Bonjour chères lectrices et chers lecteurs,
j'ai voulu créer une page pour me défouler, écrire ce qu'il se passe ici bas, dans le monde merveilleux des éternels étudiants endettés, avec un boulot peu rénuméré malgré les aptitudes et les diplômes acquis. Les amoureux de la lecture, plus particulièrement les maniaques de livres dont on ne parle pas beaucoup s'y retrouveront. Comme j'aime aussi les cultures métal et punk, c'est certain que je vais écrire quelques lignes là-dessus.
Et puis moi... je suis désormais un ex-libraire, viré pour avoir exprimé son opinion sur son employeur, Renaud-Bray, malgré mes neuf ans d'ancienneté. Je suis dans la trentaine, ma formation est en histoire et en science politique. Pas d'enfant, pas riche, pas d'auto, pas de REER, pas de télé câblée, pas de colocataire et pas d'animaux. Mais beaucoup de livres et de disques.
J'espère que ce site va vous plaire. Bonne lecture!
J'ai reçu avant hier le communiqué des quatre associations pour la réforme du mode de scrutin, ainsi que le lien pour signer la pétition en ligne, sur le changement du mode actuel, utilisé lors des dernières élections. Comme on le sait, le Québec est l'une des rares sociétés démocratiques à avoir conservé le mode de scrutin uninominal à un tour, hérité de la tradition britannique. Ce mode est à mon humble avis désuet, du fait qu'il est peut représentatif de toutes les tendances politiques de la société et encourage un bipartisme, pour ne pas parler du « parti unique bicéphale » comme l'a écrit Noam Chomsky. Ce bipartisme a le grand défaut d'encourager le vote « utile », et non le vote par adhésion. On ne vote pas pour un tel, mais plus souvent contre son adversaire.
Pour les défenseurs de ce type de scrutin, le passage à un mode proportionnel amènerait des difficultés de gestion, car les démocratie ayant choisi ce mode, comme l'Italie ou Israël, sont la plupart du temps gouvernées par des gouvernements de coalition, fragilisés et souvent soumis à la balance du pouvoir par des partis extrémistes, comme ce fut le cas souvent à la Knesset israélienne. Cet argument fait un passage rapide sur la multiplicité des modes de scrutin proportionnels. Le fait d'appuyer un tel mode n'est pas d'encourage nécessairement le moins bon mode, mais plutôt de voir à obtenir un outil collectif, satisfaisant le plus grand nombre de citoyens et citoyennes, afin d'obtenir la meilleure représentation électorale pour tous. Plusieurs modèles s'offrent à nous, expérimentés dans de nombreuses sociétés politiquement stables, il s'agit d'obtenir le meilleur d'entre eux.
Voici le lien pour aller signer la pétition en ligne :
Le communiqué :
Merci de votre collaboration et de votre solidarité.

Publié par oktobre7 à 02:50:30 dans Le libraire inconnu | Commentaires (0) | Permaliens
Mon ami Frefon m'a appelé hier. On s'est raconté nos soirées respectives, lui était avec Luc et Lola au Petit Medley, je soupais chez Julie et Benoît, avec quelques bouteilles de vin. On est revenu un peu sur les élections, comment on va trouver ça long, les 18 mois du gouvernement « Charest-Dumont », comme disent les étudiants en grève. À travers nos histoires diverses, Frefon m'a appris comment la ville de Québec continue de ne pas briller dans la subtilité. Vers la fin de la période électorale, une publicité de CHOI-fm (ben oui, toujours la radio des réactionnaires, même si Jeff Fillion n'y travaille plus), dans un genre peaufiné chez ses artisans, saluait la future défaite du PQ à Québec, en soulignant à peine subtilement l'homosexualité d'André Boisclair. Je crois qu'il a été question de cette pub à une émission récente de « Tout le monde en parle », sur la persistance de l'homophobie en région, malgré les campagnes de sensibilisation menées depuis quelques années.
Il y a toutes sortes de façon d'identifier l'homophobie. La plus anodine est celle-ci, une façon que l'on juge pas bien méchante, une allusion rapide, une « cheap shot ». La publicité, selon ce qu'on m'en a parlé, dit ceci : « Le PQ, à Québec, c'est F-I Fi, N-I Ni ». Pas très fort. Comme me le disait Frefon, ça ne donne pas tellement envie de retourner vivre là-bas. Ça démontre qu'il existe une fermeture solide envers une réalité touchant environs 10% de personnes, dont l'orientation sexuelle ainsi faite n'est pas un choix. Pour avoir été moi-même autrefois fermé sur cette question, par homophobie, je peux me consoler de n'être plus comme ceux-là à Québec, des gens pas foutus d'argumenter sur leur rejet du PQ et de sont choix, dans un choix politique supposé éclairé. C'est toujours l'ignorance qui amène de pareils comportements, combien de fois il faudra le répéter?
J'ai eu la chance de travailler avec des collègues gays, d'en connaître dans d'autres groupes politiques, pour réaliser de la stigmatisation dont les homosexuels, hommes et femmes, sont toujours la cible. Au-delà des allusions, c'est toujours la recherche du bouc émissaire que l'on retrouve. Aussi, il y a cette mentalité de « jocks », celle d'un machisme de bas-étage, ralliant auprès d'une dénominateur commun cette catégorie, souvent identifiée à Québec et ailleurs, des « angry young white men ». C'est ce groupe social informel, habituellement peu politisée, multiforme, qui s'est démarquée depuis quelques temps. Ce démarquage s'est fait essentiellement à droite, de façon à remettre en question des acquis des luttes de revendications, pas seulement économiques mais aussi dans tous les autres domaines. Comme Québec possède les attributs pour contenir en grand nombre les gens de cette catégorie sociale informelle (les jeunes techniciens spécialisés, blancs, francophones, hétérosexuels, entre 25 et 40 ans, de classe moyenne), pas étonnant de l'écho politiques retentissant des partis conservateurs.
Jusqu'à maintenant, nous en avons entendu beaucoup de leur part, sur plusieurs revendications réactionnaires. La crainte envers les accommodements raisonnables, qui a pris une trop grande place dans le débat public, pourrait caractériser une partie du discours réactionnaire, mais on ne peut rallier cette forme de protestation uniquement à cette catégorie. Par contre, l'homophobie revendiquée par les animateurs de radio-poubelle, comme Louis Champagne récemment, en dit long sur une volonté manifeste de freiner l'émancipation sociale d'un groupe important de notre société. Ce même Champagne, frustré de sa mise à l'écart temporaire par son employeur, en avait remis contre « la pensée totalitaire » imposée par l'élite culturelle du Plateau Mont-Royal, un air connu, de la part de ces animateurs. Rappelons aussi le discours anti-féministe des partisans de Fathers-4-Justice, dont quelques-uns de leur « illustres » représentants se sont portés candidats aux dernières élections, avec le même discours qu'ils tiennent à l'année longue. Nombreux ont été les déclarations de la sorte, de la part de candidats de l'ADQ, remettant en question de nombreux acquis sociaux, avec le poing sur le table.
À les entendre, ces adversaires déclarés des acquis sociaux et culturels, sans faire plus de nuance sur leur présence, on assiste à une relecture de l'Histoire du Québec, où la Révolution tranquille aura été finalement qu'une parenthèse générationnelle. Le retour aux valeurs que caractérisaient les années avant 1960 seraient préférables, à leurs yeux, au maintien de celles ayant cours, des valeurs d'ouverture sur le monde, que représentent toujours la culture issue de la Révolution tranquille. Nul doute, ce rejet manifeste de la part d'un groupe malheureusement plus jeune, renouvelé, d'une classe voulant en découdre avec ces valeurs, oblige à raviver les luttes de revendication et à les réactualiser. Le laissez-faire, en croyant au recentrage naturel de cette catégorie, serait une grave erreur. Le Québec n'est pas la seule société occidentale qui subie un retour en force de la droite réactionnaire. Pour l'exemple, je ne souhaiterais pas être un homme de gauche en Pologne, où je serais menacé verbalement et physiquement par les partisans de l'ADQ locale, la Ligue des familles polonaises, ou encore ceux du parti conservateur Droit et Justice, un parti tout aussi rétrograde, en étant traité de traître à la patrie, pour mon adhésion au socialisme.

Logo de la Ligue des familles polonaises Logo du Parti Droit et Justice
Tant que ces discours demeurent que du vent, ralliant une partie de la population dans les urnes ou les adhésions formelles, on se console, on garde une sorte de curiosité à leur égard. C'est une erreur. Il faut réaffirmer de toute nos forces les acquis des luttes sociales, de la Révolution tranquille, rappeler pourquoi nous avons choisi, à telle ou telle époque, de choisir cette voie plutôt que maintenir ce qui existait (ou n'existait pas) auparavant, comme situation insoutenable pour le plus grand nombre.
Je reviens sur l'homophobie. Un des événements m'ayant convaincu de la dérive meurtrière de cette haine, une possibilité qu'elle partage au même titre que le racisme, l'antisémitisme et toutes les formes d'intolérance, a été l'assassinat de Matthew Sheppard. En octobre 1998, Shepard, un jeune homme de 21 ans du Wyoming, a été battu par deux « jocks », parce qu'il était gay. Ils s'étaient fait passer eux-mêmes pour gays, de façon à le piéger, pour le battre et le laisser pour mort, ligoté sur une clôture en plein champ. Trouvé agonisant, Shepard est mort à l'hôpital et ses assassins, deux gars de son âge, ont été retrouvés, jugés et condamnés à la prison à perpétuité. Tout ça, parce que Shepard était gay et ne le cachait pas, dans la petite ville de Laramie, où il étudiait. Ses deux tortionnaires haïssaient tellement les homosexuels qu'ils les avaient déshumanisé, Shepard est donc devenue leur cible toute désignée pour assouvir leur homophobie poussée au paroxysme .

Matthew Shepard Aaron McKinney et Russell Anderson, ses assassins
Pour avoir plus d'informations sur ce meurtre et le symbole qu'est devenu Shepard, il existe ces quelques sites :http://www.hatecrime.org/index.html
Par la suite, la haine envers les gays et lesbiennes s'est déchaînée, notamment aux funérailles de Shepard, lorsque le pasteur Fred Phelps, un baptiste intégriste et un enragé de l'homophobie, s'est pointé devant l'église avec ses ouailles et ont insulté copieusement la famille et les amis endeuillés. Depuis, Phelps est devenu pour ainsi dire la tête de proue de la lutte contre toute forme de reconnaissance envers les gays et lesbiennes, au noms de principes religieux. Ses discours et ses actions l'ont amené, depuis le 11-Septembre, à aller troubler les obsèques de militaires tués en Irak, pour clamer sa haine de États-Unis, maudits et voués à la damnation éternelle, pour leur tolérance de pratiques « contre-natures ».
Michael Moore leur a consacré un reportage, du temps de son émission "The Awful Truth". Il a réussi à les confondre... allez voir par vous-même!
http://www.youtube.com/watch?v=33-_9nOX8KM

Fred Phelps, un fou furieux... ...il est tellement con qu'il s'est fait prendre ainsi...
Je ne pense pas que nous allons voir de pareils hurluberlus de sitôt au Québec, et pourtant... les agressions physiques, motivés par la haine de tel ou tel groupe minoritaire n'ont cessé de croître. Nous avons entendu de multiples appels, pour que le gouvernement « mette ses culottes » et « dépose le pied à terre », pour des raisons qui m'apparaissent toujours assez insignifiantes, comme ces histoires de dérives des accomodements raisonnables. Pourtant, pour d'autres enjeux beaucoup plus importants, on dirait que nos concitoyens doivent se faire tirer l'oreille. La montée de l'intolérance est toujours là, elle m'apparaît encore plus évidente, quand je regarde le type de discours qui rassemble les gens à Québec.
Un de mes amis me disait encore : « C'est dommage, mais on dirait qu'il faut toujours qu'il y ait un ou deux morts, pour réveiller l'opinion publique ». J'espère seulement qu'il a tort.Je viens de recommencer le cycle des anti-dépresseurs...et je viens de couper court aux petites bières.
Publié par oktobre7 à 05:18:31 dans Le subversif | Commentaires (0) | Permaliens
J'ai retrouvé le site des Bérets blancs, hier soir, peu après avoir terminé mon texte. J'avais déjà évoqué les liens entre le créditisme, cette doctrine économique très populaire entre les années 30 et 70, mais qui désormais est confinée à la marginalité la plus complète. Des heures de plaisir, quand on dors mal la nuit, comme hier soir...
Qu'est-ce que le créditisme ou encore le Crédit Social? Je préfère me tasser devant ce court texte d'histoire, fait tout juste pour vous répondre à cette question.Le Crédit Social, par J.T. MORLEY (www.thecanadianencyclopedia.com)
La doctrine économique du crédit social a eu de l'influence au Canada pendant un certain temps en tant que pierre angulaire d'un parti politique important. Ses principes sont formulés par un ingénieur écossais, le major C.H. Douglas (1879-1952). Selon lui, les difficultés économiques sont causées par l'inefficacité de l'économie capitaliste, qui ne procure pas à la population un pouvoir d'achat suffisant pour jouir des biens créés par le bon développement de la capacité de production.
Douglas préconise la distribution de l'argent, ou le « crédit social », pour que les gens puissent acheter les biens et services produits en abondance par l'entreprise capitaliste. Selon lui, le total des salaires payés aux particuliers qui produisent les biens (qu'il appelle A) sera toujours inférieur au total des coûts de production (qu'il appelle B). Il s'ensuit que, sans le crédit social, la collectivité n'aura jamais assez d'argent pour acheter tous les biens et services produits. C'est ce qu'on a appelé le « théorème A´B ».La doctrine de Douglas n'a guère d'influence politique ailleurs dans le monde et serait probablement encore peu connue au Canada si l'évangéliste albertain William ABERHART n'y avait adhéré en 1932. Aberhart se sert de son émission de radio pour encourager les Albertains à adopter le crédit social pour mettre fin aux ravages de la CRISE DES ANNÉES 30 dans la province et au Canada.
En 1935, Aberhart conduit le nouveau Parti Crédit Social à la victoire en Alberta, remportant 56 des 63 sièges et obtenant 54 p. 100 des suffrages exprimés. Dirigé d'abord par Aberhart, puis, après sa mort en 1943, par Ernest C. MANNING (le père de Preston Manning, l'ancien chef du défunt Reform Party, NDA), le parti remporte neuf élections consécutives et gouverne la province jusqu'en 1971. S'il obtient ce succès remarquable, c'est en partie parce qu'il remplace les fondements de la doctrine créditiste par des politiques financières et sociales conservatrices que même les banquiers pourraient louanger. Un autre facteur de ce succès est l'utilisation judicieuse des abondantes recettes pétrolières qui affluent dans les coffres de la province après 1947.En 1952, un gouvernement créditiste dirigé par W.A.C. BENNETT est élu en Colombie-Britannique. Bennett ne tient pas compte de la doctrine du crédit social, mais il allie un ensemble de politiques financières conservatrices à de dynamiques projets de développement. Il gouverne la Colombie-Britannique sous l'étiquette du Crédit Social pendant 20 ans. Son fils, William R. BENNETT, devient premier ministre en 1975 et William VANDER ZALM lui succède en tant que premier ministre créditiste, en 1986. Pendant les années 50 et au début des années 60, le parti réussit également à faire élire quelques députés à l'Assemblée législative de la Saskatchewan et à celle du Manitoba.
En 1935, le Parti Crédit Social fédéral remporte 17 sièges à la Chambre des communes, dont 15 en Alberta, où il obtient 46,6 p. 100 des suffrages exprimés. La popularité du parti fédéral en Alberta diminue graduellement jusqu'en 1968. À cette date, il est devenu négligeable. Pendant les années 50 et au début des années 60, le parti fédéral remporte un petit nombre de sièges en Colombie-Britannique.Dirigé au Québec par Réal CAOUETTE, le Parti Crédit Social fédéral remporte 26 sièges dans cette province aux élections générales de 1962. Le chef national, Robert THOMPSON, obtient à peine quatre autres sièges au Canada anglais, y compris le sien. Les tensions causées par ce déséquilibre entre les deux députations fédérales, avivées par la situation privilégiée du parti dans un Parlement minoritaire, amènent une scission en 1963 et Caouette crée sa propre formation, le Ralliement des CRÉDITISTES. Ce parti, sous des étiquettes régionales et fédérales, continue d'être représenté au Parlement jusqu'en 1980.
En tant que mouvement politique sérieux, le crédit social s'affaiblit avant et pendant les années 90, mais le parti politique est encore enregistré en Alberta. Dans cette province, le Crédit Social présente 39 candidats aux élections générales de 1993, mais sans succès. Le parti de la Colombie-Britannique a gardé son nom, mais il a rompu ses attaches avec les créditistes du reste du pays et demeure un parti relativement traditionnel et conservateur.
Sur le créditisme au Québec, j'ai trouvé un texte complet sur l'histoire de ce mouvement politique, sur le site QuébecPolitique.com :
Idéologie: Droite créditiste et conservatrice
Autorisation par le DGE: du 23 février 1978 au 16 novembre 1985 (parti fondé en 1970)
Historique:
L'idéologie du Crédit social est née des théories économistes d'un ingénieur britannique, le major Douglas, selon lesquelles l'État devait offrir aux gens un crédit (le crédit social) leur permettant de consommer davantage et, ce faisant, de relancer la production et l'économie. C'est un instituteur de l'Alberta, William Aberhart, qui a fait connaître ce mouvement au Canada durant les années 30. Au-delà des théories économiques et monétaires de Douglas, le Crédit social était de tendance de droite et conservateur, à l'image du milieu rural dont il est issu.
Le mouvement créditiste a été promu au Québec sous la bannière de deux grands partis politiques. D'abord, un mouvement social et d'éducation populaire, l'Union des électeurs, fut fondé en 1939 par Louis Even et Gilberte Côté-Mercier et présenta des candidats aux élections fédérales de 1945 et 1949, ainsi qu'aux élections québécoises de 1944 et 1948, sans réussir à faire élire un député. L'Union des électeurs disparut vers la fin des années 50, après qu'un parti politique, le Ralliement des créditistes, eut été fondé sur la scène fédérale par Réal Caouette en 1957. Des candidats furent présentés lors des élections fédérales durant les années 50 et 60.
En 1970, une aile québécoise du Ralliement des créditistes fut créée sous le nom de Ralliement créditiste. Après avoir pris le nom de Parti créditiste en 1973, il y eut scission entre les deux élus du parti, Camil Samson et Fabien Roy, et deux partis créditistes présentèrent des candidats en 1976: le Ralliement créditiste et le Parti national populaire. À la suite de la réélection de Camil Samson en 1976, ce dernier dissout le Ralliement créditiste en novembre 1978 après avoir créé, de concert avec l'ex-ministre fédéral Pierre Sévigny, le parti Les Démocrates, qui fut rebaptisé Parti démocrate créditiste en janvier 1980. Le parti fut dissous après que Camil Samson ait joint le groupe parlementaire du Parti libéral du Québec en septembre 1980.
Anciens chefs: M. Camil Samson 1970-1972
M. Armand Bois 1972-1973 (intérim)
M. Yvon Dupuis 1973-1974
M. Camil Samson 1974-1980
Parti Crédit social uni (Québec) 
Autorisation par le DGE: du 13 septembre 1979 au 27 août 1994
Historique:
Aile québécoise du Parti du crédit social du Canada, le Parti Crédit social uni (Québec) obtint le statut de parti politique québécois autorisé en septembre 1979. Il fut dissous après les élections générales de 1989.
Anciens chefs: M. Jean-Paul Poulin 1987-1994
Autres partis politiques d'idéologie créditiste
Parti national populaire: voir Parti national populaire.
Parti présidentiel: Le Parti présidentiel fut fondé en mai 1974 par Yvon Dupuis, ex-ministre fédéral, après avoir démissionné de la direction du Parti créditiste, dont il avait été élu chef un an plus tôt. Dupuis démissionna comme chef du Parti présidentiel en octobre de la même année et fut remplacé par l'ex-député Yvon Brochu. Le Parti présidentiel fusionna avec l'Union nationale en mai 1975 sans avoir participé à aucune élection.
Sur les Bérets blancs, il s'agit de la faction la plus visible désormais du créditisme. Confiné à la région de Rougemont, pas loin de Granby, où sont regroupés les institutions qui leurs sont propres (l'Institut Louis Even), les Bérets blanc vivent désormais un peu à part, convaincus de la justesse d'avoir ajusté ensemble leur vision politique, économique...et leur conviction religieuse ultra-catholique. Pour plusieurs, la chute du Québec conservateur de l'Union nationale a permis un temps à ce type de droite réactionnaire, craignant la perte de l'identité canadienne-française et catholique d'autrefois, d'avoir un sursaut ultime, lors des élections de 1970, devant l'accomplissement du Québec de la Révolution tranquille. Plusieurs pensent que l'élection des députés de l'ADQ, en grand nombre comme nous l'avons eu lundi soir, se compare dans la réaction populaire vis-à-vis des changements inévitables et difficile à admettre pour plusieurs en région, la configuration de notre nation à l'image de ce que l'on retrouve dans la métropole. Le mouvement créditiste, autant dans ses versions politiques (les différents partis) et dans son mouvement social et religieux, autour des personnalités de Gilberte Côté-Mercier, Louis Even et le journal Vers Demain, correspondaient à leur apogée à l'ultime baroud d'honneur du conservatisme au Québec. Il a fallu attendre jusqu'aux années 2000, lors du coming-out néo-libéral de Mario Dumont, pour revoir ce type de mouvement et de discours.
Je serais dans l'erreur, si je soutenais que l'ADQ est une filiation directe du créditisme. Quand je fait allusion aux anarcho-créditistes, en parlant des Adéquistes, ou encore à l'Union nationale créditiste, pour qualifier l'ADQ, c'est pour la forme. Mon côté punk subversif. Pourtant, quand je suis retourné lire les textes des principaux animateurs du Crédit social, il y a des ressemblances frappantes. Surtout, lorsque je me suis tapé quelques causeries de M. Even, madame Côté-Mercier et les autres apôtres du catholicisme créditiste, enregistré pour la télévision dans les années 50, on croirait entendre...Mario Dumont et ses députés!!! Les mêmes attaques contre la gauche, contre le syndicalisme, contre la présence de l'État dans l'économie, la prétention que toute forme d'interventionnisme correspond à du socialisme (ou du communisme), contre la redistribution de la richesse par la fiscalité (le slogan « Mort aux taxes! ») le côté « Tous pourris! » et anti-partis de ses adhérents... la somme des analogies est assez convaincantes.
Je vous laisse juger par vous-même :
http://www.michaeljournal.org/accueil.htm
Vous y trouverez une mine d'information et d'archives sur le créditisme, d'hier à aujourd'hui. En passant, on dirait que le chef de l'ADQ a le même coiffeur que les membres de l'association, quand on les voit sans leur béret...
Sur les vidéos des causeries créditistes :
http://www.michaeljournal.org/filmsWMV.htm
Pour les comparaisons que j'ai cité plus haut, e vous suggère de visionner les vidéos sur la dette publique, le socialisme (ne vous étonnez pas si M. Even parle des libéraux de Jean Lesage ainsi...), les grèves, tous les vidéos sur les syndicats et ceux de leur refus des partis politiques...bien que madame Côté-Mercier a tenté un geste fort vers les créditistes élus à Ottawa, en essayant de les manœuvrer à son compte et à son mouvement. Vous verrez bien, les « idées nouvelles » de l'ADQ constituent une vieilles idéologie, dans des contenants neufs. Les dollars envoyés aux familles, au lieu des services offerts par l'État, c'est du créditisme. Idem pour les bons à l'éducation, les milliers de dollars pour les naissance, etc.
Finalement, le néo-libéralisme adéquiste et le créditisme pourraient êtres de la même eau, le simplisme des solutions et le populisme de circonstance?
En passant, Monsieur Even était un peu sourd et avait un accent français, ça explique sa voix peu radiophonique, pour le Québec...
Après avoir constaté qu'il y a détérioration de mon état, depuis ma visite à Louis-H. Lafontaine, j'y suis retourné aujourd'hui, pour demander à nouveau de l'aide. Je suis ressorti avec une prescription de Celexa (Citalopram), d'ici à ce que je passe enfin à l'hôpital de jour, pour une thérapie, en mai. Je suis triste, j'ai l'impression de revenir au même point qu'en 2003. Fini les petites bières et le vin de table. En plus, ce n'est même pas garanti que ça fonctionne. Mais après avoir pété encore les plombs, devant mon incapacité à me concentrer devant mon ordinateur, lorsque je travaille sur ma maîtrise, c'est tout ce qu'il me restait à faire.
(soupir...)
Publié par oktobre7 à 05:01:56 dans Le subversif | Commentaires (1) | Permaliens
Malgré mes accès de déprime, je ne suis pourtant pas à plaindre. Mon père me rapportait que le gendre de sa voisine, à Lévis, vient de perdre son seul œil valide. Il est atteint d'une maladie rare, menant la cornée à se décoller. L'homme a une famille et avait un excellent emploi à la société de transport de sa ville. Ça fait réfléchir, sur sa situation immédiate. J'ai la chance d'avoir toutes mes facultés intactes. Plusieurs ici m'ont complimenté sur ma culture générale, comme notre ami le Vieux Chat, hier. Il paraît que les écoles secondaires vont être en manque d'enseignants, je vais voir de ce côté, pour cet automne. J'ai une longue expérience du service au public, dans des conditions pas évidentes : comment avoir le tour avec une madame qui cherche un livre, quand elle vous voit arriver avec un t-shirt des Varukers, un pantalon militaire noir avec des patches de groupes et des bottes Doc Marten's qui vous montent au genou. Des années de pratique dans le corps, y'a pas une madame qui m'a retourné. Toujours des « merci! ». J'ai servi Michelle Charest, ben oui, la femme de notre premier ministre, elle voulait un guide de tourisme sur la Chine, lorsqu'elle et son mari ont été faire leur tour là-bas. Cette journée-là, je pense que j'avais un t-shirt des Entartistes, et je me suis permis de blaguer sur le fait que ça ne lui tentait sûrement pas de visiter que des usines... Alors, vous voyez que je peux faire bien des choses.
Un des anciens assistants-directeurs de succursale, avec qui j'ai travaillé trois ans, est paralysé d'un côté du corps. Il claudiquait, un de ses bras est replié et a une motricité partielle, et pourtant il ne s'est jamais empêché de faire ce qu'il voulait faire. Il fallait le voir grimper dans un grand escabeau, pour remplacer un fluorescent au plafond. Quand je me désole, il m'arrive de penser à lui, que rien n'arrêtait. Il faudrait bien que je le revois, il est retourné vivre à Sainte-Foy, l'an dernier.

L'animation suivant vaut la peine d'être vue : 

Aussi, j'ai découvert ce documentaire de la BBC, sur YouTube. Why we Fight met en relief l'escalade des dépenses militaires aux États-Unis, depuis les années 50, en lien avec le fameux "complexe militaro-industriel". Le film démontre comment le gouvernement américain a réussi à justifier un budget de la défense américaine dépassant... de très loin toutes les autres dépenses réunies de l'État américain, en trouvant le moyen d'intervenir militairement partout dans le monde! Le documentaire est en quatre parties et a une durée de plus d'une heure. Il vaut la peine de s'y attarder. On y apprend comment s'est instauré le mythe du combat pour la liberté, afin de justifier des dépenses militaires immenses, non seulement lors de cette guerre...mais de toutes les autres!
http://www.youtube.com/watch?v=-xYeuzG24mo
Ce qui m'inquiète beaucoup, c'est l'escalade avec l'Iran. L'histoire des marins britanniques m'a rappelé l'incident du Golfe du Tonkin, où les Américains auraient sciemment patrouillé un secteur maritime où ils n'avaient aucun autorisation, pour ensuite essuyer des tirs et ainsi justifier leur intervention. J'espère que je me trompe complètement.
J'ai peur de lire ceci, comme message envoyé aux Iraniens (cliquer sur l'image, en haut):
Liberation is coming, whether you want it, or not.
Encore une mauvaise nuit de sommeil...
Publié par oktobre7 à 06:02:31 dans Le libraire inconnu | Commentaires (0) | Permaliens
Je me suis fait discret un peu plus tard aujourd'hui. Ma soirée d'hier a été un peu difficile à récupérer, je me suis couché à 4h00 ce matin, avec l'effet de quelques pintes de bonne bière. Et avec le sentiment de vivre dans l'ambivalence...vous me pardonnerez donc d'avoir été tradif à ma contribution de vos lectures.
D'une part, vous ne serez pas surpris, je ne partage pas du tout la joie des partisans du Caudillo Dumont. 41 députés, des candidats arrivant deuxième dans 45 autres comtés, dont plusieurs à Montréal, le titre de parti de l'Opposition officielle, un gouvernement libéral minoritaire, dont la durée de vie ne s'étendra pas tellement à plus d'une année et demi. Avec à l'horizon, le conservatisme de Stephen Harper, prêt à fondre sur les mêmes secteurs remportés par l'ADQ, suite à une élection possible dans l'année. Non, je ne suis pas tellement heureux, mais je me répète ce que ma mère m'a envoyé à nouveau, la prière de la sérénité. Hier, à la soirée électorale au théâtre Plaza, entouré de mes camarades, je répétais comment nous allons devoir revivre certaines luttes passée, car il est certain désormais que le mouvement social n'aura pas l'écoute des députés de l'ADQ, pour mener à bien les projets afin d'améliorer l'ordinaire de milliers de personnes défavorisées au Québec. « On n'a pas fini de manifester! », une phrase que j'ai répété souvent hier soir. Assez pour que je n'ai plus tellement de voix aujourd'hui, comme si j'avais eu une longue pratique avec mon groupe.
Je n'en rajoute pas plus, écrire sur des trucs négatifs et toujours les mêmes, ça deviens lassant. J'en profite donc pour vous inciter à visiter le site de Nic et lire ce texte très limpide, sur la signification du programme adéquiste dans les régions où ce parti a obtenu son support. C'est ma consolation, le désenchantement risque d'être rapide, chez de nombreux partisans du Caudillo, quand ils en sauront plus long sur la signification du mot « changement » dans la bouche de leur « cheuf ». Nic est un bloguiste à découvrir et à suivre, nous avons le privilège de l'avoir dans notre communauté.
D'autre part, avec Québec solidaire, je dirais que cette soirée au Plaza m'a été très salutaire. J'étais entouré d'une foule d'amis, je devais connaître personnellement entre le quart et le tiers des gens présents. La symbiose que nous avons vécu, en scandant le slogan classique « Ce n'est qu'un début... » et en entendant les discours de nos principaux candidats. Celui d'Amir, en particulier. Vous l'avez peut-être regardé à la télé, un grand moment de la jeune histoire de notre parti...et de ma vie de militant. Le discours en citant Miron, je ne pouvait être que là, dans la salle. Dans quelques années, je pourrais dire « J'étais là », la fierté dans la voix. Nous n'avons pas de député aujourd'hui, nous avons obtenu la deuxième place dans les comtés de Mercier et Gouin, une ou deux troisième place ailleurs, on s'est contenté d'améliorer nos résultats de 2003, du temps de l'UFP. Nous avons eu environs 150 000 voix dans tout le Québec, soit 3,67%. Mais malgré ces scores modestes, nous savons que désormais, nous sommes inévitables, quoiqu'en disent les journaleux de Power Corporation. Certains coins du Québec sont encore perméables à notre arrivée, mais ailleurs, nous sommes étonné de la réception de notre message. Je pense entre autre à Rimouski, où nous avons fait un résultat honorable, là où nous avions aucune organisation.
Les Verts ont fait un peu mieux que nous, mais malheureusement, leurs votes sont concentrés dans l'ouest de l'Île. J'ai appris justement hier qu'il s'agit de la seule alternative des jeunes anglophones ou allophones, peu intéressés à la question nationale mais pas plus au message du PLQ de leurs parents. Je sais aussi que désormais, le Parti Vert du Québec va être aussi inévitable. Il lui reste cependant à peaufiner le discours, surtout l'arrimer avec une base de programme plus tangible, liée à la vie des citoyens et citoyennes.
Aujourd'hui, en ce lendemain de veille un peu difficile, j'ai eu l'excellente initiative d'aller aider à vider notre local électoral et revoir mes camarades, au lieu de ruminer avec mon mal de crâne. Le bilan de mon implication, il est plus que positif. Je n'en ai pas fait autant que je l'aurait souhaité, mais quand même, on a fait ensemble ce qu'on a pu, en obtenant plus du double de voix que ce qu'on a obtenu en 2003, avec Omar Aktouf, sans compter l'expérience d'une campagne électorale. Et surtout, surtout, que de nouvelles personnes, dont j'ai eu la chance de faire la connaissance. Rien qu'à Rosemont, je pense à François et Maria, en plus du groupe du Comité de coordination. Mais aussi tous les militants qui ont spontanément offert de leur temps, je pense à Roger, Françoise, Louise, Michel, des gens avec un cœur gros comme ça, de l'espoir à revendre. Je pense aussi à ceux que j'ai connu dans mon comté, Hochelaga-Maisonneuve, avec Minerva, Gabriel, mon candidat, avec qui je suis revenu de notre soirée (je lui doit une bière!), sa copine dont j'oublie le nom à l'instant et Alexandre, mon ancien collègue, avec qui maintenant je vais militer activement. Et les autres, que j'ai vu hier soir, tant de candidats que je connais, comme Valérie, la candidate dans Viau, André, dans Crémazie, Jocelyn, dans le Nord... Une belle bande de rêveurs et d'utopistes, dont on ne peut plus faire semblant d'ignorer ou simplement mépriser.
Ah oui, moi aussi, je l'ai trouvé ben plate, quand j'ai su que Patapouf 1er était finalement réélu. C'étais ma grande consolation, mais bon, une fois la nouvelle encaissée, on s'est acheté une autre pinte...
Ça serait faux, de dire que j'ai hâte à la prochaine fois. Je sors de ces semaines émotionnellement épuisé, une campagne électorale aussi peu reluisante au niveau des idées ne laisse pas beaucoup de gens indemne. La suite ne sera pas jojo, avec l'Union nationale créditiste prête à nous faire revivre les mêmes platitudes. Je me dis qu'il va être important cette année, de donner au Québec une journée du 1er Mai dont on se souviendra longtemps. C'est ma prochaine date à retenir.

Une partie des candidats, le 16 mars dernier

Ce qui attend notre gouvernement minoritaire, cette semaine...
Publié par oktobre7 à 04:36:35 dans Le subversif | Commentaires (0) | Permaliens
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