Bonjour chères lectrices et chers lecteurs,
j'ai voulu créer une page pour me défouler, écrire ce qu'il se passe ici bas, dans le monde merveilleux des éternels étudiants endettés, avec un boulot peu rénuméré malgré les aptitudes et les diplômes acquis. Les amoureux de la lecture, plus particulièrement les maniaques de livres dont on ne parle pas beaucoup s'y retrouveront. Comme j'aime aussi les cultures métal et punk, c'est certain que je vais écrire quelques lignes là-dessus.
Et puis moi... je suis désormais un ex-libraire, viré pour avoir exprimé son opinion sur son employeur, Renaud-Bray, malgré mes neuf ans d'ancienneté. Je suis dans la trentaine, ma formation est en histoire et en science politique. Pas d'enfant, pas riche, pas d'auto, pas de REER, pas de télé câblée, pas de colocataire et pas d'animaux. Mais beaucoup de livres et de disques.
J'espère que ce site va vous plaire. Bonne lecture!
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Vendredi dernier, j'ai eu la surprise d'avoir été distancé sur un sujet de mon blogue. Depuis quelques semaines, j'avais l'intention d'écrire un texte sur l'une des innovations les plus improductives que mon employeur, la chaîne de librairies Renaud-Bray, a persisté à implanter dans toutes ses succursales. Il s'agit d'une radio interne, Radio Renaud-Bray. Dans le journal culturel Voir de cette semaine (14-20 juin 2007), de l'édition montréalaise, la chanteuse Lhasa de Sela a été citée longuement, sur son appréciation très mitigée de cette stratégie commerciale. Elle a très bien exprimé un sentiment que partage, de façon presque unanime, les employés des succursales. J'ai écrit « presque », du fait de la présence dans les magasins de quelques flagorneurs prêts à dire ce que nos bons patrons veulent entendre. La flagornerie est ce qui coulera cette entreprise...enfin, je ne pouvais omettre de vous faire part de cette article du Voir, afin que vous puissiez en juger par vous-même.
Olivier Robillard Laveaux
De plus en plus de chaînes commerciales diffusent dans leurs succursales une programmation musicale préétablie, où maisons de disques et distributeurs paient afin qu'on fasse jouer leurs artistes. Dans une lettre adressée à Voir, Lhasa de Sela se prononce contre la Radio Renaud-Bray qui a fait son apparition dans tous les magasins de l'entreprise. "Autrefois, quand j'entrais chez le Renaud-Bray de mon quartier, le disquaire me disait: "J'ai quelque chose à vous faire écouter!" et me mettait un disque qui, plus d'une fois, a changé ma vie", explique la chanteuse. "Ceci n'est plus possible chez Renaud-Bray parce que, désormais, dans toutes leurs succursales, ils ne font passer que la nouvelle Radio Renaud-Bray. Les disquaires, tous des mélomanes passionnés, n'ont plus qu'à allumer leurs ordinateurs. Ils n'ont plus le pouvoir de communiquer leur enthousiasme et leur savoir pour nous faire découvrir de la musique. Dans un monde où les radios (à quelques exceptions près) ne passent que de la musique "formatée" de plus en plus homogène, la musique indépendante, non commerciale, a de moins en moins de possibilités de trouver son public. Les magasins de disques sont devenus des méga-entrepôts impersonnels. Renaud-Bray a été pour moi un des derniers endroits qui laissaient une place à l'échange de nos découvertes. J'ai déposé une plainte il y a six mois, la première fois que j'ai remarqué ce changement. Je crois que si les patrons de Renaud-Bray se rendaient compte que leurs clients tiennent à ce que les disquaires gardent la liberté de nous faire entendre leurs découvertes, à ce lien personnel et vivant entre nous, ils pourraient leur rendre leur juste rôle dans leurs magasins. Mais il faut qu'on soit plus nombreux à se faire entendre. S'il vous plaît, si vous tenez vous aussi à ces petites choses (qui ne le sont pas), prenez une minute pour déposer une plainte la prochaine fois que vous passerez chez Renaud-Bray."
Quand j'ai eu terminé de lire ce texte, je me suis exclamé « Brave et honnête Lhasa! ». Je lui souhaite néanmoins de ne pas subir le genre de sournoiseries dont mes patrons sont capables, dont le boycott de ses disques. Remarquez que la dernière fois, avec les Zapartistes, la porte-parole de Renaud-Bray avait été trop loquace, lorsqu'elle avait laisser sous-entendre que le diffuseur du groupe d'humoristes subirait des représailles. Elle ne travaille plus chez Renaud-Bray, depuis le mois dernier, je pense qu'elle est passé à la trappe à son tour... mes bon patrons et leurs valets se sentent-ils surveillés?
La radio de Renaud-Bray, j'avais l'intention de la dénoncer, depuis que nos patrons se sont lancé sur un projet voué à l'échec une première fois, en 2002. à l'époque, on voulait brider le choix des disquaires, il paraît que ça dérangeait notre président. La première tentative n'avait donc pas été concluante, il a fallu qu'un autre flagorneur pilote à nouveau l'idée, pour voir le résultat qu'on connaît aujourd'hui. Comme l'écrit Olivier Robillard Laveaux, ce sont effectivement les diffuseurs qui imposent leurs choix musicaux. Et quels choix! À ma succursale, je peux vous assurer que RIEN du répertoire musical imposé par l'ordinateur aurait été celui de notre chef disquaire et de son équipe. Pire, lorsque le disquaire décide de « skipper » une chanson, le responsable de cette radio peut le détecter sur son ordinateur et peut ainsi achaler le directeur de la succursale, qui verra à ce que le fautif reçoive la consigne, avec la menace habituelle de sanction. La seule sanction possible serait d'empêcher le disquaire de mettre la musique qu'il désire, dans la seule période possible, entre 9h00 et 10h00 le matin....Alors, nous sommes obligé de nous farcir les mêmes platitudes que les stations de radio CITF ou CITE diffuse en boucle depuis leur début. Dans mon jargon bien personnel, j'appelle ça de la musique de « matante », mais je ne voudrais pas heurter quelques sensibilités... Ce sont d'ailleurs des techniciens de l'entreprise derrière ces stations, habillés à leurs couleurs, qui nous ont installé le matériel.
Alors, comme l'exprime Lhasa de Sela, les disquaires pouvaient faire connaître toute sorte d'artiste valant la peine d'être connu. Comme je n'écoute pas de radio, sauf la première chaîne de Radio-Canada, je ne peux être très au fait de ce qu'il se produit de bon. Idem pour de très nombreux clients, désormais, ils ne verront pas la différence avec ce qu'il entendent dans les salles d'attente de dentiste. Du Céline Dion, comme si on avait besoin d'en rajouter en promotion, quand ses disques se retrouvent même à la caisse du supermarché, à côté de la gomme balloune...du Francis Cabrel d'il y a vingt ans...du Dalida, du Pierre Lapointe dont on n'est plus capable d'entendre l'imitation de Kermit la grenouille, des tounes du très mauvais album de chanson en duo avec Claude Dubois et j'en écrirais long sur les autres cochonneries de centre d'achat. Le pire, ce sont les pubs qui reviennent sans cesse, avec la voix altérée aux Qaaludes de l'animateur typique de CITE, qui nous annonce des choses insignifiantes comme « celui qui est considéré comme un trésor national, Claude Dubois »...vraiment, il faut que Renaud-Bray trouve son compte (en dollars!) pour imposer une stratégie commerciale aussi imbécile.
Comme si ce n'étais pas suffisant et Lhasa de Sela l'ignore, les disques disponibles sur les portes d'écoute sont également soumis à la règle. Le choix est déterminé par les membres de l'équipe commerciale, en relation avec les diffuseurs. Vous n'aurez donc plus à douter des choix du disquaire, ça l'emmerde forcément de voir l'album de Dubois sur un poste d'écoute, mais il n'a pas un mot à dire sur cette décision.
Comme les « Coups de Cœur » sur les livres, comme les palmarès trafiqués, Radio Renaud-Bray s'inscrit également dans une stratégie globale très discutable. Faisant peu de cas des choix et des demandes de la clientèles et encore moins de son personnel dans les succursales, les responsables du secteur commercial s'emploient à imposer l'offre, au détriment de la logique de la demande. Comme dans le secteur de la godasse et de la guenille de luxe, Renaud-Bray impose la mode, le ton de la saison, la couleur, etc. Évidemment, c'est de connivence avec les diffuseurs, selon les quantités dont nous sommes obligés de disposer. C'est pourquoi on retrouve des « Coups de Cœur » sur des livres nuls, comme le roman de Janette Bertrand. Le prochain livre de Nelly Arcan est déjà consacré « Coup de Cœur », soyez-en assuré : mes bon patrons la voient dans leur soupe... même si elle écrit un roman merdique.
Comme Lhasa, je vous lance l'invitation à adresser vos plaintes à mon employeur et de lui dire tout le mal que vous pensez de ses choix musicaux. Ce n'est pas grave pour le responsable de la radio, il ne perdra pas grand'chose, c'est le fils cadet de mon bon patron...bon, c'est vrai que le fils aîné a été « éloigné », suite à ses cafouillages monumentaux de l'an dernier. Quand il s'agit de l'emploi de centaines de personnes, qui dépendent de la direction commerciale de quelques sagouins nommés non pas pour leur compétence, mais bien pour leur obséquiosité et leur lien de parenté ou d'amitié, ça vaut la peine d'en dire du mal un peu...
Ah oui...je suis toujours surveillé sur ce blogue, c'est pourquoi je n'ose être sévère sur mes jugements. Vous comprendrez ma retenue...

NON aux "Coups de Coeur"!
Publié par oktobre7 à 03:31:24 dans Le libraire inconnu | Commentaires (1) | Permaliens
Je reviens tout juste du nouvel appartement de mes amis Julie et Benoît, après leur avoir aidé à déménager leur ménage. Ouf, on a eu le temps qu'il fallait, il ne nous est pas tombé de flotte sur la tête mais...le soleil nous a sérieusement plombé le crâne, en milieu d'après-midi. J'avais jugé que ce déménagement ne sera pas très long, mes amis n'ont pas d'enfant, seulement cinq minous. Et ceux-là, qu'est-ce qu'ils ont laissé, comme poil! Avec l'accumulation on aurait pu faire un autre chat! Autant Benoît que moi, nous avons sous-évalué le stock à transférer. Heureusement que le couple déménageait qu'à un coin de rue de là, j'aurais passé certainement plus de huit heures à soulever des boîtes et des meubles. Notre sous-évaluation provenait du stock en double que mes amis avaient entreposé dans le cabanon. J'ai eu la surprise plus tard, après avoir vidé l'appartement. Quand j'ai écris « en double », ce n'est pas seulement une figure de style... Enfin, c'est terminé, je me sens pas si en mauvais état, à part une ampoule sous le pied droit et des raideurs dans les avant-bras. Mes amis nous ont très bien reçu, (il y avait aussi le grand Hugo, un collègue de Benoît), avec la traditionnelle pizza et la bière. On a gardé la bonne humeur tout le long, j'étais très motivé à travailler physiquement, peut-être que mon métier n'est pas très exigeant sur ce plan, sauf quand je place des livres ou que je refait un cube de présentation. Comme je lançait au gars durant la journée, après avoir descendu le frigo par l'escalier : « On n'est pas si mal, pour des pousseux de crayons! ». Je n'ai certainement pas regretté d'avoir passé un après-midi si laborieux.
Pendant que je compose ces quelques lignes, lavé et sentant le propre, sans plus de poils de chat partout, je déguste une petite bière légère (ça se maintien!), en attendant que ma bouffe soit cuite. Je sors au bar le Passeport ce soir, pour retrouver Judyth et Mike dans une occasion spéciale. La fille de Mike se marie tout à l'heure...à cet endroit, et c'est son père qui va célébrer son union avec Richard, son fiancé. Je vais arriver là-bas un peu plus tard, lorsque le bar va être ouvert pour tous. Pour ceux qui l'ignore, c'est un des endroits les plus anciens du milieu underground, le bar a fêté son 25e anniversaire l'an dernier, si je ne me trompe. L'endroit est fréquenté par les trippeux de musique darkwave (VNV Nation et consorts), beaucoup de goths(surtout des filles, yééé!) et bien d'autres. Je vais en écrire un peu là-dessus demain.
Knuckles!
Ben oui, il est de retour! Un clic sur l'image, pour l'animation :
Publié par oktobre7 à 02:37:39 dans Le libraire inconnu | Commentaires (0) | Permaliens
Cet article s'adresse à un individu en particulier. J'ignore son nom, mais j'ai pris soin de noter sa plaque d'immatriculation : 377 BKG. La voiture est une Honda de couleur noire, une Civic, la berline. Une belle voiture, bien entretenue. L'individu lui-même est une homme d'une trentaine d'année, un barbu. Je ne l'ai pas vu très longtemps. Ah, c'est vous? Vous avez retrouvé votre numéro de plaque ici, en vérifiant si quelqu'un a finalement remarqué votre manège? Je le pensais bien, vous n'étiez pas à votre premier passage dans mon quartier, Hochelaga-Maisonneuve. Vous sembliez nerveux, en passant dans votre voiture au ralenti sur la rue Sainte-Catherine, pour vous faire remarquer par la fille au coin de la rue Saint-Clément. Vous aviez raison de ne pas vous attarder. Il ne fallait pas vous faire voir ainsi, c'est un peu gênant, n'est-ce pas? Solliciter une prostituée dans mon quartier, c'est pourtant assez commun, mais vous voir dans le rôle d'un client, ce n'est pas tellement génial. On pourrait penser toute sorte de chose sur vous, à savoir que vous êtes un pervers, que vous êtes trop moche, pour vous faire une petite amie, vous êtes un perdant de nature, etc. Loin de moi l'idée de vous lancer des quolibets, vous avez déjà à faire avec votre conscience. Surtout si vous trichez votre conjointe.
J'évoque votre passage, parce que je trouve ça assez moche. La prostitution, c'est le dernier recours, avec la mendicité. Quand on en est rendu à se vendre sur le coin de la rue, je ne pense pas qu'il s'agissait là d'un objectif de carrière. Pourtant, en tant que client, ça ne semble pas vous déranger outre mesure. Vous n'êtes pas le seul, évidemment. Même que dans certains cas où j'ai été témoin, la fille semblait moindrement enjouée de voir de vos semblables attirés vers elle. Un matin en particulier, la petite maigrichonne, qui faisait le trottoir régulièrement à mon coin de rue l'an dernier, semblait heureuse de voir deux de ses habitués, deux gars travaillant dans la construction, qui sont venu la ramasser dans leur camion. Il m'est arrivé de voir quelques travailleurs venir chercher des filles, l'après-midi, avec le camion de leur compagnie. C'est facile pour eux, mon secteur est constamment parcouru par deux ou trois femmes. Vous le saviez probablement de réputation, avant de faire votre manège. Aviez-vous remarqué la maigreur de la jeune femme que vous avez embarqué, l'autre jour? Je ne pense pas que c'est dû à un problème d'anorexie. Bien sûr, elle avait une meilleure mine que plusieurs autres. Mais je suis d'avis qu'elle a le problème le plus courant, pour en être rendu à vouloir se faire payer pour assouvir vos instincts. Ces derniers vous inhibent de vos remords et vous font oublier les raisons qui l'ont amené là, bien sûr. C'est pour cela que je ne suis pas surpris de voir un type en pleine séance de fellation, au volant de sa voiture stationnée dans une rue perpendiculaire à la rue Sainte-Catherine (Théodore ou Leclaire), par une femme ramassée pas très loin. Incroyable, que ces instincts poussent à une telle absence de pudeur...
Au cas ou vous ne le saviez pas, les prostituées de mon coin ont en commun d'avoir de graves problèmes de drogue, dans la très grande majorité. Je suis certain de mon affirmation. J'habite le coin, je marche beaucoup, d'un commerce à l'autre, j'ai eu amplement l'occasion de les observer et même de leur parler. Je pense à une en particulier, assez grande, avec les cheveux blonds très courts. Celle-là, pour en avoir vu d'autres, c'est la coke. Même quand il pleut, je la voie se dandiner, au coin de Viau et Sainte-Catherine, près des cabines téléphoniques. Les pires, ce sont les deux harpies que j'ai croisé, pas loin de chez moi, un soir que je rentrais à pied. Après les avoir vu, j'ai eu la confirmation de la présence du Crystal Meth à Montréal. Oui, cette dope qui démolie son utilisateur en moins d'un an. Il fallait voir le tableau, les deux hurlaient à la lune, en pleine rue, à une heure du matin. J'ai eu l'occasion de les revoir en plein jour, elles leur manque des dents, ont les cheveux défaits et n'ont plus que la peau sur les os. Si vous les croisez, lors de votre prochain passage dans mon quartier, j'espère qu'elles vous rappellera les risques que vous encourez, en servant un pareil commerce.
En fait, j'espère ne plus jamais vous revoir. Aussi, souhaitez de ne pas me rencontrer.

Publié par oktobre7 à 01:29:22 dans Le libraire inconnu | Commentaires (0) | Permaliens
Le titre indique bien mon état d'esprit. Après trois jours à Québec, il était temps que je revienne, la fatigue m'a atteint. Même après avoir passé la soirée d'hier chez moi à regarder des films, j'ai eu envie de faire la même chose ce soir et surtout, mes chers amis, de vous écrire quelques mots. Bien sûr, je suis toujours là au rendez-vous, je n'ai pu trouver ni du temps, ni même un ordinateur cette fin de semaine afin de décrire l'état d'esprit que j'avais dans la Vieille Capitale. Et ce soir, je suis devant mon ordinateur, au lieu d'être devant la scène des Foufounes Électriques, à gueuler en regardant Conflict...ben oui, j'ai décidé de manqué le show de ce groupe mythique...bah, il revient en août, pour le Punk-Fest, alors pourquoi se forcer à aller écouter un groupe, alors qu'on est à la moitié de sa capacité?
Quoi écrire sur cette fin de semaine à Québec? Beaucoup de chose et bien peu... Je me suis bien amusé dans les bars, j'ai quelques anecdotes en réserve, sur le « night-life » de cette ville. Je vous en écrit une, pour vous démontrer que je ne raconte pas n'importe quoi. Des années d'assiduité à la Fourmi Atomik (malheureusement défunte depuis quelques années, lorsque la façade du bâtiment s'est effondré sur la terrasse, entraînant sa fermeture ainsi que du d'Auteuil, situé au-dessus) m'ont laissé plein d'optimisme, afin de trouver un endroit pour s'enivrer un peu et péter beaucoup de broue... Ce n'est pas pour rien, malgré le virage à droite remarqué à Québec, que j'aime bien passer quelques temps de mes vacances annuelles là-bas.
Connaissez-vous le pub irlandais Nelligan, sur la rue Saint-Jean? Ça vaut le détour. Il s'agit, pour les anciens de l'Université Laval comme moi, de l'ex-Bar l'Étrange. Il a changé plusieurs fois de proprios, mais je ne l'ai découvert que l'an dernier, lors de la Coupe du Monde de soccer. C'est là que j'allais voir les matches, diffusés à RDS et présentés dans le bar, toujours bondé de monde. C'est là aussi que j'ai vu l'élimination de l'Allemagne, moi le seul partisan de cette équipe (juré!), alors que tous encourageaient la Squadra Azzura (l'Italie)...bref, j'ai traîné ma gang jusque là, en croyant aller dans la même place cool que j'ai aimé l'été dernier.
Ce soir là, je crois que j'ai perdu toute crédibilité, pour ma supposé aptitude à faire découvrir les charmes de la ville de Québec. Il a fallu qu'à cet endroit, on tombe sur le waiter le plus gelé qu'on ai pu observer... Pas méchant, le type. Un Irlandais aux cheveux longs, à la langue française hésitante, dont on ne comprenait à moitié ce qu'il nous débinait, tout droit sorti d'un revival hippie quelconque. Lorsqu'il s'est décidé à venir nous voir, car il était seul au bar à assurer le service, il a pris la commande de notre groupe, mais deux clients à la fois...on était huit. Pire encore, il était tellement dans les vapes qu'il n'arrivait pas à trouver la bonne pompe des marques de bière qu'on avait commandé. Lorsque chacun a eu sa pinte, ça faisait au moins une demi-heure qu'on était installé à la table. Il a fallu se convaincre mutuellement à rester dans cette place, du fait qu'il n'avait pas vraiment d'autre place à aller en ce jeudi soir. Bien sûr, mon premier choix était le Sacrilège, situé plus bas, mais c'étais archi-plein. La prochaine fois, c'est certain, j'insisterai pour y aller.
Ce soir, je vais me taper un ou deux films, en faisant l'activité la plus reposante qu'il soit, coudre à la main des patches de groupes sur son linge...
J'ai encore une raison de bénir le site Youtube. Un spectateur du show que je suis allé voir a placé quelques images sur ce merveilleux site. J'ai maintenant un témoignage de première main... comme on dit en anglais: "Enjoy!"
Publié par oktobre7 à 03:34:14 dans Le libraire inconnu | Commentaires (0) | Permaliens
Je suis libraire depuis plus de neuf ans, pour Renaud-Bray, cette chaîne à l'histoire mouvementée, ponctuée de quasi-faillites, d'une fusion et d'un conflit de travail causé par l'imbécillité de sa direction. Certains jours, je me demande ce que je fait encore à leur emploi, quand je vois se répéter les mêmes erreurs de planification commerciale, les mêmes commandes inutiles de produits sans intérêts, les mêmes questions lancinantes de certains clients et pourtant, je suis toujours au poste. Pour tout dire, j'ai encore énormément de plaisir à travailler dans ce domaine, à ma succursale de Montréal, malgré tout le mal que je pense de mon employeur et de certains de ses cadres.
Un de ces plaisirs est évidemment le fait d'être au contact du livre. Pour le lecteur boulimique que je suis, lorsque je devrais éventuellement voir ailleurs, pour gagner ma vie plus facilement, la séparation va être dure. Le privilège d'être à la première ligne, lorsqu'un nouveau titre très attendu est sur le point d'arriver, je ne sais comment je pourrai trouver la même fébrilité ailleurs. Mes meilleurs souvenirs de libraire, ce sont évidemment les fois où j'ai conseillé une personne, qui est satisfaite de mes choix, puis cette dernière revient me demander mon avis, les semaines et les mois qui suivent. Nombre de clients me sont réguliers, au grand dam de mon bon patron, persuadé de l'inutilité de notre service et de la réussite de sa stratégie des «Coups de cœur », que j'ai déjà abondamment décrié dans le passé et ici même dans ce blogue.
Aujourd'hui, je crois avoir fait un bon coup, lorsque j'ai déconseillé à un client d'attendre le prochain livre de Paulo Coehlo, La Sorcière de Portobello, à paraître dans les prochains jours. On venait de lire la critique de son dernier opuscule, dans l'hebdomadaire Le Nouvel Observateur. Rarement, je n'ai vu un livre descendu en flammes comme je l'ai lu, sous la plume de Jérôme Garcin. Lorsque le client m'a demandé à quel jour nous l'attendions, je lui ai fait lire l'article, par souci d'honnêteté. Tant qu'à savoir qu'un livre est très mauvais, aussi bien le faire savoir. Évidemment, ce n'est pas ce qu'attend mon bon patron, plus soucieux de se remplir les poches que de savoir sa clientèle satisfaite des livres arborant le disgracieux autocollant vert-rouge-jaune avec un cœur dessus...J'ai bien sûr dirigé le client vers d'autres suggestions de lecture. Ce n'est pas ça qui manque, même dans un Renaud-Bray de moyenne surface.
Je tenais à vous faire lire cette critique sans compromis. Jérôme Garcin n'est pas de la catégorie des poètes maudits, frustrés de ne pas avoir été reconnus et qui se vengent sur les auteurs publiés. Lui-même romancier, il ne se permet pas d'écrire n'importe quoi. Cette fois-ci, il clou le cercueil à un auteur surévalué, dont nous sommes encombrés par les centaines d'exemplaires de ses livres ennuyeux.
Je bats ma coulpe. A l'exception de « l'Alchimiste », cette daube molle doublée d'une imposture grotesque, je n'avais rien lu de Paulo Coehlo. Ce qui ne m'empêchait pas, je l'avoue, de me moquer parfois du guerrier brésilien de la lumière, du prophète de chez Auchan et de ses annuelles têtes de gondole. Cette fois, devant la puissance de la campagne de promotion ( tirage de 200 000 exemplaires, affiches dans les gares et sur les flancs de bus, « displays comptoir et sol » dans les librairies, sans compter le lancement du livre à Dubaï !), j'ai décidé de lire « la Sorcière de Portobello» ( Flammarion, 18, 50 euros ). Je pensais que ce serait mauvais. C'est pire. Ça commence par un mémorable : « Le but de la lumière , c'est d'apporter davantage de clarté autour de vous », et ça se termine par : «L'amour est. » Entre ces deux maximes dignes des chanteurs et acteurs qui ont soutenu Nicolas Sarkozy , Paulo Coehlo, 60 ans au compteur, 6 d'âge mental, déroule pendant 380 pages les témoignages de ceux qui ont connu Athéna. De son vrai nom Sherine Khalil, abandonnée par des Tsiganes, adoptée par de riches Beyrouthins, elle va vivre à Londres, dans les Balkans, à Dubaï, et rechercher sa mère biologique. Qu'elle travaille dans un supermarché ou une banque, Athéna, qui se prend pour Thérèse de Lisieux, a toujours été « une prêtresse qui comprenait les forces de la nature». Est-elle une sainte blanche ou une vierge noire ? On s'en fout. Ce roman n'est, pour notre évangéliste, qu'un prétexte à brasser de vagues notions de mysticisme, de paganisme, de taoïsme, de bouddhisme. On y ajoutera l'abrutisme. Car Coehlo délivre des messages dont même la scientologie ne voudrait pas : « Le Sommet est caché en nous et nous pouvons arriver jusqu'à lui si nous reconnaissons sa lumière » ; « On ne peut pas écrire sur la danse, il faut danser » ; « Le péché , c'est empêcher que l'amour ne se manifeste ». Que ce soit con, passe, mais que ça se vende...
Le livre que vous n'achèterez pas...
Publié par oktobre7 à 02:36:03 dans Le libraire inconnu | Commentaires (0) | Permaliens
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