Bonjour chères lectrices et chers lecteurs,
j'ai voulu créer une page pour me défouler, écrire ce qu'il se passe ici bas, dans le monde merveilleux des éternels étudiants endettés, avec un boulot peu rénuméré malgré les aptitudes et les diplômes acquis. Les amoureux de la lecture, plus particulièrement les maniaques de livres dont on ne parle pas beaucoup s'y retrouveront. Comme j'aime aussi les cultures métal et punk, c'est certain que je vais écrire quelques lignes là-dessus.
Et puis moi... je suis désormais un ex-libraire, viré pour avoir exprimé son opinion sur son employeur, Renaud-Bray, malgré mes neuf ans d'ancienneté. Je suis dans la trentaine, ma formation est en histoire et en science politique. Pas d'enfant, pas riche, pas d'auto, pas de REER, pas de télé câblée, pas de colocataire et pas d'animaux. Mais beaucoup de livres et de disques.
J'espère que ce site va vous plaire. Bonne lecture!
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Jusqu'à cette date, j'ai envoyé mon CV à plus d'une quinzaine d'employeurs, tous situés dans ma région immédiate. Je ne les ai pas envoyé comme ça, au hasard, simplement parce que le salaire offert était bon, mais bien ceux dont je crois être en mesure d'obtenir. Des emplois où mon expérience pourra être très utile. Je ne cacherai pas que pour l'instant, je me sers surtout de mon expérience immédiate mais ensuite, après ce premier emploi trouvé, je continuerai à chercher. Mon but est d'aller enseigner, maintenant et plus que jamais.
J'ai revu les vêtements que je pourrais porter au travail. C'est un aspect que peu de gens s'occupe, mais pour moi, c'est une autre histoire. Un des avantages de travailler pour Renaud-Bray, c'est l'absence de code vestimentaire. Peut-être que j'en parle maintenant, la direction va être tentée d'en imposer un...pourquoi pas un uniforme, vert et jaune! Enfin, je pouvais m'habiller comme je le voulais, il n'y avait pas vraiment de différence entre ce que je portais au travail et lorsque je suis allé voir The Casualties, pour tout dire. À une certaine époque, du temps de Garneau, on ne pouvait porter de jeans usée, ou encore de espadrille. Pourtant, l'entreprise tolérait les bermudas et les gougounes. Lors de la fusion avec Renaud-Bray, ça été le contraire. Lorsque j'ai changé de succursale, un des assistants-directeurs m'a montré la voie : le jeans avec des trous, les gros espadrilles blancs, le t-shirt de la bière Boréal usé... Progressivement, quand je devais varier ma garde-robe, je ne pensais plus en fonction « portable devant la clientèle ». Les trois-quatre dernières années chez Renaud-Bray, à la succursale du centre-ville, m'ont prouvées que les mentalités ont bien changées. J'ai servi mon lot de clients dits « corporates », comme Pierre-Karl Péladeau, Marc Lalonde, on a eu un Desmarais dont j'oublie le prénom, j'ai eu la femme de notre Premier ministre, Jean Charest, une dame par ailleurs très gentille et vous savez quoi, ils n'ont pas louché sur mes t-shirts de groupes, ni sur les patches sur mes vestes et mes macarons. Je me souviens d'un client britannique, un monsieur qui voyage même en veston-cravate, qui vient me demander des livres sur Montréal et qui remarque ma veste de jeans où j'ai cousus des patches de Conflict et Carcass. Il me dit, pince-sans-rire, « en Grande-Bretagne, les libraires portent habituellement le veston et la cravate, mais je crois qu'ici, c'est une autre histoire... ». Pour d'autres collègues, dépendamment de leur succursale, la liberté est complète, sauf les gougounes, pour une question de sécurité. Comme je suis du genre à porter des bottes Doc Martens hautes, je ne m'en suis pas inquiété.
J'ai encore quelques chemises et cravates, pour les entrevues. J'ai d'autres chemises et t-shirts plus-acceptables-pour-la-clientèle-et-mes-futurs-boss. Je n'ai que de jeans, mais le Village des Valeurs n'est pas très loin de chez moi, si mon prochain employeur fait preuve d'un soin maniaque du look de ses employés. C'est fou tout ce qu'on peut trouver là-bas. Comme disait ma tante Pauline : « Le monde, il jette leur choux gras ». Mets-en, ma tante! Côté cravate, j'en ai récupérer pour faire des jaloux, dans certains bureaux...
Je suis méconnaissable, en chemise-cravate et les cheveux attachés. Et irrésistibles, pour les employeurs soucieux de trouver la personne idéale...ben quoi, je m'encourage, pour la prochaine entrevue!
Pour tous les Big Brothers de ce monde, ceux dont leur emploi est de piéger leurs collègues sur Internet...

Vous faites une maudite belle job!
Publié par oktobre7 à 00:17:44 dans Le libraire inconnu | Commentaires (0) | Permaliens
Je me suis couché tard, la nuit dernière. La fête a été mémorable, d'abord au Saint-Bock, puis au Quai des Brumes. Bu beaucoup de bière blanche, mais au moins je n'ai pas trop perdu de bout, comme ça m'arrivait souvent encore cet hiver. J'ai reçu une très belle carte, choisie avec soin, pour le style...
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Ce n'est pas exactement l'image sur ma carte, mais c'est la même chatte.
Mes amis de mon ancienne succursale ont fait en grand, la carte est remplie de mots sympas, pas seulement pour mon 37e anniversaire, vous imaginez bien, après ce qu'il s'est produit la semaine dernière.
Je suis donc un peu fatigué, ce soir, pour vous entretenir de choses et d'autres. Un petit mot pour vous rappeler que c'est le festival de films Fantasia, à l'université Concordia. J'y suis allé cet après-midi, pour voir une production sino-finlandaise, « Jade Warrior ». C'est intéressant comme film, mais peut-être aurais-je apprécié davantage l'histoire, que j'ai trouvé un peu décousue et abracadabrante, si j'avais été en meilleur état. Mon ami Éric, qui m'avait invité, a adoré. Il faut dire qu'il n'avait pas besoin de lire les sous-titres, il est traducteur et il connaît autant la langue finnoise que le chinois...

Le "trailer" du film, si ça vous intéresse:
Publié par oktobre7 à 02:13:42 dans Le libraire inconnu | Commentaires (0) | Permaliens
Ce lundi qui s'annonçait pluvieux, moche et ennuyant, s'est avéré pas si mal. Ma 37e année a débuté sous le signe de la recherche d'emploi, à travers le site de Jobboom. Après une bonne recherche, je constate que mes capacités peuvent être moindrement utiles à d'autres employeurs. Il faut me voir comment je me débrouille avec les clients. Le service à la clientèle, c'est ma force. Nombreux sont les postes offerts dans ce domaine du commerce, je n'ai pas de doute sur une embauche rapide. Les employeurs sont variés, j'ai envoyé mon CV à quelques entreprises, autant dans le domaine de l'assurance que les télécommunications. On verra bien la suite, très prochainement. Ah oui, j'oubliais : les salaires offerts sont de loin supérieurs à celui que j'avais avec Renaud-Bray, au moment de mon renvoi, après neuf ans de service...
J'ai déjà été fêté, hier après-midi. Luc, Lola et Lynda m'ont concocté une petite célébration de mes 37 ans, j'ai même eu droit à un excellent gâteau aux poires, moi qui saute habituellement le dessert. Miam! On s'est bien amusé, surtout quand Luc a exprimé son appréciation mitigée d'un ex à Lola...
Je sors ce soir au Saint-Bock, rue Saint-Denis, avec les camarades, je vous reviens là-dessus!

Publié par oktobre7 à 01:42:10 dans Le libraire inconnu | Commentaires (0) | Permaliens
Vous êtes superstitieux? Ce n'est pas vraiment mon cas, mais à voir le nombre de mariages qui se sont réalisés aujourd'hui, sans compter ceux à venir, la folie du nombre chanceux a une réelle importance. Quand on constate le nombre de joueurs au Québec, avec les chiffres effarants de profits de Loto-Québec, on peut supposer que les numéros influencent plus qu'on le pense...
Ma seconde journée de ma nouvelle situation ne m'a pas été très productive, hormis ma vaisselle qui traînait depuis quelques jours. Ma vie de vieux garçon a l'avantage de pouvoir me faire jouir de la flemmardise, sans trop de complexe. Comme je ne suis plus en colocation depuis bientôt trois ans, je me rappelle plutôt difficilement des compromis de cette époque où je devais vivre dans le partage d'un quatre et demi, dans Rosemont rue Saint-Michel, obligatoirement avec une autre personne pour arriver à payer le loyer. En six ans et demi, j'ai vécu avec neuf personnes successives. Pour la majorité, ça s'est très bien passé. Je pense à Judyth, les deux Mathieu, Michel, Éric, Sébastien et surtout Frank, qui m'a enduré le plus longtemps. Les deux autres, ça été une autre histoire. Je pense à surtout à cette ordure de Bernard, un sale type et un escroc du plus bas niveau. Le genre d'individu que même mes « charmants » voisins d'en face ne pourraient supporter. Passons.
Ce 7 juillet, ça signifie aussi un dixième anniversaire. Le sept juillet 1997, j'ai débuté dans la vente. Ma première expérience de vente. Non, ça n'a pas été les livres, ni les disques, ni d'autres produits culturels. En fait, j'ai été représentant-vendeur...pour une boîte affiliée à Bell Mobilité à Lévis, Cell Pro inc. Cette boîte n'existe plus, elle a été rachetée par la Celluboutique, le gros représentant de Bell Mobilité à Québec. C'est à ce moment que j'ai été viré, quelques mois plus tard. Je n'étais pas le meilleur vendeur, loin de là, mais j'ai appris énormément, durant les quatre mois et quelques où j'ai tenté de vendre des téléphones cellulaires.
Durant cette courte période, où je devais réaliser une dizaine d'activations de nouvelles lignes par mois (j'en faisait quatre ou cinq...), où on me voyait la plupart du temps en chemise-cravate et avec la chemise polo de la boîte, j'ai su ce que voulaient dire le mot « vendre »...et le mot « escroquerie ». Au départ, heureux d'avoir été embauché, après une période un peu longue sans travail (mais heureusement, j'habitais chez mes parents, en vrai Tanguy que j'étais...), j'ai fait confiance à mes patrons. On était cinq dans la boîte, les deux patrons associés et trois vendeurs. Le boss avec lequel je faisait équipe à Lévis, l'autre étant au commerce de Québec, devait me montrer les rudiments du métier. Ce que j'ai appris surtout, c'est son amour pour le golf, les sorties d'affaire, le luxe, etc. mais pour la façon de faire, ça m'a pris du temps. Peu de temps après mon arrivée, je remarquais que la boîte était en chute...les affaires n'allaient pas très bien. Le marché était saturé, plusieurs clients potentiels étaient en attente de la prochaine génération de cellulaire, ceux fonctionnant en mode numérique. Ils devaient arriver à la fin de cette année. Aussi, les activations de nouvelles lignes étaient difficiles à cette époque, le marché était plutôt restrictif. Hormis Bell Mobilité et Cantel (maintenant Rogers/AT&T), les autres compagnies n'étaient pas vraiment compétitives, comme Fido et Mike. Telus n'arrivera que plus tard et d'autres joueurs auront le temps de naître et mourir (Espion), jusqu'à aujourd'hui. Jamais on n'aurait vu d'adolescent avec un téléphone cellulaire à lui, c'était impensable. Même une pagette, ce n'était pas très courant sur un ado. Aussi, j'allais l'apprendre plus tard, le patron avec lequel je travaillais préparait sa sortie en douce, en escroquant son associé. De plus, il avait contribué à démolir le nom de l'entreprise, par ses sautes d'humeur avec les clients. J'ai dû reprendre le service après-vente, laissé à lui-même depuis quelques temps. C'est en essayant de récupérer les clients de l'entreprise que j'ai découvert ce que j'aimais le plus dans la vente. Ce n'est pas le prestige d'être le meilleur vendeur, comme mon autre patron, le gars à l'origine de l'expression « capable de vendre un congélateur à un Esquimau ». M'en mettre plein les poches...bof. Comme je vendais de façon à ce que je gagne l'équivalent du salaire minimum, selon le nombre d'heures passé au commerce, je n'y croyais pas tellement. C'est là aussi que j'ai goûté au trip du travailleur autonome, pour savoir que ce n'est pas pour moi. Non, ce que j'ai découvert, c'est que j'adorait le service à la clientèle. Démerder les gens avec leurs problèmes, parfois même hors de mon contrôle, ça été vrai un plaisir, car j'ai aimé la reconnaissance de la clientèle, je l'ai eu très souvent. Je ne pense pas que beaucoup de vendeurs se font payer à boire par des clients croisés par hasard dans un bowling...
Que pensait mon patron de mon service? Il me disait « tu vends pas assez, tu t'occupes trop du service après-vente, c'est mon baratin, ça tu t'en crisss, laisses-les faire... ». Belle mentalité. Quand il m'a annoncé, en novembre, que suite au rachat de la boîte il ne me gardait pas, je l'ai remercié et je suis parti heureux de ma délivrance...Fini, l'association avec des filous! J'ai appris qu'avec les clients, on se doit d'être toujours honnête, sans faire d'exception.
Ce que je vendais à l'époque, ce sont ces modèles de téléphones cellulaires :


De gauche à droite: le Nokia 918, le Motorola DPC-650 et le Motorola Star Tac, ce dernier était nouvellement arrivé sur le marché en 1997.
Je n'aurais jamais cru qu'un jour, on en vienne à nous vendre des téléphones qui prennent des photos, qui permettent de pouvoir prendre ses courriels, de regarder des clips...
Bon, v'là aut'chose...
Je viens d'apprendre par mon amie Véro que mon poste chez Renaud-Bray est déjà affiché. Mon ex-employeur n'a pas perdu de temps...Si ça vous intéresse, c'est du 35 heures par semaine, de 10h00 à 18h00, à la succursale Fleury. Mais ce poste doit être comblé à l'interne d'abord, alors un peu de patience...

Moi aussi, j'en ai un qui me surveille...
Publié par oktobre7 à 23:44:43 dans Le libraire inconnu | Commentaires (0) | Permaliens
Première journée, en tant que nouveau chômeur. Je me suis réveillé à peine plus tard que d'habitude, mais évidemment, je me suis souvenu très vite que ma vie avait changé la veille. Je n'avait pas à faire l'heure et quelques minutes de transport en commun, pour me rendre à la succursale. Ce matin, le seul objectif était de m'inscrire à l'assurance-emploi. Et de penser à mon avenir immédiat. Tout un exercice. Pourtant, je ne sens pas d'anxiété ou de crainte, seulement une excitation plutôt agréable. Aucun effet perceptible sur ma dépression en voie de rétablissement, du moins pas jusqu'à maintenant. Je constate que je bénéficie de nombreux atouts personnels, ma personnalité, mes études, mon expérience, mes contacts, ma famille, mes amis... je ne crains pas de me retrouver à la rue non plus. Seule demeure la tristesse de ne plus être libraire chez Renaud-Bray, de ne plus faire partie de l'équipe de ma succursale et en être le délégué syndical.
Plusieurs d'entre vous ont reçu un courriel de ma part, concernant ma nouvelle vie. Je remercie ceux qui m'ont envoyé en retour des mots d'encouragement, j'ai énormément apprécié. La majorité a évoqué que je ne pouvait qu'avoir une meilleure situation à l'avenir, du moins plus appropriée à ma formation et à mon expérience. Vous avez entièrement raison, j'ai déjà commencé à fouiller les petites annonces. C'est gênant pour mon ex-employeur, il semblerait que mon salaire, après neuf ans d'expérience et trois négociations de conventions collectives, est inférieur au salaire de départ de nombreux emplois offerts actuellement. Je ne suis pas étonné.
Je me suis rendu au bureau de Ressources Humaines du Canada, sur la rue Sherbrooke. Arrivé sur place, j'apprend qu'il a déménagé depuis deux ans. Heureusement, il est situé pas trop loin, rue l'Assomption, pas loin de l'entrée du métro. Sur place, une sympathique préposée à l'accueil (elle est vraiment sympathique, ce n'est pas de la dérision!) m'a indiqué que désormais, on peut remplir sa demande sur Internet. Bien sûr, ça fait combien d'année que je n'ai pas fait appel à ce service? Plus de neuf ans. Non, en fait, j'ai bénéficié d'une mise à pied temporaire, en février 2001, lorsque je me suis fracturé la cheville. Mais ça fonctionnait de la même manière, les fiches à remplir et à envoyer par la poste. Après avoir fait ma démarche et rempli mon formulaire, j'ai déjà fait un peu de recherche, à partir de mon ordinateur.. Je pense à l'enseignement au secondaire, au adultes de préférence. J'ai déjà envoyé un CV, par courriel, à ... (je ne dirais rien qui intéresse le Big Brother de la rue Saint-Denis qui me surveille, prout!)

Je fait partie d'une statistique plutôt en voie de raréfaction, le taux de chômage est actuellement de 6,9% au Québec, le plus bas taux depuis trente ans, dit-on. J'ai une vague impression que je ne serai pas chômeur très longtemps...
C'est qui le type qui a écrit « Le mépris n'aura qu'un temps »?
Et entre-temps, en Irak...
Voici le dernier montage d'Ava Lowery, de Peacetakescourage.com. Ça m'a rappelé la chance extraordinaire d'être chômeur ici, à Montréal...
Publié par oktobre7 à 01:20:29 dans Le libraire inconnu | Commentaires (0) | Permaliens
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