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Le Subversif

Les joies et colères de la vie de libraire

Oktobre, le joyeux libraire

Bonjour chères lectrices et chers lecteurs,



j'ai voulu créer une page pour me défouler, écrire ce qu'il se passe ici bas, dans le monde merveilleux des éternels étudiants endettés, avec un boulot peu rénuméré malgré les aptitudes et les diplômes acquis. Les amoureux de la lecture, plus particulièrement les maniaques de livres dont on ne parle pas beaucoup s'y retrouveront. Comme j'aime aussi les cultures métal et punk, c'est certain que je vais écrire quelques lignes là-dessus. 




Et puis moi... je suis désormais un ex-libraire, viré pour avoir exprimé son opinion sur son employeur, Renaud-Bray, malgré mes neuf ans d'ancienneté. Je suis dans la trentaine, ma formation est en histoire et en science politique. Pas d'enfant, pas riche, pas d'auto, pas de REER, pas de télé câblée, pas de colocataire et pas d'animaux. Mais beaucoup de livres et de disques.




J'espère que ce site va vous plaire. Bonne lecture!

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Allez voter! | 08 décembre 2008

On ne le répètera jamais assez, il est important de voter, peu importe les raisons qui nous poussent à s'abstenir. Le vote de demain peut justement paraître inutile, du fait de la victoire libérale annoncée comme éclatante. Je suis déjà allé voté par anticipation, mon choix étais déjà arrêté depuis longtemps. Mais pour ceux qui me lisent et dont le choix n'est pas nécessairement arrêté, je dirais d'y aller, peut importe le parti et/ou le candidat que vous allez finalement choisir.

 

L'une des raisons justifiant le vote est celui de légitimer notre opinion. Je suis de ceux qui croient que le vote autorise les gens à pouvoir exprimer leurs opinions sur la politique. S'en tenir à l'abstention ne nous permet pas une critique éthiquement acceptable du gouvernement. J'ai entendu l'humoriste Pierre Légaré justifier l'autre jour son abstention de longue date par le paiement de ses taxes et impôts. Ce n'est pas une raison pour justifier son refus de voter, car le fait de ne pas être citoyen d'un pays accueil ne nous empêche pas de payer les taxes et impôts à l'État du pays d'accueil. Marie-France Bazzo également s'est vanté publiquement et très légèrement de son abstention; elle a reçu une réplique très sévère de la direction générale des élections du Québec. Encore un peu et elle encourageait les gens à s'abstenir!  Beaucoup de mes connaissances anarchistes ou d'extrême gauche ne votent pas également, car pour eux leur abstention est signe de leur refus d'entériner le processus de la démocratie bourgeoise. À ceux là, je répond que les voix non-exprimées ne sont pas comptabilisées et ne comptent pas dans le pourcentage total. Ainsi, leur geste ne signifie rien, seulement le réconfort de leur choix, en conformité avec leurs idéaux.

 

Voter, c'est aussi profiter de l'opportunité que peu de sociétés connaissent, soit la liberté démocratique. Combien de gens ne peuvent exprimer leurs opinions librement dans leur pays? Plus que ceux qui le peuvent, sans aucun doute. Imaginez des endroits où les femmes ne peuvent exprimer leur voix, de par le statut infériorisé au sein de la société. Ou encore un pays sous l'autorité des militaires, contrôlant la population par la loi martiale et la suspension des droits reconnus par la constitution. Pour cela, je peux difficilement admettre le refus des gens de voter, pour des raisons aussi futiles que « j'ai pas le temps » ou  « tous pareils au même, tous pourris ». Ces raisons ne peuvent justifier une certaine paresse, celle de ne pas se renseigner sur la chose politique.

 

Alors demain, c'est un devoir d'aller voter. Allez-y!

 Message aux indécis, de la part de Françoise David. 

Je vous invite à visionner ce message de Françoise David, si jamais vous n'avez pas encore fait votre choix :

Publié par oktobre7 à 01:54:05 dans Le libraire inconnu | Commentaires (1) |

Ça m’a passé sous le nez… | 31 octobre 2008

...ce petit film de Spike Lee, intitulé CSA : The Movie. Sorti dans les clubs de location il y a deux ans, ce faux documentaire de la BBC est diffusé sur une chaîne des États Confédérés d'Amérique. On y raconte l'histoire des CSA, depuis la victoire des États du Sud contre ceux de l'Union, lors de la guerre civile américaine, grâce à l'aide de la France et de l'Angleterre, jusqu'à ces dernières années, avant l'annonce de la candidature du président Fauntroy. On ne pouvait imaginer pire, comme histoire des États-Unis réécrite. La défaite du Nord contre le Sud, la fuite et l'exil d'Abraham Lincoln au Canada, l'avènement de l'esclavage à la grandeur du territoire américain, la fuite d'une partie de la population au Canada (qui devient par la suite un adversaire, voire un ennemi, pour ses politiques abolitionnistes), surtout des Noirs et des progressistes, nous donne un tout autre monde inimaginable. Au moment de la diffusion de ce documentaire, celui-ci est entrecoupé de publicités nous donnant un aperçu de ces États Confédérés. Le racisme et l'encouragement au maintien la servitude sont érigés en valeurs absolues de ce pays, où l'on donne des noms comme Niggerhair à une variété de tabac, ou encore on utilise des stéréotypes envers les Noirs pour publiciser une chaîne de restaurants ou un dentifrice. Le plus troublant, c'est qu'on apprend juste avant le générique que ce sont de véritables marques ayant déjà existés, certaines jusque dans les années 60...

 

Bien sûr, le film souffre d'un côté extravagant et porté à certaines exagérations ou images caricaturales d'une société rétrograde, demeurée dans ses préjugés d'un autre siècle. Pourtant, on ne peut que frémir un peu, en imaginant qu'un tel pays aurait pu exister, tout près du nôtre. Un pays ressemblant à l'Afrique du Sud du temps de l'Apartheid, avec un empire en plus : les États Confédérés, apprend-t-on dans le film, ont vraisemblablement eu pour but d'étendre leur domination au Mexique et à toute l'Amérique du Sud, advenant la victoire décisive sur les États de l'Union. Ce pays aurait maintenu les femmes sans droit de vote ni aucun autre droit : dans un contexte où il existe des esclaves, les femmes blanches ne travaillent pas. On apprend aussi la façon dont ce pays s'est sorti de la crise des années 30 (l'esclavage, évidemment), de même que sa non-intervention durant la Seconde Guerre mondiale, étant donné le pacte qu'il a conclu avec l'Allemagne nazie... Ça ne l'a pas empêché les Confédérés de faire une attaque préventive (tien?) contre le Japon et d'envahir ses territoires du Pacifique en 1941, en envoyant des milliers d'esclaves sous les armes, avec la promesse d'une libération... qui ne viendra pas.

 

Je vous suggère donc de regarder ce petit documentaire, advenant que vous le trouviez à votre club près de chez vous. Je l'ai obtenu d'un Cluc Vidéotron, alors Ça ne devrait pas être difficile.

 Fichtre, encore des élections...
 

Il faudra qu'on s'y fasse, une autre campagne électorale nous attend, immédiatement après celle qui se termine aux États-Unis. Une chose est certaine, on risque de ne pas voir plus d'enthousiasme que durant la campagne électorale au niveau fédéral. Et pourtant...

 

Je ne verrai Louise Harel comme ma députée, elle a indiqué; qu'elle ne se représentera pas aux prochaines élections. Bien que je n'aie pas voté pour elle en 2007 mais bien pour le candidat de Québec Solidaire (Gabriel Chèvrefils), je l'ai  quand même apprécié à certains égards. Nul doute, mon comté va être très convoité par les éventuels candidats péquistes. Peu importe l'issu du scrutin, je vais donc avoir un€ nouveau(elle) député€ la prochaine fois.

 

Un encouragement : cette fois-ci, tout dépendamment comment votre député vous représente, s'il s'agit d'un adéquiste du genre hargneux, qui croit avoir été élu par sa personnalité rayonnante ou encore, par ses idées innovatrices... sacrez-le donc dehors! Après avoir vu la réaction du désormais ex-député conservateur Luc Harvey et le plaisir que ça m'a fait de le voir s'en plaindre, j'aimerais bien revivre l'expérience, avec Simon-Pierre Diamond et le voir perdre son siège et la face...

 Si ça vous intéresse...
 

Cradle of Filth a fait paraître son nouvel album mardi dernier, Godspeed On The Devil's Thunder. Je devrais me le procurer bientôt, je sais déjà aussi que le groupe reviendra à Montréal l'an prochain, avec nul autre que Satyricon. En attendant, il existe déjà un clip, pour ce nouvel album.

Publié par oktobre7 à 21:37:10 dans Le libraire inconnu | Commentaires (0) |

Recevoir une brique au visage... | 24 octobre 2008

C'est décidément à la mode, par les temps de dépression économique. Hier soir, tout en faisant ma vaisselle, j'apprenais avec surprise la défection de deux député de l'Union nationale créditiste (ADQ) vers le Parti libéral. L'autre surprise de la soirée, ce fit le mea culpa d'Alan Greenspan, ci-devant président de la « Fed », la Réserve fédérale des États-Unis, l'équivalent de la Banque du Canada, l'institution de la monnaie canadienne. Il ne m'en faut pas beaucoup pour inspirer quelques lignes et des expressions surannées...

 Quand le navire coule, les rats quittent le navire...
 

Vieille expression que celle-là. Ça n'a pas empêché deux caricaturistes de reprendre le thème du navire sombrant...

 

 

 

Dans cette histoire de défection, je n'ai pu m'empêcher d'être étonné de la réaction du chef de l'ADQ et de ses députés. Mario Dumont avait l'air moindrement fâché, n'hésitant pas à s'en prendre à ses anciens députés en insistant sur leur couardise devant de mauvais sondages (il a utilisé l'expression « faire dans leur culotte »...ce n'est pas un langage d'un chef de parti!); le député anti-environnemental Simon-Pierre Diamond, un type pourtant habitué à magouiller malgré son jeune âge, n'a pas hésité à traiter ses ex-collègues de « personnes vendant leur corps aux plus offrant ». Le plus surprenant a été le député de Montmagny-L'Islet admettre que plusieurs autres avaient été approchés par le Parti libéral; lorsqu'on lui a demandé si lui-même avait eu des offres de passer de l'autre côté, il a répondu « Malheureusement, non »... ça en dit long!

 

En fait, dans le contexte où le programme économique de L'ADQ n'est pas très différent de celui du PLQ, voire du Parti québécois, que la réforme constitutionnelle n'est pas à l'ordre du jour pour permettre aux adéquistes de définir leur « autonomisme », on se demande bien ce qu'il peut apporter, en tant que « gouvernement en devenir ». Ajouter à ces défections la piètre défense des dossiers importants par la députation adéquiste, peu portée à se démarquer des performances du chef et de sa garde rapprochée, de même que l'organisation plutôt inexistante sur le terrain, tant l'élection de ces députés sont le résultats de la campagne nationale et non des campagnes locales.

 

Nos deux compères de la défection...

 

Un autre élément m'a frappé ce matin, à la suite de cette double défection. C'est ce commentaire suivant l'article de Robert Dutrisac, paru dans Le Devoir, à propos de la défection. Intitulé « Avoir le courage de ses convictions », l'auteur, P. Mario Charpentier, vice-président de l'exécutif national de l'ADQ, est un plaidoyer sur la viabilité et la légitimité de ce parti politique. Le texte est assez banal, sauf sur quelques points. D'abord, bien que mon propre style d'écriture ne peut être cité en exemple, le texte de M. Charpentier est assez mal écrit et semble être le brouillon d'un texte plus officiel. Ça peut se comprendre, étant donné qu'il suit de quelques heures le départ des deux députés. Pourtant, il porte aussi des éléments qui m'apparaissent gênant, surtout si on prétend être à un poste aussi important. Je retiens entre autre le fait que M. Charpentier a écrit le mot « lobéistes », au lieu de « lobbyistes », trahissant ainsi une méconnaissance du sens du mot. Sur le fond, le titre est une reprise intégrale de celui du livre de Mario Dumont, paru en 2005. Si le commentaire de M. Charpentier avait pour but de démentir l'idée que l'ADQ est le parti d'un seul homme, son chef, il s'est trahi en choisissant ce titre. Le côté assez flou de son texte révèle également celui qui habite les militants de ce parti, lorsqu'ils tentent d'expliquer les raisons de leur implication au sein de l'ADQ. M. Charpentier dit qu'il s'aligne désormais avec cette formation pour défendre la classe moyenne, mais il affirme du même souffle que celle-ci est opposée au corporatisme et au syndicalisme... la nuance aurait été nécessaire, mais on peut pardonner à son auteur de l'avoir écrit sur l'impulsion. Encore faut-il l'avoir signé en son nom personnel et n'engage que lui, mais il a ajouté la qualification de son poste, le désignant loin de la qualité de membre d'un exécutif local...

 

Nul doute que le conseil général de l'ADQ va être un peu morose, en fin de semaine. C'est pourquoi Mario Dumont va proposer de rouvrir la constitution canadienne...

 

Tomber de haut
 

Désormais, lorsque j'entendrais cette expression, j'aurai une petite pensée pour Alan Greenspan. L'ex-président de la « Fed », dont le mandat a duré près de vingt ans, s'est fait connaître pour sa foi sans faille envers les mécanismes du marché et l'absence de réglementation dans le domaine financier. Il est passé devant la commission sénatoriale, afin de tenter d'expliquer la nature de la crise financière actuelle. Ses déclarations se sont voulues alarmistes, mais j'ai surtout retenu sa déconvenue, devant l'échec de la théorie économique auquel il s'est référé depuis toujours. Néolibéral convaincu, disciple (et amant, dit-on...) de la « philosophe » Ayn Rand, la maîtresse à penser des libertariens, Alan Greenspan a tenue encore récemment ce discours :

« J'ai une idéologie. Mon opinion est que des marchés libres et concurrentiels sont de loin la (meilleure) façon d'organiser les économies, sans équivalent. Nous avons essayé la régulation, aucune n'a véritablement marché ».

 

Devant la crise, Greenspan a qualifié la crise de « tsunami », tel que l'on en voit un par siècle. Il a dû admettre que son obstination à ne pas réguler les échanges financiers et maintenir les taux d'intérêt très bas, en conservant une confiance aveugle envers les différents acteurs sur leur capacité à se contrôler, a été sa plus grande erreur. Plus concrètement, il a désigné l'excès des crédits subprimes, afin de réintégrer un maximum de consommateurs peu solvables dans le marché, comme étant la faille du système. L'appât du gain rapide d'un trop grand nombre d'institutions financières, surtout les banques, ont alourdi le poids de ces prêts insolvables sur l'ensemble du système financier, d'où son éclatement et la perte de confiance de tout le monde, sans compter la disparition de centaines de milliards de dollars en valeurs virtuelles et les économies de millions d'épargnants.

 

Bien peu d'entre nous, critiques de la mondialisation et du néo-libéralisme, peuvent se targuer d'avoir une formation d'économiste, encore moins d'avoir la reconnaissance et le prestige d'Alan Greenspan. Pourtant, je peux affirmer avoir « prévu » cette crise, peut être pas ultime mais inévitable, tant on pouvait observer certains symptômes, dont le ralentissement de la consommation ou la hausse vertigineuse du prix du pétrole. Les dernières nouvelles sur la production mondiale sont décourageantes, notamment en Asie où l'écho de fermetures d'usines en Chine (!) nous est  parvenu. Du temps où le militantisme contre la globalisation avait atteint son zénith, suite aux événements de Seattle (automne 1999), nous protestions contre l'application de la déréglementation sur l'ensemble des sphères de la société, comme si la santé et l'éducation devait désormais être considérée comme une marchandise. Nos protestations ne furent pas vaines, imaginez si nos grands théoriciens néolibéraux avaient vraiment atteint leur but... Je me rappelle de cette métaphore, lors d'une manif de l'Opération SalAMI (groupement québécois opposé au projet de l'AMI, Accord Multilatéral sur les Investissements) : la mondialisation était perçue comme un processus où pour faire avancer une locomotive de plus en plus vite, on devait éliminer les freins, la direction, l'équipement de sauvetage, les freins de secours, en nous faisant croire que le mur que l'on apercevait devant n'existait pas...

 

 Alan Greenspan, tentant de convaincre son auditoire...

 

Et ce soir...
 

Je vais voir le spectacle de Kataklysm, avec Eluveitie et Keep of Kalessin, au Medley. Les deux derniers groupes valent la peine de regarder un peu les clips qui suivent...

 

Eluveitie

Keep of Kalessin

Publié par oktobre7 à 23:03:40 dans Le libraire inconnu | Commentaires (0) |

Quand certains votent contre votre existence! | 19 septembre 2008

C'est peut être un effet du blues qui m'habite, quand l'automne arrive et qu'enfin je peux dormir sous mes drap. Ou encore la déception envers mes concitoyens, lorsque je lis et j'entends des commentaires imbéciles sur l'actualité politique. Finalement, c'est la seconde raison qui l'emporte. Encore heureux que je n'habite plus à Lévis, j'en serais déjà à soigner un ulcère d'estomac, en sachant que le mollusque député conservateur du coin va être facilement élu. Déjà que les électeurs de Portneuf, la région où j'ai passé mon enfance, va réélire le démagogue André Arthur.

Ces commentaires, ce sont surtout ceux de la catégorie des gens dont j'apprécie le moins la présence et surtout les opinions. Règle générale, je peux comprendre facilement les points de vue contraire aux miens, surtout s'ils sont appuyés par des faits ou des exemples. Mais quand il s'agit d'opinions forgées dans les préjugés, ça ne passe pas. Évidemment, les commentaires racistes, sexistes, homophobes, haineux, je ne les supporte plus, tant je les trouve nuls et sans objectifs autre que de nuire. Ce n'est pas de la politique quand on exprime sa volonté d'exclure une partie de la population, par ignorance ou par des craintes injustifiées. Le raciste, quand il propose de freiner l'immigration parce qu'il trouve que des « races », il y en a trop, n'a pas exprimé quelque chose de constructif, loin de là. Idem pour celui dont le droit à l'avortement devrait être supprimé, simplement parce qu'il s'appuie sur quelques faits. De même, je ne suis pas plus entiché d'entendre des extrémistes de gauche, tels que ces gens du Parti communiste révolutionnaire, dont la pureté idéologique leur commande de boycotter les élections par souci de ne pas participer à un exercice  démocratique avec la bourgeoisie. C'est pourquoi ils vont qualifier les progressistes du NPD, du Parti vert ou de Québec solidaire de « gauche caviar »... c'est un peu court. 

En fait, la chose la plus détestable qui réuni ces soi-disant points de vue politiques, c'est la volonté d'exclure un groupe de la société. Depuis le déclenchement des élections fédérales, je n'ai pas eu une seule journée où j'ai lu ou entendu une déclaration ou il était manifeste que l'on exprimait une idée d'exclusion. Ce n'est pas souvent dans la bouche des candidats, mais plus souvent des partisans politiques. L'opinion qui s'est fait entendre le plus depuis le 8 septembre, c'est celle qui appui les coupures dans les subventions aux arts. Que d'âneries j'ai pu entendre, de la part de gens dont le principal motif et de voter « contre ». Ainsi, ces électeurs voteront pour les conservateurs, parce qu'ils ont apprécié cette décision. Que de fiel versé contre les « béesses » que sont les artistes, perçus comme étant des riches gâtés qui en veulent toujours plus. On n'a qu'à observer les réactions, le lendemain du Gala des Gémeaux, où ces braves électeurs ne connaissent d'artistes que les vedettes de la télévision et du cinéma, venus à cet événement en tuxedo et en robe de cocktail. Quand on sait que certains comédiens ne gagnent qu'entre 15 000 et 20 000 dollars par année, les obligeant à vivre sur la brèche longtemps avant d'avoir des rôles régulièrement, ou encore les différents créateurs qui doivent cumuler plusieurs emplois pour arriver à joindre les deux bouts, je ne vois pas qui peu bien « profiter du système »...


La meilleure réplique lue récemment est un commentaire sur le blog de Patrice Lagacé. L'auteur se targue d'être une « tata du gros bon sens », cette tribu terrible dont le principal leitmotiv est d'exprimer sa hargne contre tout ce qui leur apparaît comme contraire au sens commun (être propriétaire, se croire d'une classe moyenne, avoir des enfants, habiter en banlieue, être propre, regarder la télévision, se coucher pas trop tard, aimer Céline Dion...bref n'importe quoi qualifié de « normal »). L'an dernier, on a eu droit à de magnifiques exemples de cette pensée de haute voltige, de la part des partisans de L'union nationale créditiste (ADQ). Maintenant, il faut croire que la tribu terrible va probablement voter bruyamment pour les Tories, au nom du gros bon sens. La dénommée Supermario nous a donné cette perle, qui exprime une connaissance aigue de la politique et des affaires publics :

 
supermario
 
Le Jeudi 18 Septembre 2008

Moi je fais partie de ces tatas du gros bon sens et j'en suis fière. Je suis Québecois-canadien-français de souche et je rêve de passer à autre chose...
 
Les conservateurs sont peut-être les seules à l'avoir compris, bien des Québecois en ont assez des débats OUI-NON et de la gauche. Leur solution : régler le problème à la source en coupant l'aide aux artistes qui militent pour la gauche en général.
 
Ces gauchistes paralysent notre système, les priver de subvention est un bon moyen pour empêcher la propagande socialiste qui nous guide tout droit vers des problèmes économiques. (C'est moi qui souligne.)


Pour ce qui est des libéraux comme Mme.Forget et M.Hamad, bien il essaie simplement de se faire passer pour des « sauveur-eniste » qui défendent les intérets de la nation. Ils veulent aller chercher le vote des brebis égarés du PQ tout simplement.

Quand je lis des commentaires semblables, je me demande toujours si j'ai manqué quelque chose. Québec solidaire est pratiquement le seul parti de gauche (il y a aussi le Parti marxiste-léniniste du Québec, mais loin derrière, très loin...), il rassemble de 3 à 8% des voix dans les sondages mais aux yeux de cette tribu, c'est ce parti qui dirige le Québec! À moins que nous sommes dans une république populaire ou socialiste et que personne me l'ait dit! Tiens, pourquoi pas,  la tribu considère tous ceux en dehors de l'ADQ et du Parti conservateur, comme tous des gauchistes! Ah, si c'étais vrai!

En somme, ces gens plastronnent de voter contre tel pou tel groupe et vont jusqu'à nier un droit de parole à ces ennemis désignés, comme s'il s'agissait de créatures nuisibles. Dans l'immode film adéquiste « L'Illusion Tranquille », de Johanne Marcotte, c'est justement la stratégie recherchée : monter des citoyens en grand nombre contre « l'autre » (les syndicalistes, les gens de gauche, le Parti québécois. les souverainistes, les fonctionnaires, les sociaux-démocrates), dont on semble avoir oublié qu'il s'agit d'êtres humains et non de cancrelats*. Cette stratégie semble être utilisée encore à cette élection et elle m'apparaît symptomatique d'un grand malaise. Personnellement, je serais tenté d'y voir une résurgence d'un conflit entre classes sociales, mais il est possible qu'il s'agisse d'un échec plus important, soit l'affirmation de vouloir vivre ensemble. Cette mentalité d'assiégé affirmée haut et fort par la tribu exclusiviste m'apparaît indigne et me fait craindre les pires débordements.

 

*J'utilise le terme « cancrelat », car le sous-entendu historique m'apparaît très lourd de sens...

Publié par oktobre7 à 13:24:21 dans Le libraire inconnu | Commentaires (0) |

À demain! Ce soir c'est le show de Carcass... | 07 septembre 2008

...et je vous en reparlerai, c'est certain! À+!

 

Publié par oktobre7 à 21:55:15 dans Le libraire inconnu | Commentaires (0) |

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