Bonjour chères lectrices et chers lecteurs,
j'ai voulu créer une page pour me défouler, écrire ce qu'il se passe ici bas, dans le monde merveilleux des éternels étudiants endettés, avec un boulot peu rénuméré malgré les aptitudes et les diplômes acquis. Les amoureux de la lecture, plus particulièrement les maniaques de livres dont on ne parle pas beaucoup s'y retrouveront. Comme j'aime aussi les cultures métal et punk, c'est certain que je vais écrire quelques lignes là-dessus.
Et puis moi... je suis désormais un ex-libraire, viré pour avoir exprimé son opinion sur son employeur, Renaud-Bray, malgré mes neuf ans d'ancienneté. Je suis dans la trentaine, ma formation est en histoire et en science politique. Pas d'enfant, pas riche, pas d'auto, pas de REER, pas de télé câblée, pas de colocataire et pas d'animaux. Mais beaucoup de livres et de disques.
J'espère que ce site va vous plaire. Bonne lecture!
J'ai retrouvé l'excellent documentaire The War Game, réalisé en 1965 par le cinéaste britannique Peter Watkins. Ce documentaire devait être diffusé par la BBC, mais les autorités du pays, jugeant contraire aux orientations militaires, l'ont interdit de difusion. Voici ce qu'on retrouve à propos de cette controverse, sur le site de Wikipedia :
« La BBC lui commandant un documentaire sur les effets du nucléaire, Watkins réalise La Bombe (The War Game), où il filme, dans le style des actualités et en s'appuyant sur des documents filmés à Hiroshima et Nagasaki, le déclenchement d'une guerre entre l'OTAN et l'URSS, une attaque atomique de cette dernière sur le Kent et ses conséquences désastreuses : le massacre de milliers de personnes, le sacrifice des civils par l'État, la lutte pour survivre, le parti-pris gouvernemental des médias.
Les acteurs sont recrutés via des réunions publiques dans le Kent, et le tournage a lieu pour l'essentiel dans des barraquements militaires abandonnés à Douvres. Watkins veut de nouveau impliquer des « gens ordinaires » dans une recherche sur leur propre histoire, à cette différence que La Bombe fait référence à des évènements pressentis comme imminents à l'époque, mais qui n'eurent pas lieu. L'un des objectifs est de parler et faire parler des effets du nucléaire et de la course aux armements, qui, en dépit d'un mouvement de protestation contre la politique britannique de l'époque (la Grande-Bretagne, dirigée par Harold Wilson, développe son programme d'armement nucléaire), ne sont que très peu abordés par les médias contemporains.
La BBC apprécie modérément, le film est débattu au Parlement et au sein du gouvernement, et la chaîne justifie finalement sur des critères de qualité son interdiction du film.
Ce dernier recevra pourtant en 1967 le prix de Meilleur Film Documentaire (le fait est rare pour une fiction...) en Grande-Bretagne. Watkins démissionne de la BBC lorsqu'il découvre que l'interdiction fait suite à des pressions du gouvernement britannique. »
Il a fallu plus d'une vingtaine d'année, avant que les Britanniques puissent voir ce documentaire à la télévision. Entre temps, aux États-Unis, le même film avait obtenu l'Oscar du meilleur documentaire et avait même été diffusé sur les grands écrans...
Je vous invite donc à regarder ce documentaire, que j'ai enfin retrouvé dans sa version intégrale. La durée du film est de 48 minutes, ce n'est donc pas trop long, à moins que vous soyez au travail...
(Si le lien ne marche pas, cliquez ici)
Pourquoi ce documentaire m'a marqué? Vous en jugerez par vous même. La première fois que j'ai eu vent de ce film, c'est par le biais du groupe punk Discharge. Celui-ci avait intégré un extrait sonore du film entre deux pièces, sur l'album Hear Nothing, See Nothing, Say Nothing. L'une d'entre elles s'intitule A Hell on Earth...

Dans le contexte des sérieux troubles secouant le Pakistan, un pays détenant la bombe nucléaire, de même que les menaces que font planer la Turquie sur le Kurdistan irakien, il n'est peut-être pas vain de brandir à nouveau la crainte de voir la situation géopolitique dégénérer rapidement, comme l'exprime le film.
Publié par oktobre7 à 06:06:46 dans Le subversif | Commentaires (0) | Permaliens