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Le Subversif

Les joies et colères de la vie de libraire

Oktobre, le joyeux libraire

Bonjour chères lectrices et chers lecteurs,



j'ai voulu créer une page pour me défouler, écrire ce qu'il se passe ici bas, dans le monde merveilleux des éternels étudiants endettés, avec un boulot peu rénuméré malgré les aptitudes et les diplômes acquis. Les amoureux de la lecture, plus particulièrement les maniaques de livres dont on ne parle pas beaucoup s'y retrouveront. Comme j'aime aussi les cultures métal et punk, c'est certain que je vais écrire quelques lignes là-dessus. 




Et puis moi... je suis désormais un ex-libraire, viré pour avoir exprimé son opinion sur son employeur, Renaud-Bray, malgré mes neuf ans d'ancienneté. Je suis dans la trentaine, ma formation est en histoire et en science politique. Pas d'enfant, pas riche, pas d'auto, pas de REER, pas de télé câblée, pas de colocataire et pas d'animaux. Mais beaucoup de livres et de disques.




J'espère que ce site va vous plaire. Bonne lecture!

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"Vous écoutez Radio Renaud-Bray". | 19 juin 2007

Vendredi dernier, j'ai eu la surprise d'avoir été distancé sur un sujet de mon blogue. Depuis quelques semaines, j'avais l'intention d'écrire un texte sur l'une des innovations les plus improductives que mon employeur, la chaîne de librairies Renaud-Bray, a persisté à implanter dans toutes ses succursales. Il s'agit d'une radio interne, Radio Renaud-Bray. Dans le journal culturel Voir de cette semaine (14-20 juin 2007), de l'édition montréalaise, la chanteuse Lhasa de Sela a été citée longuement, sur son appréciation très mitigée de cette stratégie commerciale. Elle a très bien exprimé un sentiment que partage, de façon presque unanime, les employés des succursales. J'ai écrit « presque », du fait de la présence dans les magasins de quelques flagorneurs prêts à dire ce que nos bons patrons veulent entendre. La flagornerie est ce qui coulera cette entreprise...enfin, je ne pouvais omettre de vous faire part de cette article du Voir, afin que vous puissiez en juger par vous-même.

 

Note musique

Olivier Robillard Laveaux 

 

De plus en plus de chaînes commerciales diffusent dans leurs succursales une programmation musicale préétablie, où maisons de disques et distributeurs paient afin qu'on fasse jouer leurs artistes. Dans une lettre adressée à Voir, Lhasa de Sela se prononce contre la Radio Renaud-Bray qui a fait son apparition dans tous les magasins de l'entreprise. "Autrefois, quand j'entrais chez le Renaud-Bray de mon quartier, le disquaire me disait: "J'ai quelque chose à vous faire écouter!" et me mettait un disque qui, plus d'une fois, a changé ma vie", explique la chanteuse. "Ceci n'est plus possible chez Renaud-Bray parce que, désormais, dans toutes leurs succursales, ils ne font passer que la nouvelle Radio Renaud-Bray. Les disquaires, tous des mélomanes passionnés, n'ont plus qu'à allumer leurs ordinateurs. Ils n'ont plus le pouvoir de communiquer leur enthousiasme et leur savoir pour nous faire découvrir de la musique. Dans un monde où les radios (à quelques exceptions près) ne passent que de la musique "formatée" de plus en plus homogène, la musique indépendante, non commerciale, a de moins en moins de possibilités de trouver son public. Les magasins de disques sont devenus des méga-entrepôts impersonnels. Renaud-Bray a été pour moi un des derniers endroits qui laissaient une place à l'échange de nos découvertes. J'ai déposé une plainte il y a six mois, la première fois que j'ai remarqué ce changement. Je crois que si les patrons de Renaud-Bray se rendaient compte que leurs clients tiennent à ce que les disquaires gardent la liberté de nous faire entendre leurs découvertes, à ce lien personnel et vivant entre nous, ils pourraient leur rendre leur juste rôle dans leurs magasins. Mais il faut qu'on soit plus nombreux à se faire entendre. S'il vous plaît, si vous tenez vous aussi à ces petites choses (qui ne le sont pas), prenez une minute pour déposer une plainte la prochaine fois que vous passerez chez Renaud-Bray."

 

Quand j'ai eu terminé de lire ce texte, je me suis exclamé « Brave et honnête Lhasa! ». Je lui souhaite néanmoins de ne pas subir le genre de sournoiseries dont mes patrons sont capables, dont le boycott de ses disques. Remarquez que la dernière fois, avec les Zapartistes, la porte-parole de Renaud-Bray avait été trop loquace, lorsqu'elle avait laisser sous-entendre que le diffuseur du groupe d'humoristes subirait des représailles. Elle ne travaille plus chez Renaud-Bray, depuis le mois dernier, je pense qu'elle est passé à la trappe à son tour... mes bon patrons et leurs valets se sentent-ils surveillés?

 

La radio de Renaud-Bray, j'avais l'intention de la dénoncer, depuis que nos patrons se sont lancé sur un projet voué à l'échec une première fois, en 2002. à l'époque, on voulait brider le choix des disquaires, il paraît que ça dérangeait notre président. La première tentative n'avait donc pas été concluante, il a fallu qu'un autre flagorneur pilote à nouveau l'idée, pour voir le résultat qu'on connaît aujourd'hui. Comme l'écrit Olivier Robillard Laveaux, ce sont effectivement les diffuseurs qui imposent leurs choix musicaux. Et quels choix! À ma succursale, je peux vous assurer que RIEN du répertoire musical imposé par l'ordinateur aurait été celui de notre chef disquaire et de son équipe. Pire, lorsque le disquaire décide de « skipper » une chanson, le responsable de cette radio peut le détecter sur son ordinateur et peut ainsi achaler le directeur de la succursale, qui verra à ce que le fautif reçoive la consigne, avec la menace habituelle de sanction. La seule sanction possible serait d'empêcher le disquaire de mettre la musique qu'il désire, dans la seule période possible, entre 9h00 et 10h00 le matin....Alors, nous sommes obligé de nous farcir les mêmes platitudes que les stations de radio CITF ou CITE diffuse en boucle depuis leur début. Dans mon jargon bien personnel, j'appelle ça de la musique de « matante », mais je ne voudrais pas heurter quelques sensibilités... Ce sont d'ailleurs des techniciens de l'entreprise derrière ces stations, habillés à leurs couleurs, qui nous ont installé le matériel.

 

Alors, comme l'exprime Lhasa de Sela, les disquaires pouvaient faire connaître toute sorte d'artiste valant la peine d'être connu. Comme je n'écoute pas de radio, sauf la première chaîne de Radio-Canada, je ne peux être très au fait de ce qu'il se produit de bon. Idem pour de très nombreux clients, désormais, ils ne verront pas la différence avec ce qu'il entendent dans les salles d'attente de dentiste. Du Céline Dion, comme si on avait besoin d'en rajouter en promotion, quand ses disques se retrouvent même à la caisse du supermarché, à côté de la gomme balloune...du Francis Cabrel d'il y a vingt ans...du Dalida, du Pierre Lapointe dont on n'est plus capable d'entendre l'imitation de Kermit la grenouille, des tounes du très mauvais album de chanson en duo avec Claude Dubois et j'en écrirais long sur les autres cochonneries de centre d'achat. Le pire, ce sont les pubs qui reviennent sans cesse, avec la voix altérée aux Qaaludes de l'animateur typique de CITE, qui nous annonce des choses insignifiantes comme « celui qui est considéré comme un trésor national, Claude Dubois »...vraiment, il faut que Renaud-Bray trouve son compte (en dollars!) pour imposer une stratégie commerciale aussi imbécile.

 

Comme si ce n'étais pas suffisant et Lhasa de Sela l'ignore, les disques disponibles sur les portes d'écoute sont également soumis à la règle. Le choix est déterminé par les membres de l'équipe commerciale, en relation avec les diffuseurs. Vous n'aurez donc plus à douter des choix du disquaire, ça l'emmerde forcément de voir l'album de Dubois sur un poste d'écoute, mais il n'a pas un mot à dire sur cette décision.

 

Comme les « Coups de Cœur » sur les livres, comme les palmarès trafiqués, Radio Renaud-Bray s'inscrit également dans une stratégie globale très discutable. Faisant peu de cas des choix et des demandes de la clientèles et encore moins de son personnel dans les succursales, les responsables du secteur commercial s'emploient à imposer l'offre, au détriment de la logique de la demande. Comme dans le secteur de la godasse et de la guenille de luxe, Renaud-Bray impose la mode, le ton de la saison, la couleur, etc. Évidemment, c'est de connivence avec les diffuseurs, selon les quantités dont nous sommes obligés de disposer. C'est pourquoi on retrouve des « Coups de Cœur » sur des livres nuls, comme le roman de Janette Bertrand. Le prochain livre de Nelly Arcan est déjà consacré « Coup de Cœur », soyez-en assuré : mes bon patrons la voient dans leur soupe... même si elle écrit un roman merdique.

 

Comme Lhasa, je vous lance l'invitation à adresser vos plaintes à mon employeur et de lui dire tout le mal que vous pensez de ses choix musicaux. Ce n'est pas grave pour le responsable de la radio, il ne perdra pas grand'chose, c'est le fils cadet de mon bon patron...bon, c'est vrai que le fils aîné a été « éloigné », suite à ses cafouillages monumentaux de l'an dernier. Quand il s'agit de l'emploi de centaines de personnes, qui dépendent de la direction commerciale de quelques sagouins nommés non pas pour leur compétence, mais bien pour leur obséquiosité et leur lien de parenté ou d'amitié, ça vaut la peine d'en dire du mal un peu...

 

Ah oui...je suis toujours surveillé sur ce blogue, c'est pourquoi je n'ose être sévère sur mes jugements. Vous comprendrez ma retenue...

 

                                    

                                     NON aux "Coups de Coeur"!

Publié par oktobre7 à 03:31:24 dans Le libraire inconnu | Commentaires (1) |

Un samedi de déménagement. | 17 juin 2007

Je reviens tout juste du nouvel appartement de mes amis Julie et Benoît, après leur avoir aidé à déménager leur ménage. Ouf, on a eu le temps qu'il fallait, il ne nous est pas tombé de flotte sur la tête mais...le soleil nous a sérieusement plombé le crâne, en milieu d'après-midi. J'avais jugé que ce déménagement ne sera pas très long, mes amis n'ont pas d'enfant, seulement cinq minous. Et ceux-là, qu'est-ce qu'ils ont laissé, comme poil!  Avec l'accumulation on aurait pu faire un autre chat! Autant Benoît que moi, nous avons sous-évalué le stock à transférer. Heureusement que le couple déménageait qu'à un coin de rue de là, j'aurais passé certainement plus de huit heures à soulever des boîtes et des meubles. Notre sous-évaluation provenait du stock en double que mes amis avaient entreposé dans le cabanon. J'ai eu la surprise plus tard, après avoir vidé l'appartement. Quand j'ai écris « en double », ce n'est pas seulement une figure de style... Enfin, c'est terminé, je me sens pas si en mauvais état, à part une ampoule sous le pied droit et des raideurs dans les avant-bras. Mes amis nous ont très bien reçu, (il y avait aussi le grand Hugo, un collègue de Benoît), avec la traditionnelle pizza et la bière. On a gardé la bonne humeur tout le long, j'étais très motivé à travailler physiquement, peut-être que mon métier n'est pas très exigeant sur ce plan, sauf quand je place des livres ou que je refait un cube de présentation. Comme je lançait au gars durant la journée, après avoir descendu le frigo par l'escalier : « On n'est pas si mal, pour des pousseux de crayons! ». Je n'ai certainement pas regretté d'avoir passé un après-midi si laborieux.

 

Pendant que je compose ces quelques lignes, lavé et sentant le propre, sans plus de poils de chat partout, je déguste une petite bière légère (ça se maintien!), en attendant que ma bouffe soit cuite. Je sors au bar le Passeport ce soir, pour retrouver Judyth et Mike dans une occasion spéciale. La fille de Mike se marie tout à l'heure...à cet endroit, et c'est son père qui va célébrer son union avec Richard, son fiancé. Je vais arriver là-bas un peu plus tard, lorsque le bar va être ouvert pour tous. Pour ceux qui l'ignore, c'est un des endroits les plus anciens du milieu underground, le bar a fêté son 25e anniversaire l'an dernier, si je ne me trompe. L'endroit est fréquenté par les trippeux de musique darkwave (VNV Nation et consorts), beaucoup de goths(surtout des filles, yééé!) et bien d'autres. Je vais en écrire un peu là-dessus demain.

 

Knuckles!

Ben oui, il est de retour! Un clic sur l'image, pour l'animation :

                                 

Publié par oktobre7 à 02:37:39 dans Le libraire inconnu | Commentaires (0) |

Aux gars qui sollicitent les prostituées dans mon quartier. | 15 juin 2007

Cet article s'adresse à un individu en particulier. J'ignore son nom, mais j'ai pris soin de noter sa plaque d'immatriculation : 377 BKG. La voiture est une Honda de couleur noire, une Civic, la berline. Une belle voiture, bien entretenue. L'individu lui-même est une homme d'une trentaine d'année, un barbu. Je ne l'ai pas vu très longtemps. Ah, c'est vous? Vous avez retrouvé votre numéro de plaque ici, en vérifiant si quelqu'un a finalement remarqué votre manège? Je le pensais bien, vous n'étiez pas à votre premier passage dans mon quartier, Hochelaga-Maisonneuve. Vous sembliez nerveux, en passant dans votre voiture au ralenti sur la rue Sainte-Catherine, pour vous faire remarquer par la fille au coin de la rue Saint-Clément. Vous aviez raison de ne pas vous attarder. Il ne fallait pas vous faire voir ainsi, c'est un peu gênant, n'est-ce pas? Solliciter une prostituée dans mon quartier, c'est pourtant assez commun, mais vous voir dans le rôle d'un client, ce n'est pas tellement génial. On pourrait penser toute sorte de chose sur vous, à savoir que vous êtes un pervers, que vous êtes trop moche, pour vous faire une petite amie, vous êtes un perdant de nature, etc. Loin de moi l'idée de vous lancer des quolibets, vous avez déjà à faire avec votre conscience. Surtout si vous trichez votre conjointe.

 

J'évoque votre passage, parce que je trouve ça assez moche. La prostitution, c'est le dernier recours, avec la mendicité. Quand on en est rendu à se vendre sur le coin de la rue, je ne pense pas qu'il s'agissait là d'un objectif de carrière. Pourtant, en tant que client, ça ne semble pas vous déranger outre mesure. Vous n'êtes pas le seul, évidemment. Même que dans certains cas où j'ai été témoin, la fille semblait moindrement enjouée de voir de vos semblables attirés vers elle. Un matin en particulier, la petite maigrichonne, qui faisait le trottoir régulièrement à mon coin de rue l'an dernier, semblait heureuse de voir deux de ses habitués, deux gars travaillant dans la construction, qui sont venu la ramasser dans leur camion. Il m'est arrivé de voir quelques travailleurs venir chercher des filles, l'après-midi, avec le camion de leur compagnie. C'est facile pour eux, mon secteur est constamment parcouru par deux ou trois femmes. Vous le saviez probablement de réputation, avant de faire votre manège. Aviez-vous remarqué la maigreur de la jeune femme que vous avez embarqué, l'autre jour? Je ne pense pas que c'est dû à un problème d'anorexie. Bien sûr, elle avait une meilleure mine que plusieurs autres. Mais je suis d'avis qu'elle a le problème le plus courant, pour en être rendu à vouloir se faire payer pour assouvir vos instincts. Ces derniers vous inhibent de vos remords et vous font oublier les raisons qui l'ont amené là, bien sûr. C'est pour cela que je ne suis pas surpris de voir un type en pleine séance de fellation, au volant de sa voiture stationnée dans une rue perpendiculaire à la rue Sainte-Catherine (Théodore ou Leclaire), par une femme ramassée pas très loin. Incroyable, que ces instincts poussent à une telle absence de pudeur...

 

Au cas ou vous ne le saviez pas, les prostituées de mon coin ont en commun d'avoir de graves problèmes de drogue, dans la très grande majorité. Je suis certain de mon affirmation. J'habite le coin, je marche beaucoup, d'un commerce à l'autre, j'ai eu amplement l'occasion de les observer et même de leur parler. Je pense à une en particulier, assez grande, avec les cheveux blonds très courts. Celle-là, pour en avoir vu d'autres, c'est la coke. Même quand il pleut, je la voie se dandiner, au coin de Viau et Sainte-Catherine, près des cabines téléphoniques. Les pires, ce sont les deux harpies que j'ai croisé, pas loin de chez moi, un soir que je rentrais à pied. Après les avoir vu, j'ai eu la confirmation de la présence du Crystal Meth à Montréal. Oui, cette dope qui démolie son utilisateur en moins d'un an. Il fallait voir le tableau, les deux hurlaient à la lune, en pleine rue, à une heure du matin. J'ai eu l'occasion de les revoir en plein jour, elles leur manque des dents, ont les cheveux défaits et n'ont plus que la peau sur les os. Si vous les croisez, lors de votre prochain passage dans mon quartier, j'espère qu'elles vous rappellera les risques que vous encourez, en servant un pareil commerce. 

 

En fait, j'espère ne plus jamais vous revoir. Aussi, souhaitez de ne pas me rencontrer.

                                            

Publié par oktobre7 à 01:29:22 dans Le libraire inconnu | Commentaires (0) |

"À soir j'sors pas, chu tanné d'aller boire!" -Plume Latraverse, "Bonne soirée". | 12 juin 2007

Le titre indique bien mon état d'esprit. Après trois jours à Québec, il était temps que je revienne, la fatigue m'a atteint. Même après avoir passé la soirée d'hier chez moi à regarder des films, j'ai eu envie de faire la même chose ce soir et surtout, mes chers amis, de vous écrire quelques mots. Bien sûr, je suis toujours là au rendez-vous, je n'ai pu trouver ni du temps, ni même un ordinateur cette fin de semaine afin de décrire l'état d'esprit que j'avais dans la Vieille Capitale. Et ce soir, je suis devant mon ordinateur, au lieu d'être devant la scène des Foufounes Électriques, à gueuler en regardant Conflict...ben oui, j'ai décidé de manqué le show de ce groupe mythique...bah, il revient en août, pour le Punk-Fest, alors pourquoi se forcer à aller écouter un groupe, alors qu'on est à la moitié de sa capacité?

 

Quoi écrire sur cette fin de semaine à Québec? Beaucoup de chose et bien peu... Je me suis bien amusé dans les bars, j'ai quelques anecdotes en réserve, sur le « night-life » de cette ville. Je vous en écrit une, pour vous démontrer que je ne raconte pas n'importe quoi. Des années d'assiduité à la Fourmi Atomik (malheureusement défunte depuis quelques années, lorsque la façade du bâtiment s'est effondré sur la terrasse, entraînant sa fermeture ainsi que du d'Auteuil, situé au-dessus) m'ont laissé plein d'optimisme, afin de trouver un endroit pour s'enivrer un peu et péter beaucoup de broue... Ce n'est pas pour rien, malgré le virage à droite remarqué à Québec, que j'aime bien passer quelques temps de mes vacances annuelles là-bas.

 

Connaissez-vous le pub irlandais Nelligan, sur la rue Saint-Jean? Ça vaut le détour. Il s'agit, pour les anciens de l'Université Laval comme moi, de l'ex-Bar l'Étrange. Il a changé plusieurs fois de proprios, mais je ne l'ai découvert que l'an dernier, lors de la Coupe du Monde de soccer. C'est là que j'allais voir les matches, diffusés à RDS et présentés dans le bar, toujours bondé de monde. C'est là aussi que j'ai vu l'élimination de l'Allemagne, moi le seul partisan de cette équipe (juré!), alors que tous encourageaient la Squadra Azzura (l'Italie)...bref, j'ai traîné ma gang jusque là, en croyant aller dans la même place cool que j'ai aimé l'été dernier.

 

Ce soir là, je crois que j'ai perdu toute crédibilité, pour ma supposé aptitude à faire découvrir les charmes de la ville de Québec. Il a fallu qu'à cet endroit, on tombe sur le waiter le plus gelé qu'on ai pu observer... Pas méchant, le type. Un Irlandais aux cheveux longs, à la langue française hésitante, dont on ne comprenait à moitié ce qu'il nous débinait, tout droit sorti d'un revival hippie quelconque. Lorsqu'il s'est décidé à venir nous voir, car il était seul au bar à assurer le service, il a pris la commande de notre groupe, mais deux clients à la fois...on était huit. Pire encore, il était tellement dans les vapes qu'il n'arrivait pas à trouver la bonne pompe des marques de bière qu'on avait commandé. Lorsque chacun a eu sa pinte, ça faisait au moins une demi-heure qu'on était installé à la table. Il a fallu se convaincre mutuellement à rester dans cette place, du fait qu'il n'avait pas vraiment d'autre place à aller en ce jeudi soir. Bien sûr, mon premier choix était le Sacrilège, situé plus bas, mais c'étais archi-plein. La prochaine fois, c'est certain, j'insisterai pour y aller.

 

Ce soir, je vais me taper un ou deux films, en faisant l'activité la plus reposante qu'il soit, coudre à la main des patches de groupes sur son linge...

 

Quelques mots encore, sur Skinny Puppy...

 

J'ai encore une raison de bénir le site Youtube. Un spectateur du show que je suis allé voir a placé quelques images sur ce merveilleux site. J'ai maintenant un témoignage de première main... comme on dit en anglais: "Enjoy!"

 

 

Publié par oktobre7 à 03:34:14 dans Le libraire inconnu | Commentaires (0) |

Suite sur la campagne impérialiste Anti-Chavez…et Skinny Puppy à Montréal! | 06 juin 2007

Mon ami Benoît, du blogue L'Internationaliste et de Socialisme International, m'a envoyé ce texte de Bernard Cassen, paru dans l'actuelle édition du Monde Diplomatique. Le texte est très pertinent et fait suite à celui que j'ai reproduit la semaine dernière.

 
Désinformation sur le Venezuela
Bernard Cassen
 
L'affaire ne pouvait être que de portée planétaire puisqu'elle a donné lieu, ces derniers jours, à des déclarations quasiment simultanées du Sénat des Etats-Unis, du Parlement européen et de la présidence allemande de l'Union européenne, sans parler des articles fleuves et des éditoriaux de la plupart des grands médias occidentaux. De quoi s'agit-il ? De l'Iran, du réchauffement climatique, de la Palestine, du Darfour ? Tout faux : la gravissime affaire en question est le non renouvellement, par le gouvernement vénézuélien, de la concession de 20 ans, venue à échéance le 27 mai, d'une chaîne de télévision privée, Radio Caracas Television (RCTV), afin d'installer sur sa fréquence hertzienne une chaîne de service public. C'est-à-dire exercer le droit souverain qu'a chaque Etat de disposer des biens publics rares que sont les fréquences hertziennes.
 
Atteinte aux droits de l'homme, à la liberté d'expression, censure, dérive autoritaire, totalitaire - voire fasciste -, toute la panoplie du vocabulaire rodé depuis des années contre le gouvernement de M. Hugo Chavez a été utilisée à nouveau massivement en cette circonstance.
 
Du côté politique, on retiendra d'abord la résolution votée à l'unanimité, le 24 mai, par le Sénat américain, en particulier par les aspirants démocrates à la succession de M. George Bush, contre la « fermeture » de RCTV. Votée précisément par les mêmes qui, reniant leurs promesses électorales, venaient, également à l'unanimité, de donner leur accord aux 100 milliards de dollars de crédits militaires demandés par la Maison Blanche pour la poursuite de l'occupation de l'Irak. Un bel exemple de rigueur démocratique.
 
Par la voix des services de Mme Angela Merkel, présidente en exercice du Conseil européen, l'Union européenne est également allée très loin dans l'hypocrisie. Dans une déclaration du 28 mai, elle « a noté avec inquiétude la décision du gouvernement de la République bolivarienne du Venezuela de laisser expirer la licence d'émission de Radio Caracas Télévision (RCTV) le 27 mai, sans appel d'offres ouvert pour la licence qui lui succède ». On ne sache pas, entre maints autres « oublis », que l'Union ait fait semblable déclaration et ait exigé un nouvel appel d'offres lorsque la licence d'émission de TF1, accordée en 1987 pour 15 ans, a été reconduite par le gouvernement français en 2002 dans la plus totale opacité. Pourtant, la « télé-poubelle » de MM. Bouygues, Le Lay et Mougeotte avait tourné en dérision les engagements qu'elle avait pris dans son cahier des charges en invoquant son « mieux-disant culturel ». Tout indique qu'elle continuera impunément à le faire avec son nouveau patron, M. Nonce Paolini, flanqué de M. Laurent Solly, transféré du jour au lendemain du « staff » de M. Nicolas Sarkozy à sa filiale médiatique.
 
Pour ce qui est de l'abondante production des médias français, avant et après la date du non renouvellement de la concession de RCTV, la palme de la désinformation revient sans conteste, entre maints autres articles de la même veine, à l'éditorial d'un quotidien de référence, daté du 27-28 mai et intitulé « Censure à la Chávez ». Il vaut la peine d'en citer et d'en commenter quelques passages.
 
D'emblée le ton est donné : « Le président Hugo Chávez a ordonné la disparition de RCTV ». Non, RCTV ne « disparaît » pas : elle peut continuer à émettre sur le câble, par Internet et sur le satellite, et va sans aucun doute le faire. Mais, comme la loi le prévoit, sa fréquence hertzienne et sa couverture nationale reviennent au service public à l'échéance de la concession dont elle bénficiait. Ou bien faudrait-il considérer que cette concession à durée limitée de RCTV était, en fait, à durée illimitée ? Et cela en fermant les yeux sur ses multiples entorses à son cahier des charges qui lui avaient notamment valu d'être fermée pour des durées de 24 heures à 3 jours non pas par les gouvernements de M. Chávez, mais, en 1976, 1980, 1981, 1989 et 1991, par leurs prédécesseurs sociaux-démocrates ou démocrates-chrétiens. Depuis sa première élection à la présidence de la République en 1998, M. Chávez n'a fermé aucune station de radio ou de télévision ni poursuivi aucun journaliste. Pourtant, dans n'importe quel autre pays démocratique, c'est ce qui se serait passé, compte tenu de la caution ouvertement apportée par la plupart des médias - dont RCTV - au coup d'Etat avorté du 11 avril 2002, quand ce n'était pas à son organisation.
 
L'éditorial poursuit en dénonçant une décision politique « qui réduit le pluralisme et augmente la concentration de l'audiovisuel aux mains du gouvernement ». De quelle concentration s'agit-il ? En 2006, on comptait au Venezuela 20 chaînes hertziennes VHF privées et une publique. On comptait par ailleurs 28 chaînes hertziennes UHF privées, 6 publiques et 44 communautaires. Actuellement, avec l'incorporation de RCTV, le service public disposera de deux chaînes hertziennes VHF, de deux chaînes UHF et de deux chaînes sur la câble. On est très loin du monopole...
 
Sans la moindre trace d' humour, l'éditorial qualifie ensuite RCTV de « chaîne privée qui donnait la parole à l'opposition ». RCTV donnait effectivement la parole à l'opposition, et ne faisait même que cela ! Des études de contenu effectuées sur le mois de janvier 2007 montrent que, dans ses programmes, elle a invité 21 personnalités hostiles au gouvernement, et aucune qui lui soit favorable. Le même mois, une des quatre autres grandes chaînes privées, Globovisión, a invité 59 opposants à M. Chávez et 7 de ses partisans. Seule Televen a respecté la parité : deux de chaque camp.
 
Certes on peut regretter que la seule chaîne publique hertzienne jusqu'ici contrôlée par le gouvernement, Venezolana de Television (anciennement Canal 8), ne soit pas non plus un modèle d'équilibre, mais comment pourrait-il en être autrement dans un paysage médiatique où la plupart des journaux, radios et chaînes de télévision se comportent en partis politiques d'opposition ? Il faut espérer que TVES, la chaîne qui reprendra le signal de RCTV, tiendra ses promesses de pluralisme, même dans ces circonstances adverses.
 
Du côté de la presse écrite, la situation est encore plus tranchée : sur 10 quotidiens de diffusion nationale, 9 sont des opposants déclarés au gouvernement. Si l'on étudie le contenu des articles d'opinion publiés dans quatre d'entre eux au mois de janvier 2007, on obtient les résultats suivants : pour El Nacional, 112 hostiles, 87 neutres et 6 favorables ; pour El Universal, les chiffres correspondants sont 214, 89 et 9 ; pour Ultimas Noticias, 31, 59 et 18 ; pour El Mundo, 49, 39 et 15. Ce qui ne les empêche pas de recevoir de la publicité des entreprises, des agences et des collectivités publiques.
 
Prétendre que la liberté d'expression est menacée au Venezuela relève donc de la plus insigne mauvaise foi. Il suffit de s'arrêter devant un kiosque à journaux ou de passer une heure devant un poste de télévision pour être convaincu du contraire. C'est même sans doute le seul pays du monde où, dans le passé, des appels publics à l'assassinat du président n'ont pas entraîné des poursuites judiciaires.
 

Mais alors, comme dirait M. Sarkozy, pourquoi tant de haine, pourquoi tant d'acharnement et de contre-vérités ? Que M. Chávez irrite au plus haut point les Etats-Unis et leurs alliés par sa politique de récupération des richesses naturelles nationales et par la dénonciation des politiques de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international peut parfaitement se comprendre. Que des médias appartenant à de grands groupes industriels et financiers répercutent les orientations et les intérêts de leurs commanditaires est dans l'ordre des choses. En revanche, on reste perplexe devant le comportement d'organes de presse où le pouvoir éditorial est officiellement déconnecté du pouvoir des actionnaires...

 

                                               

 

http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2007-05-30-Venezuela

 

                                  Skinny Puppy à Montréal! Enfin!!!            

 

                                 

                                       Un des multiples logo du groupe...

Skinny Puppy, ce groupe légendaire, l'un de mes plus importante influence dans ma vie personnelle, revient jouer au Spectrum de Montréal demain. J'y vais avec ma grande amie Judyth, comme d'habitude. Chose étonnante ou simple coïncidence, je vais voir le groupe quinze ans jour pour jour, après l'avoir vu au même endroit. Je m'en rappelle comme si c'était hier... j'étais monté avec ma blonde de l'époque, Kathy, avec qui je débutais une relation, avec ma Chevrolet Chevette 1980 qui a manqué nous laisser en rade sur l'autoroute 20. Nous étions partis tôt, de chez mes parents à Lévis. Qu'est-ce que j'ai été stressé! On s'est finalement rendu, avec les papillons dans l'estomac. Le premier groupe devait être Godflesh mais manque de chance, il avait été bloqué au douane, comme l'année d'avant, lorsque je devais le voir avec Napalm Death, aux Foufounes Électriques. On a eu droit à un groupe de remplacement, qui s'est révélé être...une de mes plus belles découvertes en spectacle, Tought Industry, du Michigan. Par la suite, je me suis procuré la quasi-totalité de leur discographie, mais il s'est malheureusement séparé depuis deux ans.

 

De ce spectacle de Skinny Puppy, pour la tournée de l'album « Last Rights », il m'est resté très longtemps en ma mémoire. D'une part, c'étais la première fois que j'allais à Montréal par mes propres moyens, je venais d'acheter ma voiture à la blonde d'un collègue de travail. Le trouble que j'avais eu en montant, c'était les bougies qui devaient être changées...Et puis j'étais profondément en amour. La trace de ce sentiment est intimement lié à ces souvenirs, j'avais 21 ans et toute la vie devant moi...ouhouh, que de sensibleries, ce soir!!! Enfin, je n'ai que d'excellents souvenirs de cette soirée, à un moment où j'étais obnubilé (et je le suis probablement pour toujours, quand j'en entend quelque part...) par la musique de ce groupe.

C'est sensiblement le même spectacle que j'ai vu en 1992...

 

J'ai revu le band en janvier 2004, lors de la tournée « The Greater Wrong of the Right », premier album de leur réunion. Par bonheur, le groupe a essentiellement joué leurs vieux matériel  des albums précédents. Les membres du groupes savaient que désormais, même si on se procure leur nouvel album, la majeure partie de ce que leur groupe a fait est maintenant derrière lui.

 Des images de la tournée de 2004, tournées à Montréal...

 

Inutile d'écrire que j'ai très hâte de voir le spectacle...je vous en reparle dans mon prochain article, certain!

Publié par oktobre7 à 03:32:39 dans Le subversif | Commentaires (0) |

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