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Le Subversif

Les joies et colères de la vie de libraire

Oktobre, le joyeux libraire

Bonjour chères lectrices et chers lecteurs,



j'ai voulu créer une page pour me défouler, écrire ce qu'il se passe ici bas, dans le monde merveilleux des éternels étudiants endettés, avec un boulot peu rénuméré malgré les aptitudes et les diplômes acquis. Les amoureux de la lecture, plus particulièrement les maniaques de livres dont on ne parle pas beaucoup s'y retrouveront. Comme j'aime aussi les cultures métal et punk, c'est certain que je vais écrire quelques lignes là-dessus. 




Et puis moi... je suis désormais un ex-libraire, viré pour avoir exprimé son opinion sur son employeur, Renaud-Bray, malgré mes neuf ans d'ancienneté. Je suis dans la trentaine, ma formation est en histoire et en science politique. Pas d'enfant, pas riche, pas d'auto, pas de REER, pas de télé câblée, pas de colocataire et pas d'animaux. Mais beaucoup de livres et de disques.




J'espère que ce site va vous plaire. Bonne lecture!

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Pour les retraités... | 30 juillet 2007

Comme je ne suis pas là longtemps aujourd'hui, je vais aux Francofolies à l'instant, je ne suis pas en mesure de vous laisser un grand texte de mon cru. Je vous laisse donc un gag pour mes ami(e)s les retraité(e)s qui me lisent souvent. Il m'a été envoyé par mon ancienne collègue Marlène. Je l'ai trouvé drôle...

J'ai encore plein de trucs à vous raconter!

À+!

Vieille maudite...

Depuis que je suis à la retraite, je m'ennuie un peu,alors...
L' autre jour, je suis allée en ville et suis entrée dans
un magasin.J' étais là depuis à peine 5 minutes,
Lorsque je suis sortie, il y avait un policier qui
rédigeait une contravention pour mauvais stationnement.

Je me suis rendue auprès de lui.
Monsieur, pourquoi ne pas donner une chance à une
citoyenne retraitée ?"

Il m 'ignora et continua à écrire. Je l'ai traité de Nazi.
Il m'a regardée et a commencé à écrire une autre
contravention, parce que les pneus étaient soi-disant trop usés.
Alors, je l'ai traité de "tête de cochon".
Il finit la deuxième contravention et la plaça sur le
Pare-brise avec la première. Il commença ensuite à en
rédiger une troisième, sous un  quelconque prétexte
Fallacieux. Cela continua pendant environ 20 minutes.
Plus je le traitait de tous les noms, du style
"saloperie de flic","poulet aux hormones", "gestapo",
"chien policier","homme des cavernes néandertalien", 
"singe en uniforme" etc.

Plus il rédigeait de contraventions.

Personnellement, je  m' en foutais un peu : J' étais
venue au centre commercial en métro.

Mais depuis que je suis à la retraite
J' essaie d'avoir du fun!

C'est important de se tenir occupée, à mon âge!!

Publié par oktobre7 à 01:50:10 dans Le libraire inconnu | Commentaires (0) |

Travaillez! | 28 juillet 2007

J'avais vaguement prévu d'écrire un peu sur l'émission que j'ai découvert hier, chez Luc. Ce dernier a le câble gratos, un oublie de Vidéotron, si je me rappelle bien, Luc ne payerais pas pour ça. Sauf que j'ai réagi un peu mal, ce matin, en lisant l'éditorial de monsieur Sanfaçon, dans le Devoir. Je n'aime pas me réveiller de travers et il a fallu que je lise les insignifiances de ce type surévalué, un conservateur qui la joue au centre, capable de faire autant la girouette que Richard Martineau, un autre surévalué dans son genre.

 

En voulant ajouter des arguments aux économistes néo-libéraux que sont Pierre Fortin et son collègue et ancien élève Luc Godbout, Jean-Robert Sanfaçon a écrit une grosse connerie, mais probablement que ça lui a échappé, comme d'habitude. Il ne se trouvera pas beaucoup de gens pour lui ramener ça sur le nez, surtout comme il l'écrit lui-même, parler d'économie en pleine été, ce n'est pas l'idéal.

 

Ma réaction a été sur l'argument suivant : en voulant défendre l'idée des fameux « Lucides », dont font partie les deux économistes, comme quoi nous ne produisons pas assez de richesse au Québec et qu'il faut travailler plus, voilà que Sanfaçon défend de repousser l'âge de la retraite...comme quoi les gens, en prenant leur retraite jeune, cessent d'être actif. Ils sont donc à classer dans le passif, comme le calculent ces économistes, avec leur vision binaire de la société. La colonne « revenu », la colonne « dépense ». Je cite : « Il est également temps que les entreprises et les gouvernements modifient les règles d'accès à la retraite afin d'encourager les gens à rester actifs plus longtemps. On ne dira jamais assez combien les élus de certaines villes sont irresponsables de soutenir, avec l'argent des contribuables, le droit à la retraite à 50 ans, et même plus tôt pour certains employés municipaux -- policiers, pompiers ou personnel d'entretien. » En clair, il faudrait donc restreindre le droit de négocier des employés syndiqués du secteur public et privé, afin de les obliger à travailler jusqu'à l'âge de la pension. Celle-ci pourrait être ramenée quelque part à 70 ans, si on laissait faire ces tristes sires d'économistes. Et les travailleurs n'ont plus rien à dire là-dessus, « vous dormirez quand vous serez mort », disais Lucien Bouchard, personnifié par André G. Ducharme de RBO.

 

 


 

Il faut croire que Sanfaçon n'a pas trop d'idée sur ce que signifie l'expression « être actif ». Il ne connaît pas de retraités dans la cinquantaine comme moi, il faut croire, et il ne connaît pas non plus les raisons pour laquelle on encourage tacitement les policiers et les pompiers à prendre leur retraite dans la cinquantaine. Il y a quelques années encore, la retraite était obligatoire après 32 ans de service, pour les policiers de la Sûreté du Québec. La mesure a été abolie, pour permettre à certains policiers de rester au travail plus longtemps. Le meilleur exemple est justement mon père, qui a pris sa retraite de la SQ à cinquante ans, après trente années de service. Considérant le stress qu'a comporté son travail, surtout au début de sa carrière dans le Bas-du-Fleuve (on comprendra qu'il est beaucoup moins chevelu que moi, pas seulement parce qu'il a gardé la coupe réglementaire encore aujourd'hui...), c'est normal de permettre aux gens ayant fait partie de corps de police ou de pompier de partir plus jeune. Pourquoi ça serait différent maintenant? Bien sûr, l'alarmant calcul des économistes Fortin et Godbout est une vérité révélée, issue du dogme néo-libéral...

 

Et la notion d'être actif, comment se fait-il qu'elle ne se calcule uniquement qu'à l'aune du PIB et de la déclaration de revenu? J'étais encore à la maison parentale, quand mon père a pris sa retraite. Pensez-vous que mon père, par ailleurs dans une excellente forme physique, avait l'intention de se bercer le restant de ses jours? Je le voyais moins souvent à la maison dans ces premières années, parce que bricoleur et habile de ses mains comme il est, il s'est mis à prendre toute sorte de petits contrats de peinture et de rénovation. Je le voyais mal passer ses journées à niaiser au centre d'achat local, comme on en voit parfois. Ces travaux, ils ne sont pas calculé dans le PIB, mais pour nos  économistes, ça ne compte pas, ce n'est pas de la richesse. Quand ma mère garde les garçons de ma sœur pour une journée, ça ne compte pas non plus, ce n'est pas de la richesse... pourtant ma sœur fait fonctionner l'économie, en se permettant une sortie et en dépensant pour ses activités. Dans le calcul de nos lucides économistes, ça se perd quelque part. Possiblement les limbes de l'impossibilité de calculer. Dans le contexte où on se fait donner des indications alarmiste qu'à la seule aulne des chiffres, on se demande si on ne se fout pas de nous.

 

J'ai entendu cette semaine qu'au Canada, mais moins au Québec, les gens étaient atteint de cette bizarrerie bien nord-américaine de ne pas prendre de vacance. Aux États-Unis, pour se faire bien voir de son patron, il est bien de ne prendre jamais de vacance. Comme si la richesse ne se crée pas en se reposant, en allant faire un voyage ou encore faire du camping. Bien sûr, sans prendre de vacance, c'est évident qu'on est plus productif... pas pour rien qu'en ce même pays, on pratique l'absentéisme plus que sa religion!

 

Pour un Sanfaçon, qui produit tellement de richesse en écrivant ses inepties dans son journal néanmoins appréciable, travailler et produire de la richesse, ça ne se passe pas autrement que selon les règles précise de l'économie. Le fait de réviser ses notions, ça ne lui est jamais passé à l'esprit. Le calcul de la richesse selon le PIB est tellement partiel, car il oublie l'essentiel : c'est un produit humain. Dans ce travail, on omet énormément des facteurs dont l'effort physique, l'endurance du corps et de l'esprit, le bonheur d'y participer, etc. Pour un économiste de l'engeance de l'économisme triomphant, ça ne compte nullement, il n'y a pas de chiffre, donc pas d'explication possible pour eux. Ça explique pourquoi les économistes tentent d'en finir une fois pour toute avec les sciences humaines, ces constructions de « pelleteux de nuages barbus, drogués et marxistes », comme le disent si bien les cravatés du cerveau qui peuplent les rangs des blogues du droitisme.

Je suggère la lecture plus intéressante du texte précédent de Louis Gill, son commentaire sur les conclusions alarmistes de ses anciens confrères de l'UQÀM. Aussi, je n'en ai pas tellement le temps aujourd'hui de développer là-dessus, mais il existe un calcul plus intelligent que celui du PNB ou du PIB, le Bonheur national brut (BNB). Le concept est pas mal plus intéressant que ceux dont on nous rabâche à partir des chaires universitaires d'administration, des milieux patronaux et autre Institut économique de Montréal...

Publié par oktobre7 à 18:22:12 dans Le subversif | Commentaires (0) |

Un vendredi de flemme! | 28 juillet 2007

J'étouffe dans mon appartement, la chaleur est écrasante mais je tiens à vous écrire quelques mots, malgré que je suis en train de me déshydrater. Mais devant mon ordinateur, c'est rien, après le petit déménagement que j'ai fait pour mon amie Audrey la fana du swing, hier après-midi. J'en ai sué un coup, mais je pense avoir fait bien plaisir à mon amie. Pour moi, ça été l'occasion de me rendre utile. Dans une période de chômage, c'est un véritable plaisir.

 

Peut être que je ne serai plus chômeur, dans peu de temps. J'ai une autre entrevue, prévue pour lundi matin, à une autre compagnie X (Fuck you, Big Brother!). J'ai eu le bonheur de savoir que cette entreprise est au centre-ville... si ça marche pour moi, ça ne sera pas un long voyage pour me rendre au boulot. C'est un emploi temporaire, mais je pense que c'est ce qui pourrait m'arriver de mieux. J'ai la fin de semaine pour revoir mes connaissances du logiciel Excel, dont mon utilisation est très sporadique. Aussi, je vais repasser ma chemise d'entrevue, celle dans laquelle je fait un charme fou. Entre temps, j'attend des nouvelles du programme de l'assurance-emploi, la décision devrait tomber la semaine prochaine. Mon renvoi de Renaud-Bray me fait craindre le pire, mais je pense être en mesure d'obtenir mon dû, même après avoir trouvé du boulot. Étant donné que je ne vais pas en rester là, la décision peut être en ma faveur.

 

Hier soir, après le déménagement, j'ai eu à peine le temps de retourner chez moi, me doucher et aller rejoindre des amis au Vice Versa, un petit bar tout sympathique, sur la rue Saint-Laurent. Je suis allé rejoindre des ex-collègues de Renaud-Bray, d'au moins trois succursales différentes. Il y avait Véro, un couple d'amis, son chum Jean-Philippe, JF, Antoine, Bob l'ancien cadre. Dire qu'on a eu du gros fun noir serait un peu court, mais il faudra se contenter de ça pour l'instant, je dois rejoindre Luc chez lui, sous peu.  J'ai eu l'ultime jouissance de revenir chez moi dans la nuit, pour la majeure partie du trajet, dans la célèbre voiture de Bob qui lui a coûté 400$...et ça paraît qu'il ne l'a pas payé cher! Encore heureux que les morceaux tiennent encore ensemble. Même les ceintures de sécurité ne fonctionnent plus!

 

J'ai eu un message d'un ancien de Primerica, la fameuse compagnie de ventes pyramidales. Il a lu mon texte sur la compagnie et il s'est reconnu à 100%, comme il me l'a écrit. Je vous reviendrais là-dessus, sous peu.

 

Je vous laisse avec un lien intéressant, pour une rare fois ça vient de Canoë et TVA. C'est l'entrevue des comédiens prêtant leur voix aux personnages des Simpsons, dont le film vient tout juste d'apparaître sur nos écrans au Québec. Une très belle rencontre!

http://lcn.canoe.com/cgi-bin/player/video.cgi?file=20070727-165129&link_nouvelle=http://lcn.canoe.com/lcn/artsetspectacles/general/archives/2007/07/20070727-165129.html&link_archive=/artsetspectacles/&type_archive=Arts%20et%20Spectacles&alt=b

 

                                                    

 

                                                    

Publié par oktobre7 à 00:39:32 dans Le libraire inconnu | Commentaires (0) |

Être fidèle à sa nature. | 25 juillet 2007

L'entrevue

 

C'est donc hier que j'ai eu mon entrevue, avec cette entreprise américaine spécialisée dans les assurances personnelles. Ce n'est pas une compagnie très neuve, mais elle est assez peu implantée au Québec, contrairement à plusieurs autres provinces canadiennes. En pleine expansion, elle cherche donc à ouvrir des bureaux à la grandeur du Québec. Elle a donc besoin de nombreux employés.

 

J'ai donc été mené vers leurs bureaux de Ville Saint-Laurent, comme 900 autres personnes. J'ai trouvé le tour d'arriver presque en retard, après avoir mal évalué les distances du bureau et de mon domicile. Une fois sur place, j'ai compris alors la raison pour laquelle on m'avait demandé de passer à 11h10 : on était nombreux à avoir eu l'appel. Après une brève entrevue de 10 minutes avec un monsieur de mon âge, bien mis et tout, j'ai été assez convaincant pour passer à la seconde étape. Celle-ci a consisté à une présentation de l'entreprise et de ses objectifs par un autre représentant, d'une durée de plus d'une heure. C'est là que j'ai appris le but de ces entrevues, avec l'ouverture prochains de bureaux. L'offre d'emploi a été largement expliqué, notamment les conditions salariales alléchantes et les avantages sociaux. Le travail, avec un minimum d'implication, peut nous rapporter environs 50 000$ par année et est de nature autonome, il n'y a pas de salaire, on se base surtout sur les contrats conclu suite aux rencontres à faire par semaine. On nous a précisé qu'on aurait droit à une formation et qu'il n'est pas question de défricher le marché, le travail est déjà fait. En somme, pour quelqu'un d'ambitieux et plein de dynamisme, le yuppie-type, c'est l'emploi idéal...

 

...mais pas pour moi.

 

À la suite de la représentation, j'ai rencontré à nouveau le monsieur bien mis de mon âge. Tout juste avant, j'ai rempli un questionnaire qui m'a fait réaliser des aspects de ce type d'emploi m'était étranger à ma nature. J'aurais quand aimé avoir eu plus de temps pour réfléchir à l'offre, mais en répondant aux cinquante questions, j'ai eu l'impression sourde de ne pas être à ma place. Dans le questionnaire, on m'a demandé des choses comme « Quelles sont vos ambitions? » et « Voulez-vous devenir riche rapidement? ». Quand j'ai rencontré  à nouveau mon premier interlocuteur, j'ai essayé de gagner du temps, mais peine perdue, je réalisais qu'il me fallait donner une réponse immédiate. Pour la première fois de ma vie, je devais admettre devant un employeur une opinion qui a pu me faire passer pour un quelconque looser (selon leurs préjugés de leur classe sociale). Pour moi, la richesse ne se calcule pas selon le compte en banque et les biens matériels que l'on possède, c'est d'un autre ordre. Je lui ai expliqué que le fait d'avoir vécu de façon plutôt précaire depuis tant d'année a eu raison de toute ambition à devenir riche, selon leurs critères. Je ne crois pas à ces offres mirobolantes de « la grande carrière pleine d'avenir et de promesses », on m'a déjà chanté ce refrain, quand j'ai été représentant pour Cell-Pro-Bell Mobilité. J'en suis sorti très amer et plutôt convaincu qu'il s'agit d'un mirage, ce n'est pas à la porté de toute nature de s'en mettre plein les proches. C'est peut être dans cette période que je suis devenu franchement critique envers le capitalisme, ce qui m'a mené à mes convictions politiques actuelles. Durant cette période de ma vie, comme je l'ai décrit dernièrement , ce que j'ai découvert a été ma capacité d'aider la clientèle, non pas de lui vendre du rêve. Je suis un excellent employé de soutien, point à la ligne.

 

J'ai remercié le monsieur bien mis, il m'a souhaité bonne chance dans ma carrière.

 

Je retiens de cette épisode ce que ma mère m'a justement fait part ce matin, dans son courriel : « J'avais un peu pensé que c'aurait été un genre de travail comme ils t'ont proposé et c'est vrai que ce n'est pas "vraiment" ton genre. Mais une première entrevue après 9 ans t'aura permis de te dérouiller face à un employeur...il faut voir le bon côté des choses. » Je n'ai pas d'autre chose à ajouter. Je demeure craquant, en chemise-cravate et j'inspire confiance en entrevue, ça c'est certain.

 

Je me suis senti un peu coupable en sortant, du fait d,avoir décliné cette offre. Je suis resté avec cette idée voulant qu'un chômeur ne peut se permettre de lever le nez sur les offres qu'on lui fait. Lorsque j'ai remis mon discman en marche, je me suis senti mieux. J'avais mis un vieux CD de Napalm Death,  « Utopia Banished ». La première chanson s'intitule « I Abstain », elle était vraiment de circonstance...

 

     

 

Le Swing

 

De retour chez moi, j'ai balancé les fringues de l'entrevue pour mes habituels t-shirt de groupe et bermudas. Plus tard en début de soirée, je suis allé rejoindre mon amie Audrey au Petit Medley, rue Saint-Hubert pour en prendre de la  bonne bière. Aussi, cet endroit est le lieu privilégié des amateurs de swing, cette danse revenue d'outre-tombe, depuis quelques années. Émilie et d'autres de leurs amis nous ont rejoint, pour participer à l'activité. Ben oui, mes copines sont devenues accros à ce genre de danse et évidemment... elles ont voulu que je m'y mette. Au début de la soirée, il y avait un cours d'introduction au swing, où les filles ont été très nombreuses à se porter volontaire pour apprendre les rudiments. Si j'ai manqué une chance de me faire connaître de l'une d'entre elles, c'est bien à ce moment, misère! Il y en avait bien une ou deux qui m'apparaissent très bien. Le problème est que je me suis pas trouvé très à l'aise d'apprendre des pas de danse, en portant des Doc Martens hautes de 14 trous. De plus, je détonnais à travers tout ce populo, même en restant à ma place. Si en plus il a fallu que je j'essaie de montrer que je ne danse pas comme une oie, alors là... Et puis le swing, ce n'est pas qu'une petite affaire, même si mes copines trouvent ça facile, désormais, après deux mois de pratique. La musique ne me plaît pas trop, mais c'est plus agréable que le hip hop qu'on entend toujours partout.

 

Peut-être que la prochaine fois, je vais être moins coincé... c'est ma nature, je le crains.

Publié par oktobre7 à 17:58:53 dans Le libraire inconnu | Commentaires (1) |

Une première entrevue! | 24 juillet 2007

Ça y est! Mes démarches m'apportent enfin de quoi espérer en un emploi prochainement. J'ai une première entrevue demain matin, avec une compagnie X, située à Ville Sainte-Laurent (vous excuserez ma discrétion, je suis toujours surveillé et je soupçonne le Big Brother de mon ancienne compagnie d'être tellement cheap, qu'il irait jusqu'à faire capoter mes chances de me trouver une autre job...). J'ai parlé avec la personne responsable de l'embauche tout à l'heure, en revenant d'un autre rendez-vous. La rencontre aura lieu à 11h10. On m'a demandé de venir avec un CV et...être habillé de façon professionnelle. Ça, c'est bien la première fois qu'on me la fait. Ouais, le pro de la librairie, il a le look punk en tout temps! Heureusement, comme je l'avais écrit il y a pas longtemps, mon stock de cravates est à jour et j'ai quelques chemises blanches à manches courtes prête pour l'occasion. Le gag, j'ignore ce que les dirigeants des corporations pensent des jeans noires? Mazette, c'est tout ce que j'ai de plus portable! Pour le prochain mariage de ma sœur, je vais y aller avec des jeans neuves, mais pas question des maudits pantalons laids en fortrel, barnak!

 

Je vais donc devoir me vendre, chose dont je n'ai fait depuis longtemps. Je trouve quand même l'exercice très intéressant, car je pourrai évaluer comment je suis aujourd'hui. On se rappelle tous de l'entrevue qui nous a permis d'obtenir tel ou tel emploi. La dernière fois, ce fut à la librairie Garneau de Place Versailles, en 1998. La directrice m'avait rencontré sur le banc en face du magasin, dans le couloir du centre d'achat. Je m'étais présenté en cravate, alors qu'on n'en demandait pas tant, dans ce genre d'emploi... J'avais obtenu le poste à temps partiel qui venait de se libérer, en démontrant mon amour des livres et en me montrant rassurant. Il paraît que mon sourire y est pour quelque chose.

 

Le domaine de l'employeur potentiel de demain est dans un tout autre domaine. J'y vais, en me demandant bien ce qu'on attend d'un gars de neuf ans d'expérience dans la vente, mais dans le genre hors norme.

 

Hier...

 

...il a fait un temps splendide. Je suis allé rejoindre Luc, tante Lola, Frefon et Dan au Piknik électronique. Des milliers d'autres personnes ont eu la même idée, le terrain était plein partout et je ne mentionne pas le secteur où les gens dansent, au pied du monument en métal. Compacte, la foule, dans ce secteur. Encore cette fois-ci, j'ai eu l'impression d'être minoritaire, dans mon hétéro***ualité. Je pense que la semaine de la fierté gay approche, ou bien c'est la techno, je ne sais pas trop. C'est drôle, quand on pense au nombre impressionnant de jolies jeunes femmes en bikini, déçues de tout ce gaspillage de beaux mecs dans leur gaieté, qui doivent se tourner vers les gars « réels », genre moi, Frefon ou Luc...hi hi hi! C'est pourquoi ça ne me dérange pas trop de me taper de la techno un après-midi, avec l'avantage de pouvoir boire de la belle bière à l'ombre des arbres, dans le gazon. Ça serait pas ça, le bonheur, des fois?

 

Une comparaison intéressante, sur le double-standard de la justice.

 

Étant membre du PCQ, je suis sur la liste d'envoi. Je reçois plusieurs textes par mois, mais celui-ci a retenu particulièrement mon attention, sur un procès ayant eu une grande couverture médiatique.

 
La justice et ses doubles standards: l'affaire Conrad Black versus le procès contre Fred Rose
 
Par André Parizeau,

Chef du PCQ

 

Tous les hommes et les femmes sont supposés être égaux devant la loi. Cela, c'est sur papier.

 

Mais La réalité est souvent différente et on en a encore un cas patent dans l'affaire Conrad Black.  Hier encore, c'était un magnat de la presse.  Aujourd'hui, c'est un homme déchu; il vient d'être déclaré coupable pour différentes affaires de fraudes et pourrait éventuellement faire de la prison.  Rien n'est encore décidé et il pourra toujours faire appel, de toutes manières.

 

En théorie, Conrad Black pourrait se retrouver derrière les barreaux pour plusieurs années.  Cela, c'est encore sur une fois sur papier.  En attendant, il demeure toujours très riche... et demeure également toujours en liberté, malgré sa condamnation.  Il reste d'autre part à voir s'il fera même un jour de la prison ... et, si oui, pour combien de temps.

 

À bien y regarder, je ne peux m'empêcher de faire un parallèle avec un autre procès célèbre, chez nous, soit celui de Fred Rose.

 

Quand tu viens de la "haute", c'est jamais la même chose ...
 

N'aurait été de tout l'argent que Conrad Black a, de ses nombreux avocats, de ses amis, et de l'influence dont il dispose toujours, son procès se serait terminé beaucoup plus vite que cela s'est finalement passé... et il serait déjà en prison.  Mais, et c'est évident, Conrad Black n'est pas comme monsieur et madame tout le monde car il fait partie de la "haute".

 

Conrad Black n'était pas juste un homme d'affaires très en vue.  C'est également un homme aux nombreuses connections politiques. Anciennement très lié au Parti conservateur du Canada, sous Brian Mulroney, puis couronné "Lord" par la reine d'Angleterre, aujourd'hui plus lié au Parti conservateur en Angleterre (il a d'ailleurs dû abandonné sa citoyenneté canadienne de manière à pouvoir devenir un "Lord" anglais), Conrad Black était également un admirateur de longue date de l'ancien premier ministre du Québec, Maurice Duplessis.

 

Le Parti Conservateur du Royaume Uni, auquel il appartient, et qu'il était supposé représenté à la Chambre des Lords, en Angleterre - même si dans les faits il n'y est pas allé très souvent au cours des dernières années - vient de lui enlever le droit de parler en son nom. "Big deal "!  Comme on dit en anglais.  Pour le reste, il demeure toujours un "Lord" ...

 

Il est plutôt rare de voir un homme politique se voir condamné par une cour de justice.  Encore moins un "Lord".  Mais tous n'ont pas justement la chance d'être un "Lord"...

 

Ici même au Canada, tout au moins au niveau fédéral, je crois qu'il n'existe qu'un seul cas d'un politicien ayant jamais été arrêté et condamné  alors qu'il était encore député.  Cela se passait en 1946.  Fred Rose, qui était alors un des leaders du Parti communiste au Québec, était aussi une personnalité publique bien connue à Montréal  Il venait tout juste d'être élu pour la 2e fois au Parlement à Ottawa avec plus de 10 000 voix.  Il représentait alors les citoyens de la circonscription de Montréal Cartier, soit entre autre le quartier Mile-End.  Cette circonscription n'existe plus aujourd'hui mais cela correspondait grosso modo à la partie Ouest de l'actuel comté de Mercier, sur la scène provinciale.

 

Fred Rose n'était évidemment pas un "Lord".  Pire, il était communiste.  Ce qui se passa alors pour Fred Rose est clairement sans commune mesure avec le traitement reçu jusqu'ici par Conrad Black.

 

Le cas de Fred Rose : aux antipodes!
 

Lorsque Fred Rose fut arrêté en 1946, cela n'avait strictement rien à voir avec des questions de fraudes, comme cela est actuellement le cas avec Conrad Black.  Fred Rose était plutôt accusé d'avoir été à la tête d'un réseau d'espionnage qui aurait fonctionné au profit de l'URSS, durant la 2e guerre mondiale, laquelle venait juste de finir.  Les accusations découlaient d'une défection qui venait juste d'avoir lieu à l'ambassade de l'URSS, à Ottawa, et étaient, pour l'essentiel centrées autour de démarches soit disant prises pendant toutes ces années de guerre pour obtenir des renseignements sur un certain nombre de recherches d'ordre militaire, lesquelles recherches auraient été effectuées à Montréal et portaient notamment sur des explosifs.  Mentionnons d'entrée de jeu que cela n'avait strictement rien à voir avec le projet pour une bombe atomique.

 

Les allégations étaient-elles fondées ou pas?  Fred Rose avait-il utilisé sa position de député et de leader au sein du Parti communiste pour agir en même temps comme espion pour le compte de l'URSS ?  Encore aujourd'hui, il est difficile de porter un jugement sur le sujet même si cela demeure toujours possible.  Ce qui est cependant très clairement établi, c'est que les fameuses informations qui auraient été transmises à l'URSS, n'avaient pas vraiment de portée stratégique et que le Canada et l'URSS étaient de toute manière des pays alliés au moment des faits allégués.  On ne pouvait donc pas vraiment parler de "collusion avec l'ennemi".  Pour vaincre les forces fascistes, une très large alliance avait été bâti à l'échelle internationale et il n'était que normal que toutes ces forces collaborent entre elles.

 

Quoiqu'il en soit, tout cela n'avait pas vraiment d'importance au moment où le procès contre Fred Rose eut lieu.  On était bien au dessus de telles considérations.  On était au tout début de la guerre froide (cette affaire contribua en fait à lancer la guerre froide, en Amérique comme en Europe) et tous les moyens étaient bons pour justifier la chasse aux nouveaux ennemis : les communistes.  La justice -- la vraie -- n'avait finalement rien à voir avec ce qui se passait alors.

 

Fred Rose est donc rapidement amené devant une cour de justice et condamné lors d'un procès qui sera plus tard largement contesté.  Comparativement au procès de Conrad Black, où ce dernier eut tout le loisir de se défendre et continue, du reste encore aujourd'hui, à se tirer relativement bien d'affaires, toutes proportions gardées, c'est bien différent.

 

Pendant six ans, Fred Rose croupira ensuite en prison.  Mais ce n'est pas la fin de l'histoire.  Ne pouvant en effet se trouver de travail, au sortir de la prison, et ne voulant pas vraiment nuire au Parti communiste, à cause du climat de chasses aux sorcières, plus intolérant que jamais, Fred Rose décide alors de retourner en Pologne, là où il est né.  Il quitte donc le Canada mais jamais, le gouvernement ne voudra pas la suite qu'il y remette à nouveau les pieds. Même pour aller visiter ses petits enfants ! Même défait et vieillissant, il demeurait encore une "menace très sérieuse à la sécurité de l'État".  Il meurt finalement paisiblement, à Varsovie, au début des années 80.  Questionné juste avant de mourir à savoir s'il avait des regrets par rapport aux gestes posés dans sa vie de militant communiste, sa réponse fut courte et simple : non.

 

On nous dira ensuite que la justice avec un grand J existe malgré tout, sauf que...

 

                          

Publié par oktobre7 à 02:45:00 dans Le libraire inconnu | Commentaires (3) |

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