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Le Subversif

Les joies et colères de la vie de libraire

Oktobre, le joyeux libraire

Bonjour chères lectrices et chers lecteurs,



j'ai voulu créer une page pour me défouler, écrire ce qu'il se passe ici bas, dans le monde merveilleux des éternels étudiants endettés, avec un boulot peu rénuméré malgré les aptitudes et les diplômes acquis. Les amoureux de la lecture, plus particulièrement les maniaques de livres dont on ne parle pas beaucoup s'y retrouveront. Comme j'aime aussi les cultures métal et punk, c'est certain que je vais écrire quelques lignes là-dessus. 




Et puis moi... je suis désormais un ex-libraire, viré pour avoir exprimé son opinion sur son employeur, Renaud-Bray, malgré mes neuf ans d'ancienneté. Je suis dans la trentaine, ma formation est en histoire et en science politique. Pas d'enfant, pas riche, pas d'auto, pas de REER, pas de télé câblée, pas de colocataire et pas d'animaux. Mais beaucoup de livres et de disques.




J'espère que ce site va vous plaire. Bonne lecture!

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Le dimanche à Hochelaga-Maisonneuve. | 10 septembre 2007

Je suis allé à l'épluchette de blé d'Inde, organisée par le comité de coordination de Québec Solidaire de mon quartier. J'y ai retrouvé quelques-uns de mes camarades, Alexandre, Minerva, Gabriel et sa copine...ainsi que bien des gens que je connais de vue seulement. Il n'y avait pas foule, mais le nombre suffisait pour donner à ce dimanche gris un air festif, au son des chansons d'Alexandre et de la chorale venue chanter pour le public. Il fallait le faire et il ont réussi, les camarades : m'amener à manger du blé d'Inde, moi qui n'aime pas tellement ça, et me faire écouter des chants de chorale. Celle-ci m'a même impressionné, avec ses interprétation de pièce de notre folklore, ainsi que la reprise de chants orthodoxes russes, de « negro spirituals » et de chants des villages africains.

Ça m'a permis de me réconforter, surtout lorsque je suis revenu chez moi en fin d'après-midi, après avoir fait quelques courses. En passant dans la ruelle derrière chez moi, j'ai senti une odeur qui m'était familière. En tournant le coin, j'ai vite compris de quoi il s'agissait, mais lorsque j'ai vu d'où ça venait, j'ai été surpris. L'odeur, c'était cannabis qui brûle, du pot, la variété forte qui pue et qui rend les gens apathiques. Deux ti-gars de onze ou douze ans se passaient le joint, devant deux autres plus jeunes, dont ma venue soudaine venait de les éloigner. Des enfants du primaire. Ça frappe fort, comme vision. Quand j'ai passé devant eux, j'ai regardé les fumeurs dans les yeux, pour leur faire comprendre que je savais très bien ce qu'ils faisaient. Je n'ai pas eu de réponse, je pense qu'ils n'en étaient pas au premier joint.

Plus tard en soirée, je suis retourné à l'épicerie, j'avais oublié de m'acheter un lunch pour demain. En revenant, j'ai dépassé une jeune fille sur le trottoir, qui allait dans la même direction, j'ai l'habitude de marcher vite. Quelques seconde après l'avoir dépassé, je l'entend maugréer envers quelqu'un. Comme j'étais en train d'écouter du Black Sabbath dans mon discman, je met sur pause et je me retourne vers elle, en lui demandant « Pardon? ». Elle me rassure, en me disant qu'elle s'adressait à l'esti de moron qui a ralenti pour la dévisager. Elle me dit ensuite qu'il n'y a plus moyen pour elle de marcher sur le trottoir, sans qu'une voiture ralentisse près d'elle et qu'elle se fasse dévisager par le chauffeur. « La prochaine fois, me dit-elle, je vais faire quelque chose... »
-Un bon coup de pied dans la porte, bien placé, je lui dis.

Je lui souhaite une bonne soirée, je reprend ma marche et là, comme pour nous narguer, une autre voiture ralenti... je me retourne vers elle et on se regarde, découragés. La prostitution est tellement présente, dans notre coin, qu'il est impossible pour une jeune femme de passer inaperçue, aux yeux des maudits clients qui passent dans leur voiture, sur la rue Sainte-Catherine...

Avis de recherche

Aujourd'hui, on s'est échangé quelques nouvelles, moi et Miss50Cents. Elle m'a confirmé qu'elle a bien relancé un autre blogue, mais comme elle en est un peu insatisfaite, il n'y a pas de textes comme elle le fait habituellement et elle ne m'a pas donné les liens. Par contre, je viens tout juste de retrouver
SaintePaix, que je lisais régulièrement sur notre ancien site. Je vous invite à la lire, je m'ennuie jamais en lisant ses textes.
Et les autres, comme SaintePaix, j'espère les retrouver quelque part un jour, à moins que notre site revienne à la vie...




J'ai eu cette chanson en tête toute la journée, à vous de l'avoir à votre tour (originalement, c'est une chanson d'Heaven 17, mais je pense que ça ne sonnait pas comme ça autrefois...). Ah oui, le saviez-vous? Cradle Of Filth reviens le 20 septembre, au Métropolis...

Publié par oktobre7 à 03:41:56 dans Le subversif | Commentaires (0) |

Quoi faire en fin de semaine? | 07 septembre 2007

J'écris très rapidement ce matin, alors qu'il fait déjà 21 degrés Celsius dehors, avant même que le soleil se lève. Je viens de passer deux soirée sur les terrasses des bars, aux Foufs, au Petit Moulinsart et au Saint-Ciboire, avant qu'on en perde l'habitude d'ici un mois, peut-être moins. Ray était en ville, on a donc profité de sa présence. Une chose est certaine, ce soir, je reste devant ma télé. Je rentre au boulot samedi matin, afin d'en apprendre plus sur notre système informatique.

Pour les Montréalais, il y a deux événements cette fin de semaine, dont je risque fort bien d'en faire partie. Voici donc la publicité :




Événement culturel et épluchette de blé d'Inde dans Hochelaga-Maisonneuve
Début : 2007-09-09 12:00
Fin : 2007-09-09 16:00

Québec solidaire Hochelaga-Maisonneuve vous invite à un événement culturel (avec artistes invités) ainsi qu'à une épluchette de blé d'Inde familiale, dimanche le 9 septembre à compter de midi, dans la cour de l'organisation communautaire «Les Enfants de l'espoir», 4650 Ontario E. (coin Aird, à l'est du Marché Maisonneuve). En cas de pluie, l'événement aura lieu à l'intérieur.
Ce joyeux rassemblement, qui s'adresse autant aux résidantEs du quartier qu'à nos sympathisantEs des autres circonscriptions, se veut une occasion de faire connaître à la population les engagements de Québec solidaire concernant les artistes et l'éducation. Au plaisir de vous voir en grand nombre!

 

Publié par oktobre7 à 12:06:53 dans Le subversif | Commentaires (0) |

Stranger in a Strange Land. | 05 septembre 2007

Je n'ai pas lu le roman de Robert A. Heinlein, En terre étrangère, un classique de la science-fiction. C'est en fait le titre d'une chanson un peu oubliée d'Iron Maiden, parue sur Somewhere in Time (1987). Quand je me retrouve dans une situation où je me demande « Quessé que j'fait icitte? », c'est cette chanson qui me revient en tête.

En fait, loin de trouver négatives, mes aventures dans des endroits un peu incongrus, où je me sens tout seul dans mon genre, je profite du moment pour me faire un observateur extérieur. C'est le moyens que je trouve pour avoir du fun avec les copains, en faisant remarquer les trucs qui autrement auraient passé complètement inaperçus.

Des exemples? Vous avez peut-être lu mon papier, sur mon passage à cette présentation de Primerica, en juin. Si un jour j'ose participer à un dîner-causerie de l'Institut de la Vérité Économique Immuable et Totalitaire de Montréal (IEDM), vous imaginez bien l'histoire... Cette fin de semaine, ça m'est arrivé trois fois, en moins de douze heures.

J'ai reçu samedi la visite de Fred, le frère de Sébastien-la-grande-brute, venu avec JF faire un tous à Montréal. Ils m'avaient demandé de squatter mon salon. La veille, ils avaient assisté à la partie de l'Impact, pendant que j'étais à la pendaison de crémaillère chez Caroline, avec d'autres Renaudbréens de la succursale X, où j'en profitais pour arroser l'obtention de mon nouvel emploi. Ils m'ont retrouvé chez moi, dans mon petit paradis d'Hochelaga-Maisonneuve. Eux aussi, en arrivant, on remarqué mon charmant voisinage d'en face, dont ils venaient de prendre le stationnement de la « clientèle »... Après avoir déplacé leur voiture, on s'est installé sur la terrasse arrière, afin de se raconter nos dernières aventures. Puis nous avons planifié la soirée, soit sortir au La Tulipe, pour la soirée Pop 80. Je les ai donc accompagné, habillé un peu plus pour la circonstance. Je me suis dit que mon t-shirt marteau-faucille ne passerait pas inaperçu, j'ai donc porté quelque chose de plus neutre à la place, un maillot de football. Mais j'avais quand même une grande patch « Doom » dans le dos de ma veste, c'est bien certain, je n'allait pas sortir sans mes couleurs...

Avant d'aller à l'ancien Théâtre des Variétés, nous avons retrouvé Annick chez elle, la copine de JF. Puis nous sommes allé entendre des succès des années 80, mes années d'adolescence, afin de me rappeler cette période que j'ai vécu très directement. C,est quand même cocasse, je connais le moindre succès de ces années-là, mais ne demandez pas à quoi ressemble la musique de Justin Timberlake ou des Pussycats Dolls...

À vue de nez, peut-être que je n'étais pas le seul à ignorer le beat pop des années 2000. Lorsque nous sommes entré, je me souvenais que la seule fois où je suis venu pour le Pop 80, il y avait du monde mais pas tout à fait le même genre. D'abord, en entrant, la première chose remarquable est la disproportion des sexes, qui ressemble à celle qu'on retrouve sur le site de Réseau Contact : trois gars pour une fille. De plus, on retrouve plutôt la catégorie « jocks de banlieue venus veiller à Montréal ». De moins en moins pour nous inciter à rester, malgré que nous avons eu à payer l'entrée. Fred parle de « party de saucisses », mais je pense avoir eu le mot final, pour qu'on sorte au plus vite de d'là : « J'ai l'impression d'être au Rock'N'Roll Palace... ». La phrase qui tue. Fred et JF sont originaires de Lévis comme moi, ils ont su très vite de quoi je parlais. Surnommé « Le bar de la dernière chance », cet endroit situé sur le bord de l'autoroute 20, juste avant d'entrer dans la zone Pintendre, pourrait avoir sa soirée Pop 80, mais pas seulement la musique, car les habitués ont l'air tout droit sortis de ces années où je les ai connu de vue, à la polyvalente. Les filles avec des coupe soleil et les grands t-shirts en couleurs pastelle, les gars en loafers avec des bas blancs, les moustaches et les jeans délavés bleu pâle, tout y est. Quand on évoque la dernière chance, je vous laisse imaginer pourquoi, sans intention méchante envers les habitués de l'endroit...

Nous sommes donc entrés à notre alternative immédiate, l'Edgar
Hypertaverne, ou quelque chose du genre... l'impression que j'ai eu, en arrivant, c'est d'avoir tombé de Charybde en Scylla. Autant on était dans le temple du quétaine à La Tulipe, là c'était la branchouille qui nous attendait, surtout les branchés avec des problèmes d'alcool. La musique? La même! Aux deux endroits, on a entendu « I'm too sexy » de Right Said Fred, le mannequin britannique au One Hit Wonder. Peu après notre entrée, notre Fred s'est fait accostée par une grande fille saoule, qui m'a rappelé comment on a beau être bien mis, ça ne donne rien si on ne sait pas boire. L'ambiance était assez infernale, du grand cruising bar, ou le « Meat Market », si vous préférez l'expression. Ça n'a pas empêché Fred d'aller à la chasse (la grande fille saoule était franchement pas présentable...), tandis que JF et Annick profitaient de leur présence mutuelle. Moi, je faisait semblant d'être le chaperon, en me promettant de revenir faire mon tour, maintenant que je suis prévenu de la nature de l'endroit... Ben quoi, une fois habillé comme ce populo en place, il n'est pas dit que je pourrais attirer les regard, autrement que sur mon linge!

Le lendemain (dimanche), lorsque nous avons émergé de notre sommeil et que Fred revenait de chez sa conquête (en feu, le Fred!), on avait prévu aller au Piknik Électronik, au Parc Jean-Drapeau. Audrey, ma jeune copine photographe, m'a d'ailleurs appelé pour me demander si j'y allait. Nous avons donc convergé là-bas, afin de profiter d'un bel après-midi d'été de septembre, en sachant qu'il n'en restait pas tellement devant nous.

Fred et sa conquête partis des promener de leur bord, le grand JF et Annick également, je me suis retrouvé avec Audrey à notre endroit habituel, en l'absence de Luc et Lola. Monsieur Bobette, le ramasseux de canettes qui se promène en bobette, à défaut de pouvoir s'acheter un Speedo, était à son rendez-vous, inspirant les jeunes filles en bikini de se faire bronzer ailleurs que sous son regard. Lorsque Audrey est partie rejoindre son chum au TamTam, je me suis retrouvé seul sur le gazon, avec mon livre, ma bière et une flopée d'inconnus autour de moi, dont je ne savais rien d'eux. Sur le coup, je me suis dit que je devais peut-être essayer de retrouver mes amis, qui semblaient être partant pour aller voir le show perpétuel des trippeux de techno, rassemblés pour danser au soleil, au pied de l'espèce de monument en métal dont j'ai oublié le nom.

C'est drôle, bien que je sois allé assez souvent au Piknik cet été, je ne m'habituerai jamais à ce genre de personnes, que je surnomme « The Beautiful People », comme la chanson de Marilyn Manson. Cette dernière me revient instantanément en tête, quand je vois ce spectacle offert à mes yeux.

Je l'ai déjà évoqué, le Piknik et surtout son volet techno attire les fanas de cette musique, dont de nombreux gays. Ce dimanche-là, je pense que ça s'est donné le mot au Village. Ça doit ressembler à ça dans une discothèque du genre, beaucoup de gars en bédaine, les pectoraux au soleil, dansant dans une transe réelle ou fictive, entourés de superbes filles qui doivent maudire la création d'avoir fait de ces gars des êtres inaccessibles pour elles... Il y avait aussi plusieurs représentants de cette catégorie de gros virils, qui ne dépareraient pas dans une ligue de lutte, venus se rincer l'œil en bombant le torse sur les garçons. Meat Market total, version Village, à moins que ça soit la norme dans les bars, je ne sais pas. J'en suis venu à croire que la majorité de la population porte au moins un tatouage, c'est tout dire... En cherchant mes amis à travers ce monde, je pense avoir déparé le paysage, tant je n'avais pas d'affaire là et parce que je ne me met jamais en bédaine, car je trouve ça un peu colon. Dommage que la musique était trop forte, c'est dans ces moments où j'aime bien avoir une trame de fond, pour illustrer le tout. Dont « The Beautiful People » de Manson...

Vous pouvez imaginer mon sentiment, en écoutant cette superbe chanson :



The Beautiful People
I dont want you and I dont need you
Dont bother to resist, Ill beat you
Its not your fault that youre always wrong
The weak ones are there to justify the strong
The beautiful people, the beautiful people
Its all relative to the size of your steeple
You cant see the forest for the trees
You cant smell
Your own shit on your knees

Theres no time to discriminate,
Hate every motherfucker
Thats in your way

Hey you, what do you see?
Something beautiful, something free?
Hey you, are you trying to be mean?
If you live with apes, man, its hard to be clean

The worms will live in every host
Its hard to pick which one they eat most
The horrible people, the horrible people
Its as anatomic as the size of your steeple
Capitalism has made it this way,
Old-fashioned fascismWill take it away

(chorus)

Par bonheur, avant de me décourager de ce « Beautiful People », je suis tombé sur Geneviève, la copine de Sébastien (mon ancien coloc, un gars de Lévis et un rare votant de droite, comme Math le Magnifique, avec lesquels je m'entend très bien) et heureuse mère de sa fille Ève, qui semblait avoir un fun noir à jouer sous les jets d'eau. On s'est promis de se revoir tous ensemble éventuellement à un des shows qui s'en viennent (Cradle of Filth, Down, Queen of the Stone Age) au Métropolis.

Tiens, pendant que j'y pense, je souhaite un heureux anniversaire à Judyth, qui comme moi ne vieillit pas du tout dans sa tête...et qui doit me lire à l'instant.

Hi hi hi!

 

Publié par oktobre7 à 04:19:07 dans Le subversif | Commentaires (0) |

Au moment de terminer la journée... | 25 août 2007

...j'apprend que ce fut une sacré galère, dans le métro, lorsque quelqu'un a remarqué une étrange fissure dans une dalle de béton, à la station McGill. Tout le réseau s'est retrouvé paralysé. Je devais donc calculer, de mon lieu de travail, comment j'allais faire pour revenir chez moi à une heure raisonnable. Heureusement, le service a repris avant que je termine mon quart.

 

L'autre nouvelle de la journée fut l'annonce du décès soudain de la mairesse de Québec, Andrée Boucher. Lorsque je suis revenu ici, j'ai ouvert la télé, pour voir les éloges que des personnalités lui ont fait, comme si on avait perdu quelqu'un d'exceptionnel. Je vais être bête et plate, mais je ne partage pas du tout l'appréciation et les hommages que plusieurs lui ont adressé dans les médias. Mais alors là, pas du tout.

 

Andrée Boucher, loin d'être une personne extraordinaire, était une politicienne très moyenne, avec un ego surdimensionné et un style de gestion très autocratique. Son franc parler, que nombreux appréciaient dans la région de Québec, n'était que de la démagogie à peine plus sophistiquée que celle dont les nombreux fans de la radio-poubelle de cette région raffolaient, avec André Arthur et Jeff Fillion. Elle dissimulait, sous une prétention de saine gestion, une vision étriquée du concept de pouvoir. Je l'ai soupçonné d'avoir sensiblement la même vision que son ex-homologuue de Lévis, Jean Garon, que la démocratie municipale devait laisser la place à un pouvoir semblable à celui d'un conseil d'administration. Comme si un pouvoir public devait être ramené à un style de gestion d'une entreprise privée! C'est pourquoi j'ai toujours eu l'impression que cette politicienne ne dirigeait qu'en fonction d'une partie de la population, au détriment des autres qu'elle dédaignait sans se cacher.

 

Durant son règne, dans l'ancienne municipalité de Sainte-Foy, elle parlait de maintenir « l'homogénéité socio-économique » de sa ville, pour justifier son opposition à la construction d'HLM. Comme s'il n'y avait pas de pauvres à Sainte-Foy. Sa ville, avant d'être fusionnée à la grande municipalité de Québec, a connu un exode de ses habitants, faisant en sorte que la moyenne d'âge a considérablement augmenté, malgré la présence de l'Université Laval et des institutions collégiales sur son territoire. À force de diriger en fonction d'un groupe de citoyens privilégiés qui se reconnaissaient en elle, l'ancienne mairesse de Sainte-Foy a incité un bon nombre de jeunes familles à s'installer ailleurs, particulièrement dans les secteur de Saint-Jean-Chrysostome, dans Lévis, et à Val-Bélair, une municipalité que Boucher méprisait ouvertement. Les services, qu'elle orientait essentiellement vers une clientèle politique âgée et conservatrice, ont amené nombre de ses citoyens à se demander si on voulait bien d'eux, à Sainte-Foy. Pas étonnant que l'ancienne mairesse de Sainte-Foy se montrait très amère, devant l'ouverture de nouvelles écoles sur la Rive-Sud de Québec, pendant qu'on fermait celle de sa ville, faute d'enfants en nombre suffisant pour les maintenir ouvertes.

 

Je me souviens comment Andrée Boucher méprisait les sports. Je pense notamment à son opposition aux projets liés au monde du sport et de l'activité physique, comme les Jeux olympiques d'hiver (Québec 2002) et la construction d'un nouveau Colisée, l'interdiction qu'elle avait personnellement appliqué aux vélos de circuler dans un parc qu'empruntait une voie cyclable, la détérioration des équipements sportifs, quand ce n'est pas leur éradication pure et simple, de même que les frais élevés qu'elle avait brusquement ajouté aux athlètes empruntant l'anneaux de glace Gaétan-Boucher, on ne sait trop pour quelle lubie. L'ancienne institutrice, qui avait conservé son côté « donneuse-de-leçon » tout au long de sa carrière politique, avait déclaré que les citoyens de Sainte-Foy n'avait pas à payer pour les autres...alors que la construction de la plupart de ces équipement, dont l'anneau de glace, avait bénéficié de subventions des deux paliers de gouvernement.

 

Quand j'ai appris qu'elle avait été élue mairesse de Québec à sa seconde tentative, à un âge où on devrait avoir la sagesse de se retirer, ça n'a qu'ajouté aux nombreux griefs que je nourris à l'égard de mon ancienne région. Il ne fallait pas voir très haut, pour élire une personnalité si peu intéressante, à la mairie d'une ville dont on s'apprête à fêter la 400e année de fondation. Andrée Boucher, qui se vantait d'avoir un style de gestion très serrée, elle qui s'est servie du micro de CJMF pendant deux ans à tous les jours, pour promouvoir sa courte vue purement électoraliste auprès de ses auditeurs, n'était pas à la hauteur de sa fonction, en prévision de l'événement. Quand j'avais appris qu'elle s'était réinstallé dans son « palais » à grands frais, l'ancienne mairie de Sainte-Foy, peu de temps après son élection, on voyait bien comment elle se percevait elle-même dans sa fonction. « On mérite ce qu'il a de mieux », une phrase qu'elle disait souvent, pour justifier des dépenses plutôt discutables... Elle pouvait ensuite montrer fière d'être une radine pour les dépense publique, dans la phrase suivante... Et là, je ne parle pas de ses toilettes hors de prix et d'un goût douteux.

 

Dernièrement, j'ai lu qu'elle souhaitait négocier le contrat de travail des employés de la ville de Québec sur la place publique, en bonne populiste qu'elle était. Un moyen comme un autre de s'associer avec la partie de la population la plus méprisante envers le secteur public, qui n'aurait eu de cesse de souhaiter la privatisation de tel ou tel service, quand ce n'est pas des diminutions de salaire et la réduction maximale des avantages sociaux. La disparition d'Andrée Boucher va nous épargner une autre épisode ubuesque pour cette ville, dont le passé nous prouve qu'elle peut amplement se passer.

 

Je peut apparaître pour quelqu'un sans compassion, en dressant brièvement le portrait assez sombre de la politicienne que fut Andrée Boucher. C'est que je n'ai pas connu la dame géniale qu'elle semble avoir été, aux yeux de nombreux de ses admirateurs et électeurs. Je pense néanmoins qu'elle a été quelqu'un d'aimé de ses proches. Mais comme je n'ai connu que la personnalité publique, je fais donc un couac, dans l'apologie qu'on lui a fait aujourd'hui et qu'on poursuivra dans les prochains jours.

 

                

 

L'assurance-emploi

 

J'ai enfin reçu un montant de l'assurance-emploi. Ainsi, je crois avoir convaincu la responsable de mon dossier, dont j'ai reçu l'appel lundi dernier, que mon congédiement avait des facteurs moins accablants que l'a laissé croire mon ancien employeur. C'est une très bonne nouvelle.

 Autre boulot, autre contexte. 

J'ai terminé ma semaine à mon emploi très bref, à ce collège où je travaillais comme caissier, au magasin scolaire. Je me permet de vous le dire, c'est au collège Bois-de-Boulogne. J'ai eu beaucoup de plaisir à renouer avec un horaire et surtout, travailler dans un contexte scolaire. Certes, ce n'étais pas comme faire le boulot de libraire, un des plus beau métier, mais quand même, j'ai bien apprécié de travailler dans un contexte de travail sous pression, pour constater ma capacité de m'adapter à toute situation. En effet, comme c'est le début de la session, on a eu un déferlement d'étudiants venus acheter leurs livres, après une attente dans une ligne pendant au moins une heure, au sous-sol du bâtiment principal. Aujourd'hui, avec l'humidité ambiante, il a fait chaud dans ce couloir...

 

Je commence à un nouvel emploi la semaine prochaine. Ça va m'obliger à voyager encore un peu, je vais être quelque part à Boucherville, dans le secteur immédiat au tunnel Louis-H.-Lafontaine. Je vais aller voir demain, ou dimanche, à quoi ressemble mon trajet en autobus. Ça sera du travail de bureau et de service à la clientèle.

Demain, je serai à la journée de l'emploi de la CSDM (Commission scolaire de Montréal). Je verrai s'il existe des places comme enseignants, pour les "raccrocheurs", en histoire. Je vous reviens là-dessus!

Publié par oktobre7 à 04:11:09 dans Le subversif | Commentaires (0) |

Seconde journée de travail. | 22 août 2007

Après cette journée de rodage d'hier, j'étais prêt à entreprendre celle d'aujourd'hui, sans stress, malgré le contexte. Il faut voir l'endroit où nous travaillons : un comptoir avec quatre caisses, devant lequel les étudiants défilent et nous remettent les titre ou encore les numéros des livres et des recueils qu'ils doivent acheter. Ça fonctionne rondement, mais quand même, il nous faut parfois élever la voix pour se faire entendre. Aussi, le sens de l'organisation n'est pas inné, il faut parfois faire avec des clients arrivant avec trois ou quatre listes de livres dont nous n'avons pas la moindre idée de quoi il s'agit. Je travaille avec calme, ce n'est pas cette atmosphère qui me fait peu, après avoir vécu neuf Temps des Fêtes dans une librairie, la meilleure (et seule) période profitable de l'année.

Ça m'a rappelé qu'il y a vingt ans, je commençais ma scolarité au collégial, au CEGEP de Lévis-Lauzon. À observer les clients et clientes que nous avons eu aujourd'hui, hormis la mode, il n'y a pas de grande différence. Enfin, oui. Comme c'est un collège de Montréal, je vois passer les Nations Unies à mon comptoir! C'est vraiment un privilège de travailler dans ce contexte. Pour revenir à mes 17 ans de cette époque lointaine, là où je me suis reconnu, c'est parmi les tout nouveaux arrivants au collège, frais débarqués de la polyvalente. Il fallait les entendre parler de leur nouvel environnement, les libertés qui leur sont accordées, les coups d'œil des gars vers les filles, ceux des filles vers les gars... Évidemment, je ne leur ressemble pas trop, mes trente-quelques années apparaissent mais je sens que les jeunes ne savent pas trop comment me voir, quand je leur parle. En fait, je m'habille comme d'habitude, avec mes fringues de punk, alors pour eux, il y a comme une distorsion. « Les adultes n'ont pas l'air de d'ça, d'habitude », selon ce que me lance leur expression non-verbale. Enfin, quand j'y pense, la nouvelle cohorte a l'âge des enfants que j'aurais pu avoir, si je n'avais pas fait trop attention, mes premières fois où... Dans certains cas, j'ai l'âge de leur parents, à coup sûr. Hé ben! C'est là que je suis rendu... 

Toujours Montebello...

 

L'organisme No One is Illegal/Personne n'est illégale a diffusé ce communiqué, pour expliquer pourquoi il était important de s'opposer au Partenariat pour la sécurité et la prospérité (PSP). J'ai jugé nécessaire de vous le transmettre.

POURQUOI NOUS MANIFESTONS Montebello, Québec (19-21 août 2007) -- Stephen Harper, George Bush et le président mexicain Felipe Calderón se réunissent derrière des barrières d'acier et des milliers de policiers au château Montebello, dans le cadre du soi-disant " Partenariat pour la sécurité et la prospérité (PSP) ".  

Ils parlent de "sécurité" et de "prospérité", mais leur programme en est un d'insécurité et de misère pour les classes ouvrières et opprimées de toutes les Amériques.

En bref, le " Partenariat pour la sécurité et la prospérité (PSP) " conjugue les politiques destructrices néo-libérales de l'Accord de libre échange nord-américain (ALENA) aux tactiques de peur et de paranoïa associées aux politiques de " sécurité nationale ". Le PSP est un nouveau projet, mais il cadre parfaitement dans le programme colonialiste et capitaliste imposé aux peuples du monde depuis des siècles.  

Le véritable programme du PSP n'est un secret pour personne : guerres meurtrières et occupations militaires à l'étranger; militarisation des frontières et augmentation des détentions et des déportations; attaques soutenues contre les peuples autochtones, les pauvres, les migrant-e-s et la classe ouvrière; destruction de l'environnement; multiplication des méga projets au service de l'avarice des entreprises; et pire encore.

Le PSP, décrit par ses agents comme une ALENA version 2.0, est conçu et promu par des sociétés transnationales et les groupes de pression qui les soutiennent, comme le Conseil canadien de chefs d'entreprise. Ces "big boss" rencontreront les chefs d'État ici même au château, à huis clos, évidemment...  

Le PSP renforce le principe de la "Forteresse Amérique du Nord", en vertu duquel les riches et privilégiés vivent reclus dans des communautés fermées et des villes gentrifiées, protégés par la police et des mesures de sécurité, alors que le capital circule librement à travers les frontières et que l'accès à la main d'œuvre bon marché et aux ressources naturelles s'accroît; pour tous les autres, il y a les barrières et les frontières, les réserves, les centres de détention, les prisons, la surveillance accrue et une précarité généralisée.

Aujourd'hui, alors que les politiciens et les chefs d'entreprise se cachent derrière des lignes de police et une barrière d'acier de trois mètres de haut, et que nous sommes exclus à l'extérieur et poussés dans des "zones de manifestation", Montebello est le symbole le plus éloquent de cette Forteresse Amérique du Nord.  

NOUS REFUSONS D'ETRE MIS EN CAGE

Alors que Bush, Harper et Calderón se réunissent avec les grands capitalistes, un réseau d'activistes anticapitalistes prônant l'action directe, provenant du Québec et de l'Ontario, unis par les principes de l'Action mondiale de peuples (AMP), tenteront de perturber le Sommet.  

Nous ne demanderons pas aux chefs et agents du PSP, ni aux gouvernements, d'être plus gentils. Nous n'avons aucun intérêt à négocier les termes de notre misère ou à être achetés avec des miettes. La justice et la dignité s'obtiennent par la mobilisation de base, par la lutte et par l'action directe, pas par la charité de riches philanthropes, de rock-stars ou de politiciens complices du système de destruction. Bush, Harper et Calderón méritent d'être confrontés directement!

Nos manifestations et notre résistance s'enracinent dans l'organisation des luttes quotidiennes: pour la souveraineté et l'autodétermination des peuples autochtones des Amériques; pour la justice, la dignité et la libre circulation des migrant-e-s; contre les détentions et les déportations; contre la guerre et l'impérialisme; pour la justice en milieu de travail; contre la pauvreté, pour la justice écologique; pour la libération de tous les prisonniers politiques; et en solidarité avec les mouvements de justice sociale partout dans le monde.  

En 1994, le jour de l'entrée en vigueur de l'ALENA, les Zapatistes du Chiapas ont entamé un soulèvement dans le sud du Mexique, en déclarant que l'ALENA représente une " sentence de mort " pour les peuples autochtones. Avec le PSP, les politiciens, bureaucrates et entreprises nord-américaines réitèrent leur sentence de mort contre nous tou-te-s. L'inspiration des Zapatistes fais toujours échos, 13 ans plus tard, alors que nous lions nos luttes et nos préoccupations, et nous unissons pour confronter le PSP, à Montebello et au-delà. Nous sommes partout...

INFO:   www.psp-spp.com --  www.agp.org --  info@psp-spp.com

 

                     

 

Publié par oktobre7 à 03:23:25 dans Le subversif | Commentaires (0) |

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