Bonjour chères lectrices et chers lecteurs,
j'ai voulu créer une page pour me défouler, écrire ce qu'il se passe ici bas, dans le monde merveilleux des éternels étudiants endettés, avec un boulot peu rénuméré malgré les aptitudes et les diplômes acquis. Les amoureux de la lecture, plus particulièrement les maniaques de livres dont on ne parle pas beaucoup s'y retrouveront. Comme j'aime aussi les cultures métal et punk, c'est certain que je vais écrire quelques lignes là-dessus.
Et puis moi... je suis désormais un ex-libraire, viré pour avoir exprimé son opinion sur son employeur, Renaud-Bray, malgré mes neuf ans d'ancienneté. Je suis dans la trentaine, ma formation est en histoire et en science politique. Pas d'enfant, pas riche, pas d'auto, pas de REER, pas de télé câblée, pas de colocataire et pas d'animaux. Mais beaucoup de livres et de disques.
J'espère que ce site va vous plaire. Bonne lecture!
| Di | Lu | Ma | Me | Je | Ve | Sa |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | ||
| 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 |
| 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 |
| 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 |
| 27 | 28 | 29 | 30 | 31 |
Mes oreilles ont encore l'écho électrique du spectacle d'hier. Un excellent spectacle, donné par les Norvégiens de Dimmu Borgir, dans un Métropolis bondé. Avant le spectacle, comme c'est notre habitude, moi et Judyth avons pris quelques bières (légères dans mon cas, je ménage ma santé) aux Foufounes Électriques, comme les quelques dizaines de métalleux déjà présents. Comme il faisait beau, ce fut également la première séance de terrasse de la saison. Elle m'a été salutaire, pour me changer les idées noires que je traîne tout le temps. On a peut être manqué les deux premiers groupes, dont Kataclysm, mais le moment présent se prêtait mieux à rester dehors.
Quand nous avons finalement rejoint les autres à l'intérieur du Métropolis, j'ai eu encore la réflexion suivante : ouais, je ne rajeunis pas...La moyenne d'âge était d'environs vingt ans. Du haut de mes 36 ans, même si je ne les fait pas trop (sérieusement!), j'en ai vu, du monde qui trippe métal. De voir un public se rajeunissant autant, le genre a encore de belles années devant lui, autant que le punk. Il y avait aussi quelques têtes grises, dont le gars sympathique avec qui nous sommes allé prendre un dernier verre, après le show aux Foufs. Un sacré bon lecteur, avec qui j'ai pu partager quelques choix ultérieurs. J'ai remarqué comment le tatouage est maintenant très répandu, autant chez les gars que chez les filles, même si l'échantillonnage est quelque peu biaisé, un public d'un show de black métal... C'est quand même faire preuve d'un amour inconditionnel à son genre musical, quand on fait le choix de se faire tatouer un bras au grand complet, avec des motifs tribaux, ésotériques ou morbides. Surtout quand on a vingt ans. Même si j'admet avoir pensé à me faire colorer la peau à mon tour, je ne suis pas certain que se faire tatouer un pentacle est une bonne idée...

Shagrath, de Dimmu Borgir.
S'il y en a un qui n'a pas hésité à faire don de sa peau à la gloire de sa musique (et du diable...), c'est Shagrath, le chanteur de Dimmu Borgir. Ce fut lui qui a été le centre de l'attention de la soirée, son charisme est sans doute sa marque de commerce. Il n'est pas aussi spectaculaire que Dani Filth, de Cradle of Filth, tout comme son groupe, mais il n'en reste pas moins que leur performance vaut la peine d'être vue. Le son ne leur a malheureusement pas rendu justice. À certains moments, on perdait un peu le son du clavier, c'est pourtant cet instrument qui fait la démarcation de la musique de DB. Mais en général, le groupe a bien servi son public survolté, selon l'accueil très « hurlant » des pièces plus connues, comme « Spellbound » ou « Puritania ».
L'ancien batteur de Cradle of Filth, Nicholas Barker, ne fait plus partie de DB depuis 2004. Je ne l'ai su qu'hier... Sur la photo de mon texte d'hier, c'est le gros avec une barbe. Je voulais donc rectifier un truc que j'avais écrit la veille, même si ça n'a pas vraiment d'importance...
Je suis rentré chez moi un peu tard, je n'ai pas vu l'heure passer aux Foufs.
Skinny Puppy fera un spectacle au Spectrum le 6 juin!!! C'est ce qui est indiqué sur leur page à MySpace.
http://profile.myspace.com/index.cfm?fuseaction=user.viewprofile&friendID=33377356
Devinez qui va y aller en courant, à ce spectacle!!!

Nivek Ogre, chanteur de Skinny Puppy
Une autre manif
Vous ne serez pas surpris, je suis des sympathisants avec la cause bolivarienne du président vénézuélien, Hugo Chavez. Il va avoir une manif samedi prochain, à Montréal, pour condamner l'impérialisme américain, toujours le même.
SAMEDI LE 28 AVRIL À 13H
DÉPART AV. PARC LAFONTAINE/CHERRIER
MÉTRO SHERBROOKE
NON à l'impérialisme canado-étasunien de Port-au-Prince à Caracas!
OUI au changement social en Amérique latine et au processus bolivarien!
VENEZ HABILLÉS DE ROUGE!
En Amérique, une vague populaire s'est levée, la Révolution Bolivarienne tient bon contre la domination canado-étasunienne. Même après un coup d'État, un sabotage pétrolier et un référendum révocatoire, le gouvernement démocratique du Venezuela tient bon. La Zone de libre échange des Amériques (ZLEA) est en voie d'être remplacée par l'Alternative bolivarienne pour les Amériques et les Caraïbes (ALBA). Avec l'ALBA, les peuples vont vers une redistribution des richesses en faveur de la santé, de l'éducation, l'environnement, etc. Appuyons l'autodétermination des peuples!
Organisé par la Coalition 28 Avril (C28)
Info: c28@sbqc.org - www.sbqc.org/c28 
Publié par oktobre7 à 01:23:30 dans Le libraire inconnu | Commentaires (0) | Permaliens
Le printemps, il peut arriver à la même date officielle à chaque année, pour moi c'est selon des critères un peu plus précis, ceux qui annoncent les beaux jours. Des journées successives avec une température au-dessus de 20 C, il n'y a plus de doute, malgré le début de la semaine dernière, l'hiver est terminé.
J'ai sorti en vélo pour la première fois ce matin. Comme je ne suis pas un adepte du cyclisme d'hiver et que j'en fait surtout pour l'effort physique, je préfère le vélo en des temps propices. Certains en font toute l'année, peu importe s'il fait une tempête ou il pleut, ce n'est pas mon cas. Je m'en sert aussi pour mes transports, mais encore faut-il que ce soit pour l'agrément. Je me vois mal arriver à vélo au travail, tout en sueur, pour ensuite servir la clientèle.
Le succès de participation de la Marche pour l'Accord de Kyoto, tenue hier à Montréal et dans plusieurs villes à travers le monde, annonce aussi le printemps. C'est celui de l'espoir à ce que ce gouvernement conservateur fasse volte-face, devant la pression populaire. J'attend la réponse de ce ministre Baird, comment va-t-il tenter de faire avaler les couleuvres aux citoyens engagés pour la sauvegarde de l'environnement.
Hier également, j'ai appris que ma sœur allait se marier avec son conjoint cette année. Après plusieurs années de vie commune et deux beaux garçons en pleine santé, c'était une étape ultime à franchir pour les deux amoureux, l'engagement solennel devant tout le monde.
Et aujourd'hui...

Pour contrer ma perpétuelle déprime, j'ai appris tout à l'heure que j'irai voir le spectacle de Dimmu Borgir, ce soir au Métropolis. Gratos, comme d'habitude, mon contact habituel (MERCI JU!!!). Un article sur ce groupe a paru dans le Voir de cette semaine, je laisse le lien ici :
http://www.voir.ca/musique/musique.aspx?iIDArticle=46968
Pas très éloigné du genre de musique que fait Cradle of Filth, Dimmu Borgir se démarque par un côté plus violent encore. Le batteur a fait partie pendant quelques années de Cradle, avant de rejoindre les Norvégiens. La seule chose que je n'apprécie que modérément, tout comme avec Cradle of Filth, ce sont les paroles, très éloignées de mes propres valeurs. Le satanisme et l'occultisme en général n'ont jamais été mon truc, aussi loin que je me souvienne, de toutes ces années où j'écoute du métal. Les sous-entendus néo-païens ou nietzschéens des plus sérieux de ces groupes me sont des plus repoussants. Autrement, l'ambiance dégagée par le rythme infernal du groupe me plaît bien. Je l'ai vu une fois, en 1999 ou 2000 au Spectrum, avec Cannibal Corpse.
Quelques liens YouTubesque...
http://www.youtube.com/watch?v=j8bUs0eqHYY
http://www.youtube.com/watch?v=6m2NCgY_DqI
J'aime particulièrement cette chanson...Mourning Palace :
http://www.youtube.com/watch?v=nMg80LiH_kY
Je reviendrais là dessus demain...

Publié par oktobre7 à 22:31:46 dans Le libraire inconnu | Commentaires (0) | Permaliens
La première nouvelle qui m'a éveillé ce matin n'est pas celle que vous pensez. Je me suis levé plus tôt que cet événement tragique qui s'est produit en Virginie. Aujourd'hui, il s'agit d'un jour spécial, célébré ici comme partout ailleurs, de façon plus discrète au Québec, mais de façon solennelle. Il s'agit de la commémoration de la Shoah, une journée nommée Yom Hashoah, une journée fériée en Israël, afin de souligner le martyr du peuple juif durant la Seconde Guerre mondiale. À une heure précise, les sirènes d'alertes aériennes se sont mises à hurler, pour permettre aux citoyens de s'arrêter là où ils sont, afin de se recueillir et se souvenir.
Nous connaissons relativement la Shoah, depuis que la planète a appris sur la monstruosité créée et érigée en système par le nazisme et le IIIe Reich, à travers l'Allemagne et les pays occupés, durant le dernier conflit mondial. Des millions de personnes ont été persécutées, arrêtées, torturées, forcées au travail et assassinées, parce qu'elles étaient d'origine juive. D'autres l'ont été pour de multiples raisons, qu'elles soient raciales, politiques, religieuses, sociales ou autres. Encore récemment, je peux voir les nombreux titres des nouveaux livres concernant cette sombre époque de l'humanité, dont on semble n'avoir pas encore saisi le sens. Il n'est pas inutile de rappeler que le livre récipiendaire du Goncourt de l'an dernier est « Les Bienveillantes », de Jonathan Littell, un énorme pavé de 900 pages, où se raconte un ancien SS ayant vécu la période des nettoyages ethniques dans les territoires occupés de l'Europe de l'Est.
Ce qui m'a attristé avec cette journée commémorative, c'est cette nouvelle troublante. Le tiers des survivants de l'Holocoste vivant en Israël, soit environ 90 000 personnes sur 270 000, vivent sous le seuil de la pauvreté. Pourtant, le souvenir de la Shoah est préservé partout, des centres de documentation et des musées font connaître à toutes les populations, comme ici à Montréal, les souffrances endurées par les populations juives sous l'occupation nazie en Europe. Mais on dirait qu'en Israël, on en a oublié l'essentiel, soit apporter le soutien que mérite ces survivants, des personnes âgées et souvent seules et malades.
J'ai fait une petite recherche, pour en savoir plus long sur cette situation scandaleuse. Ce que je retiens surtout, c'est l'insensibilité des gouvernements successifs en Israël, qui a obtenu des centaines de millions de dollars de l'Allemagne, en guise de réparation pour les torts commis par le IIIe Reich. Or, le ministère des finances en Israël, chargé de verser ces fonds aux survivants, laisseraient la plupart des gens sur le carreau. Cet argent serait employé à d'autres fins que de donner plus de facilité à ces vieillards de vivre leurs derniers jours. J'ai conservé quelques liens avec les sources plus près d'Israël ou des communautés juives, le débat semble dater de plusieurs années là-bas.
Ça m'a rappelé un essai que j'ai lu il y a six ans, lors de sa parution en français. L'industrie de l'Holocauste (La Fabrique, 2001), de Norman G. Finkelstein, a valu les foudres de nombreuses autorités sur son auteur, parce que celui-ci dénonçait l'utilisation de la mémoire de la Shoah à des fins politique. Certes, il n'avait pas été de main morte, lorsqu'il s'est employé à dénoncer les responsables des différentes organisations juives chargées de demander des réparations au gouvernement allemand et à d'autres États, visés pour leur collaboration passée avec les autorités nazies. Ce que j'avais surtout retenu, c'est que la mère de l'auteur, survivante à six années de persécution et rescapée du camp de la mort d'Auschwitz, a obtenu en tout et pour tout six mille dollars US, de la part de ces organisations chargées des réparations envers les victimes. Le président de la fédération de ces organisations aux États-Unis, une homme probablement très en demande, obtient un salaire annuel de 106 000 dollars US (en 2001). C'est peut être une partie de l'explication, sur cette injustice inqualifiable.
Une autre partie de la réponse provient du fait que les survivants de la Shoah, installés en Israël depuis 1953 n'obtiennent aucune aide de l'État. C'est un choix sur lequel aucun gouvernement n'est intervenu depuis, en dépit des besoins criants et des montants versés en réparation, pour ceux ayant vécu dans leur chair la barbarie nazie. C'est sur la mémoire de cette barbarie, que cet État a basé en partie son existence. Il semblerait que les politiciens israéliens ont oublié quelque chose en route. Ainsi, ils prêtent le flanc aux premiers antisémites venus accuser leur pays d'extorsion envers les États européens.
Il existe une multitude d'injustices pour lesquelles on voudrait écrire quelque chose. Je ne sais pourquoi, celle-ci m'a interpellé plus que je ne le croyait au départ, lorsque je me suis levé ce matin. Je me dis que finalement, si moi, petit libraire québécois coincé dans la slush à Montréal, en cette journée d'avril, si j'ai entendu parler d'une injustice à des milliers de kilomètre d'ici, peut-être que la solution n'est pas si lointaine. Ouais, il existe aussi des milliers de gens vivant dans une immense prison à ciel ouvert, sous le joug du même gouvernement, cette prison appelée Gaza...
Espérons.
Encore des morts, victimes d'un tireur fou, dans un établissement scolaire. Ça ne finira donc jamais, ces tueries menée par un ou des déments. Le massacre de Virginia Tech nous rappelle les autres massacre, comme Columbine au Colorado, ou plus près de nous, Polytechnique en 1989 ou encore le collège Dawson l'automne dernier. Je n'aurais pas de mots pour expliquer mon désarroi. Cette violence si soudaine, frappant et fauchant des gens là où ils ne s'attendaient pas de mourir, pour des raisons qui échappe à toute explication, à toute logique. Comme les victimes civiles de la guerre en Irak. Je n'ai pas plus de mots pour cela.

Publié par oktobre7 à 03:06:11 dans Le libraire inconnu | Commentaires (0) | Permaliens
J'ai eu droit à une soirée vidéos l'autre soir, chez mon collègue Jean-François. Nous étions moins d'une dizaine, en majorité des collègues de la librairie, pour voir quelques films du répertoire particulier de notre hôte. Jean-François a une superbe collection de films d'horreur et surtout ceux dits de « série B ». Des grands classiques, dont les cinéastes Quentin Tarantino et Robert Rodriguez ont fait hommage, dans leur récent programme double « Grindhouse ». On a eu droit un peu sur le tard de la soirée (pour ne pas dire la nuit) à une parodie de film de zombies, réalisé quelque part en Amérique du sud. Du grand cinéma, pour ceux dont l'absence de goût est un critère absolu! J'admet mon plaisir coupable, c'est ce type de films que j'aime bien, parmi les divers types de films d'horreur. L'un d'eux m'a tellement plu que j'ai acheté une copie en DVD lorsqu'il a été disponible dans ce format. « Dawn of the Dead », sorti en 2004, m'avait fait réagir très fortement au cinéma, lorsque je suis allé le voir dans une salle de Lévis. J'ai rarement agrippé mon fauteuil comme cette fois-là... J'avais été le voir dans le but de me changer les idées, j'ai été servi plus que j'en ai demandé.
Je laisse ici un extrait du début du film... accrochez-vous bien, si vous n'êtes pas habitués avec le genre :
http://www.youtube.com/watch?v=ZyQK8RZOQbQ
Et surtout l'intro : http://www.youtube.com/watch?v=rBARCCWwkag
Nous n'avons pas commencé cette soirée avec des films. Notre hôte a chez lui une collection de vidéo-clips, surtout ceux des années 80, des débuts des grandes chaînes nord-américaine de diffusion de ces clips, MTV, MuchMusic et Musique Plus. On a été gâté, dans le genre. Imaginez tout ce que vous voulez, de la musique et de la mode de ces années là. Plusieurs artistes à leurs débuts, dont Madonna et son « Like a virgin », Eurythmics, Bryan Adams, ou d'autres dont on a perdu de vue depuis, comme A-ha ou Europe, ou encore d'autres dont on a vu ou on prévoit un retour, comme Samantha Fox, Hall and Oates ou Vanilla Ice, en tant que représentants du rétro des années 80. Le rétro des années 80...ça fait curieux d'écrire ça, de mon temps, c'étais les années 60...
J'avoue que ça m'a donné un petit coup de vieux. On a passé quelques heures à boire et à regarder ces clips, en commentant telle fringue laide ou telle coupe de cheveux passé date, comme celle de Vanilla Ice et son toupet ou encore celle qu'arborait Robert Palmer de son vivant, dans son clip « Addicted to Love ». Revoir des vidéos de Culture Club, quand on les a vu diffusés du temps de l'engouement planétaire pour Boy George et sa bande, ça donne un sentiment curieux. Du temps où ces artistes étaient au sommet de leur célébrité, vers 1984 ou 1985, j'étais déjà voué à la contre-culture et à dénigrer ce genre d'artiste formaté pour être populaire. Je venais de découvrir Metallica, Slayer, Venom, Exodus, Possessed, reléguant ainsi mes premiers albums d'AC/DC et de Kiss au fond de mes tiroirs, ils n'étaient plus aussi « heavy ». Le punk hardcore n'allait pas arranger les choses, à la fin de la décennie, pour arranger mon appréciation très mitigée de la musique commerciale. Le plus curieux, c'est que je devinais systématiquement les noms et les titres des chansons après quelques secondes. Même si je n'ai pas aimé aucun de ces trucs de « preppies », je n'ai pas eu le choix de savoir de quoi il était question, tant ils étaient archi-diffusés partout. Comme j'étais en pleine adolescence, même dans un bled appelé Saint-Pamphile, il aurait fallu que je vive séparément dans une secte pour ignorer cette culture. Mes collègues, pour certains, voyaient de ces clips pour la première fois de leur vie. C'est là que j'ai eu le coup de vieux : moi qui ai vu tout ce beau monde, souriant et compétitifs, à leurs premières diffusions sur MuchMusic (on avait le câble à Saint-Pamphile), mes collègues avaient... ben, à vrai dire, certain n'étaient pas nés, ou étaient en bas âge! Ça m'a fait bizarre...
C'est peut être une conséquence de mon travail. Je suis à l'emploi de Renaud-Bray depuis près de neuf ans, comme libraire. Comme c'est une entreprise où le taux de roulement du personnel est très élevé, des salaires trop bas ne permettant pas aux employés à temps plein de vivre facilement de leur seul salaire, une bonne partie des postes sont occupés par des étudiants, pour une durée rarement plus élevée que deux ans. D'où la présence de nombreux collègues au début de leur vingtaine parmi le personnel. Du haut de mes 36 ans et quelques, je commence à avoir un certain décalage, avec cette catégorie d'âge. Et je suis loin de m'en plaindre.
Et puis c'est quoi, être jeune? Quand j'apprend ce que sont devenus un tel ou d'autres types que j'ai fréquenté, notamment ceux de mes premiers groupes de musique il y a plus d'une quinzaine d'année de cela, je préfère ma vie à la leur. Je ne me vois pas dans le cliché de bungalowpolis, enfermé avec les gadgets (et les factures) de la confortable vie nord-américaine, désengagé, vivant l'individualisme à outrance de la vie de banlieue, avec des soucis aussi primordiaux que le gazon le plus vert du voisinage et la voiture de l'année obligatoire. Du conformisme abêtissant, merci bien! Je préfère encore la vie que je mène. Pauvre, mais avec une vie pas mal plus enrichissante, avec des gens dégagé de ces faux besoins. S'il y bien des trucs qui amènent le vieillissement prématuré des jeunes de ma génération, c'est bien le consumérisme à outrance.
Ça me rappelle le discours « Choose life », prononcé en arrière-plan par le personnage de Renton, dans le film « Trainspotting ». Renton justifiait son état d'héroïnomane. Si on enlève cette raison, son discours s'apprête bien à décrire ce que je ressent, devant cette obligation envers la vie de consommation qu'on semble nous imposer comme une norme de vie. On peut être en accord ou non avec ce discours, ou encore en partie. Je l'ai reproduit ici.
Choose Life. Choose a job. Choose a career. Choose a family. Choose a fucking big television, choose washing machines, cars, compact disc players and electrical tin openers. Choose good health, low cholesterol, and dental insurance. Choose fixed interest mortgage repayments. Choose a starter home. Choose your friends. Choose leisurewear and matching luggage. Choose a three-piece suite on hire purchase in a range of fucking fabrics. Choose DIY and wondering who the fuck you are on Sunday night. Choose sitting on that couch watching mind-numbing, spirit-crushing game shows, stuffing fucking junk food into your mouth. Choose rotting away at the end of it all, pissing your last in a miserable home, nothing more than an embarrassment to the selfish, fucked up brats you spawned to replace yourselves. Choose your future. Choose life... But why would I want to do a thing like that? I chose not to choose life. I chose somethin' else. And the reasons? (...)

Armez-vous de patience, demain, c'est le retour de l'hiver...
Publié par oktobre7 à 00:07:57 dans Le libraire inconnu | Commentaires (0) | Permaliens
Je n'avais pas encore écrit sur la dernière nouvelle en importance chez Renaud-Bray. Peut-être que ça me tentais guère, j'ai l'impression de me répéter sur mon blogue. Déjà, dans les deux derniers mois, une partie non négligeable des employés de l'entreprise ont subi des coupures dans leurs heures travaillées, certains ont même perdu leur emploi. Lors de cette annonce, l'entreprise avait assuré qu'elle ne fermerait pas d'autres succursales cette année. Or, trois succursales ont disparues ou vont disparaître du paysage sous peu. J'avais écrit sur celle de Place Québec, une petite succursale négligée au centre-ville de Québec. Le fiasco de la transformation de la succursale de la rue Saint-Denis, en un commerce d'écoulement appelé « Le Temps des Livres », aura amené l'entreprise à annoncer sa fermeture mais celle-ci a été retardée, on ne sait pourquoi. Et finalement, la semaine dernière, c'est la succursale du Village, située sur la rue Sainte-Catherine est, qui va fermer ses portes à son tour.
Les employés de l'endroit ont reçu la nouvelle comme une masse dans le front. En janvier, l'entreprise avait délégué son équipe commerciale, ses soi-disant spécialistes du marketing, pour réaménager les sections. Il semblerait que l'effet était surtout de faire croire aux employés et aux clients de la viabilité de cette succursale. Pourtant, les employés n'étaient pas dupes, le propriétaire du bâtiment est venu à quelques reprises dans la succursale, pour faire des visites. C'est lorsque la direction a été mise devant le fait établi par le syndicat, le local allait être loué à la Banque Laurentienne, qu'elle a finalement admis la fermeture de l'endroit.
Encore une fois, cette fermeture démontre la faillite de la direction commerciale de l'entreprise, dans son obstination à imposer partout le même type de produit, plutôt que chercher à laisser une moindre autonomie aux succursales. L'uniformisation aura eu raison de cette succursale, boycottée en partie par la clientèle gaie et lesbienne. En effet, il y a trois ans, cette direction commerciale avait démantelé la section de littérature gaie, sous un prétexte boiteux. Je reprend l'explication de madame Morency, la relationniste de l'entreprise, pour expliquer cette mise au pas de la succursale : « Les petites madames qui travaille à Radio-Canada ne devraient pas aller chercher leur Michel Tremblay dans une section gaie ». Le spécialiste de cette section, ayant appris son démantèlement à son retour de vacance, est tout simplement passé chez la concurrence, possiblement avec sa clientèle. Du coup, la succursale a subi une baisse important de son achalandage et n'a plus été rentable. Contrairement à ses début, où deux librairies indépendantes avaient fermé leur porte, peu après l'arrivée de Renaud-Bray dans ce quartier, c'est l'implantation de deux autres librairies indépendantes et spécialisées qui ont achevé la désertion de la clientèle à cette succursale.
Cette fermeture est la dernière, dans la restructuration de l'entreprise. Du moins, c'est ce qui est écrit dans le communiqué de Renaud-Bray. Je n'y crois pas. Cette manie du secret et de la dissimulation ne laisse pas beaucoup de marge à la confiance envers la direction. Je me souviens de la prétention de Pierre Renaud, qui répondait aux journalistes, lors de l'ouverture de la succursale de la Place Ville-Marie, l'automne dernier. Il affirmait que « la bonne humeur était revenue dans les succursales », un an après le conflit de travail. Avec les coupures d'heures, les fermetures et les pertes d'emplois, il aura beaucoup à faire, dans les prochain mois, pour rétablir la confiance. Mais peut-on croire vraiment à ce rétablissement? Depuis le temps où la direction a choisi d'imposer la manière forte, les ordres, les sanctions et les menaces aux employés, refonder un lien d'emploi basé sur la communication et la confiance réciproque semble être au-dessus de ses moyens. C'est en dehors de sa nature. Quand la direction de cette entreprise se rendra compte de l'importance du lien de confiance entre elle et ses employés, pour la bonne marche de cette entreprise, il sera malheureusement trop tard.
Sur une note moins plate...
Hier soir, je me suis amusé à retrouver des vidéo-clips loufoques, sur le site de Youtube. Grâce à des fans de la célèbre émission Dollaraclip, diffusé à Musique Plus et animé par Louis-José Houde, nous avons droit à la survie de perles de la musique en vidéo. Mon clip préféré est sans conteste Girls, Boys de Pierre Nadeau, le grand classique de cette émission.
http://www.youtube.com/watch?v=LlhX-yFHqJg
Ce clip a été tourné à Old Orchard, dans le Maine, avec des moyens visiblement restreints. Pierre Nadeau a eu quand même l'ambition de faire un clip d'une chanson d'été, avec les images de soleil, de plage, de filles en bikini, etc. Malheureusement pour lui, il a fallu qu'il se place au centre de la majorité des images, dans un contexte ayant très mal vieilli. Pas étonnant que désormais, on se refile pour rire le lien URL de cette perle de Musique Plus, en pointant du doigt ce chanteur à la moustache...
Quand on fait une recherche Google avec le nom de Pierre Nadeau, on peut observer que ce clip a servi à plusieurs textes sur cette époque un peu oubliée.

Publié par oktobre7 à 17:43:58 dans Le libraire inconnu | Commentaires (0) | Permaliens
<< |1| 2| 3| 4| 5| 6| 7| 8| 9| 10| 11| 12| 13| 14| 15| 16| 17| 18| 19| 20| 21| 22| 23| 24| 25| 26| 27| 28| 29| 30| 31| 32| >>