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Le Subversif

Les joies et colères de la vie de libraire

Oktobre, le joyeux libraire

Bonjour chères lectrices et chers lecteurs,



j'ai voulu créer une page pour me défouler, écrire ce qu'il se passe ici bas, dans le monde merveilleux des éternels étudiants endettés, avec un boulot peu rénuméré malgré les aptitudes et les diplômes acquis. Les amoureux de la lecture, plus particulièrement les maniaques de livres dont on ne parle pas beaucoup s'y retrouveront. Comme j'aime aussi les cultures métal et punk, c'est certain que je vais écrire quelques lignes là-dessus. 




Et puis moi... je suis désormais un ex-libraire, viré pour avoir exprimé son opinion sur son employeur, Renaud-Bray, malgré mes neuf ans d'ancienneté. Je suis dans la trentaine, ma formation est en histoire et en science politique. Pas d'enfant, pas riche, pas d'auto, pas de REER, pas de télé câblée, pas de colocataire et pas d'animaux. Mais beaucoup de livres et de disques.




J'espère que ce site va vous plaire. Bonne lecture!

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Être fidèle à sa nature. | 25 juillet 2007

L'entrevue

 

C'est donc hier que j'ai eu mon entrevue, avec cette entreprise américaine spécialisée dans les assurances personnelles. Ce n'est pas une compagnie très neuve, mais elle est assez peu implantée au Québec, contrairement à plusieurs autres provinces canadiennes. En pleine expansion, elle cherche donc à ouvrir des bureaux à la grandeur du Québec. Elle a donc besoin de nombreux employés.

 

J'ai donc été mené vers leurs bureaux de Ville Saint-Laurent, comme 900 autres personnes. J'ai trouvé le tour d'arriver presque en retard, après avoir mal évalué les distances du bureau et de mon domicile. Une fois sur place, j'ai compris alors la raison pour laquelle on m'avait demandé de passer à 11h10 : on était nombreux à avoir eu l'appel. Après une brève entrevue de 10 minutes avec un monsieur de mon âge, bien mis et tout, j'ai été assez convaincant pour passer à la seconde étape. Celle-ci a consisté à une présentation de l'entreprise et de ses objectifs par un autre représentant, d'une durée de plus d'une heure. C'est là que j'ai appris le but de ces entrevues, avec l'ouverture prochains de bureaux. L'offre d'emploi a été largement expliqué, notamment les conditions salariales alléchantes et les avantages sociaux. Le travail, avec un minimum d'implication, peut nous rapporter environs 50 000$ par année et est de nature autonome, il n'y a pas de salaire, on se base surtout sur les contrats conclu suite aux rencontres à faire par semaine. On nous a précisé qu'on aurait droit à une formation et qu'il n'est pas question de défricher le marché, le travail est déjà fait. En somme, pour quelqu'un d'ambitieux et plein de dynamisme, le yuppie-type, c'est l'emploi idéal...

 

...mais pas pour moi.

 

À la suite de la représentation, j'ai rencontré à nouveau le monsieur bien mis de mon âge. Tout juste avant, j'ai rempli un questionnaire qui m'a fait réaliser des aspects de ce type d'emploi m'était étranger à ma nature. J'aurais quand aimé avoir eu plus de temps pour réfléchir à l'offre, mais en répondant aux cinquante questions, j'ai eu l'impression sourde de ne pas être à ma place. Dans le questionnaire, on m'a demandé des choses comme « Quelles sont vos ambitions? » et « Voulez-vous devenir riche rapidement? ». Quand j'ai rencontré  à nouveau mon premier interlocuteur, j'ai essayé de gagner du temps, mais peine perdue, je réalisais qu'il me fallait donner une réponse immédiate. Pour la première fois de ma vie, je devais admettre devant un employeur une opinion qui a pu me faire passer pour un quelconque looser (selon leurs préjugés de leur classe sociale). Pour moi, la richesse ne se calcule pas selon le compte en banque et les biens matériels que l'on possède, c'est d'un autre ordre. Je lui ai expliqué que le fait d'avoir vécu de façon plutôt précaire depuis tant d'année a eu raison de toute ambition à devenir riche, selon leurs critères. Je ne crois pas à ces offres mirobolantes de « la grande carrière pleine d'avenir et de promesses », on m'a déjà chanté ce refrain, quand j'ai été représentant pour Cell-Pro-Bell Mobilité. J'en suis sorti très amer et plutôt convaincu qu'il s'agit d'un mirage, ce n'est pas à la porté de toute nature de s'en mettre plein les proches. C'est peut être dans cette période que je suis devenu franchement critique envers le capitalisme, ce qui m'a mené à mes convictions politiques actuelles. Durant cette période de ma vie, comme je l'ai décrit dernièrement , ce que j'ai découvert a été ma capacité d'aider la clientèle, non pas de lui vendre du rêve. Je suis un excellent employé de soutien, point à la ligne.

 

J'ai remercié le monsieur bien mis, il m'a souhaité bonne chance dans ma carrière.

 

Je retiens de cette épisode ce que ma mère m'a justement fait part ce matin, dans son courriel : « J'avais un peu pensé que c'aurait été un genre de travail comme ils t'ont proposé et c'est vrai que ce n'est pas "vraiment" ton genre. Mais une première entrevue après 9 ans t'aura permis de te dérouiller face à un employeur...il faut voir le bon côté des choses. » Je n'ai pas d'autre chose à ajouter. Je demeure craquant, en chemise-cravate et j'inspire confiance en entrevue, ça c'est certain.

 

Je me suis senti un peu coupable en sortant, du fait d,avoir décliné cette offre. Je suis resté avec cette idée voulant qu'un chômeur ne peut se permettre de lever le nez sur les offres qu'on lui fait. Lorsque j'ai remis mon discman en marche, je me suis senti mieux. J'avais mis un vieux CD de Napalm Death,  « Utopia Banished ». La première chanson s'intitule « I Abstain », elle était vraiment de circonstance...

 

     

 

Le Swing

 

De retour chez moi, j'ai balancé les fringues de l'entrevue pour mes habituels t-shirt de groupe et bermudas. Plus tard en début de soirée, je suis allé rejoindre mon amie Audrey au Petit Medley, rue Saint-Hubert pour en prendre de la  bonne bière. Aussi, cet endroit est le lieu privilégié des amateurs de swing, cette danse revenue d'outre-tombe, depuis quelques années. Émilie et d'autres de leurs amis nous ont rejoint, pour participer à l'activité. Ben oui, mes copines sont devenues accros à ce genre de danse et évidemment... elles ont voulu que je m'y mette. Au début de la soirée, il y avait un cours d'introduction au swing, où les filles ont été très nombreuses à se porter volontaire pour apprendre les rudiments. Si j'ai manqué une chance de me faire connaître de l'une d'entre elles, c'est bien à ce moment, misère! Il y en avait bien une ou deux qui m'apparaissent très bien. Le problème est que je me suis pas trouvé très à l'aise d'apprendre des pas de danse, en portant des Doc Martens hautes de 14 trous. De plus, je détonnais à travers tout ce populo, même en restant à ma place. Si en plus il a fallu que je j'essaie de montrer que je ne danse pas comme une oie, alors là... Et puis le swing, ce n'est pas qu'une petite affaire, même si mes copines trouvent ça facile, désormais, après deux mois de pratique. La musique ne me plaît pas trop, mais c'est plus agréable que le hip hop qu'on entend toujours partout.

 

Peut-être que la prochaine fois, je vais être moins coincé... c'est ma nature, je le crains.

Publié par oktobre7 à 17:58:53 dans Le libraire inconnu | Commentaires (1) |

Une première entrevue! | 24 juillet 2007

Ça y est! Mes démarches m'apportent enfin de quoi espérer en un emploi prochainement. J'ai une première entrevue demain matin, avec une compagnie X, située à Ville Sainte-Laurent (vous excuserez ma discrétion, je suis toujours surveillé et je soupçonne le Big Brother de mon ancienne compagnie d'être tellement cheap, qu'il irait jusqu'à faire capoter mes chances de me trouver une autre job...). J'ai parlé avec la personne responsable de l'embauche tout à l'heure, en revenant d'un autre rendez-vous. La rencontre aura lieu à 11h10. On m'a demandé de venir avec un CV et...être habillé de façon professionnelle. Ça, c'est bien la première fois qu'on me la fait. Ouais, le pro de la librairie, il a le look punk en tout temps! Heureusement, comme je l'avais écrit il y a pas longtemps, mon stock de cravates est à jour et j'ai quelques chemises blanches à manches courtes prête pour l'occasion. Le gag, j'ignore ce que les dirigeants des corporations pensent des jeans noires? Mazette, c'est tout ce que j'ai de plus portable! Pour le prochain mariage de ma sœur, je vais y aller avec des jeans neuves, mais pas question des maudits pantalons laids en fortrel, barnak!

 

Je vais donc devoir me vendre, chose dont je n'ai fait depuis longtemps. Je trouve quand même l'exercice très intéressant, car je pourrai évaluer comment je suis aujourd'hui. On se rappelle tous de l'entrevue qui nous a permis d'obtenir tel ou tel emploi. La dernière fois, ce fut à la librairie Garneau de Place Versailles, en 1998. La directrice m'avait rencontré sur le banc en face du magasin, dans le couloir du centre d'achat. Je m'étais présenté en cravate, alors qu'on n'en demandait pas tant, dans ce genre d'emploi... J'avais obtenu le poste à temps partiel qui venait de se libérer, en démontrant mon amour des livres et en me montrant rassurant. Il paraît que mon sourire y est pour quelque chose.

 

Le domaine de l'employeur potentiel de demain est dans un tout autre domaine. J'y vais, en me demandant bien ce qu'on attend d'un gars de neuf ans d'expérience dans la vente, mais dans le genre hors norme.

 

Hier...

 

...il a fait un temps splendide. Je suis allé rejoindre Luc, tante Lola, Frefon et Dan au Piknik électronique. Des milliers d'autres personnes ont eu la même idée, le terrain était plein partout et je ne mentionne pas le secteur où les gens dansent, au pied du monument en métal. Compacte, la foule, dans ce secteur. Encore cette fois-ci, j'ai eu l'impression d'être minoritaire, dans mon hétéro***ualité. Je pense que la semaine de la fierté gay approche, ou bien c'est la techno, je ne sais pas trop. C'est drôle, quand on pense au nombre impressionnant de jolies jeunes femmes en bikini, déçues de tout ce gaspillage de beaux mecs dans leur gaieté, qui doivent se tourner vers les gars « réels », genre moi, Frefon ou Luc...hi hi hi! C'est pourquoi ça ne me dérange pas trop de me taper de la techno un après-midi, avec l'avantage de pouvoir boire de la belle bière à l'ombre des arbres, dans le gazon. Ça serait pas ça, le bonheur, des fois?

 

Une comparaison intéressante, sur le double-standard de la justice.

 

Étant membre du PCQ, je suis sur la liste d'envoi. Je reçois plusieurs textes par mois, mais celui-ci a retenu particulièrement mon attention, sur un procès ayant eu une grande couverture médiatique.

 
La justice et ses doubles standards: l'affaire Conrad Black versus le procès contre Fred Rose
 
Par André Parizeau,

Chef du PCQ

 

Tous les hommes et les femmes sont supposés être égaux devant la loi. Cela, c'est sur papier.

 

Mais La réalité est souvent différente et on en a encore un cas patent dans l'affaire Conrad Black.  Hier encore, c'était un magnat de la presse.  Aujourd'hui, c'est un homme déchu; il vient d'être déclaré coupable pour différentes affaires de fraudes et pourrait éventuellement faire de la prison.  Rien n'est encore décidé et il pourra toujours faire appel, de toutes manières.

 

En théorie, Conrad Black pourrait se retrouver derrière les barreaux pour plusieurs années.  Cela, c'est encore sur une fois sur papier.  En attendant, il demeure toujours très riche... et demeure également toujours en liberté, malgré sa condamnation.  Il reste d'autre part à voir s'il fera même un jour de la prison ... et, si oui, pour combien de temps.

 

À bien y regarder, je ne peux m'empêcher de faire un parallèle avec un autre procès célèbre, chez nous, soit celui de Fred Rose.

 

Quand tu viens de la "haute", c'est jamais la même chose ...
 

N'aurait été de tout l'argent que Conrad Black a, de ses nombreux avocats, de ses amis, et de l'influence dont il dispose toujours, son procès se serait terminé beaucoup plus vite que cela s'est finalement passé... et il serait déjà en prison.  Mais, et c'est évident, Conrad Black n'est pas comme monsieur et madame tout le monde car il fait partie de la "haute".

 

Conrad Black n'était pas juste un homme d'affaires très en vue.  C'est également un homme aux nombreuses connections politiques. Anciennement très lié au Parti conservateur du Canada, sous Brian Mulroney, puis couronné "Lord" par la reine d'Angleterre, aujourd'hui plus lié au Parti conservateur en Angleterre (il a d'ailleurs dû abandonné sa citoyenneté canadienne de manière à pouvoir devenir un "Lord" anglais), Conrad Black était également un admirateur de longue date de l'ancien premier ministre du Québec, Maurice Duplessis.

 

Le Parti Conservateur du Royaume Uni, auquel il appartient, et qu'il était supposé représenté à la Chambre des Lords, en Angleterre - même si dans les faits il n'y est pas allé très souvent au cours des dernières années - vient de lui enlever le droit de parler en son nom. "Big deal "!  Comme on dit en anglais.  Pour le reste, il demeure toujours un "Lord" ...

 

Il est plutôt rare de voir un homme politique se voir condamné par une cour de justice.  Encore moins un "Lord".  Mais tous n'ont pas justement la chance d'être un "Lord"...

 

Ici même au Canada, tout au moins au niveau fédéral, je crois qu'il n'existe qu'un seul cas d'un politicien ayant jamais été arrêté et condamné  alors qu'il était encore député.  Cela se passait en 1946.  Fred Rose, qui était alors un des leaders du Parti communiste au Québec, était aussi une personnalité publique bien connue à Montréal  Il venait tout juste d'être élu pour la 2e fois au Parlement à Ottawa avec plus de 10 000 voix.  Il représentait alors les citoyens de la circonscription de Montréal Cartier, soit entre autre le quartier Mile-End.  Cette circonscription n'existe plus aujourd'hui mais cela correspondait grosso modo à la partie Ouest de l'actuel comté de Mercier, sur la scène provinciale.

 

Fred Rose n'était évidemment pas un "Lord".  Pire, il était communiste.  Ce qui se passa alors pour Fred Rose est clairement sans commune mesure avec le traitement reçu jusqu'ici par Conrad Black.

 

Le cas de Fred Rose : aux antipodes!
 

Lorsque Fred Rose fut arrêté en 1946, cela n'avait strictement rien à voir avec des questions de fraudes, comme cela est actuellement le cas avec Conrad Black.  Fred Rose était plutôt accusé d'avoir été à la tête d'un réseau d'espionnage qui aurait fonctionné au profit de l'URSS, durant la 2e guerre mondiale, laquelle venait juste de finir.  Les accusations découlaient d'une défection qui venait juste d'avoir lieu à l'ambassade de l'URSS, à Ottawa, et étaient, pour l'essentiel centrées autour de démarches soit disant prises pendant toutes ces années de guerre pour obtenir des renseignements sur un certain nombre de recherches d'ordre militaire, lesquelles recherches auraient été effectuées à Montréal et portaient notamment sur des explosifs.  Mentionnons d'entrée de jeu que cela n'avait strictement rien à voir avec le projet pour une bombe atomique.

 

Les allégations étaient-elles fondées ou pas?  Fred Rose avait-il utilisé sa position de député et de leader au sein du Parti communiste pour agir en même temps comme espion pour le compte de l'URSS ?  Encore aujourd'hui, il est difficile de porter un jugement sur le sujet même si cela demeure toujours possible.  Ce qui est cependant très clairement établi, c'est que les fameuses informations qui auraient été transmises à l'URSS, n'avaient pas vraiment de portée stratégique et que le Canada et l'URSS étaient de toute manière des pays alliés au moment des faits allégués.  On ne pouvait donc pas vraiment parler de "collusion avec l'ennemi".  Pour vaincre les forces fascistes, une très large alliance avait été bâti à l'échelle internationale et il n'était que normal que toutes ces forces collaborent entre elles.

 

Quoiqu'il en soit, tout cela n'avait pas vraiment d'importance au moment où le procès contre Fred Rose eut lieu.  On était bien au dessus de telles considérations.  On était au tout début de la guerre froide (cette affaire contribua en fait à lancer la guerre froide, en Amérique comme en Europe) et tous les moyens étaient bons pour justifier la chasse aux nouveaux ennemis : les communistes.  La justice -- la vraie -- n'avait finalement rien à voir avec ce qui se passait alors.

 

Fred Rose est donc rapidement amené devant une cour de justice et condamné lors d'un procès qui sera plus tard largement contesté.  Comparativement au procès de Conrad Black, où ce dernier eut tout le loisir de se défendre et continue, du reste encore aujourd'hui, à se tirer relativement bien d'affaires, toutes proportions gardées, c'est bien différent.

 

Pendant six ans, Fred Rose croupira ensuite en prison.  Mais ce n'est pas la fin de l'histoire.  Ne pouvant en effet se trouver de travail, au sortir de la prison, et ne voulant pas vraiment nuire au Parti communiste, à cause du climat de chasses aux sorcières, plus intolérant que jamais, Fred Rose décide alors de retourner en Pologne, là où il est né.  Il quitte donc le Canada mais jamais, le gouvernement ne voudra pas la suite qu'il y remette à nouveau les pieds. Même pour aller visiter ses petits enfants ! Même défait et vieillissant, il demeurait encore une "menace très sérieuse à la sécurité de l'État".  Il meurt finalement paisiblement, à Varsovie, au début des années 80.  Questionné juste avant de mourir à savoir s'il avait des regrets par rapport aux gestes posés dans sa vie de militant communiste, sa réponse fut courte et simple : non.

 

On nous dira ensuite que la justice avec un grand J existe malgré tout, sauf que...

 

                          

Publié par oktobre7 à 02:45:00 dans Le libraire inconnu | Commentaires (3) |

Cette semaine si tranquille... | 21 juillet 2007

Habituellement, ce n'est pas moi qui fait « Yéééééé! C'est vendredi!! ». Avec une semaine plutôt calme, je me garderai une petite réserve. Surtout que je suis toujours en chômage, après mon renvoi, voilà deux semaine de cela. À ce sujet, je m'adresse à mon Big Brother chez mon ex-employeur, toujours à la quête d'éléments supplémentaires pour me coincer :

 

                              

 

Merci, George.

 

En fait, ma semaine n'a pas été aussi plate que je le prétend. Le jour, il est vrai, j'attend des nouvelles des employeurs chez qui j'ai sollicité un emploi. À cette date, mon CV s'est retrouvé chez bon nombre de boîtes de toute sorte, des bureaux et des commerces. Pour les plus près de mon domaine, l'enseignement, j'attend la semaine prochain pour faire un blitz. Le soir, je ne l'ai pas passé à regarder des DVD, comme ça arrive souvent...

 

Lundi : en revenant de ma ballade de vélo digestive, lesté d'une boîte de popsicles, j'ai croisé ma voisine Constance, avec qui je partage la galerie d'en arrière et la cour. Elle m'a offert de prendre quelques bières en sa compagnie, ce que j'ai accepté. On a passé une agréable soirée à se raconter nos dernières péripéties, en buvant de la Heineken. Dans la journée, avant de rencontrer ma psy, je suis passé laisser du linge au Village des Valeurs. Profitant de ma présence, je suis allé vérifier l'adage de ma tante Pauline (Y'en a qui jettent les choux gras!) et je n'ai pas été déçu : une superbe paire de  bottes Doc Martens noires,14 trous et à ma pointure m'attendait, pour le prix aussi ridicule de 15$. Le type qui les possédait avant moi n'a même pas pris le temps de les casser. Ça explique la belle ampoule que j'ai aujourd'hui, au talon du pied gauche...

 

Mardi : dans la journée, j'ai reçu un appel d'Éric, mon ami polyglotte, avec qui je suis allé voir ce film sino-finlandais la semaine dernière. Il m'offre de l'accompagner à un spectacle à la Sala Rossa, sur la rue Saint-Laurent, sa blonde a décliné à la dernière minute et il lui reste un billet. En vérifiant sur le web, j'ai retrouvé la publicité du spectacle en question, Éric semblait croire que je connaissais le groupe en vedette, Battles. Ça m'a permis de faire des découvertes, moi le métalleux punk avec une petite culture trop orienté vers les mêmes trucs.

 

Les groupes annoncés, outre Battles, sont Singer et Etaoin Shrdlu. Éric a beau me préciser un peu plus les membres de ces groupes, je demeure dans l'expectative. Nous sommes arrivé assez tôt, pour s'installer devant la scène, quitte à ce que j'ai les oreilles qui bourdonnent pour quelques heures. Le premier groupe est celui au nom imprononçable. Musicalement, c'est intéressant et plutôt exploratoire. Bien que le groupe fasse uniquement des pièces instrumentales, c'est loin d'être ennuyeux. Je ne pourrai dire si je suis intéressé à me payer un disque de ce groupe, je suis encore incapable de le situer dans un mouvement quelconque. Post-rock? Quand même, il a offert une prestation énergique.

 

Etaoin Shrdlu

 


 

Le second groupe m'a plutôt laissé froid. Singer fait un genre encore plus expérimental, avec des musiciens aguerris et plein de potentiels...mais leur musique est franchement plate et sans intérêt. Sur scène, j'ai même trouvé que ça manquait de sérieux. Le guitariste en particulier, avec sa cravate coupée et sa chemise aménagée pour sa strap de guitare, pourrait donner dans un genre quasi clownesque. Ils on beau avoir du talent, je ne suis même pas certain que ça vaille la peine de faire ce genre de musique sur scène, c'est même barbant. Du moins, pour un public peu averti dont je fait partie, on peu laisser faire. Par contre, pour un festival de musique actuelle, le groupe a probablement sa place.

 

Sur le coup, j'ai lancé à Éric que les gens présents dans la salle ont des têtes d'employés de Renaud-Bray. Je n'aurais jamais si bien dit, car un peu plus tard, mon ancienne collègue Julie m'a trouvé et m'a annoncé que deux autres camarades de la succursale étaient présents, Antoine et le Dude. J'ai vu le Dude de loin, mais pas lui, trop occupé à observer la longue installation de l'équipement de Battles sur scène.

 

C'est dans ce type de spectacle que l'on peut observer la persistance d'un courant artistique très ancien, le mouvement beatnik... Bon, je sais que ça fait cliché et que je me base sur une observation très restreinte. Il faudrait que j'aille plus souvent voir ce type de groupes musicaux, pour m'en assurer. Quand même, j'en ai vu qui arborait le look de façon si ostentatoire, autant que d'autres personnes apparaissent en punk. Certains m'ont rappelé quelques profs que j'ai eu, au secondaire et au collégial, mais avec des têtes de la jeune vingtaine.

 

Je l'ai écrit plus haut, avant la prestation de Battles, il a fallu que Singer dégage de la scène avant que le groupe installe son volumineux matériel. Ça été un peu long, heureusement, le gars de la console s'est rendu compte que le disque de Thin Lizzy qu'il faisait jouer emmerdait tout le monde. Comme je le disait à Éric, ça me rappelait mes premières années où je pouvait sortir dans les bars, quand les trentenaires du temps avaient le contrôle de la musique. Je pense au D'Auteuil, à Québec, ou encore au Philray, à Laurier Station, le bar préféré de ma première blonde, où on en a entendu de ces classiques du rock des années 70 et 80. Assez pour s'en dégoûter. Après Thin Lizzy, on a eu droit ...à un album de MDC! Wow! Là, on m'a fait plaisir.

 

Battles est un groupe très orignal, dont la recherche musicale est très intéressante, selon ce que j'ai pu entendre. L'utilisation de samplings fait directement sur scène était assez inattendu. Même l'aspect scénique était originale, avec la batterie placée sur le bord de la scène,  en avant, avec une cymbale juchée très au-dessus du set. Malheureusement, il se faisait tard et j'étais fatigué, je suis parti après la troisième pièce. D'après la façon dont la foule était compacte, ce qui m'a pas facilité ma sortie,  Battles était très attendu. Il me faudra en entendre plus attentivement, afin de me faire une meilleure idée.

 

Battles

 

Mercredi : après une autre journée tranquille, je suis allé au cinéma avec le camarade Frank, qu m'avait appelé la veille. Après un passage dans ma cour arrière et quelques bières, nous sommes allé voir 1408, le dernier film basé sur une œuvre de Stephen King. Réalisé par Mikael Håfström, mieux connu dans on pays d'origine qu'en terre américaine, et mettant en vedette John Cusack et Samuel L. Jackson, ce film m'a bien plu, malgré quelques lacunes du scénario. Je tenais à voir ce film pour une seule raison, 1408 est une de mes nouvelles préférées. Incluse dans le recueil Tout est fatal, cette nouvelle m'avait fait retrouver ce que j'avais aimé plus jeune, dans l'écriture de Stephen King. En quelques dizaines de pages, nous assistons au travail d'investigation d'un écrivain cynique et sceptique, avec à son actif une série de livres sur les lieux présumés hantés, d'une chambre d'hôtel mystérieuse. Cette chambre causé la mort de ceux qui ont voulu passer la nuit à l'intérieur. Mais comme on le verra, son travail, habituellement tranquille, sera plus mouvementé cette fois-ci... Dans le film, on a gardé l'essentiel de la nouvelle et on a ajouté une foule de détails, certains sont inutiles mais d'autres améliorent le suspense.

 

...J'ai fait le saut à quelques endroits, ce qui m'a valu de me faire rire de moi par Frank...

 

 

Ben quoi, j'ai eu beau avoir été libraire pendant plus de neuf ans, j'ai bien le droit d'aimer la littérature de Stephen King, non?!? J'ai connu une libraire qui ne lisait plus rien depuis des années et que Garneau puis Renaud-Bray ont gardé dans leurs murs!

 
Jeudi : autre petite journée sans histoire, qui prend une tournure inattendue, lorsque je rejoint Frefon, qui m'apprend qu'on se retrouvent tous aux Trois Brasseurs de la rue Sainte-Catherine (dans la partie McGill), pour un semblant de 5 à 7. C'est le que je les ai rejoins, Luc, Snott et sa femme, Frefon et Sylvain, pour quelques bières et des quiproquos avec les waiters. On a terminé au Petit Medley, pendant que Snott allait tenter de corrompre un libraire de la succursale Indigo, pour obtenir une copie 24 heures avant tout le monde un exemplaire du dernier de la série Harry Potter. Je suis certain qu'il a échoué...Je pense qu'il avait un peu bu.
 
Aujourd'hui : j'ai passé la journée à la maison, en espérant un appel d'un employeur et surtout, une accalmie de la flotte qui nous tombe sur la tête. Ça vient tout juste de se dégager, dans le ciel. Il paraît qu'il va avoir du soleil toute la fin de semaine.
 
« C'est imbattable, viens te joindre à nous! »
 
Ce sont des paroles de l'ancien jingle utilisé par les Forces armées canadiennes, dans les publicités des années 70 et 80. Avec les annonces du gouvernement Harper, concernant la réouverture du collège militaire de Saint-Jean et le réinvestissement dans la base aérienne de Saint-Pie-de-Bagot, on dirait bien qu'on veuille faire changer une opinion nettement anti-militariste au Québec. À mon humble avis, ça ne changera pas grand'chose à cette opinion, n'en déplaise aux néo-conservateurs d'ici, dont je remarque une haine affichée envers les Québécois sur leurs blogues. Je pense à l'auteur du blogue « Monde Nouveau », dont les textes sont carrément réactionnaires. Personne n'est dupe, ce ne sont pas plus de francophones dans cette armée, nettement réfractaire au bilinguisme officiel, qui vont changer la perception de la chose militaire.
 
Je crois que ce sont les Cowboys Fringants, avec la chanson « La Sainte Paix », qui ont évoqué une réponse possible à ce rejet massif du militarisme au Québec :
 
Les Cowboys Fringants

La Sainte paix

 

Le monde est sans dessus dessous

Les chefs d'états s'énervent le poil

La marde est pognée partout

Ca parle rien qu' de ça aux nouvelles

C'est donc triste de constater

Qu'y a pas eu d'évolution

Qu'on soit prêt à s'entretuer

Comme des hommes de Cro-magnon

Mais chez nous au Québec

Y'a pas d' guerre depuis des siècles

On n'aime pas ça se faire tuer

Me semble que c' pas compliqué!

 

On a p't-être ben des défauts

Mais on n'est pas des "crack-potes"

On n'aime pas les chars d'assaut

Pas plus que le bruit des bottes

Allons résistons mes frères

A la connerie des militaires

Dans notre village d'Astérix

Au nord de l'Amérique...

 

A travers les années

On a toujours été pognés

Dans des conflits militaires

Qui ne nous concernaient guère

A l'époque c'est nos grand pères

Qui ont subi la conscription

Et qui ont traversé la mer

Pour servir de chair à canon

Mais moi j' te dis qu'aujourd'hui

Y feront pas de moi un tueur

Pour le compte d'une patrie

J'aime mieux devenir déserteur

 

J' tiendrai jamais une mitraillette

Pis je ferai jamais de push-ups dans bouette

Dans le fond d'une caserne

Des forces armées canadiennes

Allons résistons mes frères

A la connerie des militaires

Dans notre village d'Astérix

Au nord de l'Amérique...

 

J'viens d'un pays tranquille

Qui n'a jamais vu de missiles

Icitte du temps quand on s' battait

C'était à coups de mousquets

S'ils veulent jouer au G.I. Joe

Avec des bonhommes vivants

Moi j' les laisse faire les idiots

Et pis je sors mon drapeau blanc

Rien à foutre de l'armada

Et d' la folie des chefs d'états

La guerre sainte c' pour les épais

Moi ce que j' veux c'est la sainte paix

 

Allons résistons mes frères

A la connerie des militaires

En chantant "une colombe"

Loin du sifflement des bombes

Et au nord de l'Amérique

Devant not' village d'Astérix

Ca sera marqué en français :

"Icitte, sacrez nous donc la paix"

La Sainte Paix !

Publié par oktobre7 à 02:52:03 dans Le libraire inconnu | Commentaires (1) |

De retour de Québec et de Lévis. | 17 juillet 2007

Petites vacances agréables chez mes parents. Il a fait tous les temps, autant de beau soleil que la douche de flotte, particulièrement samedi. Ça m'a permis de me reposer de ces jours un peu troubles, suivant mon congédiement. Normalement, la semaine dernière devait être consacrée à mes vacances, mais comme les plans ont changés depuis le 5 juillet...

 

Que devrais-je rajouter, sur ce bref passage à Québec? Quelques observations et anecdotes :

 

-Désormais, je suis prévenu sur les artistes plogués par Ariane Moffatt : ils sont poches! Le groupe Uberko, que j'ai vu brièvement en spectacle vendredi au Festival d'été, tout comme le Français Dewaere, au Festival de Jazz, étaient des « découvertes » de la madame Moffatt. On s'en serait passé, barnak!

 

-La vague Jeff Fillion-CHOI-FM semble être passée de mode. J'ai vu beaucoup moins de ces autocollants noirs et jaune sur les voitures, comme les trois autres années passées. De plus, en visitant deux succursales du Village des Valeurs, j'ai remarqué le nombre de t-shirts usagé « Liberté! Je crie ton nom partout! », au couleur de CHOI-FM, sur les cintres. À mon humble avis, c'est un indice de la perte de popularité de la cause de Fillion. Ce dernier ne doit pas trouver sa situation très rose, depuis ses dernières condamnations pour ses propos diffamatoires à l'encontre des animateurs de TVA à Québec et des membres de l'ADISQ. Selon ses propres dires, il est « lavé », au point de n'avoir pas pu verser les montants en réparations à Sophie Chiasson exigés par la Cour, suite à sa fameuse condamnation en 2005. Quand je pense à d'autres procès sur le point d'être engagé contre lui par d'autres personnes, sans compter celui qu'il veut mener contre son ancien employeur et associé, Patrice Demers, de Genex, j'ai l'impression que Fillion devrait se louer un petite chambre, pas très loin du Palais de Justice...

 

-J'ai repris contact avec mon ancien coloc Mathieu, de l'Outaouais, désormais un gars de Québec. À entendre tout ce qu'on s'est raconté en une demi-heure, je pense que je n'aurai pas trop d'une soirée avec lui et de la bonne bière, lors de ma prochaine visite...

 

-Ray m'a fait entendre l'excellent groupe Necrophagist, passé récemment en spectacle au Québec. Ce groupe m'était très peu familier et je me trouve bête de ne m'être pas intéressé plus tôt à leur musique. Lorsque vous verrez l'expression « brutal technic death metal » quelque part près d'un nom de groupe, vous saurez que ça exprime exactement ce que ça signifie et que ça correspond très bien à la musique de Necrophagist. Écoutez l'extrait mais avant, baissez un peu le son de vos hauts-parleurs...

 

 

 

-Lors de la même occasion, Ray m'a fait connaître le programme et le site d'échange Emule et ses multiples possibilités. Sur le coup, j'admet que j'ai toujours été ambivalent sur la copie de la musique. J'ai fait très peu de téléchargements musicaux, plus par le fait que j'étais peu à l'aise de copier des albums d'artistes plutôt peu connus. Dans le passé, je m'en voulais d'avoir copié des disques qu'on me prêtait sur des cassettes. Je garde encore cette impression.

 

-J'ai loué le faux documentaire « Death of a President », samedi soir, plutôt que d'essayer de me divertir dans un autre bar de Lévis. Je n'ai pas regretté mon choix, le film s'est avéré très intéressant. Construit comme un documentaire réalisé en 2008, suivant l'assassinat en direct du président George W. Bush, le 19 octobre 2007, on assiste à plusieurs entrevues fictives de personnes liées à cet événements, notamment celui de l'épouse de l'assassin présumé, de même que des personnes liées à la sécurité du Président. La construction est impressionnante, surtout les funérailles et le discours du nouveau président en exercice, Richard « Dick » Cheney.

 

 

-Parlant de film, j'ai loué, dimanche soir après mon retour de Lévis, « Le Labyrinthe de Pan », l'excellent conte féerique placé dans un cadre réaliste, celui de l'installation du régime franquiste en Espagne, en 1944. Vous en avez entendu parler en bien? Tout ce qu'on vous a dit est vrai, quelle belle production! J'ai adoré ce personnage du faune, dans son labyrinthe.

 

-En revenant chez moi, j'avais plusieurs messages sur le répondeur de mon téléphone, dont celui d'un employeur potentiel. J'ai rappelé la personne, pour une entrevue téléphonique. J'attend le prochain appel, pour une autre entrevue. Je continue à éplucher les annonces sur Jobboom et sur le site d'Emploi-Québec, les plus complets et les plus efficaces, à mon humble avis.

 

Ils sont partis...

 

Les premiers militaires de la base de Valcartier doivent être à leur camp de Kandahar, à l'heure qu'il est. Avant leur départ, la ministre Josée Verner a fait le tour des médias, pour trouver les arguments nécessaires afin de vendre la présence des soldats canadiens et québécois en terre afghane. Pour essayer de contrer la montée de l'opinion publique contre cette mission militaro-humanitaire, pas seulement québécoise mais aussi canadienne, elle s'est sentie obligée d'en remettre : «On parle de femmes médecins qui ont été clouées sur la porte de leur domicile (...) de femmes qui ont été lapidées pour des crimes mineurs, d'un médecin qui a été battu pour avoir soigné une femme (...) c'est contre ça que la communauté internationale s'est levée aussi». (...) «Les soldats eux-mêmes sont très au fait des dangers qui sont reliés à la mission, je pense que tout le monde est au courant de ça. Bien sûr, chaque fois qu'il se produit un décès, ça nous atteint tous, et on ne peut que saluer leur courage, sachant tout cela, de vouloir y aller quand même» (Cyberpresse, 12 juillet 2007, http://www.cyberpresse.ca/article/20070712/CPACTUALITES/70712203/1019/CPACTUALITES

 

La même journée, un sondage démontrait la chute de la popularité de cette mission.

 

Peu importe les arguments des conservateurs, défenseurs de la civilisation et autres va-t'en-guerre qui pullulent dans les sites de blogues, on dirait bien l'impuissance de leurs arguments, sur l'évidence : la guerre aux terroristes en Afghanistan ne doit pas être menée par des pays comme le Canada, mais bien par ceux qui ont instigué l'invasion de ce pays, sans avoir terminé le boulot par la suite.

 

Les Russes et les autres ex-Soviétiques ont compris depuis longtemps, suite à une guerre extrêmement coûteuse en vies humaines et en matériel, ce que signifie l'occupation de ce pays. Le film russe le plus populaire en 2005, « La 9e compagnie » (9 рота), raconte le passage de conscrits en Afghanistan, en 1988-89. J'ai trouvé quelques extraits de ce film sur Youtube, mais si un seul peut démontrer ce qu'ils ont enduré là-bas, c'est celui-ci :

 

 

Publié par oktobre7 à 19:32:51 dans Le libraire inconnu | Commentaires (0) |

Retour sur mes semblants de vacances. | 14 juillet 2007

En direct de Lévis, chez mes parents, avec la vue sur le fleuve et l'île d'Orléans. C'est dans ces moments où je me lance à moi-même « On ne connaît pas son bonheur ». Le temps est peut-être incertain, mais je relaxe quand même. Je suis toujours chômeur, en attente d'une éventuelle entrevue. Ma recherche d'emploi est toujours en cours. Je reçoit de drôle de suggestions, de la part du site de Monster :

 
juil. 13, Avocat(e) / Attorney (ref: JFL), Robert Half Legal, CA-QC-Montreal
juil. 13, Financial Business Analyst, Robert Half Management Resources, CA-QC-Montreal
juil. 13, Analyste coût de revient, Drake International, CA-QC-Montreal
 

Comme vous pouvez le constater, ce n'est pas que je n'ai pas de capacité à remplir certains postes, j'avais précisé que je recherchais quelque chose dans le service à la clientèle, ou encore comme commis de bureau. Je suis quand même flatté de recevoir une suggestion à devenir associé dans un bureau d'avocat, mais je crois que je n'ai pas tout à fait le profil de l'emploi...

 

Je suis arrivé à Lévis jeudi soir. Comme j'étais un peu fatigué pour sortir, il m'a fallu du temps pour me décider à faire quelque chose, afin de me changer les idées. Je me suis résolu à sortir, même si en vérité, je ne savait pas trop où aller. Après quelques virages à gauche et à droite avec la voiture parentale, je suis arrivé au chic bar nommé le « Show Time Tabou ». NON, ce n'est pas un bar de danseuses!!! Le nom est assez nul, mais il s'agit d'un bar de spectacle, à l'endroit même où l'on retrouvait le « Vieux Chêne », un endroit où j'allais parfois, dans mes jeunes années. J'allais voir les groupes du circuit des bars de spectacles de la région de Québec, qui reprenaient sensiblement les mêmes cover des groupes des années 70 et 80 : Toto, Journey, Supertramp, Styx, Genesis, Pink Floyd et dans les plus récents, U2 et Rush. Toujours les mêmes maudites tounes. La raison pour laquelle je fréquentais occasionnellement le lieu, c'est que j'accompagnais les gars de mon premier band, qui trouvaient un intérêt à aller fréquenter les suiveux de motards ayant leurs assises à cet endroit, pour vendre des produits de consommation immédiate... À cette époque, c'était l'endroit privilégié par les trentenaires. Maintenant, l'établissement a bien changé... c'est toujours un bar à spectacles, mais doublé d'une discothèque. Je n'avais pas seulement un look qui détonnait avec la clientèle, mais en plus, je devais encore dépasser la moyenne d'âge de dix ans, minimum! Des bôzéjeunes en quantité, portant les gougounes et les casquettes blanches de rigueur. Je me suis forcé à rester, en attendant que le groupe revienne faire un set (il terminait de jouer, au moment de mon arrivée). Cette attente m'a permis d'apprécier la décoration très Égypte antique de l'endroit, avec ses fresques et ses faux sarcophages et sa fausse statue d'Anubis, le dieu de la Mort. Autre constat : je n'avait aucune connaissances des sélections du DJ, pourtant les donzelles qui dansaient pas loin de moi chantaient toutes les paroles en se trémoussant. Quand le groupe a fini par remonter sur l'immense scène, ça n'a pas été mieux. Il aurait pu jouer leur compos ou faire des covers, je n'en aurais eu pas la moindre idée. Le plus drôle, le set a duré...deux pièces, puis il est reparti. Autrefois, les sets duraient au minimum 45 minutes, il faut croire que ce n'est plus comme avant, un spectacle rock dans un bar. Je me sens dépassé, pas du tout à ma place, certains louchaient leur regard sur le logo de Doom cousu dans le dos de ma veste...je suis reparti chez moi, en me disant qu'on ne reprendrait plus là-bas...

 

Hier, la journée a été plus remplie. Je suis allé rejoindre mon ami Ray chez lui à Québec, où nous avons été rejoint par Axel, un vieux chum qui habite aussi à Montréal, mais dont je n'ai pas eu l'occasion de revoir souvent. Il m'a donné le dernier album de Liva, l'excellent band metal baroque. Après son départ et une bouffe rapide sur le BBQ avec Ray, nous sommes allé rejoindre Jean-Philippe puis Thierry, pour le Festival d'été. Nous sommes allé voir un band techno-machin nommé Uberko, un clône de Radiohead. La musique aurait pu être intéressante mais rarement j'ai entendu chanter quelqu'un aussi mal. Imaginez Jimmy Sommerville qui  fait exprès de fausser! J'aurais beau chanter moi-même avec une voix death metal, au moins c'est dans le ton de la musique et ça ne dépare pas l'ambiance dans le punk. On a enduré quatre chansons, pour constater que le seul intérêt à rester sur le site, c'était les jolies hôtesses de Molson Dry, pas loin de nous, à l'entrée d'un secteur VIP...il y avait une jolie rouquine aux yeux bleues...woaouh.

 

Un extrait d'un spectacle de Liva, ça vaut la peine de connaître ce groupe:

 

 

Si vous avez envie d'entendre Uberko... baissez le son avant!


 

Nous avons été entraîné par Ray vers la grande scène des plaines d'Abraham, pour voir un rappeur américain, Kanye West, dont on n'a pas pu voir la prestation. Prendre son temps pour faire son show comme ce type a eu raison de notre patience...Quand j'ai vu la tête du rappeur sur une affiche, je me suis dit qu'on ne manquerait rien. Nous avons donc fini la soirée au bar la Ninkasi, sur la rue Saint-Jean. L'endroit a une superbe terrasse, qui s'est rapidement remplie lorsque les shows se sont terminés, sur les sites du festival. Comme prévu, je me suis couché tard et j'ai quelque peu maudit la Société des traversiers du Québec, pour ne pas avoir programmé des départs au demi-heure, durant le festival, comme c'était le cas autrefois...

 

En passant, c'est nouveau, cette mode pour les filles de se promener en jupe sans dessous, qu'on appelle « sortir en commando »? J'ai eu un bel exemple, avec le vent sur le traversier... si je m'attendais à ça!

 

Aujourd'hui, 14 juillet...

 

Fête de la république française, en voie de devenir le IIIe empire, sous son nouvel empereur, Nicolas 1er . Le bonapartisme du nouveau président français va-t-il transformer le visage de la France, dans son délire de « rupture » thatchérien? Je ne souhaite surtout pas cela aux Français. Depuis un certain temps, avec la centralisation des médias derrière le petit Nicolas, on ne fait plus aucune mention des troubles dans les banlieues, chose quasi quotidienne, avant l'avènement du sarkozysme... la rupture, c'est faire croire que tout a changé, après l'élection du nouveau président? Bel exemple de pensée magique...

 

                               

Publié par oktobre7 à 19:16:43 dans Le libraire inconnu | Commentaires (0) |

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