Bonjour chères lectrices et chers lecteurs,
j'ai voulu créer une page pour me défouler, écrire ce qu'il se passe ici bas, dans le monde merveilleux des éternels étudiants endettés, avec un boulot peu rénuméré malgré les aptitudes et les diplômes acquis. Les amoureux de la lecture, plus particulièrement les maniaques de livres dont on ne parle pas beaucoup s'y retrouveront. Comme j'aime aussi les cultures métal et punk, c'est certain que je vais écrire quelques lignes là-dessus.
Et puis moi... je suis désormais un ex-libraire, viré pour avoir exprimé son opinion sur son employeur, Renaud-Bray, malgré mes neuf ans d'ancienneté. Je suis dans la trentaine, ma formation est en histoire et en science politique. Pas d'enfant, pas riche, pas d'auto, pas de REER, pas de télé câblée, pas de colocataire et pas d'animaux. Mais beaucoup de livres et de disques.
J'espère que ce site va vous plaire. Bonne lecture!
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Vous ne serez pas étonné que j'évoque cette journée. Bien sûr, à chaque année, c'est le moment de se rappeler nos conditions, en tant que classe sociale. Dans le contexte aussi particulier de la montée de la droite, voire de l'extrême-droite, il est important de souligner la signification de la journée du 1er mai. J'ai retrouvé un texte des plus intéressants, paru dans l'Aut' Journal l'an dernier. Je l'ai reproduit ici.
Le monde se souvient du jour où 350 000 grévistes scandaient 8 heures de travail ! 8 de sommeil ! 8 de loisirs !
Par Stéphanie Beaupied
Printemps 1886. L'American Federation of Labor lance un mouvement de grève pour la journée de huit heures. Le 1er mai, 350 000 grévistes des État-Unis scandent « 8 heures de travail, 8 heures de sommeil et 8 heures de loisirs ! ». La ville ouvrière de Chicago mobilise 40 000 travailleurs. Tout est paralysé. Le 3 mai, les Pinkerton, une agence de polices privée, tirent sur les grévistes de la McCormick Harvester Works qui se battaient avec des briseurs de grève. Cet affrontement fait 4 morts et plusieurs blessés. Le plomb « est sans doute la meilleure nourriture que l'on puisse donner aux grévistes » titrait le Chicago Times satisfait.
Furieux, un groupe anarchiste de l'Association internationale des travailleurs appelle les ouvriers aux armes « Travailleurs, vous n'avez à perdre que vos chaînes ! ». Un rassemblement a lieu le 4 mai au Haymarket Square de Chicago. Une bombe explose. La police tire dans la foule. Il n'en fallut pas tant pour arrêter les anarchistes pourtant absents de la manifestation, sauf un, qui était à la tribune lors de l'explosion. Les quotidiens avaient mis leur tête à prix depuis longtemps. « Ils serviront d'exemple », titrait le Mail de Chicago, deux semaines avant leur arrestation. Les militants furent condamnés à la potence sans preuve. Aujourd'hui, on ne sait toujours pas qui est l'auteur de cet attentat. Mais le massacre de Haymarket et la pendaison de 4 militants en 1887 marquent le mouvement international. Des manifestations sont organisées en France en Angleterre, en Italie, en Russie et aux Pays-Bas. Le Premier Mai devient un symbole.

Il faut se plonger au cœur de l'âge d'or du capitalisme industriel pour remonter aux origines du Premier Mai. Les États-Unis d'après la guerre de Sécession vivent de profondes transformations. 1855 à 1900 est l'époque de la mécanisation, de la vapeur, des voies ferrées, de l'acier et de l'urbanisation. Désormais, on transforme trois tonnes de fer en acier en quinze minutes alors qu'il en prenait une journée auparavant. 30 000 kilomètres de rails sont érigés. L'extraction du charbon se multiplie par 7. La population new-yorkaise passe de 800 000 à 4 millions d'habitants.
Il est difficile de saisir l'ampleur de l'effet des événements fondateurs de Mai 1886. Par contre, il en découle une décennie de luttes sociales et ouvrières acharnées, la plupart du temps sanglantes. Le gouvernement n'hésite pas à utiliser la loi martiale qui permet les arrestations sommaires, les agences de polices privées, les milices ou la garde nationale et, abondamment, des briseurs de grève. Entre 1881 et 1885, il y a une moyenne de 500 grèves chaque année aux États-Unis. Seulement pour l'année 1886, 1400 grèves mobilisent un demi million de travailleurs de toutes les origines. Dans le Sud, les Noirs des plantations sucrières revendiquent le salaire d'un dollar par jour. On applique même la loi martiale pour venir à bout des révoltes. Deux militants disparaissent, une fusillade fait trente morts et des centaines de blessés chez les grévistes. En 1891, des mineurs du Tennessee s'arment et libèrent les prisonniers contraints au travail forcé qui servent de briseurs de grève dans les mines. Les affrontements entre briseurs de grève et grévistes teintent la plupart des luttes ouvrières de la fin du XIXe siècle puisque les droits syndicaux ne sont pas encore reconnus.
Pendant ce temps, les grands capitalistes consolident leur fortune à l'aide des gouvernements et des salaires de misère. Les compagnies ferroviaires obtiennent, à coup de pots de vin, des terres appartenants aux autochtones et des subventions pour la construction des voies ferrées. Les travailleurs Chinois et Irlandais meurent par centaines pour construire des voies ferrées d'un bout à l'autre des États-Unis. Pour un dollar par jour, ils souffrent des pires conditions climatiques et des attaques des Amérindiens qui protestent contre l'envahissement de leur territoire. Rien n'arrête le progrès. On élimine systématiquement les autochtones en les réprimant dans le sang. Le massacre d'un campement amérindien de Wounded Knee dans le Dakota du Sud fait 300 morts, femmes et enfants confondus. La petite histoire des Cowboys et des Indiens se lie aussi à celle des Industriels et des Travailleurs immigrants.
C'est à cette époque que les entreprises obtiennent le statut de « personne morale » en se servant à leurs fins propres du Quatorzième Amendement qui était destiné à la défense des Noirs. Les entreprises états-uniennes sont depuis le tournant du siècle considérées comme des personnes à part entière et l'État ne peut les priver de leur liberté et surtout de leur propriété. Ce détournement de la loi reflète l'idéologie des Pères Fondateurs pour qui la propriété est un droit inaliénable.
Les industriels états-uniens croient aussi à la pensée du darwinisme social selon laquelle la pauvreté est un échec individuel et qu'il n'y a qu'à travailler pour devenir riche. John D. Rockefeller est un promoteur de cette idéologie « La variété de rose American Beauty ne peut être produite dans la splendeur et le parfum qui enthousiasment celui qui la contemple qu'en sacrifiant les premiers bourgeons poussant autour d'elle. Il en va de même dans la vie économique. Ce n'est là que l'application d'une loi de la nature et d'une loi de Dieu. »
Depuis l'année 1890, le 1er mai est une journée de solidarité des travailleurs partout dans le monde. Ironiquement, le 1er mai n'est pas un jour férié en Amérique du Nord tandis que plusieurs pays européens l'ont adopté en l'honneur des luttes ouvrières du passé.
Le 1er mai doit demeurer le symbole de la solidarité des travailleurs, tout en s'unissant avec le combat des altermondialistes. Plus que jamais, les travailleurs du monde sont interdépendants, le travail des uns bouleverse le travail des autres. Le discours de la compétition entre les travailleurs du globe doit devenir une seule et même lutte pour des salaires justes et des échanges équitables. Le mouvement altermondialiste qui dénonce les recours en justice des multinationales contre les États hérite en quelque sorte des problèmes d'autrefois. Le cinquième anniversaire du Sommet des Amériques doit nous remémorer les combats de la classe ouvrière du tournant du siècle et la similitude avec ceux d'aujourd'hui.
Références historiques : Howard Zinn, Une histoire populaire des États-Unis, Montréal, LUX, 2002, 811p.
Publié par oktobre7 à 13:27:14 dans Le libraire inconnu | Commentaires (0) | Permaliens
Mon ami Luc m'a envoyé quelque chose de très drôle. Vous savez peut-être que dans le monde merveilleux du métal, il existe une foule de styles aussi différents les uns que les autres. Ainsi, on ne peut comparer aussi facilement un groupe d'un style à un autre, même si les deux groupes proviennent du même genre métal. Par exemple, on ne peut pas vraiment comparer Metallica à Slipknot. Le premier fait dans un genre plutôt heavy metal, l'autre est apparenté autant au death metal qu'à l'Alternative. Cest la même chose qu'avec Iron Maiden. Cest un groupe heavy metal, qui a influencé grandement de nombreux groupes comme Cradle of Filth, mais celui-ci, quand on en écoute, il est pas évident de le comparer à son groupe d'influence, du fait de sa tendance death/black.
Pour s'y retrouver dans ces genres, le type qui a écrit ce qui suit a imaginé l'histoire d'un chevalier allant délivrer une princesse dans un château, gardé par un dragon. C'est un thème récurrent, à la base du genre. Selon les différents styles, l'histoire varie, selon ce qu'on peut comprendre de la musique, des paroles et de l'apparat des fans. Je préviens les néophytes, c'est d'un humour très féroce, ça pourrait choquer les cœurs sensibles...
Le métalleux et le dragon...HEAVY METAL
Le chevalier arrive sur une Harley Davidson, tue le dragon, boit quelques bières et baise la princesse.
SPEED METAL
Chevalier-tue-dragon-sauve-princesse-la-baise.
HARD ROCK
Le chevalier arrive en short avec une casquette. La princesse se casse dégoûtée.
BLACK METAL
Le chevalier arrive, tue le dragon et boit son sang, sodomise la princesse et boit son sang, puis la sacrifie à Satan.
SYMPHONIC BLACK METAL
La même chose mais en finesse.
HAIR METAL
Le chevalier arrive avec une coiffure 80's, envoie un baiser à la princesse et se fait croquer par le dragon.
FOLK METAL
Le chevalier arrive avec des amis flûtistes et violonistes, le dragon s'endort, il sauve la princesse et l'épouse.
POWER METAL
Le chevalier arrive sur une licorne blanche, parvient à déjouer les plans du dragon, sauve la princesse et lui fait l'amour dans une forêt enchantée.
WHITE METAL
Le chevalier arrive avec une bible sous le bras, convertit le dragon et ne baise même pas la princesse.
METAL INDUSTRIEL
Le chevalier arrive en porte-jaretelle, fait des gestes obscènes au dragon, et se fait jeter hors du château par la sécurité.
DEATH METAL
Le chevalier arrive, tue le dragon, baise la princesse et la tue.
BRUTAL DEATH
Le chevalier arrive, tue le dragon, tue la princesse et la baise.
GOTHIC METAL
Le chevalier arrive et tue le dragon. La princesse tombe amoureuse de lui, il l'épouse en grandes pompes, le roi lui donne son royaume, il est le héros du peuple, il se suicide sans qu'on sache pourquoi.
DOOM METAL
Le chevalier arrive et se suicide. Le dragon mange son corps et la princesse.
ALTERNATIVE METAL
Le chevalier arrive, refuse d'être part du système, dit « fuck » à la princesse et repart.
VIKING METAL
Le chevalier arrive en bateau, tue le dragon avec une hache à deux mains, le cuit, le mange, viole la princesse et brûle le château.
PROGRESSIVE METAL
Le chevalier arrive avec une guitare et joue un solo de 26 minutes, le dragon se tue lui-même par ennui, le chevalier arrive près du lit de la princesse, joue un autre solo, la princesse s'enfuit et va chercher le chevalier heavy metal.
ATMOSPHERIC METAL
Les écailles du dragon reflètent la lumière de la Lune, la princesse est à son balcon et jette un regard mélancolique au loin, l'air souffle doucement dans les arbres de la forêt. Pas de chevalier.
GLAM METAL
Le chevalier arrive en retard après s'être looké pendant 3 heures, entre pendant que le dragon se tord de rire à sa vue, vole le maquillage de la princesse et peint les murs du château en rose.
NU METAL
Le chevalier arrive à bord d'une vieille Honda Civic et essaie de se battre avec le dragon, mais il finit par y passer lorsque son baggy en matière synthétique prend feu.
GRIND METAL
Le chevalier arrive complètement bourré, regarde le dragon en face, lui vomit dessus, crie quelque chose de parfaitement incompréhensible pendant 2 minutes puis repart.
GORE METAL
Le chevalier arrive, tue le dragon en répandant ses entrailles devant le château, baise la princesse et la tue, rebaise le corps mort, tranche son estomac pour en bouffer les tripes, rebaise la carcasse une troisième fois, brûle le cadavre et le rerebaise une dernière fois.
NEO METAL
Le chevalier arrive, il flippe quand il voit le dragon alors il reste devant les douves, en faisant des gestes obscènes à la princesse. Puis il repart dans la forêt se masturber.

Publié par oktobre7 à 21:49:02 dans Le libraire inconnu | Commentaires (0) | Permaliens
J'ai appris ce matin la mort de Mstislav Rostropovich, un des grands musiciens de notre époque. Il avait 80 ans.
Je ne réécrirait pas toute sa biographie, ce qui serait un peu inutile. Je laisse ici quelques liens, celui de son article sur Wikipedia, et d'autres liens sur Youtube.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Mstislav_Rostropovitch
http://www.youtube.com/watch?v=LU_QR_FTt3E
http://www.youtube.com/watch?v=PnzLEDDbANY
http://www.youtube.com/watch?v=Ud3BvW2MAj4
Rostropovich jouera pour cette vingtaine de personne, et un caméraman qui prendra cette scène très émouvante en images. Malheureusement, je n'ai pu retrouver de documents, sur les moteurs de recherche qui me sont habituels. Je n'ai également pu trouver de photos de cet événement. Mais je l'ai vu, ce matin là, à la télévision. J'ai su qui il était. Et j'ai pleuré en l'entendant jouer du Bach, avec son violoncelle, avec comme seul décor le gris du Mur de Berlin.

Publié par oktobre7 à 22:07:01 dans Le libraire inconnu | Commentaires (0) | Permaliens
Les élections françaises
Le second tour des élections présidentielles françaises mettra au prise, selon les commentateurs, une confrontation classique gauche-droite, entre Ségolène Royal (Parti socialiste) et Nicolas Sarkozy (Union pour un Mouvement populaire, droite). Les électeurs de France auront donc fait oublier la mauvaise surprise d'avril 2002, où Jean-Marie Le Pen, chef du parti d'extrême-droite, le Front national, avait passé au second tour. Cette fois-ci, les électeurs de Le Pen semblent avoir déserté en partie leur cantonnement à la marge, en choisissant de voter pour Nicolas Sarkozy, dont je ne n'apprécie en rien ni le programme électoral, ni le personnage (vous en savez déjà quelque chose, si vous lisez ce blogue régulièrement...). En effet, le chef de l'extrême-droite a perdu environ un million d'électeurs, en passant de 16 à 11%. On estime qu'ils sont passé très majpritairement à l'UMP, séduits sans aucun doute par le discours de « ruptures » et les accents ultra-nationalistes et xénophobes de Sarkozy. « La France, tu l'aimes ou tu la quittes », a-t-il répété durant sa campagne.
Si j'étais un électeur français, quel candidat aurait eu mon vote au premier tour? Question un peu inutile pour l'observateur, en regardant mon avatar actuel...C'est le logo de la LCR, la Ligue communiste révolutionnaire, le parti d'Olivier Besancenot. J'ai choisi cet avatar surtout pour le slogan, « 100% à gauche ». C'est un parti trotskiste, plutôt moderne en comparaison avec les autres tendances de la même nature, comme Lutte ouvrière et le Parti des travailleurs, loin d'être sectaire, comme la Ligue trotskiste de France (LTF). Besancenot a obtenu plus de 4% des voix exprimées, devançant les autres candidats à gauche du Parti socialiste, dont les plus connus comme José Bové, Marie-Georges Buffet (PCF) ou Arlette Laguiller (LO). Au niveau national, il est arrivé en cinquième place.
Ce premier tour a permis de constater qu'il est temps, pour la gauche française, de réunir ses forces derrière un candidat plus rassembleur et un programme commun, plutôt que se présenté divisé comme les deux dernières fois. C'est pourquoi je souhaite que les efforts amorcés durant cette élection vers la candidature unique, qui ont malheureusement avortés, auront plus de succès la prochaine fois. Si on l'a réussi ici, avec Québec solidaire (et en 2002 avec l'UFP), si la gauche allemande l'a fait avec Die Linke (fusion de la gauche sociale-démocrate, du PDS (Parti de la démocratie socialiste) et d'autres tendances), pourquoi pas les Français?
Je n'inclus pas Ségolène Royal, comme représentante de la gauche française. Pourquoi? Disons que son discours ne m'impressionne guère, en fait, quand on a évoqué la présence de François Bayrou et son parti, l'Union pour la démocratie française (UDF, centre-droit, bientôt le Parti démocratique) comme le parti du centre, on omettait de désigner Ségolène Royal elle-même comme centriste. Je retiens surtout cette personnalité comme centriste que son parti, traversé par de multiples tendances de gauche, mais trop marqué par l'opportunisme. Il était question, durant cette élection, des « éléphants » du PS. Il s'agissait des politiciens de carrière, qui ont souvent fait preuve de bradage des éléments du programme du parti, au profit de manœuvres peu conforme à l'idéal socialiste. Je pense aux autres candidats à l'investiture présidentielle, comme Dominique Strauss-Kahn ou Laurent Fabius, voire même François Hollande, le conjoint de Ségolène Royal. Avec des personnalités comme ceux-là, on ne peut reprocher aux électeurs de gauche en France de se méfier et voter pour les candidats de la « gauche de la gauche ».
Évidemment, l'électeur français imaginaire que je personnifie voterais pour la candidate du Parti socialiste au second tour, pour faire barrage à ce monsieur Sarkozy, le candidat non seulement de la droite, mais de l'ensemble de la classe des affaires françaises, le fameux CAC 40, le MEDEF (Mouvement des entreprises de France, la principale organisation patronale) et de la vieille aristocratie de la propriété foncière. Comme la droite semble avoir rejeté son héritage gaulliste et s'être aligné sur le néo-libéralisme thatchérien, j'espère que les électeurs feront le choix vers la candidate Royal plutôt que ce Sarkozy, un être imbu de lui-même, qui ne provoquerait qu'un immense gâchis irréparable, dans une société vouée à la division et dont elle pourrait bien s'en passer.
Quelques liens utiles :
La LCR :http://www.lcr-rouge.org/
Olivier Besancenot : http://besancenot2007.org/

Mark Fiore a fait du triste événement de la semaine dernière une animation qui donne à réfléchir. Comme plusieurs parmi nous, on se demande dans quel monde vivent ces amoureux du fusil pour faire de la surenchère, suite à un événement pareil. J'ai évoqué l'autre jour ce type, comme d'autres à la National Rifle association, prétendre que le droit de se défendre aurait pu permettre aux étudiants de freiner Cho Seuing-Hui, le tireur fou. Dans une société civilisée, on ne s'attend pas à en venir à porter des armes, surtout pas dans une institution vouée à l'éducation. Je persiste dans cette vision du monde. L'animation de Fiore va dans le même sens.
Cliquer sur l'image :
On a appris l'autre jour la mort de l'ancien président russe, Boris Eltsine. Il vient d'être porté en terre. Les voix en majorité en Occident l'ont salué pour avoir mis fin à la Guerre froide et pour avoir rétabli la démocratie en Russie en rompant avec l'URSS, menant celle-ci à son éclatement. On l'a donc encensé comme un grand démocrate et tout le toutim. En Russie même, les avis sont partagés, entre les encenseurs et les détracteurs. Je suis de cette seconde catégorie. À mon humble avis, Boris Eltsine, en provoquant la chute précipitée de l'URSS, alors dans la voie de la démocratisation avec la glasnost menée par le secrétaire général du Parti communiste d'Union soviétique d'alors, Mikhail Gorbatchev, a provoqué davantage de chaos et de troubles, menant la Russie et cette région à une situation pas tellement plus encourageante. Certes, il y avait eu ce putsch manqué, mené par les caciques du PCUS, soucieux de freiner les efforts de Gorbatchev et des réformateurs, vers un socialisme à visage humain. Normalement, la glasnost, si elle avait été poursuivie, aurait mener vers un résultat dont on ne saura jamais les issues, mais elles auraient eu le mérite de ne pas provoquer autant de misères qu'on connu les Russes et les anciens soviétiques des autres républiques de l'ex-empire. Mais Eltsine, en allant à fond de train dans la libéralisation tout azimut, suite à la chute de l'URSS et du système soviétique, a mené davantage le pays vers les temps des troubles. Rappelons-nous les années 90 en Russie, c'était l'inflation galopante qui réduisait la majorité de la population à une pauvreté endémique et le bradage du bien commun par les oligarques, les anciens dirigeants communistes d'URSS, convertis subito-presto au capitalisme. Le successeur désigné d'Eltsine, Vladimir Poutine, dirige le pays comme autrefois on le faisait, depuis plus de sept ans à la tête de ce pays, d'une main de fer. Et que dire du martyr du peuple tchétchène, jetant celui-ci dans l'intégrisme musulman. Les dernières manifestations, réprimées dans la violence la plus abjecte, laissent voir vers quel genre de société la Russie est devenue. Lors des funérailles d'Eltsine, certains commentateurs russes se sont même permis de dire qu'avec la dépouille du premier président de la Russie, on n'enterrait pas l'idée de la démocratie elle-même.

Manifestants anti-Poutine en Russie
Je n'écrirais pas davantage sur un type dont je n'ai pas tellement apprécié son rôle dans l'Histoire, maintenant qu'il n'est plus de ce monde. Je me contenterais de ramener cette image plus réjouissante, lors d'une conférence commune entre Boris Eltsine et l'ancien président américain William Jefferson Clinton. C'est le fameux fou rire...
http://www.youtube.com/watch?v=w9fRUh9RVTg
C'était il n'y a pas si longtemps, à cette époque, il n'était pas question de reprise de la Guerre froide, ni de guerre en Irak, en fait, il n'y avait pas de George W. Bush à la présidence...on s'ennuie de ce temps-là.
Publié par oktobre7 à 19:09:54 dans Le libraire inconnu | Commentaires (0) | Permaliens
Il est dommage, après avoir subi des épreuves et que cela nous en a coûter beaucoup, de constater que le choix que nous avions fait s'est révélé le moins bon.
J'ai pris une décision hier soir, ou plutôt je m'impose la voie qu'on m'indique. Je met la poursuite de ma maîtrise sur la glace, le temps de me refaire une santé. L'évidence devient inévitable, j'avance trop difficilement dans la construction de mon mémoire, j'arrive de peine et misère à mettre une idée devant l'autre. Parallèlement, mon état stagne, du fait que je n'arrive pas à avancer. J'ai beau prendre le médicament prescrit, mon état ne s'améliore pas vraiment. Le fait de préférer l'isolement non plus. Je vois que je réagis très bien à la rencontre des autres, comme aux shows de Dimmu Borgir et Subhumans, ou encore avec les sorties au cinéma. Pour tous, c'est l'évidence même, mais dans un état dépressif, on a tendance à ne pas se montrer trop souvent en public. Pourtant, dans l'isolement, j'ai l'impression de tourner en rond, de ne plus savoir quoi faire de ma vie.
C'est curieux, je prend connaissance seulement maintenant du conseil qu'on me faisait, c'est-à-dire de prendre soin de moi, de penser à moi. Je ne voyais ce conseil seulement sur le sens de la banalité qu'on s'adresse à l'un et à l'autre. Ça prend un autre sens, lorsqu'on constate l'ampleur du travail que je devrais faire sur moi-même, dans le contexte où la priorité est de devoir en finir avec ces problèmes dépressifs. Car je l'admet, je pense avoir pris cette dépression avec moins de sérieux que la dernière fois. C'est ce qui arrive, lorsqu'on cherche à mettre de l'avant le mauvais dossier. Dans ce cas-ci, poursuivre une maîtrise, dans un état comme le mien, était le mauvais choix.
Je vais me renseigner cet après-midi, auprès d'un organisme de support, pour les personnes en détresse. Revivre, une association de soutien aux personnes dépressives, a pignon sur rue à Montréal. C'est Mélanie, ma collègue et notre déléguée sociale militant pour mon syndicat, qui m'a suggéré de faire appel à leur service, en attendant mon tour à la thérapie. On verra ce qui peut être fait avec eux.

On ne connaît pas notre bonheur...
Publié par oktobre7 à 18:04:04 dans Le libraire inconnu | Commentaires (0) | Permaliens
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