Bonjour chères lectrices et chers lecteurs,
j'ai voulu créer une page pour me défouler, écrire ce qu'il se passe ici bas, dans le monde merveilleux des éternels étudiants endettés, avec un boulot peu rénuméré malgré les aptitudes et les diplômes acquis. Les amoureux de la lecture, plus particulièrement les maniaques de livres dont on ne parle pas beaucoup s'y retrouveront. Comme j'aime aussi les cultures métal et punk, c'est certain que je vais écrire quelques lignes là-dessus.
Et puis moi... je suis désormais un ex-libraire, viré pour avoir exprimé son opinion sur son employeur, Renaud-Bray, malgré mes neuf ans d'ancienneté. Je suis dans la trentaine, ma formation est en histoire et en science politique. Pas d'enfant, pas riche, pas d'auto, pas de REER, pas de télé câblée, pas de colocataire et pas d'animaux. Mais beaucoup de livres et de disques.
J'espère que ce site va vous plaire. Bonne lecture!
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J'ai posé cette question, sur le site connu, la semaine dernière. Bien sûr, c'étais le 1er novembre :
Que pensez-vous de René Lévesque, vingt ans après son décès? Avez-vous des souvenirs de lui, ou encore quelle image vous avez de cet homme?
Voici les réponses que j'ai obtenu :
« J'ai une affection pour lui qui remonte à mon enfance, avec des parents péquistes dans les années 70. Mais j'ai commencé à militer quand il a pris son virage à droite au début des années 80. Il vaut quand même dix fois Marois, Charest et Dumont réunis. » Benoît
« L'image mental que j'ai c'est la plaque de nos automobiles avec le slogan : Je me souviens dessus... Drôle d'association hein? » Tyna
« Si j'comprends bien, ce sera à la prochaine fois !!!! Snif snif!!! Je l'oublierai jamais même si j'étais encore toute petite ! » Judyth
« Je pense que j'avais 10 ans quand il est mort mais que "je me souviens" quand même très bien de lui... Ma mère l'admirait beaucoup pour sa politique mais ne manquait pas de souligner ses défauts humains... Comme plusieurs ne peuvent s'empêcher de faire. » Julie A.
« Il m'a beaucoup inspiré, sur la droiture et sur l'engagement que l'on pouvait avoir pour les siens. J'étais très jeune quand il était Premier ministre, il accompagne également beaucoup de souvenirs de jeunesse. » Alain

Je n'aurai jamais les mots justes et nécessaires, pour exprimer mon désarroi devant un drame comme celui de Tuusula, en Finlande. Comment peut-on en arriver là, à dix-huit ans, se munir d'un arme, annoncer son massacre sur Youtube et finalement poser ce geste terrible, l'assassinat de sept jeunes garçons et filles et d'une professeure, avant de retourner l'arme contre soi-même? La Finlande, c'est si loin de l'Amérique du Nord et sa passion maladive pour les armes. Pour moi, c'est un lieu de paix, ou les gens sont encouragés très tôt à faire de la musique et s'exprimer dans les arts. Je m'intéresse pas autant que je le voudrais bien à ce pays, comme mon ami Éric, qui a appris le finnois, mais on dirais que ça m'a touché dans cet histoire dramatique. Ça ne devait pas arriver là, jamais. Comme ailleurs.
Message d'intérêt public
Publié par oktobre7 à 03:28:15 dans Le libraire inconnu | Commentaires (0) | Permaliens
C'est hier soir que je me suis finalement déplacé au cinéma Paramount, pour me payer cette sensation rare de se tenir crispé à son siège. Je ne voulais pas être pris au dépourvu, comme lors de la sortie de 28 Weeks Later, déjà paru en format DVD. J'avais déjà indiqué que je voulais aller voir ce film d'horreur, 30 Days of Night, inspiré par une BD qu'on m'avait prêté le mois dernier. Je n'ai pas été déçu, loin de là. Bien que le scénario nous a fait grâce de plusieurs éléments de l'histoire afin d'alléger le tout, le travail a fait preuve d'une bonne représentation de la bande dessinée sur la forme. Cette variante sur le thème des vampires nous a donc paru plutôt originale, à moi et à mon amie Judyth. Malgré les critiques mitigées, pour un film qui sans doute ne refera pas le genre, nous avons été d'accord pour dire que nos dollars ont été investis pour ce que nous désirions, soit plusieurs frissons. N'est-ce pas le but du genre, outre le fait qu'il contribue à enrichir ses artisans?
Le synopsis de ce film a amené les vampires en Alaska, à Barrow pour être précis, la ville la plus au nord des États-Unis, où la population est saisonnière et dépend de l'industrie pétrolière. À cet endroit, durant l'année, la nuit dure trente jours... Il n'en fallait pas plus pour qu'une colonie de suceurs de sang, probablement les plus laids que l'ont ait vu depuis le Nosferatu, personnifié par l'acteur Max Schreck, se pointent dans la toundra. Comme si leur laideur ne suffisait pas, ces vampires voyageurs, insensibles au froid, agissent de façon brutale et barbare, sous l'égide d'un chef dénué de toute sensibilité. On est très loin du raffinement des personnages d'Anne Rice ou de Poppy Z. Bryte. Pour eux, un village aussi isolé et où le soleil est absent si longtemps signifie pour eux un buffet libre-service...
Après quelques indices laissant planer la menace, derrière les agissements d'un marginal arrivé on ne sait comment, c'est sur les épaules du shérif local, en pleine séparation. Devant cette épouvantable épreuve, révélée sous la forme d'un horrible massacre des habitants de Barrow, le policier Eben devra faire preuve d'abnégation en faisant équipe avec son ex-femme Stella, autant d'un sang-froid lui permettant de surmonter une abomination auquelle personne ne peut prétendre affronter sans y laisser une part de son humanité. Accompagnés de quelques survivants, ils vont tenter de passer les jours avant le retour du soleil, en se cachant du mieux qu'il peuvent, sans électricité, sans chauffage et sans moyens de communication avec l'extérieur.
À mon avis, on a repoussé quelques limites dans ce film, surtout sur les images du massacre commis par les vampires, de même que la façon dont les humains se débarrassent d'eux. Dans cette variante, les vampires, pourvus d'une très grande force physique, peuvent être tués par décapitation. C'est pourquoi quelques-uns se feront faire sauter la tête à coup de fusil ou de hache, selon les circonstances. Pour les sensibles qui se risquent à aller voir ces images, certaines pourraient vous troubler un peu. La scène dans le magasin général, en particulier, je n'en raconte pas plus. De plus, l'hémoglobine est très visible sur la neige blanche, on n'a pas lésiné sur le sang de théâtre...
Pour les amateurs du genre, ainsi que les fans de la BD, je ne peux que vous conseiller ce film, pendant qu'il est encore en salle. Malgré bien des défauts, on est quitte pour en parler le restant de la soirée au Foufounes électriques ou ailleurs, devant une petite bière, comme je l'ai fait...

J'ai été surpris de l'utilisation qu'a fait l'ADQ de la très faible participation électorale aux élections scolaires. Sensiblement en baisse dans les sondages, avec des difficultés à défendre quelque chose de précis à l'Assemblée nationale, les unionistes-créditistes de Mario Dumont se devaient de faire un coup d'éclat. Comme je l'évoquais dimanche dernier, je pensais bien qu'un d'entre eux aurait une réaction, mais j'avoue que je ne m'attendais pas à ce que ce soit le « cheuf » lui-même, très sûr de lui-même, qui fonce bille en tête et déclare qu'il fera en sorte que le gouvernement tombe sur cette question, suite à une motion de censure de son parti. À mon avis, s'il s'agit là d'un exemple du flair politique de Dumont, je crois qu'il s'est émoussé quelque part. Comme le soulignais le libéral Jean-Marc Fournier, en chambre, voilà l'ADQ et Dumont qui crient au scandale pour des élections scolaires qui auraient coûtés 17 millions de dollars, mais feraient en sorte de retourner en élections en décembre, pour plus de 70 millions. Chercher l'erreur...
Mario Dumont est-il si pressé de devenir premier ministre, à la tête d'un parti aux coffre désormais garnis, dont certains électeurs traditionnels du PLQ lui donnaient sa chance, au point où il prétendrait former le gouvernement? On peut voir ainsi de quelle façon ce vieux politiciens en a assez d'attendre, il s'imagine déjà au pouvoir, sur le coup de l'émotion de l'électorat devenu soudainement hargneux et pressé d'en finir avec les commissions scolaires. D'ailleurs, on ne sait pas toujours très bien quel est le projet qu'ont en tête les adéquistes, mais il me semble que la priorité n'est pas tant de se débarrasser d'une structure soi-disant sclérosée et inefficace, mais surtout de mettre au pas l'éducation au profit de certaines orientation issues directement du milieu des affaires... et c'est bien ça qui m'inquiète. Je lisais encore les commentaires de ceux dont le projet ultime, suite à l'abolition des commissions scolaires, est de désyndicaliser la majorité des enseignants, ces « beatniks pouilleux qui font de nos enfant des gauchistes et des écologistes analphabètes et blablabla »... Ça serait prometteur, une élection sur ce thème! L'ADQ devrait demander à l'autre illuminé qui enseigne à l'Université Laval, Réjean Breton, dont je me demande ce qu'il fait là, de devenir candidat de l'ADQ. Ça serait déjà plus pittoresque que Jean-Pierre Plante ou Christian Raymond, les deux autres candidats que Dumont a viré durant les dernières élections!
Vous aimez les chats?
Vous allez peut être reconnaître le ou les vôtre(s), dans cette animation très rigolote, dont je dois la découverte à mon ami Luc. Comme lui-même est pourvu du célèbre Titigre, un matou dont je ne voudrais même pas si on me payait pour le garder, tant c'est un chat fatigant avec ses miaulements incessant, il y a de quoi sourire...
Publié par oktobre7 à 03:55:34 dans Le libraire inconnu | Commentaires (0) | Permaliens
J'ai retrouvé l'excellent documentaire The War Game, réalisé en 1965 par le cinéaste britannique Peter Watkins. Ce documentaire devait être diffusé par la BBC, mais les autorités du pays, jugeant contraire aux orientations militaires, l'ont interdit de difusion. Voici ce qu'on retrouve à propos de cette controverse, sur le site de Wikipedia :
« La BBC lui commandant un documentaire sur les effets du nucléaire, Watkins réalise La Bombe (The War Game), où il filme, dans le style des actualités et en s'appuyant sur des documents filmés à Hiroshima et Nagasaki, le déclenchement d'une guerre entre l'OTAN et l'URSS, une attaque atomique de cette dernière sur le Kent et ses conséquences désastreuses : le massacre de milliers de personnes, le sacrifice des civils par l'État, la lutte pour survivre, le parti-pris gouvernemental des médias.
Les acteurs sont recrutés via des réunions publiques dans le Kent, et le tournage a lieu pour l'essentiel dans des barraquements militaires abandonnés à Douvres. Watkins veut de nouveau impliquer des « gens ordinaires » dans une recherche sur leur propre histoire, à cette différence que La Bombe fait référence à des évènements pressentis comme imminents à l'époque, mais qui n'eurent pas lieu. L'un des objectifs est de parler et faire parler des effets du nucléaire et de la course aux armements, qui, en dépit d'un mouvement de protestation contre la politique britannique de l'époque (la Grande-Bretagne, dirigée par Harold Wilson, développe son programme d'armement nucléaire), ne sont que très peu abordés par les médias contemporains.
La BBC apprécie modérément, le film est débattu au Parlement et au sein du gouvernement, et la chaîne justifie finalement sur des critères de qualité son interdiction du film.
Ce dernier recevra pourtant en 1967 le prix de Meilleur Film Documentaire (le fait est rare pour une fiction...) en Grande-Bretagne. Watkins démissionne de la BBC lorsqu'il découvre que l'interdiction fait suite à des pressions du gouvernement britannique. »
Il a fallu plus d'une vingtaine d'année, avant que les Britanniques puissent voir ce documentaire à la télévision. Entre temps, aux États-Unis, le même film avait obtenu l'Oscar du meilleur documentaire et avait même été diffusé sur les grands écrans...
Je vous invite donc à regarder ce documentaire, que j'ai enfin retrouvé dans sa version intégrale. La durée du film est de 48 minutes, ce n'est donc pas trop long, à moins que vous soyez au travail...
(Si le lien ne marche pas, cliquez ici)
Pourquoi ce documentaire m'a marqué? Vous en jugerez par vous même. La première fois que j'ai eu vent de ce film, c'est par le biais du groupe punk Discharge. Celui-ci avait intégré un extrait sonore du film entre deux pièces, sur l'album Hear Nothing, See Nothing, Say Nothing. L'une d'entre elles s'intitule A Hell on Earth...

Dans le contexte des sérieux troubles secouant le Pakistan, un pays détenant la bombe nucléaire, de même que les menaces que font planer la Turquie sur le Kurdistan irakien, il n'est peut-être pas vain de brandir à nouveau la crainte de voir la situation géopolitique dégénérer rapidement, comme l'exprime le film.
Publié par oktobre7 à 06:06:46 dans Le subversif | Commentaires (0) | Permaliens
..mais sans doute, encore une fois, le scrutin des élections scolaires va franchir encore une fois un record d'absentéisme. Même ici à Montréal, où les résultats faisaient en sorte que des enjeux cruciaux, notamment sur le contenu de certains programmes, amenaient des débats qui duraient des semaines. Il a n'y a pas si longtemps de cela, à peine une dizaine d'années. Maintenant, c'est l'indifférence.
Pas pour moi. J'ai dévié de la trajectoire de ma promenade aujourd'hui, spécialement pour aller voter. Évidemment, ça ne se bousculait pas dans le gymnase de l'école Chomedey-de Maisonneuve, sur la rue Létourneux, pas loin d'ici. J'ai eu le choix entre deux candidats, celui du MÉMO (Mouvement pour une école moderne et ouverte) et un candidat indépendant. J'ai voté pour le candidat du MÉMO, étant donné qu'il s'agit d'un parti défendant des intérêts dont je suis sensibles. Dans le contexte de la lente subordination exclusive de l'éducation aux intérêts du marché du travail, on a intérêt à garder un œil ouvert sur les commissaires. Si on ne veut pas se ramasser avec soit un système d'éducation où on va sacrifier la formation générale à des cheminements bâtis sur mesure pour les employeurs, la surveillance est de mise.
Quelle sera la prochaine déclaration de l'adéquiste chargé de critiquer le gouvernement sur l'éducation? Va-t-il poursuivre la même charge contre l'existence des commission scolaire, comme durant la dernière campagne électorale? Ou nous aurons encore une fois un bel exemple du côté girouette de ce parti et de son chef? S'il se ramène devant les caméras avec son abolition, il faut être attentif, car l'idée vient tout droit de l'Institut de la Vérité divine et révélée de l'économie triomphante (IEDM). En dehors du prétendu allègement de structure, cette solution cache derrière elle la subordination des institutions scolaires à des conseils d'administrations, dont les responsabilités seront soustraites à l'influence du public. Durant les élections, Dumont s'était avancé, pour vouloir confier la gestion des écoles aux municipalités. Imaginez comment ressembleront les écoles, déjà en manque de subsides, si elles deviennent dépendantes de la situation financière de chacun des villes. On verra très bien la différence de l'éducation, selon la richesse de la ville. Nul doute que ce ne sera pas pareil... Belle façon de conserver les mêmes chances pour tous! Mais on le sait bien, nous avons tous les mêmes capacités de réussir à la naissance, nous disent les faiseux d'idées de l'IEDM...
Pendant que j'écris ces lignes, l'émission de Gérard D. Laflaque a illustré le chef de l'Union nationale créditiste, Mario Dumont, déguisé dans un Dunkin's Donuts, en train de prendre ses idées à travers le chialâge des vieux. On le voit mal grimé, avec des lunettes, un faux nez et une grosse moustache. À la table voisine, on retrouve Stephen Harper faire de même, déguisé de la même manière... J'adore cette émission!
Ça me disait bien d'en rajouter une tranche sur cet insignifiant personnage, qui sert de ministre des affaires étrangères au gouvernement canadien. Déjà, on peut s'en rendre compte, suite à l'aventure des Jos Louis en Afghanistan, les chaussures sont un peu grandes, pour le fendant beauceron. Sa nomination semblerait faire l'affaire des milieux d'affaires de l'Ontario, qui ont un côté plus pragmatique que Bernier pouvait assumer, quand il était ministre de l'industrie et du commerce. Il se trouve que Bernier, néo-libéral plus que la raison lui demandait, s'est mis en tête de tout déréglementer dans certains secteurs sensibles, persuadés que la « main invisible » et la liberté totale du marché allaient amener le meilleur pour les entreprises. Las! À Bay Street, de toute évidence, on ne partageait pas la même candeur du ministre. Sa déréglementation du tarifs des télécommunications sans fil n'a pas été apprécié, c'est le secteur lui-même qui tenait à l'imposition des tarifs minimums. Aussi, on l'a perçu pour ce qu'il est, un autre détenteur de la vérité révélée. Ben oui, le ministre beauceron a été, avant de se lancer dans la politique active, le numéro 2 de...l'IEDM.
J'en ai lu de ses textes, bien avant son saut au Parti conservateur, pour savoir quel genre d'individu sinistre nous avions à avoir comme ministre. Imaginez ma déconvenue, le soir où j'ai appris qu'il avait été élu par la plus forte majorité du Canada. Je savais la Beauce un tantinet conservatrice et soumise aux diktats de ses élites d'affaires, Placide Poulin en tête. De là à voter pour un intégriste du marché libre, simplement parce que le père a été lui-même député conservateur durant l'ère Mulroney, la marche a été franchie vite fait. Mais peut-être voyons-nous là une révélation de l'homme devant ses électeurs, qui je l'espère se demandent quel genre de type ils ont donné un mandat aussi fort. Car c'est à ne point douter, l'attribution de ce ministère à un type qui semble avoir mis tout son savoir en économie, mais bien peu dans sa culture générale (il faut l'avoir entendu confondre le nom de l'actuel président iranien avec celui de son prédécesseur...d'oh!) est un cadeau empoisonné. Je doute fort de voir ce type persister dans ce poste, surtout si le but premier est de faire avaler à la population québécoise l'importance de maintenir des troupes en Afghanistan. Vaste besogne! Pour l'intégriste du marché qu'il est, je me demande bien s'il aime toujours son boulot, à Ottawa... à sa place, je me préparerait pour une carrière aussi édifiante de lobbyiste, ou encore de siégeant à des conseils d'administration, où il pourra impressionner la galerie avec sa fidélité à l'orthodoxie idéologique envers le libre-marché... et n'avoir aucun sentiment en acceptant des mise à pied spectaculaire, pour le plus grand bonheur des actionnaires.
Ouais, je ne l'aime pas ce Bernier.
Pour illustrer mon appréhension envers ce genre d'individu, j'ai retrouvé un extrait du « Fric Show », où apparaît Bernier, dans son rôle de gardien de la foi à l'IEDM, défendre les compagnie pétrolières, devant les arguments de Léo-Paul Lauzon. Vous savez pourquoi l'essence est si chère? C'est de la faute à la gauche et aux écologistes! Il le dit texto!
Publié par oktobre7 à 03:03:15 dans Le libraire inconnu | Commentaires (2) | Permaliens
Le 1er novembre 1987 nous quittait l'ancien premier ministre René Lévesque, emporté subitement par un infarctus, si je me rappelle bien. J'étais à ma première année de CEGEP, à Lévis-Lauzon. J'avais 17 ans. La nouvelle avait tombé durant le Téléjournal, le soir. Lévesque n'a pas survécu à l'attaque. Le Québec venait de perdre un grand homme, un géant, malgré sa petite taille physique.

Malgré que je ne suis pas du genre à conserver uniquement une image idyllique des gens, surtout de ceux que j'admire, en reconnaissant volontiers leurs défauts et leurs faiblesses, il m'est encore difficile de ne pas voir René Lévesque comme un mortel ordinaire. J'étais de ceux qui trouvaient la statue grandeur nature qu'on lui avait érigé, sur le terrain de l'Assemblée nationale, placée sans socle, ne rendait pas justice à l'homme. Elle est maintenant à New-Carlisle, son village natal, remplacée à Québec par une statue plus imposante. Mais comme on le soulignait encore cette semaine, c'est bien la dernière chose que Lévesque se serait soucié de son vivant. L'humilité de l'homme lui allait comme une seconde nature.
À ses funérailles, on avait diffusé les images du reportage en direct sur les moniteurs du CEGEP. Il fallait entendre les nombreuses fois que la population, entourant la basilique à Québec, entonner « Mon cher René, c'est à ton tour... », retentir dans le bâtiment. J'ai manqué une heure de mon cours, pour regarder la célébration. Mon père, sergent de la SQ à cette époque, était des agents posté à l'entrée de l'église pleine à craquer. Il m'a raconté les scènes déchirantes, des anciens ministres pleurer à chaudes larmes, des adversaires sincèrement émus, de simples admirateurs anéantis par cette perte si soudaine. C'est peut-être ce vide qu'il a laissé, une cause qui n'a pas encore abouti, qui a amené sa stature à avoir autant d'importance, pour autant parler de lui après vingt ans.
On l'a beaucoup évoqué la mémoire de l'ancien premier ministre, ces derniers temps. Certains à l'ADQ ont prétendu, dans la foulée de l'ancien maire de Lévis Jean Garon, que Lévesque se serait reconnu dans ce parti. Une belle niaiserie qu'il a dit, mon ancien maire! Plusieurs libéraux l'ont également évoqué, de même que quelques intervenants à la commission Bouchard-Taylor, pour dénoncer le projet de citoyenneté du Parti québécois. Encore une fois, on a cherché à brandir la vertu que représente encore le souvenir de Lévesque, afin de se l'approprier. Comme par automatisme, sa mémoire semble être à l'origine de tout ce qui s'est fait de bien, même ses adversaires d'autrefois n'hésitent pas à franchir la ligne. Jean Chrétien lui-même, lorsque son gouvernement a imposé la limite aux contributions financières des particuliers aux partis politiques lors des campagnes électorales, a admis s'être inspiré de la loi adoptée au Québec sous le gouvernement de René Lévesque. Ce gouvernement dont Chrétien a fait contre lui bon nombre de basses manœuvres, du temps où il était ministre sous P.E. Trudeau, à Ottawa.
Pourtant, de son vivant, Lévesque n'a pas toujours suscité l'admiration. À commencer par ses adversaires politiques, dont Trudeau lui-même, qui n'a pourtant pas hésité à aller à ses funérailles. J'ai lu, il n'y a pas si longtemps, dans la biographie de Trudeau écrite par les auteurs Clark et Stephenson, une description peu flatteuse de Lévesque, perçu comme un alcoolique à l'esprit brouillon, préférant les parties de poker aux discussions de haute voltige intellectuelle. Parmi les fédéralistes suivant la pensée de Trudeau, bon nombre d'entre eux, pas seulement des anglophones, n'ont jamais eu une once d'appréciation de Lévesque. Je ne peux les blâmer, les Trudeau, Jean Marchand, Gérard Pelletier ne suscitent guère de sympathie chez moi, même décédés. Pourtant, je ne m'abaisserai jamais comme l'ont fait Max et Nicole Nemni, dont la revue Cité Libre, la création des trois individus cités plus haut, s'employait à qualifier René Lévesque de raciste et de fasciste, tout comme le Parti québécois et l'idée de la souveraineté. Je passe sur bien d'autres qui ont craché sans discerner sur l'homme et sur son travail, pour tous les prétextes. Je retiens surtout que ces individus ont en commun d'en vouloir à Lévesque, parce qu'il représente, même après sa mort, l'accomplissement de la Révolution Tranquille. Ses pires détracteurs, ont les retrouvent dans le camp des néolibéraux près de l'IEDM, pour le développement de l'appareil d'État québécois, de même que les nostalgique de la Grande Noirceur, ceux dont l'émancipation de la nation québécoise leur semble un péché contre-nature.
De mon côté, j'ai eu la chance de connaître l'époque où Lévesque a été premier ministre, jusqu'en 1984. Mes parents l'ont aimé et l'ont apprécié, il en parlaient surtout en bien, malgré les déboires de la fin du deuxième mandat. Je n'ai pas de souvenir précis de l'élection de 1976, mais beaucoup du référendum de 1980 et de la réélection du PQ en 1981. Comme plusieurs, je demeure nostalgique, devant les images de Lévesque prononçant ses discours célèbres, cette émotion qui a réussi à transmettre à tant de gens désireux d'aller de l'avant, selon ce qu'ils sont, des Québécoises et des Québécois. Une fierté aussi, durant ces moments d'une grande intensité. On pouvait facilement se reconnaître, l'homme n'avait tellement rien du héros et tout de l'homme ordinaire, mais celui là, il nous avait amené loin en avant.
Quand on y pense, il nous a quitté prématurément. Aujourd'hui, René Lévesque aurait eu 85 ans. Certain s'imagine quels auraient été ses prises de positions, si jamais il avait voulu faire valoir son point de vue. Si on peut imaginer quelque chose il faut savoir que l'homme était avant tout un libéral, selon la définition anglo-saxonne du concept, quelqu'un aux allégeances plutôt libérale au plan économique, sans pour autant nier l'importance du rôle de l'État. Pour la référence, il aurait bien paru comme un démocrate, aux États-Unis. De son temps, la nationalisation de l'électricité et le développement des services sociaux allaient de soi. Je crois qu'il défendrait la prépondérance de l'État dans ces secteurs, pour répondre à son ex-collègue Claude Castonguay, qui s'est vendu aux compagnies d'assurances, pour nous concocter un système de santé à deux vitesses. Remarquez, c'est à nous de défendre ces acquis, dont bien des pays nous envient, après qu'ils aient eux-même bradé leurs systèmes sociaux aux sacro-saintes lois du marché, pour le bonheur de quelques-uns seulement...
Il est bon de relire une autobiographie comme « Attendez que je me rappelle... », paru en 1986. Lévesque nous en apprend beaucoup, avec une qualité d'écriture qu'il a conservé de ses années de journalisme. Il faut le relire, pour se rappeler ces combats contre les chantres de la Grande noirceur, ceux qui relèvent la tête aujourd'hui, pour nous ramener à une époque révolue, le catholicisme en moins mais l'égoïsme en plus. Avec autant de performance de politicailleurs pitoyables, je ne peut que penser à ces paroles des Cowboys Fringants :
Ta cigarette au bec
Du haut du firmament
Tu dois r'garder l'Québec
Pis t'dire que c'est ben décevant
Quand tu vois les pas bons
Et tous les p'tits carriéristes
Qui s'présentent aux élections
Comme des vrais opportunistes
Mais loin de moi, René
L'envie d'en beurrer épais
Ou de trop te glorifier
Le monde l'a déjà assez fait
Mais c'est quand même un peu dommage
De voir que de ton héritage
Il reste juste ma p'tite chanson
Pis un boulvard à ton nom
Quand je r'garde ma contrée
Perdue et à l'abandon
Sans projet d'société
Et m'née par des pauvres pions
Champions de la langue de bois
Et du politicaly correct
'Me semble que c'pas ça
Qu'tu voulais pour le Québec
À part de ça mon Ti-Poil
La vie es tu moins plate au ciel ?
Parce qu'ici les temps sont un p'tit peu sombres
J'te dis ça d'même mais r'vire toi pas dans ta tombe
Toi qui étais au coeur
De cette grande révolution
Qui a mis l'Québec à l'heure
De toutes les modernisations
Tu dois être franchement déçu
De voir qu'on retourne en arrière
Vous qui vous étiez battus
Pour qu'on soit maîtres de nos affaires
Pour c'qui est d'la souveraineté
On peut pas dire que c'est la fièvre
Le projet s'est mal renouvelé
Et on en parle du bout des lèvres
Mais quoique qu'à voir les extrémistes
Qui se réclament Patriotes
Avec leur discours passéiste
J'me dis qu'on est loin du jack-pot
Si on r'garde ça René
Les enjeux ont bien changé
Et les jeunes se conscientisent
Faudrait écouter ce qu'ils disent
Et que pour bâtir un pays
Faudrait pas oublier d'inclure
Les citoyens des autres ethnies
Et leur culture
À part de ça mon Ti-Poil
La vie es tu moins plate au ciel ?
Parce qu'ici les temps sont un p'tit peu sombres
J'te dis ça d'même mais r'vire toi pas dans ta tombe
Pour moi l'projet idéal
S'rait d'garder les droits acquis
Et les bases fondamentales
De la sociale-démocratie
Tout en restant vigilants
Face aux courants mondialistes
Mais bien sûr sans pour autant
Devenir anti-capitalistes
Moi j'verrais un pays
Qui ferait un compromis
Entre les mots écologie
Justice et économie
Parce que bien avant ma Patrie
Et toutes les politicailleries
J'prône les causes humanitaires
Et j'suis amoureux de la terre
Alors j'sais pas c'que t'en penses
Mais pour moi ça a ben du sens
De faire quecqu'chose de rassembleur
Qui f'rait d'nous des innovateurs
Une société plus équitable
Où l'développement serait durable
Et là c'est sûr que j'cocherais " oui "
Pour un pays...
Facque d'ici-là j'prends c'qui m'reste
De ma fierté de Québecois
Et j'te dis, René: " à la prochaine fois ! "
Et j'nous dis: " à la prochaine fois ! "
Publié par oktobre7 à 02:09:12 dans Le subversif | Commentaires (0) | Permaliens
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