Bonjour chères lectrices et chers lecteurs,
j'ai voulu créer une page pour me défouler, écrire ce qu'il se passe ici bas, dans le monde merveilleux des éternels étudiants endettés, avec un boulot peu rénuméré malgré les aptitudes et les diplômes acquis. Les amoureux de la lecture, plus particulièrement les maniaques de livres dont on ne parle pas beaucoup s'y retrouveront. Comme j'aime aussi les cultures métal et punk, c'est certain que je vais écrire quelques lignes là-dessus.
Et puis moi... je suis désormais un ex-libraire, viré pour avoir exprimé son opinion sur son employeur, Renaud-Bray, malgré mes neuf ans d'ancienneté. Je suis dans la trentaine, ma formation est en histoire et en science politique. Pas d'enfant, pas riche, pas d'auto, pas de REER, pas de télé câblée, pas de colocataire et pas d'animaux. Mais beaucoup de livres et de disques.
J'espère que ce site va vous plaire. Bonne lecture!
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Un souvenir de ma jeunesse a peut être connu son épilogue, l'autre jour. En fait, il s'agit d'un affaire criminelle impliquant une personnalité du monde artistique, dont je m'étais souvenu et que j'avais ressassé pendant quelques années, pour en faire un canevas d'un roman policier. Ce n'est pas dans mon habitude de commenter ce genre d'affaire, par souci de ne pas ajouter à la douleur des proches, même si l'événement est lointain. Cependant, je ne pouvais passer cela sous silence.
Le 18 juillet 1984, la police retrouvait le corps de la comédienne Denise Morelle dans un appartement vide de la rue Sanguinet, dans le quartier latin à Montréal. La veille, elle aurait été battue sauvagement, violée puis assassinée. Au moment du drame, j'avais 14 ans et cet événement m'avais marqué. Non pas que j'ai été un fan de la Ribouldingue et de Dame Plume, une émission dont j'ai vu les reprises, dans mon enfance, c'est plutôt le mystère autour de ce meurtre. En effet, on s'est interrogé à l'époque de la raison pour laquelle madame Morelle avait été visité un appartement, dans un environnement peu recommandable, à l'époque. Quelques théâtres avaient pignon sur rue aux alentours, mais ce secteur ne jouissait pas de l'attrait qu'il a aujourd'hui. L'édifice où on a découvert le corps de Denise Morelle fait le coin des rues Sanguinet et Emery, tout près du cinéma Quartier Latin. On a expliqué que le propriétaire de l'appartement avait laissé la porte déverrouillée, en prévision de la visite de madame Morelle. Dans les hypothèses soulevées, on croit que l'assassin aurait été surpris à l'intérieur, ou qu'il aurait suivi sa victime, pour l'agresser à son arrivé à l'intérieur du logement. C'est ce que nous allons savoir prochainement, maintenant qu'un suspect a été arrêté et que la justice a enclenché son processus.
L'idée de mon canevas était de construire une histoire autour de ce mystère, entourant l'absence de preuve et de la présence de madame Morelle dans un appartement plutôt sordide. Évidemment, dans la construction de ma fiction, j'aurais créé des personnages purement fictifs et je n'aurais fait qu'une lointaine allusion à cette affaire. Dans mon projet, je voulais créer un personnage d'un policier hanté par ce meurtre dix ans plus tard, qui poursuit l'affaire jusqu'à quelques jours de sa retraite. La vision du corps de la victime l'ayant ébranlé de façon définitive, il a tout fait pour retrouver le moindre indice, jusqu'au jour où un second meurtre se produit, avec des similitudes avec la première affaire, sur les lieux du drame.
Pour mon histoire, je dois admettre que je vais suivre l'affaire. Je ne suis pas de ces fanas des histoires juridiques, les lecteurs de Photo-Police et autres journaux « jaunes » visant un public friand d'histoires infectes ou macabres. J'ai même un peu de mépris pour ce genre de journaux et leurs lecteurs. Pourtant, pour la suite de mon projet, aujourd'hui et depuis longtemps sur la glace, je saurais en même temps que vous l'aboutissement de cette longue enquête.
J'ai terminé hier la lecture du roman de Mario Vargas Llosa, La Fête au Bouc. Je dois dire d'emblée que j'ai été fortement impressionné par ce roman à connotation historique. Le personnage principal en particulier, le dictateur Raphael L. Trujillo Molina, sorte de « père de la partie » autoproclamé, dont le règne de 31 années sur la République dominicaine a été particulièrement ubuesque et sanglant, sert de catalyseur à plusieurs histoires particulières.

Nous suivons trois trames dans ce roman. Celle du dictateur, dans la dernière journée de son règne et de sa vie, celle des ses assassins et des membres du complot ayant permis son exécution et celle d'une femme mûre, de retour dans son pays natal, après une absence et un silence avec sa famille de plus de quarante ans. Au fil des rencontres et des histoires particulières de protagonistes tout à fait crédible, finement précisé dans les intrigues, on ne peut lâcher ce roman, dont le dénouement révèle quelques recoupements habilement soutenu.
Je ne reprocherais pas à l'auteur d'avoir joué un peu avec l'histoire réelle de l'assassinat de ce dictateur et lui-même assassin de dizaines de milliers de personnes, durant son trop long règne. Bénéficiant de l'appui des États-Unis, lui-même ex-Marine, Trujillo a construit sa tyrannie, « l'ère Trujillo », sur la mort de ses opposants et de leurs familles, de même qu'il s'est rendu responsable des meurtres en masse de milliers de travailleurs haïtiens, en voulant « blanchir » la race dominicaine. Particulièrement mégalomane, le « Chef », ou « le Bienfaiteur », comme l'appelaient ses partisans, a obtenu des institutions politiques à sa cause un statut quasi-monarchique, qui a fait de lui le véritable chef d'État dominicain, en dépit de la présence d'un président, directement sous ses ordres. La capitale, Saint-Domingue, a été connu sous le nom de « Ciudad Trujillo », du vivant de son inspirateur. De nombreux édifices importants, ponts, monuments à sa gloire et autres lieux (montagnes, rivières, régions, etc.) ont également porté le nom de Trujillo. Pour éviter les répétitions, on a fait de même avec les membres de sa famille, sa mère, ses frères, ses fils et sa fille.
Le roman m'a longtemps été suggéré par Nicole, ma cheffe-libraire. C'est un des romans préférés, qu'elle a vendu avec beaucoup d'enthousiasme. Peu de temps avant mon renvoi, je m'étais résolu à le lire cet été. C'est chose faite et j'en suis enchanté, l'impression favorable qu'il a laissé à Nicole se partage aisément. Je vous suggère fortement à le lire, si vous aimez les romans historiques, dans un contexte aussi éprouvant que celui d'une dictature sud-américaine.
Quelques images du vilain bonhomme:


Publié par oktobre7 à 02:22:34 dans Le libraire inconnu | Commentaires (0) | Permaliens
Il y a de ces journées où on ne s'attend pas à être aussi actif, on pense en se levant à ce qu'on va faire de notre samedi puis, quand on pense qu'il est bien entamé et que rien ne va nous surprendre. C'est dans ces moments où on ne cesse d'être surpris.
Hier matin, la seule chose que j'avais au programme, après m'être levé trop tôt, était de faire un petit tour de vélo et aller saluer une copine que je n'ai pas vu depuis longtemps. Je me suis rendu à son lieu de travail, pour constater qu'elle ne travaillais pas précisément cette journée. Après quelques courses, je suis revenu chez moi, en prévoyant de dormir un peu, si mes crétins de voisins d'en face me le permettent. Ceux-là, je l'ignore pourquoi, ont pris l'habitude récente de tousser à gorge déployée, comme s'ils étaient tous atteints de la tuberculose. Ce sont vraiment des sales cons. Il me fallait trouver une activité dans l'après-midi, pour éviter de leur souhaiter mille malédictions sur leur bloc, ainsi que sur leurs connards de clients, avec lesquels ils s'engueulent quand ils passent acheter de la dope.
En me réveillant de ma sieste, j'ai reçu un appel de Julie, ma chum que j'avais aidé à déménager en juin. Elle et son copain Benoît m'ont invité à souper, pendant que le temps nous permet de profiter de leur barbecue. Je m'y suis rendu, en en faisant un détour par ma SAQ la plus proche. Heureux hasard, je suis tombé sur Simon, le gars qui avait produit mon premier groupe, en 1989, lors de son premier show. Ça ne datait pas d'hier... Tout comme moi, il avait un groupe dans le temps et encore aujourd'hui, il continue à jouer avec ses potes. Ça faisait plaisir de voir qu'on n'avait pas lâché notre intérêt commun. Il continue encore dans la même branche qu'il avait entrepris dans ces années-là, en produisant encore des spectacles à Québec.
En arrivant chez Julie, j'ai croisé une petite famille et surprise!, ce que j'ai cru être le père était mon ami et ex-collègue Dominique, qui se promenait avec une copine et ses enfants. J'ai resté un peu saisi de le voir derrière une poussette, disons simplement que le seul moyen pour lui d'avoir une progéniture, c'est par l'adoption. Il m'a dit que pour un type s'étant fait viré en plein été et encore au chômage, j'avais l'air en forme et de bonne humeur. C'est bon à savoir...
Le souper chez Julie et Benoît a été exquis. Au menu : des côtelettes de veau sur le grille, un délice! Je sais que ça ne fait pas très politiquement correct de bouffer de la viande, c'est difficile pour moi de m'en abstenir...surtout quand c'est apprêté de si bonne manière! En apéro, mes amis ont ouvert une bouteille d'un plaisir rare, du champagne Veuve Cliquot, pour inaugurer leur appartement, désormais presque entièrement aménagé selon leur goût. Je les ai aidé à déménager au mois de juin, il voulait ainsi me remercier de mon service rendu. Quelle belle attention. Nous avons soupé dehors, sur le patio de leur cour, la soirée était parfaite pour cela.
Quand je suis revenu en métro, je suis tombé sur une de mes vieilles connaissances, Christian, lui aussi un ex-Lévisien et membre de groupe. Le temps de notre déplacement, il m'a appris qu'il revenait à Montréal, après avoir essayé de vivre quelques temps dans la Vieille Capitale. Pas facile, la région de l'adéquisme...
Dans la soirée, Julie et Benoît m'on fait découvrir un artiste dont Luc et Lola m'avait parlé il y a quelques temps, dont je n'avait pas encore allé voir la performance dur Youtube. Il s'agit du gagnant de l'équivalent d'American Idol en Grande-Bretagne, l'émission « Britain's Got Talent ». Je ne suis pas du tout un fan de ce type d'émission, particulièrement au Québec, avec Star Académie. Nous ramener des chanteurs et chanteuses en espérant de voir apparaître la nouvelle Céline ou le nouveau Roch Voisine, très peu pour moi. Mais avec Paul Potts, le gagnant de l'émission britannique de cette année, c'est une toute autre affaire.
Il faut voir le type. Un modeste vendeur de téléphones cellulaires, à l'apparence très quelconque, dont le souhait d'être chanteur d'opéra l'a amené à prendre des cours de chants et à participer à cette émission. Dans le premier extrait, on le voit lors de son audition, devant les juges de l'émission. Quand on le voit, on ne s'attend pas à ce qu'on va entendre... Un type mal fagoté, à la mauvaise dentition, visiblement intimidé par les juges mais qui va surprendre quand même. Si vous êtes insensible en entendant cela, c'est que vous êtes le Big Brother qui surveille mon blog et vous n'avez pas de cœur...
Le second extrait est l'une de ses performances durant le concours et le troisième, c'est son interprétation lui ayant permis de remporter la palme de l'émission. Je vous laisse en juger par vous-même...
Ce n'est pas la seule découverte que j'ai fait, par l'intermédiaire de mes amis. Ceux-ci sont des fans enragés du film d'animation Nightmare Before Christmas, et de son personnage principal, Mister Jack. Ce que j'ignorais, c'étais la reprise de la chanson thème du film par Marylin Manson...
Et j'ai découvert également cette reprise de « Tainted Love », de Depeche Mode, le groupe préféré de Julie, par le même artiste. Je dois bien l'admettre, j'avais perdu de vue quelque peu ce que Manson fait, et il me surprend encore. Son vidéo est une parodie des clips hip hop américains...
Je vous préviens, c'est plutôt olé olé...très olé olé!
Publié par oktobre7 à 18:21:12 dans Le libraire inconnu | Commentaires (0) | Permaliens
J'ai eu une entrevue hier après-midi, avec un autre employeur qui a vu ma fiche sur Emploi-Québec. N'en déplaise à mon ex-bon patron chez Renaud-Bray, les neuf années que j'ai fait à son service me font remarquer très favorablement. Même pas besoin de faire des efforts, on me sollicite directement. En fait, ce n'est pas tout à fait vrai. Je continue à envoyer des CV là où il y a des offres d'emploi, aussi j'ai eu quelques contacts parallèles, par le biais de mes amis et connaissances. Si je suis encore en chômage à cette heure-ci, c'est une question d'attente, sur des offres éventuelles. Je garde l'espoir de revenir au travail très bientôt.
Je reviens sur la rencontre d'hier, où on m'avait sollicité pour un boulot dans le domaine de la télécommunication, avec un sous-traitant de Bell Canada. Vous savez, c'est le genre d'entreprises parallèles entièrement sous la propriété de Bell, pour amener une pression à la baisse sur les salaires de ce domaine. En fait, je devrais être déjà à leur emploi quelque part au centre-ville, mais je ne suis pas allé à la seconde entrevue aujourd'hui. Après qu'on m'ait fait miroiter la possibilité de faire du service à la clientèle, voilà qu'on voulait me proposer un emploi dans le télémarketing, avec des clients déjà établis. Je voyais se répéter la même démarche que j'ai eu l'autre semaine, avec la compagnie d'assurance. Comme cette dernière, le sous-traitant de Bell a épluché les candidatures sur Emploi-Québec, il nous a appâté avec un emploi allant dans les 40 000$ par année et je les voyait venir, il nous a offert d'entrer à leur service, sans plus de question. Ce qui m'a bloqué, c'est la façon cavalière de nous faire passer les entrevues à la chaîne et nous pousser à prendre un boulot très prometteur... à 10,60$ de l'heure, plus des commissions dont la nature ne nous a pas été précisé. Ce salaire, c'est beaucoup mieux que celui de Renaud-Bray à l'embauche (à peine 9,00$ de l'heure, si je me souviens bien), mais moins de celui que je gagnais au moment de mon renvoi. La dame qui m'a fait passer l'entrevue ne m'a pas donné d'autres précisions sur les commissions, en prétextant que j'allais savoir cela le lendemain, lors de la prochaine entrevue, qui serait collective... je voyais exactement le même scénario, comme la compagnie d'assurance. Une fois en groupe, on nous aurait fait promis toute sortes d'avantages, en autant qu'on travaille comme des forcenés, à un emploi où systématiquement on dérange des gens d'affaires bêtes et affairés, le bonheur... De plus, on m'a offert d'avoir une formation pendant une semaine, au salaire minimum! J'ai trouvé cela carrément insultant, mais je me suis évidemment retenu de tout commentaire. Pour ma curiosité, lorsque la dame m'a demandé si j'avais des question, suite à l'entrevue, je lui ai demandé s'il y avait un code vestimentaire à respecter, pour l'entreprise. Elle m'a affirmé que oui, il en existait un et qu'il me serait précisé le lendemain. À 10,60$ de l'heure, je me demande à quoi cette entreprise veut que nous ressemblions, à contacter la clientèle par téléphone...
En sortant de l'entrevue et du bâtiment, une des grandes tours à bureaux du centre-ville, j'ai marché un peu en réfléchissant sur la bonne décision à prendre. C'est alors que j'ai rencontré par hasard Geneviève, une ancienne collègue de Renaud-Bray, du temps de la succursale de la rue Sainte-Catherine ouest. Elle allait acheter des fringues pour son époux, qui n'a pas trop le temps de se choisir du beau linge, il a un horaire chargé (je connais l'époux et l'horaire chargé...). C'est elle qui m'a convaincu que ce n'était pas de ma nature de vendre des trucs auxquels je voue un réel mépris, comme les assurances et les contrats de service d'Internet. En la laissant aller à ses achats, c'est là que j'ai décidé de ne pas me présenter à la fameuse seconde entrevue en groupe.
On aura beau faire partie d'une compagnie de télécommunication, il faut croire que ça ne communique pas fort à l'interne. Le même type quoi m'a parlé la veille, deux heures avant l'entrevue, a laissé un message en mon absence aujourd'hui, sur mon répondeur. Malgré mon absence de l'entrevue collective, le voilà qui me donne rendez-vous lundi matin, à 10h00, pour le début de la formation... misère! Autrement dit, peu importe si je m'étais présenté avec mes pantalons écossais couverts de patches de groupes, il m'aurait engagé quand même!
La seule consolation, c'est que juste avant l'entrevue, on m a fait passer un test de vitesse d'écriture au clavier, que j'ai réussi haut la main. J'ai vu le résultat, c'est encourageant, pour la prochaine job de bureau qui sera à ma portée. En espérant que cette fois-là, on ne m'emmerdera pas avec de la vente sous pression!
Les statistiques de l'emploi sont très optimistes, autant à Montréal qu'au Québec. Ce n'est pas pour plaire à tout le monde. À commencer aux faiseux de l'Institut de la Vérité Révélée de l'Économie Libérée (IEDM), lesquels comptent toujours sur un haut taux de chômage, pour soutenir les bas salaires et la sainte compétitivité des entreprises d'ici. Toujours la même bouillie pour les chats, vous allez voir que bientôt, on va encore mettre les soubresauts des bourses du mondes la hausse appréhendée des salaires en Occident. Tant qu'à faire, pourquoi ne pas nous ramener la légitimité de l'esclavage, comme quand on le faisait au États-Unis, au XIXe siècle, pour justifier la vigueur de l'économie des États du sud? On va finir par lire cela, dans une étude sérieuse de l'Institut Fraser...
Un exemple? Mon ancien employeur. Les offres d'emplois s'accumulent sur les babillards, mais ils n'intéressent personne. Les salaires sont trop bas, pour des horaires trop exigeants, dans un contexte de pénurie d'employés spécialisés avec de l'expérience. Mon ancien employeur n'est même plus dans le coup. Encore l'autre jour, on fêtait l'anniversaire d'une collègue d'une autre succursale, dont je tais le nom, pour lui éviter des représailles (on ne sait jamais, avec le Big Brother de la rue Saint-Denis). On m'apprenait que de plus en plus, les difficultés d'embauche sont telles qu'on offre directement l'emploi au premier venu, un emploi de caissier, sur une affiche à la porte de la succursale...
Devant les employeurs, qui ont toujours eu l'avantage de nous regarder de haut, lorsque nous étions plus nombreux à nous soumettre à leurs diktats et leurs bas salaires, je suis bien satisfait de voir la situation se renverser. Surtout dans le tertiaire, mon secteur d'activité depuis des années, où on nous a fait sentir le plus grand mépris à notre égard, grâce à l'interchangeabilité et la flexibilité dont on nous serinait les oreilles. Il est temps pour eux de passer à la caisse.
Comme hier, je me suis dit que ça valait la peine de vous faire connaître une autre belle chanson, cette fois-ci des Dead Kennedys, pour terminer ces réflexions sur le monde du travail. J'en ai trouvé une version sur Youtube, un clip non-officiel, que j'ai trouvé très bien réalisé. Ce n'est peut être pas la meilleure de ce groupe mais à mon avis, elle exprime bien l'aliénation que nous avons envers nos emplois, lorsque ceux-ci en viennent à nous définir. Moi-même je n'y échappe pas, je me définis toujours comme libraire...
AT MY JOB
chorus
de l'album Frankenchrist (1985)

Publié par oktobre7 à 02:40:43 dans Le libraire inconnu | Commentaires (0) | Permaliens
J'ai reçu deux CD d'un de mes groupes préférés, Subhumans, par le biais de Ebay. En dépit de mes moyens plutôt limité, ça me revenait pas trop cher, pour les albums suivants : Rats/Time Flies et World's Apart

C'est dans le premier que j'ai découvert comment on pouvait faire une chanson aussi éprouvante que « Susan ». Je pense que toute l'angoisse d'un époque particulière en Grande-Bretagne, le zénith du règne de la mère Thatcher en 1984, est contenue dans cette chanson. Je ne l'ai pas trouvé sur Youtube, je suis donc un peu mal pris pour vous commenter cette chanson, sans l'avoir à vous la présenter. C'est curieux, je me suis rendu compte de la teneur sombre des paroles en attendant ma rencontre avec ma psychologue. J'écoutais l'album pour la première fois, en me concentrant dessus, sans rien pour me déranger.
Si ça vous intéresse, je vous suggère de trouver cette chanson en MP3, ça doit être disponible quelque part sur le net. Vous allez entendre une chanson au piano, joué par le chanteur Dick Lucas. Elle est très belle, sincèrement, mais les paroles, vous en jugerez par vous-même. Elle m'a suivi ces deux derniers jours.
The epitaph has faded badly
No-one reads it anyway
Publié par oktobre7 à 05:44:57 dans Le libraire inconnu | Commentaires (0) | Permaliens
Pour souligner l'anniversaire du décès de son père, mon amie Marie, Lévisienne exilée comme moi sur l'île, m'a demandé de l'accompagner à l'Oratoire Saint-Joseph. Valérie, autre exilée que je n'avait pas vu depuis longtemps, nous a accompagné dans ce semblant de pèlerinage. Avec la journée magnifique d'hier, ça nous a permis de rendre quelque peu solennelle ce petit détour, sur l'autre versant de la montagne.

Impressionnant, ce lieu sacré, vu des portes du domaine, même s'il apparaît banal aux Montréalais de toujours. la monumentale église semble avoir fait partie du décor depuis l'arrivée de Monsieur de Maisonneuve, avec la colonisation français. De mes lointains souvenirs, j'avais déjà visité l'endroit très jeune avec ma famille. Je me rappelais de l'escalier, pour se rendre à l'Oratoire, avec son centre prévu pour ceux qui veulent grimper...à genou. Les marches de cet escalier central auront beau être en bois, elles ne nous ont pas parues assez invitantes pour exprimer notre foi de cette façon. En plus, Marie se remettait encore de son samedi à refaire la toiture. D'ailleurs côté foi, autant Marie que moi demeurons croyant, autant Valérie n'avait plus eu de contact avec l'Église depuis longtemps.
Contrairement à mes souvenirs, l'intérieur de l'église m'apparaît plus moderne que je le pensais, dépouillé du caractère gothique de beaucoup de nos églises, particulièrement en région. Les rangées de bancs sont des sièges en métal et les immenses statues des Apôtres, immenses et de style résolument moderne, sont en bois. L'endroit m'apparaît plus dépouillée que le pensais. Surtout, les colonnes n'ont plus les centaines de béquilles, cannes, chaises roulantes, prothèses accrochées, symbolisant les guérisons attribuées au Frère André.
Le Frère André... mes souvenirs sur l'histoire du modeste religieux, béatifié par Jean-Paul II, me sont revenu lorsque nous avons visité la petite chapelle tout près, conservée en souvenir de l'inspirateur de ce qu'est devenu l'Oratoire. Je me souvenais vaguement que le logement du frère était conservé quelque part, c'est donc à l'étage au-dessus de la chapelle, derrière une baie vitrée, que nous avons retrouvé les quelques objets quotidiens du Bienheureux : un lit minuscule, un petit poêle à gaz, une table, deux chaises, quelques livres de spiritualité catholique...On s'est demandé ensuite où était le tombeau, mais on a laissé faire. J'ai appris que pendant longtemps, on avait conservé le cœur du Frère André dans un bocal, présenté aux nombreux visiteurs, jusqu'à temps qu'il se fasse dérober, puis il a été retrouvé. Là aussi, personne d'entre nous n'a insisté pour aller voir à quel endroit il était désormais conservé.

Avant de partir de ce site, nous avons fait un tour dans le chemin de croix, bordant l'Oratoire. Les représentations du chemin sont impressionnantes par la taille et rappellent le souvenir de la foi des notables de cette époque, ayant participé à leur construction. Nous nous sommes rappelé quelques éléments de la foi catholique désormais révolus, comme la mortification, telle que pratiquée par les plus dévots. Personnellement, en tant que croyant, je ne pense pas qu'une meilleure expression de sa foi doit passer par un rite soulignant la douleur du Christ. Mais pour celui qui va jusqu'à porter une cilice, c'est son choix. Je me suis amusé, dans les circonstances (on était quand même dans un moment de recueillement...), à rappeler à Valérie quelques détails qui lui semblaient très lointains, comme le nombre de chute du Christ, lors de sa Passion et son chemin vers son calvaire. J'ai eu une vague idée que certains n'ont tellement plus mis les pieds dans un église, qu'il en ont oublié même les éléments de la vie de Jésus.
Valérie m'a impressionné plus tard, avec des souvenirs très précis sur notre époque à Lévis, ainsi qu'à Québec. C'est la première fois que je rencontre quelqu'un qui se rappelle de la chanson des défuntes Fêtes populaires Desjardins et de sa mascotte laide, Timo. Aussi, je ne me rappelle plus pourquoi, elle m'a ramené le souvenir de la façon dont était décoré Place Laurier, le hideux centre d'achat au centre du secteur Sainte-Foy : qui se souviens de la place Normand, dans le secteur des restaurants, au troisième étage, avec ses façades en carton-pâte? Ouach!
Nous avons terminé avec une visite de la boutique souvenir... alors là, j'ai été impressionné, par la multitude d'objets permettant d'exprimer notre foi. Des chapelets, des crucifix, des statuettes et statues des saints, même à l'effigie du Frère André (dont l'une presque grandeur nature, pour les églises), des images pieuses, des médailles, des livres, des crucifix... j'ai revu bon nombre d'images que je voyais régulièrement chez ma grand-mère, étant petit. Déjà bien pourvu chez moi, où on retrouve des crucifix (ça vous étonne, hein?), je me suis abstenu d'achat. La pensée des « marchands du temple » m'est revenue, mais considérant l'entretien d'un si bel endroit, je ne peux difficilement condamner ce côté lucratif. En effet, la visite de l'Oratoire, même guidée, est sous contribution volontaire.
En revenant, j'ai remarquée quelques touristes montant les escaliers, dont ces femmes musulmanes, portant le voile. On va bien visiter les mosquées, pendant nos vacances, les musulmans visitent nos églises...qui parle d'une absence de dialogue entre les religions? Prendre la peine de visiter les lieux de culte est une belle preuve d'ouverture, non?
On a terminé cette belle journée dans un petit bistrot, le même où j'avais regardé l'an dernier un match du Mundial, quand le Portugal a battu la Hollande et ainsi se qualifier pour les finales...c'est là que j'ai constaté l'importance de la communauté lusophone de Montréal.
J'ai eu la vague idée de n'avoir encore rien vu de ma ville... après neuf ans passées ici.
Publié par oktobre7 à 02:33:49 dans Le libraire inconnu | Commentaires (0) | Permaliens
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