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Le Subversif

Les joies et colères de la vie de libraire

Oktobre, le joyeux libraire

Bonjour chères lectrices et chers lecteurs,



j'ai voulu créer une page pour me défouler, écrire ce qu'il se passe ici bas, dans le monde merveilleux des éternels étudiants endettés, avec un boulot peu rénuméré malgré les aptitudes et les diplômes acquis. Les amoureux de la lecture, plus particulièrement les maniaques de livres dont on ne parle pas beaucoup s'y retrouveront. Comme j'aime aussi les cultures métal et punk, c'est certain que je vais écrire quelques lignes là-dessus. 




Et puis moi... je suis désormais un ex-libraire, viré pour avoir exprimé son opinion sur son employeur, Renaud-Bray, malgré mes neuf ans d'ancienneté. Je suis dans la trentaine, ma formation est en histoire et en science politique. Pas d'enfant, pas riche, pas d'auto, pas de REER, pas de télé câblée, pas de colocataire et pas d'animaux. Mais beaucoup de livres et de disques.




J'espère que ce site va vous plaire. Bonne lecture!

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L’OMC dans l’impasse? Tant mieux! | 31 juillet 2008

On a assisté de nos salons à un bien triste spectacle, soit celui de la fin des négociations sur la libéralisation totale du commerce international, dans le cadre de l'Organisation mondiale du Commerce. En fait, il a été plutôt réjouissant d'apprendre la fin lamentable de ces  pourparlers, surtout quand les représentants des pays émergents comme l'Inde ou le Brésil n'ont pas été dupes de la mauvaise foi évidente des négociateurs occidentaux. Il fallait voir le ministre du commerce Michael Fortier, quand il est sorti de la grande salle de réunion, en prenant un air affecté, soucieux de la malchance guettant les pays pauvres et de l'ingratitude des pays riches.

 

La déclaration la plus étonnante (et aussi la plus hypocrite) est venue des Occidentaux, lorsqu'ils ont affirmées que ce sont les pays pauvres qui vont écoper de cette impasse. Au contraire, ces négociations ont eu pour but de faire tomber les barrières tarifaires des pays les plus pauvres, dans un contexte où il est évident que le rapport de force ne les avantageait pas. Les négociateurs américains et européens ont tenté d'ouvrir le marché alimentaire de ces pays, sans pour autant s'engager à s'ajuster devant un tel déséquilibre. L'ajustement en question est la fin des subventions accordées aux agriculteurs des pays riches, de façon à garder leur production à prix compétitif, devant les productions étrangères. Comme il semblerait qu'aucun gouvernement ne tient à laisser tomber cette pratique, pour des raisons aussi plates que le soutien électoral dans certaines régions, les producteurs agricoles pourront souffler en attendant une éventuelle reprise de ces négociations.

 

André Presse de la Pratte, toujours aussi rapide pour évoquer le saint dogme de la libéralisation, a qualifié de « mesure dépassée et archaïque », cette pratique des subventions, sans pourtant se justifier sur le besoin de cette politique. Il a pourtant omis d'évoquer le fond du problème, plus gênant à traiter, de la part d'un ardent défenseur du marché. Le problème ne vient pas de la frilosité des représentants des pays pauvres, ni de celle des producteurs agricoles du Nord. En fait, c'est que la libéralisation des marchés se heurte à un obstacle de taille, quand les États-Unis et les pays européens pratiquent un libre-échange à sens unique. Tant que ce sont les pays plus pauvres qui abaissent leurs barrières tarifaires, les partisans du libre-échange exultent, mais ils ne sont pas très empressés de commenter les tarifications spéciales et les embargos des riches. On a eu de nombreux exemples, avec cette fumisterie qu'est l'ALENA. Combien de fois des clauses spéciales et des règles se sont appliquées sur les produits d'importation canadiens, pour satisfaire tel ou tel lobby à Washington? Libre-échangistes, les riches? Bien sûr, mais seulement quand ça fait leur affaire...

 

Si les subventions agricoles devaient être abolies au Canada et au Québec, selon le désir de M. Presse de la Pratte, nous pourrions voir disparaître bon nombre d'entreprises familiales et de petites productions, avalées par les grandes entreprises agricoles ou encore s'effacer devant la loi impitoyable du marché. Sans doute nous verrions s'effondrer le secteur des produits artisanaux, tels que les producteurs locaux de fromage, de sirop d'érable, de viande d'élevage alternatif et autres produits du terroir. Dans un contexte de libre-marché, les coûts de production auraient rapidement le dessus sur la demande des consommateurs. Les subventions permettent la survie de ces productions locales, dont nous profitons en tant que consommateurs. Je ne vois pas trop en quoi elles sont dépassées, à moins que M. Presse de la Pratte préfère voir les régions se soumettre à quelques industries spécialisées, comme la production porcine, au risque de connaître les mêmes soubresauts des cinq dernières années. Peut être qu'il a la mémoire courte, l'éditorialiste : c'est justement le manque de diversité des industries régionales qui sont à la base de la fragilité économique de ces mêmes régions.

 

En terminant ce texte, je me suis souvenu avec nostalgie des précédentes rencontres, presque toujours accompagnées de grandes manifestations altermondialiste. Cette fois-ci, on n'en a pas entendu parler du tout. Peut être qu'il ne s'est rien passé, ou encore les manifs n'étaient que symboliques, ou encore on  eu droit à un black-out médiatique... et puis peut être que la lutte contre la mondialisation néolibérale a été remportée, quand nous voyons tout ce beau monde cravaté se déchirer entre politiciens pragmatiques et gardiens du dogme du marché. Dans ce contexte, aussi bien laisser les projecteurs sur leurs disputes sémantiques, plutôt que se faire passer pour des émeutiers...

 

Publié par oktobre7 à 17:18:34 dans Le subversif | Commentaires (0) |

The Beautiful People | 28 juillet 2008

Sur Antichrist Superstar, paru en 1996, Marilyn Manson a inclus une chanson intitulée « The Beautiful People » :

 

 

 

Les paroles :

And I don't want you and I don't need you
Don't bother to resist, or I'll beat you
It's not your fault that you're always wrong
The weak ones are there to justify the strong
 The beautiful people, the beautiful people
It's all relative to the size of your steeple
You can't see the forest for the trees
You can't smell your own shit on your knees
 There's no time to discriminate,
Hate every motherfucker
That's in your way
 Hey you, what do you see?
Something beautiful, something free?
Hey you, why you trying to be mean?
You live with apes man, it's hard to be clean
 The worms will live in every host
It's hard to pick which one they eat most
 The horrible people, the horrible people
It's as anatomic as the size of your steeple
Capitalism has made it this way,
Old-fashioned fascism will take it away
 Hey you, what do you see?
Something beautiful, something free?
Hey you, why you trying to be mean?
You live with apes man, it's hard to be clean
 There's no time to discriminate,
Hate every motherfucker
That's in your way
 Hate! [x8]
 

Je ne pouvais imaginer qu'un jour, on prendrait Marilyn Manson au mot et qu'on justifierait ce qu'il a appelé le « fascisme de la beauté ». Dans le journal La Presse de vendredi, un article a traité de l'implantation récente des services du site beautifulpeople.net pour le Canada et le Québec. J'ai retrouvé le communiqué annonçant l'arrivé de ce service, destiné aux célibataires des deux ***es, dont le critère essentiel est celui de la beauté physique, selon les barèmes très précis des membres. Comme vous pourrez le constater, ce service est élitiste et a des sous-relents d'eugénisme. On suggère ainsi qu'une catégorie de gens doivent frayer entre eux et conserver ainsi cette beauté à l'intérieur du groupe.

 

En effet, comme le souligne explicitement les fondateurs, les gens de belle apparence ne doivent plus perdre leur temps avec des gens plutôt ordinaire. Ça m'a rappelé une autre chanson, « La Führer », où Mononc' Serge dénonce la pratique de sélection du public, utilisé par les producteur de « La Fureur », l'émission animée pendant plusieurs années par Véronique Cloutier :

...

Dès sept heures
Les banlieusards de Brossard
De Candiac
Débarquent tout heureux
Au studio 42
Une hôtesse 
Serait-ce Elsa la louve des SS?
Effectue le tri de la foule
Et envoie au balcon les tamouls
Les lépreux
Les grosses torches les plus moches
Tandis que plus bas
Dans le champ des caméras
Les gens
Montrables à l'écran
Se partagent le parterre
D'un côté, les belles aryennes
De l'autre, les bons aryens

...

 

Le plus cocasse de ce genre de site, c'est l'assurance des créateurs sur la superficialité de leur clientèle visée. La beauté physique est l'absolue, tant pis si les gens ne rencontrent pas vraiment l'âme sœur, au moins ils sont « entre eux », telle une aristocratie exclusive, loin de la plèbe roturière. Comme le soulignait l'auteur de l'article, pourquoi créer un site de rencontre, quand c'est surtout les gens de moins belle apparence qui ont des difficultés de rencontrer l'âme-sœur? En fait, c'est une forme extrême d'arrogance affirmée où des « beautiful people », non content d'avoir été gâté par la nature et dont souvent la réussite sociale en a été le résultat, tiennent absolument à le crier sur les toits. Déjà qu'il existe toute forme de discrimination sur l'apparence, celle-ci en rajoute et ne semble souffrir d'aucun complexe.

 

Ça doit être ça, finalement, le fascisme de la beauté...

 

Publié par oktobre7 à 22:50:32 dans Le subversif | Commentaires (0) |

Bien fait pour sa gueule! | 23 juillet 2008

Il y a de ces drames individuels qui se produisent et dont on peut se réjouir. Je pense surtout à l'arrestation de Radovan Karadzic, l'ancien leader des Serbes ultranationalistes de Bosnie, dont le mouvement a déclenché une guerre civile, suite à l'éclatement de la Yougoslavie. L'ex-psychiatre et également ex-figure de proue politique du mouvement nationaliste serbe de Bosnie se cachait depuis une douzaine d'année en Serbie, sous un faux nom et une nouvelle apparence. S'il faut en croire les médias, le gouvernement serbe savait très bien sous quelle identité Karadzic se dissimulait à Belgrade et ce sont les intérêts économiques du pays qui l'ont amené à vouloir le livrer au Tribunal pénal international (TPI). En effet, la Serbie tente de joindre l'Union européenne et depuis l'élection d'un gouvernement favorable à son adhésion, il ne fallait pas compter trop longtemps avant que Karadzic soit enfin livré à la justice. Quand même, il est dommage que ce soient  l'ambition économique qui a décidé les autorités serbe à se saisir de Karadzic, pour qu'il soit transféré devant le TPI. J'aurais préféré savoir qu'à Belgrade, on mesure enfin l'ampleur des crimes commis par Karadzic et les autres leaders serbes de Bosnie (dont le chef militaire Ratko Mladic) pour que justice soit faite. Mais quand même, c'est une bonne nouvelle de savoir qu'un criminel de guerre et contre l'humanité  puisse enfin subir un procès pour ses crimes.

 Et dans ce cas-ci...
 « Revenu Québec c'est des malades mentaux. Tu leur dois 8 $, et ils vont kidnapper tes enfants. C'est eux autres qui ont kidnappé la petite Cédrika»
 

L'histoire de Mike Ward et son gag de mauvais goût utilisant la disparition de Cédrika Provencher a fait des vagues, ces derniers jours. L'humoriste, dont le type d'humour ne m'est pas tellement familier, se spécialise dans « l'extrême ». Pour lui, il n'y a aucune limite. En retour, le voilà dans une position très inconfortable, où il est la cible de menace de mort et de harcèlement. D'une certaine manière, sans vouloir encourager en quoi que ce soit les dérapages de certains individus envers la personne de Ward, je me suis dit qu'il venait enfin de faire face à sa responsabilité en tant qu'auteur. Je ne suis pas un zélote de la rectitude politique, mais je suis encore moins favorable à cette recherche de l'absolue limite dans l'iconoclastie. Pour avoir été des opposants à Jeff Fillion et consort à Québec, je crois toujours à l'éthique en toute chose. Utiliser ainsi un cas aussi triste que la disparition d'une fillette pour un gag n'est absolument pas justifiable, peu importe la défense et les justifications de Ward et ses semblables. D'ailleurs, vous pouvez entendre celles-ci sur son vidéo du 21 juillet.

http://www.mikeward.ca/

 

Il sacre beaucoup, Mike. Je pense qu'il manque un peu de vocabulaire. Et d'autres choses, je ne sais trop quoi exactement...

 Une dernière fois, sur Sir Paul...
 

Ma mère m'a écrit ce matin, pour me dire qu'elle et mon père ont vu le show de l'ex-Beatles sur les écrans géants et qu'ils ont bien aimé. Elle me demandait pourquoi je n'ai pas écrit sur le succès du spectacle. Hé bien, je dois dire que la plupart des médias l'ont fait, je n'ai pas eu grand' chose à ajouter. Je n'y serais sûrement pas allé, si j'avais eu à être présent à Québec. Ça ne me plaît vraiment pas, c'te musique là. Ma mère a ironisé sur le fait que dans le gros village de Québec, on ne fait pas comme à la grande ville, les gens ne cassent pas tout, quand il y a une fête... et vlan dans mes dents!

Publié par oktobre7 à 18:36:01 dans Le subversif | Commentaires (0) |

En attendant le show de Sir Paul... | 20 juillet 2008

Suite à mon précédent article sur la venue de Paul McCartney, j'ai reçu les paroles modifiées par un de mes amis de sa chanson Yesterday. Éric, comme vous le constaterez, ne manque pas d'humour... vous trouverez l'originale des paroles sur ce blog :

http://www.phonono.com/papyrus/001161.html
 
Yesterday,
The Beatles brayed almost everyday
And they didn't have much to say
Oh I thought that was yesterday
 
Suddenly
I realize the anomaly
That the old sod is playing in Quebec City
Oh why not shoot the damned limey
 
Why he
Had to be on that show, I couldn't say
I think
Something's wrong, now I long for some doomsday
 
Yesterday,
I thought the Beatles ghost had faded away
Now I need a place to hide away
And go listen to “Sister Ray”
 
Why he
Had to be on the show, I won't dare say
I think
Boomers took too much drugs anyway
 
Yesterday,
I thought the Beatles ghost had faded away
Now I need a place to hide away

And go listen to “Sister Ray”

 

 

La photo de Sir Paul est celle de l'album Ram, son premier album solo, si je ne me trompe pas. L'album a été très mal reçu par la critique, à l'époque. Celle de John Lennon avec un cochon se voulait être un clin d'oeil méchant de la part de l'ex-Beatles, envers son ex-comparse...

Publié par oktobre7 à 16:40:44 dans Le subversif | Commentaires (0) |

Tout ça pour Sir Paul... | 17 juillet 2008

J'en ai lu et entendu des belles, sur le 400e anniversaire de la ville de Québec, mais celles concernant la venue de Paul McCartney ont été les plus diversifiées. Ben oui, l'ex-Beatles doit faire un show d'envergure, sur les plaines d'Abraham. La controverse n'a pas tardé : Sir Paul est un britannique, les deux autres groupes chantent en anglais, la belle affaire, pour l'anniversaire de la première ville de langue française en Amérique.  Les uns voient encore là une autre façon d'escamoter le côté historique de la fête, au profit de la « canadianisation » du 400e, les autres s'emportent contre les critiques, en devenant les plus ardents défenseurs de McCartney, devenu en un rien de temps le grand compositeur de son temps (je pensais que c'était Frank Zappa!) et pointent encore une fois les méchants Montréalais, ces affreux jaloux. Il est loin, le temps où je croyais au manque d'intérêt manifesté par les gens de Québec, tant on percevait un autre « Québec 1534-1984 », un échec financier dont ils voulaient bien se passer. Maintenant, on dirait qu'il ne fait plus critiquer ces célébrations, au risque de se faire lyncher.

 

Personnellement, je suis porté à avoir la même perception critique envers la présence de Paul McCartney. Quand je l'ai appris, j'ai trouvé ça peu imaginatif, de la part des organisateurs, voire même précipité. Le type semble être en forme, il a une très longue carrière, c'est désormais un immortel, c'est son genre de jouer sur scène, lors des gros événements... et après?

 

J'ai vu la prestation de McCartney, lors du Super Bowl, il y a deux ou trois ans de cela. C'était plate, très plate. Je ne me souviens plus si c'étais avant que Sir Paul manque de se faire laver dans son divorce et perde la moitié de sa fortune. Ma réflexion d'alors a été « Hé ben, j'pense qu'il est en train de s'en mettre de côté, au cas où... ». N'étais-ce pas lui, quelques temps auparavant et toujours marié avec sa dame, qui est venu faire le militant écolo sur la banquise, en plein dans sa lubie très « Bardot » de vouloir sauver les bébés phoques? Sa femme avait manqué de se faire mordre par un blanchon, ce dernier était stressé par les époux McCartney et leur suite. Sir Paul avait ensuite tenté de diaboliser les chasseurs de phoques, en ramenant des images de massacre vieilles de vingt cinq ans à CNN. Il avait eu un échange assez viril avec le Premier ministre terre-neuvien, Danny Williams, lequel n'a pas trop apprécié qu'il a dû jeter ses disques des Beatles au feu, tant l'artiste l'avait piqué au vif. D'ailleurs, on devrait entendre l'avis de M. Williams, sur la nouvelle venue de l'ex-Beatles...

 

Plusieurs ont rappelé que Sir Paul avait déjà composé une chanson en français, Michelle, ma belle, à mon avis pas très fameuse. Mais on ne semble pas savoir qu'il a composé quelque chose de très mauvais, dans la même langue : Où est le soleil? Voici d'ailleurs le vidéo, jugez-en par vous-même. Sir Paul a fait de grandes chansons, on peut bien lui pardonner...

 

 

On devrait lui demander de chanter cette chanson, lorsqu'il viendra sur les Plaines...

Publié par oktobre7 à 22:25:26 dans Le subversif | Commentaires (0) |

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