentés à l'Assemblée nationale. Un projet politique, avec un horizon autrement plus intéressant que la simple gestion du quotidien ou de la mise sous tutelle de la société par l'entreprise privée, au nom de la « création de richesse ». La souveraineté de mon pays, je la veux. Mais pas pour recréer ce que je déteste avec le Canada : l'injustice sociale érigée en système, la suprématie de la grande bourgeoisie d'affaire, le laisser-faire économique, la dégradation de l'environnement au nom de la prospérité, la concentration des pouvoirs politiques autour de la personne du Premier ministre et son cabinet, etc. C'est pourquoi je milite pour l'indépendance, mais selon la vision qui animait ceux à la base de cette lutte. L'indépendance, ce n'est pas uniquement une histoire de drapeau. Encore moins des revendications geignardes, comme le prétend le fils à papa, qui se prend pour quelqu'un d'intéressant, parce qu'il s'appelle Trudeau...

 

Pour la majorité des électeurs, la souveraineté est la cause menée par le PQ, la chute de celui-ci amènerait pratiquement à la mise au rancart à long terme de cette cause. Alors, aussi bien que ce parti politique demeure bien en vie et qu'il revienne à l'avant-scène, pour le bien de la cause. En attendant qu'enfin, les électeurs comprennent que la souveraineté n'est pas la chasse-gardée de ce parti, ni un concept unique. Et puis, sincèrement, l'ADQ n'est qu'une coalition hétéroclite d'intérêts séparés, de nationalisme fortement teinté d'exclusivisme, de néo-libéralisme, de la vision étroite du petit-bourgeois sans envergure, d'individualisme égoïste et forcené, bref de la pensée de rase-mottes, dite du « gros bon sens » mais surtout remplie de préjugés détestables. Voir ce parti en position de prendre le pouvoir me rend peu optimiste sur l'avenir de mon propre pays, de même que le mien...moi qui semble représenter tout ce que déteste les membres de ce parti...

 

Einstürzende Neubauten                             

Selon le moteur de traduction Babel Fish, cela veut dire « reconstructions en baisse », en allemand. Mais surtout, c'est le nom d'un groupe de musique industrielle, pour ne pas dire LE groupe à la base de ce genre de musique. J'ai trouvé quelques vidéo clips des chansons de ce groupe, dont j'ai eu la chance de voir la prestation au Spectrum, en décembre 1998. Pour vous faire connaître ce groupe, j'ai joint quelques fichiers Youtube...

Vous remarquerez l'utilisation d'instruments inventés par le groupe, permettant des effets sonores ahurissants, mélangés avec ceux d'un groupe rock. Avec la voix caverneuse de leur chanteur, Blixa Bergeld, et la particuliarité de la langue allemande avec cette musique, Le groupe a installé durablement sa marque dans ce genre musical, peu connu au Québec, en dehors des milieux underground. En spectacle, vous le verrez bien dans les extraits, le moindre détail est exploité...

Pour en savoir plus long sur le groupe:

http://www.neubauten.org/

 

      

 

 

 

Publié par oktobre7 à 18:08:19 dans Le subversif | Commentaires (0) |

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