Bonjour chères lectrices et chers lecteurs,
j'ai voulu créer une page pour me défouler, écrire ce qu'il se passe ici bas, dans le monde merveilleux des éternels étudiants endettés, avec un boulot peu rénuméré malgré les aptitudes et les diplômes acquis. Les amoureux de la lecture, plus particulièrement les maniaques de livres dont on ne parle pas beaucoup s'y retrouveront. Comme j'aime aussi les cultures métal et punk, c'est certain que je vais écrire quelques lignes là-dessus.
Et puis moi... je suis désormais un ex-libraire, viré pour avoir exprimé son opinion sur son employeur, Renaud-Bray, malgré mes neuf ans d'ancienneté. Je suis dans la trentaine, ma formation est en histoire et en science politique. Pas d'enfant, pas riche, pas d'auto, pas de REER, pas de télé câblée, pas de colocataire et pas d'animaux. Mais beaucoup de livres et de disques.
J'espère que ce site va vous plaire. Bonne lecture!
Première journée, en tant que nouveau chômeur. Je me suis réveillé à peine plus tard que d'habitude, mais évidemment, je me suis souvenu très vite que ma vie avait changé la veille. Je n'avait pas à faire l'heure et quelques minutes de transport en commun, pour me rendre à la succursale. Ce matin, le seul objectif était de m'inscrire à l'assurance-emploi. Et de penser à mon avenir immédiat. Tout un exercice. Pourtant, je ne sens pas d'anxiété ou de crainte, seulement une excitation plutôt agréable. Aucun effet perceptible sur ma dépression en voie de rétablissement, du moins pas jusqu'à maintenant. Je constate que je bénéficie de nombreux atouts personnels, ma personnalité, mes études, mon expérience, mes contacts, ma famille, mes amis... je ne crains pas de me retrouver à la rue non plus. Seule demeure la tristesse de ne plus être libraire chez Renaud-Bray, de ne plus faire partie de l'équipe de ma succursale et en être le délégué syndical.
Plusieurs d'entre vous ont reçu un courriel de ma part, concernant ma nouvelle vie. Je remercie ceux qui m'ont envoyé en retour des mots d'encouragement, j'ai énormément apprécié. La majorité a évoqué que je ne pouvait qu'avoir une meilleure situation à l'avenir, du moins plus appropriée à ma formation et à mon expérience. Vous avez entièrement raison, j'ai déjà commencé à fouiller les petites annonces. C'est gênant pour mon ex-employeur, il semblerait que mon salaire, après neuf ans d'expérience et trois négociations de conventions collectives, est inférieur au salaire de départ de nombreux emplois offerts actuellement. Je ne suis pas étonné.
Je me suis rendu au bureau de Ressources Humaines du Canada, sur la rue Sherbrooke. Arrivé sur place, j'apprend qu'il a déménagé depuis deux ans. Heureusement, il est situé pas trop loin, rue l'Assomption, pas loin de l'entrée du métro. Sur place, une sympathique préposée à l'accueil (elle est vraiment sympathique, ce n'est pas de la dérision!) m'a indiqué que désormais, on peut remplir sa demande sur Internet. Bien sûr, ça fait combien d'année que je n'ai pas fait appel à ce service? Plus de neuf ans. Non, en fait, j'ai bénéficié d'une mise à pied temporaire, en février 2001, lorsque je me suis fracturé la cheville. Mais ça fonctionnait de la même manière, les fiches à remplir et à envoyer par la poste. Après avoir fait ma démarche et rempli mon formulaire, j'ai déjà fait un peu de recherche, à partir de mon ordinateur.. Je pense à l'enseignement au secondaire, au adultes de préférence. J'ai déjà envoyé un CV, par courriel, à ... (je ne dirais rien qui intéresse le Big Brother de la rue Saint-Denis qui me surveille, prout!)

Je fait partie d'une statistique plutôt en voie de raréfaction, le taux de chômage est actuellement de 6,9% au Québec, le plus bas taux depuis trente ans, dit-on. J'ai une vague impression que je ne serai pas chômeur très longtemps...
C'est qui le type qui a écrit « Le mépris n'aura qu'un temps »?
Et entre-temps, en Irak...
Voici le dernier montage d'Ava Lowery, de Peacetakescourage.com. Ça m'a rappelé la chance extraordinaire d'être chômeur ici, à Montréal...
Publié par oktobre7 à 01:20:29 dans Le libraire inconnu | Commentaires (0) | Permaliens
J'ai été viré aujourd'hui. Pour quel motif? Mon blogue. Ce blogue. J'ai été viré, pour avoir écrit mes opinions sur cette entreprise. Le Big Brother, payé par mon employeur pour me surveiller a concocté un beau petit dossier sur mon compte et a rapporté mes textes. Les dirigeant de l'entreprise ont conclu que j'avais fait amplement la preuve de ma déloyauté et que je cherchais « sciemment » à nuire à l'entreprise et surtout à son image. Je n'en rajouterais pas, le rapporteur, payé par l'entreprise pour ce sale boulot va sûrement me lire. Il pourra toujours rapporter qu'il ne m'a jamais vu travailler, ni même adressé la parole. Il aurait pu constater que ma loyauté était au-delà de celle où on nous demande de fermer notre gueule. J'ai donné pas mal plus que certains types mieux placés que moi dans cette entreprise, mais ça n'a jamais compté, pour ce licenciement. Après plus de neuf ans à ce travail, où je me suis défoncé pour la clientèle de Renaud-Bray, à trouver les choses qu'elle désirait, même les titres les plus improbables, voilà ainsi que s'achève cette carrière. Viré pour délit d'opinion. C'est ainsi qu'il faut prendre ce congédiement. Il me tente d'en écrire plus, mais je me retiens, bien entendu. Le coup m'a sonné, mais je ne laisse pas cela sans riposte.
Pour moi, la vie chez Renaud-Bray, c'étais les collègues, les centaines de collègues avec lesquels j'ai partagé toute sorte de chose. C'est essentiellement l'ambiance de travail, que l'on se donnait à ma succursale. C'est pour eux que je suis triste ce soir, l'ambiance de nous retrouver au travail va énormément me manquer. J'espère que les liens vont se maintenir. Malgré toute la rancœur que j'ai pu exprimer sur mon employeur, j'ai eu énormément de plaisir à travailler comme libraire. Mon ancienne directrice me disait, suite à mon retour de mon congé sans solde, ce printemps, qu'elle s'était « ennuyée de mon grand rire ». Ça en dis long. La vie chez Renaud-Bray, c'étais aussi le syndicat, où j'ai milité activement et où j'ai participé aux deux dernières négociations. J'ai été jusqu'à aujourd'hui membre de l'exécutif de l'unité syndicale, où j'ai énormément appris. Ça aussi, je vais m'en ennuyer.
Je n'ai pas tellement de choses à ajouter dans l'immédiat. Peut être les prochains jours, quand le deuil se fera. Nouveau chômeur, je devrais me rendre au bureau de l'assurance-emploi, demain matin. Je devrais recevoir ma cessation d'emploi la semaine prochaine. Comme les comptes n'attendent pas, je devrais me trouver un autre gagne-pain, dans l'immédiat. La course commence...
Je laisse encore une fois cette chanson de Subhumans, « Subvert City », afin que vous puissiez avoir un aperçu sonore de ce que je m'attend, pour l'avenir. Faites jouer ça très fort, chez vous!

Publié par oktobre7 à 02:55:30 dans Le libraire inconnu | Commentaires (1) | Permaliens
Comme plusieurs d'entre vous sans doute, je suis resté chez moi presque toute la journée d'hier. Pas de PikNik électronique, le temps maussade et les risques d'averses avérés nous ont obligés à remettre ça, la petite gang du coin de la chute. La marmotte habitant les lieues a été plus tranquille, le PikNik s'est tenu ailleurs, dans le secteur des Floralies, la fête du West-Island avait monopolisé l'endroit. J'imagine que le type qui se promène en bobette là-bas(à défaut d'un speedo...), n'était pas au rendez-vous. C'est un ramasseur de canettes, qui en profite pour parfaire son bronzage, en se promenant presque dans le plus simple appareil. Quand il fait son tour, il détonne dans le paysage, parmi les gays au corps parfait et les pitounes en bikini. Il faut dire qu'il a visiblement plusieurs kilos à perdre.
Je suis donc resté chez moi, à m'initier à la fameuse série que tous adorent, Lost. J'ai loué les trois premiers DVD de la première série, je suis rendu dans le bout où Jack a ouvert le porte-document du flic qui escortait Kate, pour trouver rien de plus incriminant qu'un avion en plastique. Vous n'êtes pas obligé de m'écrire la suite, je vais aller chercher le reste de la série demain. Aussi, je me suis avancé dans un bon roman, Le Fantôme de Munich, de George-Marc Benamou. C'est une fiction basée sur des faits historiques. En 1968, une journaliste américaine retrouve l'ex-président français Édouard Daladier, seul dirigeant survivant de cet époque qu'on a appelé la « Drôle de guerre » et a consacré l'expression péjorative « Munichois », pour qualifier les démocrates faisant le jeu des dictateurs. Daladier, devenu un vieillard aigri, hésite à se confier à la journaliste et une nuit, il finit par déballer ses souvenirs intacts de cette conférence funeste, annonciatrice de la Seconde Guerre mondiale. Cette conférence a permis Hitler et au IIIe Reich de dépecer la Tchécoslovaquie, sans que la France et la Grande-Bretagne n'interviennent. Je vous le conseille, si vous aimez les romans à caractère historique.

Dans mon sac, je traîne l'essai du journaliste Bob Woodward sur l'éventuelle défaite américaine en Irak, Mensonge d'État : Comment Bush a perdu la guerre, paru en français chez Denoël. C'est un suivi chronologique, entre les préparatifs de l'invasion de l'Irak, jusqu'à l'automne, lorsque s'est intensifiée la guerre civile. On peut lire comment la division de l'administration Bush, les graves erreurs des administrateurs en Irak (notamment la dissolution de l'armée irakienne et le licenciement de la grande majorité des ex-baasistes), l'obstination de Donald Rumsfeld à vouloir tout contrôler ont mené à ce gâchis historiques, dont les conséquences sont encore incertaines mais probablement pires que celles ayant suivies la chute de Saigon, au Vietnam en 1975. Ça m'a valu quelques craintes et des nuits un peu blanchies...

C'est curieux, j'ai l'impression que ces deux livres ont quelque chose en commun...
Je devrais terminer le livre demain, puis je vais aller essayer d'obtenir « L'homme noir », le dernier tome de la série de Robin Hobb, L'assassin royal, à ma bibliothèque municipale.
Plogue
On m'envoie cette annonce, pour une activité de financement du Forum social québécois d'août prochain.

Publié par oktobre7 à 02:55:53 dans Le libraire inconnu | Commentaires (0) | Permaliens
Suite à ma soirée éprouvante de mercredi, il me fallait d'autres distractions, plus près de ma personnalité. C'est pourquoi je suis allé voir des spectacles vendredi et hier soir. Deux soirées de musique, deux soirées fort différentes.
The Casualties
Je savais que ce groupe passait dans notre ville, mais j'ignorais, encore une heure avant le show, si j'allais faire le geste. Ma semaine a été longue, quelques mauvaises nuits de sommeil n'encourage pas à faire la rumba le vendredi. En fait, c'est peut être parce que je deviens un ti-mononk, l'âge aidant...
Je me suis finalement décidé à aller voir le show des Casualties, seul. J'aurais peut-être dû appeler Frank, qui m'avait accompagné à Subhumans, mais là il était déjà 20h et quelque. Je me suis rendu au Saints, coin Saint-Laurent-Sainte-Catherine, dans un sous-sol. Le bar est tout neuf, il est propre et détonne un peu, avec le public. On aurait pu être plus à l'aise aux Foufs, c'est certain, mais l'événement est organisé par d'autres, ceux du Soundcentral, si je ne me trompe pas. C'est là que j'ai eu la bonne surprise de la soirée... en entrant dans la place, je n'ai pas vu de guichet, ni de table ni personne pour me contrôler. Je suis entré gratos! Quinze piastres de plus pour moi! Mais quand même, la bière est un peu plus chère que je m'attendais.
Comme prévu, je dépasse amplement la moyenne d'âge. Je constate que certains sont visiblement mineurs, mais étant donné la façon dont on filtre les gens, je ne suis pas étonné. Je fait vieux punk, avec mes patches d'Extreme Noise Terror et de Discharge sur ma veste et vu que je suis seul, je me tiens un peu à l'écart. Je ne détonne pas trop avec le reste du public, bien que je ne porte pas de mohawk sur la tête, comme plusieurs dans la salle. Quand même, un anglo tondu m'a vendu une compilation à deux dollars, intitulée « Drunk Punk Presents », où 27 groupes ont laissé leur marque. Je l'ai écouté dans mon discman, hier après-midi et je suis resté surpris par la qualité du son. La plupart des chansons concerne le fait de boire de la bière cheap, c'est du punk de base, tout à fait mon truc! D'ailleurs, les Casualties en ont fait leur marque de commerce, lorsqu'ils ont commencé, au début des années 90. Je me suis payé quelques souvenirs aux stands des groupes, des patches et des macarons, comme si je n'en avais pas déjà beaucoup, mais à un dollar pièce, on ne se prive pas. Je remarque que les Casualties ont toute une collection de t-shirts, des autres cossins et même...les tuques et les foulards!
Lorsque je suis entré dans le bar, le groupe Marshall Law avait déjà débuté le spectacle. C'est intéressant, mais sans plus. J'apprécie quand même, je peux me situer à l'âge des musiciens, la très jeune vingtaine, du fait que j'ai commencé dans mon premier groupe à 18 ans. Le groupe suivant a été plus révélateur, Time Again, qui ont été très énergique sur la scène. Je retiens surtout la prestation de leur guitariste, capable de jouer en sautant partout, sans trop manquer ses notes. Le public a très bien réagi, si je me fie au nombre des trasheux et aux stagedives durant leur passage sur scène.
À ce sujet, c'est le côté dont je m'ennuie un peu, cette capacité de danser en se jetant les uns sur les autres. Du temps de ma jeune vingtaine, je pouvais passer la soirée à danser ainsi, voire même monter sur la scène pour me lancer sur les autres. La dernière fois que j'ai osé me lancer ainsi, c'est en 1996, durant un concert de B.A.R.F. à Québec, au Salon Noir, où mon groupe avait également joué. Il m'arrive encore de me lancer dans le trash, comme à Conflict l'an dernier, mais je doit admettre que je suis dans un léger état d'ébriété, quand ça se passe... Maintenant je me contente de regarder sagement le show, je gueule, je chante les tounes que je connais par cœur, mais je reste à ma place.
Je connaissais un peu A Global Threat, le groupe suivant, aussi intéressant mais évidemment comme tant d'autres, il ne réinvente pas le genre. Peut-être que plusieurs d'entre vous se demandent alors quel est l'intérêt d'aller voir des shows aussi semblables, où la musique ne varie pas tellement. En fait, je me pose la même question, à propos des amateurs de musique des autres genres, surtout pour le jazz ou le progressif. Quand je vais à un show punk, death metal ou industriel, mon attention est moins portée vers la performance, chose que j'apprécie quand même, que sur le feeling. Ce que le groupe dégage, c'est ce qui m'intéresse en premier. Je m'emmerde, quand j'assiste à des spectacles où les musiciens démontrent uniquement un savoir-faire, c'est comme ça. Du temps de mon premier groupe hardcore, Morbid Reality, on avait partagé une fois la scène au CEGEP avec un groupe prog, qui avait cassé le party en jouant des toune sans intérêt de 10 minutes. Imaginez, il y avait nous autres, un groupe qui rend hommage à Plûme Latraverse et ensuite, une copie du groupe Marillion, avec un émule de Fish maquillé et tout...tout un mélange des genre. Mais comme on ressasse souvent, tout les goût sont dans la nature, gnagna...
Quand les Casualties sont arrivées sur scène, ça été le délire. Il a fallu que je me recule un peu, pour ne pas être emporté par le courant des fans qui se sont jetés vers la scène. Pendant une heure environs, les gars ont aligné les hymnes qui les ont fait connaître, comme « Punk Rock Love » ou « Fight for your Life », de même que leur reprise des Ramones, « Blitzkreg Bop ». L'exultation a été telle que durant le show, vers la fin, il y avait tellement de freaks qui sont montés sur la scène qu'on en perdait les gars du groupe. Je suis toujours étonné de voir des filles faire des stagedives, comme la punk menue qui est monté à un moment, le genre à être très facile à faire surfer...
Rien de mieux qu'un extrait de Youtube, pour vous démontrer de quoi il est question avec ce groupe...
Dewaere
Un tout autre show que j'ai vu hier soir, au Festival de Jazz de Montréal. Je le dit tout de suite, je ne suis vraiment pas un fan de ce genre de musique. Ce n'est pas que j'ai évité tout contact avec ce genre, j'ai encore au moins une compilation dans ma discographie. Aussi, c'est vraiment parce que des amis me demande à les accompagner, si je dois aller me perdre dans les foules de banlieusards et de touristes, venus écouter...bien des sortes de musiques, qui ont un rapport assez lointain avec le jazz, à mon humble avis. En me rendant à la scène Groove, pour rejoindre Luc, sa sœur Lynda et Lola, j'ai pu entendre quelques autres groupes dans un genre assez world-beat, rien pour me plaire. Moi qui était en train d'écouter du Godflesh, le contraste était assez évident. Je n'avait encore rien vu.
Au moment de retrouver Luc, je tombe sur mon camarade Pat, pas mal plus versé dans le genre que moi. En jasant un peu, il me lance qu'il n'a rien vu de bon ce soir-là, tous les show qu'il a vu étaient merdiques. « Ouais », je lui lance, « ça promet pour ce groupe, Dewaere, je ne les connais pas du tout ». Luc me dira après « Moi non plus, man, j'ai pas trop idée c'est quoi, je sais juste que c'est un Français qui fait dans le funk ». On laisse Pat rejoindre Mel et Jeff, que je salue de loin (Pat me lance « C'est ça, je leur dirais que tu les snobbe! », merci Pat!) et on va rejoindre les autres dans les estrades. On anticipe un peu n'importe quoi, en attendant. Quand la présentatrice du festival, lors de l'introduction du groupe, a évoqué que le Dewaere a été découvert par Ariane Moffat, j'ai pensé au pire...
Et le pire est arrivé. Un show plate, sans intérêt, avec un Français qui chante en anglais. Pour Pat en bas, j'imagine que ce fut sa dernière soirée au Festival, vu qu'il s'est tapé que des platitudes tout le long. Pour nous, il a suffit de quatre chansons, pour nous faire déguerpir de la place, en tassant les mononks en bermudas beiges qui peuplaient les estrades. Je me demandais d'ailleurs pourquoi ils sont resté, le son était également à chier. Je sais que l'organisation de Spectra fait un excellent boulot, mais j'ignore ce qu'il s'est passé avec la sono, à cette scène. Moi qui est habitué au pire, avec les shows très amateurs que j'ai vu dans ma vie, j'ai trouvé ça insupportable. Peut-être que c'est ce Dewaere qui était vraiment nul. La dernière fois que j'avais des artistes qui m'irritaient à ce point, c'était le groupe Omégadom, au Diable Vert, l'an dernier, le soir du départ d'une copine (Nath la grande gaffeuse, hi hi hi!). Rien que pour en rajouter, c'était des métro***uels, des gens que je trouve franchement incompatibles avec ma personnalité. Imaginez alors ce que ça donne en musique et en spectacle...
Je suis donc rentré pas mal plus tôt que prévu, hier soir. Mes amis étaient fatigués de la longue marche qu'ils avaient fait durant la journée, je n'ai pas insisté.
Aujourd'hui...
C'est la fête du déménagement, accessoirement la fête du Canada et du West-Island. Pour être vache, je porte fièrement mon t-shirt avec un fleurdelisé dessus...
Et demain...
Le retour au travail. Il paraît que je vais avoir de la visite rare cette semaine au boulot, du centre décisionnel de nos politiques commerciales, chez Renaud-Bray. Les visiteurs vont être là quelques temps, histoire de justifier leur salaire mirobolant. On va être quelques jours à revoir nos sections, suite à leur passage...
Publié par oktobre7 à 18:52:49 dans Le libraire inconnu | Commentaires (0) | Permaliens
Comme quelques-uns d'entre vous, à un moment ou un autre de votre vie, j'ai assisté hier soir à une soirée d'information de la compagnie Primerica. Jusqu'à ce moment où je suis entré dans leurs locaux, je n'avais jamais entendu parler de cette entreprise, fondée en 1977 et affiliée à Citigroup. Bien que j'avais un doute sur l'occasion qui m'étais offerte, je ne savais pas tellement à quoi je devais assister. Après l'exposé d'une heure et demi, j'ai pu constater la solidité de mes convictions politiques et de mes valeurs...
Il y a deux semaine, deux clientes de ma succursale m'ont demandé un livre intitulé « La méthode ABC de faire de l'argent ». Nous l'avions et je me suis empressé de trouver le livre et leur rapporter. Alors que j'étais un peu débordé sur le moment, la plus jeune femme, l'autre étant sa mère, m'a offert de participer à une opportunité d'affaire. Elle m'a alors demandé mes coordonnées, ce que je lui ai laissé. J'avais trouvé la jeune femme très avenante, voyez-vous... Andréanne (nom fictif, je ne souhaite pas lui nuire) m'a promis de me rappeler au plus tôt, pour me donner plus d'information sur cette opportunité.
La semaine suivante, Claudia (autre nom fictif), la mère d'Andréanne, m'a contacté afin de m'offrir d'assister à une soirée d'information, ce mercredi. Sur le coup, j'avais déjà quelque chose de prévu. Elle m'a alors offert de me rappeler la semaine suivante. C'est ce qu'elle a fait lundi dernier. Claudia m'a même proposé de me transporter à l'endroit de la réunion. J'ai accepté, sans savoir quoi que ce soit, bien que j'avais mon idée sur ce qu'on allait me soumettre. Elle m'a alors donné rendez-vous chez elle, pour 18h00, et m'a demandé d'apporter de quoi prendre des notes.
Je me suis présenté à l'heure, en même temps que Félix (nom fictif), lui aussi avait été approché, pour la même soirée. Nous avons rejoint Andréanne et Claudia, où nous avons brièvement discuté de la suite de la soirée. J'ai appris alors que j'allais faire un tour à Blainville, dans la banlieue nord. C'est Andréanne qui allait nous conduire là-bas. En route pour la réunion, nous avons fait un peu connaissance, encore une fois j'ai surpris par mon âge (on me prend souvent pour dix ans de moins qu'en réalité...), on a peu parlé de l'entreprise mais étonnamment, on m'a fait parler du manque de reconnaissance de mes patrons. Facile à faire, avec mon merveilleux employeur qu'est Renaud-Bray...
Nous sommes arrivé un peu plus tôt que prévu au lieu de la réunion, le siège local de la compagnie à Blainville. Aucune enseigne indique le local, situé dans un centre commercial banal, sur un boulevard banal, près d'un bar-terrasse avec vue sur le stationnement. Nous en avons profité pour casser la croûte (c'est Andréanne qui a payé), puis nous avons entré dans les lieux, où une salle est aménagée pour ce type de soirée, avec un écran, un tableau blanc et des séries de sièges capitonnés. À l'entrée, on nous a offert une feuille, permettant de laisser nos coordonnées et aussi...les noms et coordonnées des personnes que nous pensions que la présentation pourrait intéresser. En attendant le début, Félix et moi avons vu une demi-douzaine de fois un court vidéo corporatif de la compagnie, pendant qu'Andréanne réglait quelques affaires avec d'autres collaborateurs. Dans une production des plus américaine (et en anglais bien sûr...), le vidéo présenté en boucle vantait la possibilité de travailler moins, pour gagner plus d'argent et ainsi s'offrir une véritable liberté, dans le confort le plus total. On voyait de brefs témoignages de gens convaincus de leur choix, heureux d'avoir évité le burn-out avant l'âge de trente ans, vivant dans de somptueuses demeures, offrant à leur famille des loisirs de qualité (bref plan sur trois petites filles apprenant le squash), conduisant des véhicules de luxe (Humvee, moto Harley-Davidson...). Sur les murs, des dizaines de plaques commémoratives de succès couvrent les murs, comme les photos de lieux de prestige et des trophées ornent les coins. Félix semble être sceptique sur le type de présentation que nous allions avoir. Je n'émet aucun commentaire, je me compose un personnage attentif et poli mais je ne suis pas très à l'aise. Je ne me sens pas à ma place et j'espère que la présentation ne prendra pas trop de temps. Andréanne nous rejoint et nous présente son coach (je ne me rappelle pas de son nom), un homme d'âge mûr qui me demande si je suis intéressé de faire des affaires, et Dan, le présentateur de Primerica, le type du jeune homme dynamique et plein d'avenir.
La présentation commence, la salle s'est remplie à moitié et comme je le constate, les autres personnes impliquées dans la compagnie sont présente et assiste à l'exposé de Dan, bien qu'ils l'ont probablement entendu des dizaines de fois... D'autres spectateurs, recrutés comme moi et Félix, écoutent attentivement le début de la présentation. Plusieurs personnes dans la vingtaine, avec quelques couples d'âge mûr. Tout juste avant, Andréanne nous a glissé qu'il fallait garder en tête ces questions suivantes : Est-ce que je connais du monde que ça intéresserais? Est-ce que ce qui est présenté convient à mes valeurs? Est-ce que ça pose un problème d'être payé selon mon travail (i.e. à commission)? Ce conseil m'a été plutôt utile...
Comment décrire Dan? Si j'avais voulu être le genre de jeune dynamique, ambitieux amoureux du confort et tout pour plaire aux clichés des bôzéjeunes, mon modèle, ce serait lui. Détenteur d'un bac en relations industrielles, ancien cadre des ressources humaines de Gaz Métro, Dan a tout plaqué il y a quatre ans pour s'investir dans Primerica à temps plein, afin de profiter d'une meilleure qualité de vie avec sa femme et sa famille. Il a fait son speech dans un look décontracté, pantalon et chandail, avec un langage très familier. Il s'est d'ailleurs vanté à plusieurs reprises de n'être pas un expert en finance, donc de ne pas avoir adopté le même jargon complexe que les représentants des banques.
Et Primerica, de quoi s'agit-il? Cette division de Citigroup, affiliée à la Citibank, est le plus gros holding financier de la planète. Six millions de clients, 100 000 représentants. Au Québec, l'entreprise est encore à ses débuts, 92 bureaux sont ouverts à ce jour, sur un objectif de 800 d'ici dix ans. Comme la population québécoise serait mal servie par les institutions bancaires et les compagnie d'assurance, Primerica souhaite redresser la situation des milliers de baby-boomers sur le point de prendre leur retraite, dont la plupart sont dans des situations peu reluisantes. C'est pourquoi non seulement elle se spécialise dans les analyses des besoins financiers, mais nous propose également d'entrer dans l'équipe. J'expliquerai plus loin en détail la façon dont Dan nous a fait miroiter l'avenir d'appartenir à la famille Primerica...

Les services de l'entreprise se situent principalement dans trois secteurs. Premièrement, la consolidation de dettes. Primerica propose un plan de rééchelonnement, permettant non seulement de baisser nos paiements, mais aussi d'économiser, sur une plus courte période. L'explication de Dan m'a apparu très simple mais aussi peu convaincant, sur cette façon miracle de se sortir de l'endettement. C'est trop beau pour être vrai. Le second secteur est l'assurance-vie. La compagnie offre une plus grande couverture, pour deux fois moins cher, ce qui serait selon Dan la façon dont s'assurent les riches, ceux-ci ne contribuant à leur assurance que pendant leur vie active. C'est d'ailleurs une des recette de la fameuse « Méthode ABC » dont je vous ai parlé antérieurement. Puis enfin, le troisième secteur est les investissements. Primerica se spécialisent dans des investissements à rendements garantis rapportant un bénéfice plus élevé que les investissements garantis des autres institutions financières. Pour Dan, le risque ne signifie pas une possibilité de perte, mais bien une incertitude sur le rendement. Ainsi, Primerica considère un rendement garanti à 12%, alors qu'il est de 3 à 7% dans des institutions comme le Fonds de Solidarité-FTQ.
Cette présentation de Dan aurait pu être moindrement attrayante, dans le contexte où en tant que libraire mal payé, je suis sensible une vie meilleure, moins précaire que ma vie actuelle et pour un avenir immédiat. Évidemment, je ne suis pas un client-cible, ni même un « prospect » potentiel pour l'entreprise, tant mes valeurs sont en contradiction avec la présentation. D'une part, la stratégie utilisée était très interactive, souvent le présentateur demandait à la main levé des choses comme « Qui souhaiterait avoir au moins 3 000$ assuré par mois dans son compte? ». Fait à noter, les autres membres de Primerica participent également aux échanges, comme n'importe quels spectateurs. J'ai vu Andréanne prendre des notes, alors qu'elle a suivi la formation de l'entreprise. Durant toute la présentation, Dan a fait appel à la conscience de classe...celle de la classe moyenne, bien entendue. Cette classe moyenne à qui on ne permet pas de s'enrichir, qui est imposée au-delà de ses capacités, « pour construire des viaducs qui s'effondrent et des hôpitaux qui ne peuvent servir la demande », mais grâce à l'enseignement des trucs de la finance, de la « démystification » de l'enrichissement personnel, « trop souvent biaisé avec une culture anti-riche », cette classe peu se permettre les grands trips de l'accumulation des biens. Ce langage directement venu du populisme de la droite libérale, je l'ai vu venir de loin. Il est très utile pour vendre, à des gens qui s'imaginent avoir les capacité de s'enrichir rapidement à portée de la main. Inutile de dire que Dan m'a perdu définitivement, en ressassant ces mensonges du capitalisme, dont celui de l'individualisme matérialiste et égoïste en tant qu'attitude positive élevant la société vers le meilleur... Le besoin de commenter ses remarques m'est venu souvent, mais j'ai tenu à rester discret et à prendre le plus de notes possible.
La partie qui m'a heurté a été la reprise de la doctrine de Robert L Kiyosaki, l'auteur de « Père riche, Père pauvre ». Dans ce livre, on dénigre la qualité d'employé, où l'individu est possédé par son emploi et est l'esclave de sa condition. Dan aura beau répéter qu'il respecte ceux qui choisissent cette condition, je ne l'ai pas cru du tout. Primerica s'est servi du schéma de Kiyosaki, où est vanté les trois autres catégories, présentes dans l'organigramme des bureaux régionaux de l'entreprise. Ces catégories sont le travailleurs autonome (l'employé de base de Primerica), l'entrepreneur (le cadre ou le coach du bureau) et enfin l'investisseur, la meilleure catégorie et aussi l'idéal de l'homme libre. Ce genre de schéma m'apparaît détestable, du fait qu'il glorifie encore une fois le mythe du « self-made man », ces individus parti de rien et de leur ingéniosité pour devenir immensément riche. Ce mythe nocif n'a conduit qu'à des catastrophes, l'histoire du capitalisme sans entrave en regorge.

À la fin de la présentation, l'insistance de s'en remettre à notre entourage, à s'enrichir en offrant ces services et ces produits financiers à son entourage immédiat m'a convaincu du côté plutôt malsain de l'entreprise. C'est le principe de la pyramide, la fameuse structure pyramidale, où l'on contacte des gens, pour leur soumettre d'entrer en affaire avec vous, en vendant des produits financiers, où ceux à la tête s'enrichissent, au détriment de la base, la piétaille interchangeable. Le plus étonnant, c'est que Dan n'a eu aucun complexe à défendre cette structure, en suggérant que toutes les entreprises, comme son ex-employeur, ont des structures pyramidale. C'est possible, mais au moins, ces entreprises sont constituées légalement et par des personnes dont la plupart n'ont originalement aucun lien. Alors que cette structure, où l'on nous demande d'approcher sa famille et ses amis, c'est une toute autre histoire, d'ailleurs assez peu éthique.
En résumé, on nous a présenté une entreprise dont nous avions eu le privilège de connaître, vouée au bien commun, par ses analyse de besoins financiers et ses produits, dans laquelle s'offre l'opportunité unique de s'enrichir, par les possibilités immenses d'expansion dans un avenir rapproché. C'est un rêve, travailler moins pour gagner plus, voire la possibilité de devenir riche en peu de temps, avec un minimum de savoir (la formation de Primerica) et une liste de clients et d'employés potentiels. Très peu pour moi. Tout au long de la soirée, en prenant des notes, je me désolais du discours de Dan, si convaincu du mythe qu'il a avalé, qui lui a probablement réussi, mais dont il omet la partie où il a du avaler des couleuvres à son tour. Il n'est pas donné à tous d'être travailleur autonome, ce sont des conditions périlleuses, peu recommandables à des gens habitués à des conditions minimales. Et j'imagine bien que pour une personne qui a réussi, combien se sont cassé les dents, avec des conséquences parfois très dommageables.
Je suis revenu avec Andréanne et Félix, qui ont discuté des possibilités s'offrant d'entrer en affaire ensemble. J'ai rassuré notre amie sur l'intérêt que j'ai porté sur l'exposé, en lui faisant remarquer que j'avais passé tout le temps à prendre des notes. J'avais déjà en tête que j'allais vous rapporter cette soirée...
Si Andréanne, Félix ou Claudia se reconnaissent un jour dans ce texte, sachez que j'ai pour vous un grand respect et je vous souhaite tout le succès que vous méritez. Jamais j'ai pensé que vous aviez fait un mauvais choix, peut-être que ça va vous réussir. J'aurais peut-être dû vous parler un peu plus de moi...
Une soirée à ma mesure...The Casualties, a Global Threat et Time Again au Saints, 30 rue Sainte-Catherine. Du gros punk sale, juste à ma mesure....

Publié par oktobre7 à 05:34:37 dans Le libraire inconnu | Commentaires (4) | Permaliens
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