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Le Subversif

Les joies et colères de la vie de libraire

Oktobre, le joyeux libraire

Bonjour chères lectrices et chers lecteurs,



j'ai voulu créer une page pour me défouler, écrire ce qu'il se passe ici bas, dans le monde merveilleux des éternels étudiants endettés, avec un boulot peu rénuméré malgré les aptitudes et les diplômes acquis. Les amoureux de la lecture, plus particulièrement les maniaques de livres dont on ne parle pas beaucoup s'y retrouveront. Comme j'aime aussi les cultures métal et punk, c'est certain que je vais écrire quelques lignes là-dessus. 




Et puis moi... je suis désormais un ex-libraire, viré pour avoir exprimé son opinion sur son employeur, Renaud-Bray, malgré mes neuf ans d'ancienneté. Je suis dans la trentaine, ma formation est en histoire et en science politique. Pas d'enfant, pas riche, pas d'auto, pas de REER, pas de télé câblée, pas de colocataire et pas d'animaux. Mais beaucoup de livres et de disques.




J'espère que ce site va vous plaire. Bonne lecture!

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Stranger in a Strange Land. | 05 septembre 2007

Je n'ai pas lu le roman de Robert A. Heinlein, En terre étrangère, un classique de la science-fiction. C'est en fait le titre d'une chanson un peu oubliée d'Iron Maiden, parue sur Somewhere in Time (1987). Quand je me retrouve dans une situation où je me demande « Quessé que j'fait icitte? », c'est cette chanson qui me revient en tête.

En fait, loin de trouver négatives, mes aventures dans des endroits un peu incongrus, où je me sens tout seul dans mon genre, je profite du moment pour me faire un observateur extérieur. C'est le moyens que je trouve pour avoir du fun avec les copains, en faisant remarquer les trucs qui autrement auraient passé complètement inaperçus.

Des exemples? Vous avez peut-être lu mon papier, sur mon passage à cette présentation de Primerica, en juin. Si un jour j'ose participer à un dîner-causerie de l'Institut de la Vérité Économique Immuable et Totalitaire de Montréal (IEDM), vous imaginez bien l'histoire... Cette fin de semaine, ça m'est arrivé trois fois, en moins de douze heures.

J'ai reçu samedi la visite de Fred, le frère de Sébastien-la-grande-brute, venu avec JF faire un tous à Montréal. Ils m'avaient demandé de squatter mon salon. La veille, ils avaient assisté à la partie de l'Impact, pendant que j'étais à la pendaison de crémaillère chez Caroline, avec d'autres Renaudbréens de la succursale X, où j'en profitais pour arroser l'obtention de mon nouvel emploi. Ils m'ont retrouvé chez moi, dans mon petit paradis d'Hochelaga-Maisonneuve. Eux aussi, en arrivant, on remarqué mon charmant voisinage d'en face, dont ils venaient de prendre le stationnement de la « clientèle »... Après avoir déplacé leur voiture, on s'est installé sur la terrasse arrière, afin de se raconter nos dernières aventures. Puis nous avons planifié la soirée, soit sortir au La Tulipe, pour la soirée Pop 80. Je les ai donc accompagné, habillé un peu plus pour la circonstance. Je me suis dit que mon t-shirt marteau-faucille ne passerait pas inaperçu, j'ai donc porté quelque chose de plus neutre à la place, un maillot de football. Mais j'avais quand même une grande patch « Doom » dans le dos de ma veste, c'est bien certain, je n'allait pas sortir sans mes couleurs...

Avant d'aller à l'ancien Théâtre des Variétés, nous avons retrouvé Annick chez elle, la copine de JF. Puis nous sommes allé entendre des succès des années 80, mes années d'adolescence, afin de me rappeler cette période que j'ai vécu très directement. C,est quand même cocasse, je connais le moindre succès de ces années-là, mais ne demandez pas à quoi ressemble la musique de Justin Timberlake ou des Pussycats Dolls...

À vue de nez, peut-être que je n'étais pas le seul à ignorer le beat pop des années 2000. Lorsque nous sommes entré, je me souvenais que la seule fois où je suis venu pour le Pop 80, il y avait du monde mais pas tout à fait le même genre. D'abord, en entrant, la première chose remarquable est la disproportion des sexes, qui ressemble à celle qu'on retrouve sur le site de Réseau Contact : trois gars pour une fille. De plus, on retrouve plutôt la catégorie « jocks de banlieue venus veiller à Montréal ». De moins en moins pour nous inciter à rester, malgré que nous avons eu à payer l'entrée. Fred parle de « party de saucisses », mais je pense avoir eu le mot final, pour qu'on sorte au plus vite de d'là : « J'ai l'impression d'être au Rock'N'Roll Palace... ». La phrase qui tue. Fred et JF sont originaires de Lévis comme moi, ils ont su très vite de quoi je parlais. Surnommé « Le bar de la dernière chance », cet endroit situé sur le bord de l'autoroute 20, juste avant d'entrer dans la zone Pintendre, pourrait avoir sa soirée Pop 80, mais pas seulement la musique, car les habitués ont l'air tout droit sortis de ces années où je les ai connu de vue, à la polyvalente. Les filles avec des coupe soleil et les grands t-shirts en couleurs pastelle, les gars en loafers avec des bas blancs, les moustaches et les jeans délavés bleu pâle, tout y est. Quand on évoque la dernière chance, je vous laisse imaginer pourquoi, sans intention méchante envers les habitués de l'endroit...

Nous sommes donc entrés à notre alternative immédiate, l'Edgar
Hypertaverne, ou quelque chose du genre... l'impression que j'ai eu, en arrivant, c'est d'avoir tombé de Charybde en Scylla. Autant on était dans le temple du quétaine à La Tulipe, là c'était la branchouille qui nous attendait, surtout les branchés avec des problèmes d'alcool. La musique? La même! Aux deux endroits, on a entendu « I'm too sexy » de Right Said Fred, le mannequin britannique au One Hit Wonder. Peu après notre entrée, notre Fred s'est fait accostée par une grande fille saoule, qui m'a rappelé comment on a beau être bien mis, ça ne donne rien si on ne sait pas boire. L'ambiance était assez infernale, du grand cruising bar, ou le « Meat Market », si vous préférez l'expression. Ça n'a pas empêché Fred d'aller à la chasse (la grande fille saoule était franchement pas présentable...), tandis que JF et Annick profitaient de leur présence mutuelle. Moi, je faisait semblant d'être le chaperon, en me promettant de revenir faire mon tour, maintenant que je suis prévenu de la nature de l'endroit... Ben quoi, une fois habillé comme ce populo en place, il n'est pas dit que je pourrais attirer les regard, autrement que sur mon linge!

Le lendemain (dimanche), lorsque nous avons émergé de notre sommeil et que Fred revenait de chez sa conquête (en feu, le Fred!), on avait prévu aller au Piknik Électronik, au Parc Jean-Drapeau. Audrey, ma jeune copine photographe, m'a d'ailleurs appelé pour me demander si j'y allait. Nous avons donc convergé là-bas, afin de profiter d'un bel après-midi d'été de septembre, en sachant qu'il n'en restait pas tellement devant nous.

Fred et sa conquête partis des promener de leur bord, le grand JF et Annick également, je me suis retrouvé avec Audrey à notre endroit habituel, en l'absence de Luc et Lola. Monsieur Bobette, le ramasseux de canettes qui se promène en bobette, à défaut de pouvoir s'acheter un Speedo, était à son rendez-vous, inspirant les jeunes filles en bikini de se faire bronzer ailleurs que sous son regard. Lorsque Audrey est partie rejoindre son chum au TamTam, je me suis retrouvé seul sur le gazon, avec mon livre, ma bière et une flopée d'inconnus autour de moi, dont je ne savais rien d'eux. Sur le coup, je me suis dit que je devais peut-être essayer de retrouver mes amis, qui semblaient être partant pour aller voir le show perpétuel des trippeux de techno, rassemblés pour danser au soleil, au pied de l'espèce de monument en métal dont j'ai oublié le nom.

C'est drôle, bien que je sois allé assez souvent au Piknik cet été, je ne m'habituerai jamais à ce genre de personnes, que je surnomme « The Beautiful People », comme la chanson de Marilyn Manson. Cette dernière me revient instantanément en tête, quand je vois ce spectacle offert à mes yeux.

Je l'ai déjà évoqué, le Piknik et surtout son volet techno attire les fanas de cette musique, dont de nombreux gays. Ce dimanche-là, je pense que ça s'est donné le mot au Village. Ça doit ressembler à ça dans une discothèque du genre, beaucoup de gars en bédaine, les pectoraux au soleil, dansant dans une transe réelle ou fictive, entourés de superbes filles qui doivent maudire la création d'avoir fait de ces gars des êtres inaccessibles pour elles... Il y avait aussi plusieurs représentants de cette catégorie de gros virils, qui ne dépareraient pas dans une ligue de lutte, venus se rincer l'œil en bombant le torse sur les garçons. Meat Market total, version Village, à moins que ça soit la norme dans les bars, je ne sais pas. J'en suis venu à croire que la majorité de la population porte au moins un tatouage, c'est tout dire... En cherchant mes amis à travers ce monde, je pense avoir déparé le paysage, tant je n'avais pas d'affaire là et parce que je ne me met jamais en bédaine, car je trouve ça un peu colon. Dommage que la musique était trop forte, c'est dans ces moments où j'aime bien avoir une trame de fond, pour illustrer le tout. Dont « The Beautiful People » de Manson...

Vous pouvez imaginer mon sentiment, en écoutant cette superbe chanson :



The Beautiful People
I dont want you and I dont need you
Dont bother to resist, Ill beat you
Its not your fault that youre always wrong
The weak ones are there to justify the strong
The beautiful people, the beautiful people
Its all relative to the size of your steeple
You cant see the forest for the trees
You cant smell
Your own shit on your knees

Theres no time to discriminate,
Hate every motherfucker
Thats in your way

Hey you, what do you see?
Something beautiful, something free?
Hey you, are you trying to be mean?
If you live with apes, man, its hard to be clean

The worms will live in every host
Its hard to pick which one they eat most
The horrible people, the horrible people
Its as anatomic as the size of your steeple
Capitalism has made it this way,
Old-fashioned fascismWill take it away

(chorus)

Par bonheur, avant de me décourager de ce « Beautiful People », je suis tombé sur Geneviève, la copine de Sébastien (mon ancien coloc, un gars de Lévis et un rare votant de droite, comme Math le Magnifique, avec lesquels je m'entend très bien) et heureuse mère de sa fille Ève, qui semblait avoir un fun noir à jouer sous les jets d'eau. On s'est promis de se revoir tous ensemble éventuellement à un des shows qui s'en viennent (Cradle of Filth, Down, Queen of the Stone Age) au Métropolis.

Tiens, pendant que j'y pense, je souhaite un heureux anniversaire à Judyth, qui comme moi ne vieillit pas du tout dans sa tête...et qui doit me lire à l'instant.

Hi hi hi!

 

Publié par oktobre7 à 04:19:07 dans Le subversif | Commentaires (0) |

Ça s'explique! | 03 septembre 2007

J'ai su finalement ce qu'il est passé avec le site blogue.ca. C'est quand même étonnant, mais je suis soulagé de savoir que ça va se régler dans une semaine. C'est en cherchant le site, par le biais de Google, qu'on peut obtenir les explications suivantes, sur une page blanche :

Blogue.ca

Nous sommes désolé pour cette interruption involontaire de notre part.

L'hébergeur actuel Site5.com a suspendu notre hébergement car nous utilisons trop de ressources serveurs.

Nous allons migrer vers un autre hébergeur et cela peut prendre du temps (1 semaine)

Merci de votre compréhension.

De la part du serveur, j'ai l'explication suivante :

Hello,

The site was in violation of clearly expressed resource usage policy. Please allow the responsible owners of the site to take up this issue with Tech Support. Sales has no ability to address this situation. We regret any inconvenience this might cause.

Explore our customer manual:
http://wiki.site5.com/ Larry HufstedlerCustomer ServiceSite5 Internet Solutions, Inc.
http://www.site5.com
Ça m'aura donc permis de lancer ce blogue sur un troisième site (Blogger), mais quand même, certains de mes amis ont suggéré des choses, du genre qu'un certain Big Brother aurait pu manipuler le web, pour faire disparaître mon blogue... une mise en demeure, apportée par un huissier, serait beaucoup plus efficace.

Publié par oktobre7 à 12:08:27 dans Le libraire inconnu | Commentaires (0) |

Hey, où est mon site? | 01 septembre 2007

Un mauvaise surprise m'attendait jeudi soir, lorsque j'ai voulu ajouter un texte à mon blogue. Le site que j'utilise habituellement, blogue.ca, est disparue... le message a de quoi être inquiétant :
Forbidden
You don't have permission to access /accueil.php on this server.


Heureusement que j'ai archivé tous mes textes sur mon site “back-up”, soit celui de blogg.org. C'est donc là que vous pourrez trouver les autres trucs que j'ai écrits, notamment ceux qui m'ont mené à mon congédiement, ainsi que bien d'autres sur ma petite vie quotidienne de vieux garçon.

Quand même, je pense à tous ceux qui me lisent habituellement sur blogue.ca, je vais essayer de contacter ceux que je connais les adresses, mais pour les autres, il faudra qu'ils cherchent un peu. Éventuellement, quand ça sera revenu à la normale, j'aurais donc TROIS endroits à placer mon texte... le troisième est blogger.com, où j'ai un site que j'ai décidé de réanimer. D'ailleurs, il me semble un peu plus facile à utiliser. Mais si ça ne revient pas, tel que je le crains, je pense que c'est foutu pour plusieurs de mes amis, Miss50Cents, Arthur, Celle, UneFemmeLibre, SaintePaix, Jojo, Torment... j'espère de tout cœur que ce site reviendra.

Que d'excellentes surprises!

Alors que je m'inquiétait un peu de pouvoir payer mes factures, dont le montant s'accumulait sur chacune d'entre elle, j'ai eu coup sur coup des fonds inattendus. D'abord, j'ai eu un autre montant de l'assurance-emploi, alors que je l'attendait la semaine prochaine. Ça me permet de souffler un peu, en attendant mon salaire de mes semaines. Mais ça n'allait pas s'arrêter là. Un chèque m'attendait dans ma boîte à lettre, le remboursement de la TVQ. Et dans sac, je transportait le généreux cadeau de mon nouvel employeur, 100 dollars en chèques, échangeables à mon épicerie du coin. De plus dans la journée, j'ai eu la réponse de Jacques, mon proprio, pour décaler de deux semaines le paiement de mon loyer. Je vais donc pouvoir rembourser une bonne partie de la dette accumulée, auprès des compagnies fournisseuses de mes services et payer ma passe de métro sans trop me priver.

Je reviens sur le boni de mon employeur, reçu à la fin de mon quart de travail. Dans la journée, nous n'avions pas pris de pause dîner, mais on a eu le lunch payé, afin de pouvoir rattraper les importants retards que nous avions depuis le début de la semaine. Ces retards, causés par la réorganisation des services de l'entreprise, nous ont donné beaucoup de soucis et un casse-tête perpétuel, on a tellement reçu d'appels de clients inquiets de ne pouvoir obtenir à temps leurs marchandises que la pression était palpable. Ce boni est une excellente façon de nous remercier de nos efforts. D'après mes collègues, la situation dans laquelle nous sommes actuellement est difficile mais ça devrait revenir à la normale dans deux semaines. Moi qui n'a connu que cette folie depuis lundi, ça m'amène à croire que le retour à la normale va me faire apprécier énormément ce nouvel emploi. Et ça m'aide à supporter l'idée de porter la cravate, des fois où le haut clergé de la clientèle viendrait nous dire un petit bonjour...

Un nouveau truc de Renaud-Bray...

J'ai eu une petite fête chez une collègue d'une autre succursale, Caroline, qui m'a invité à pendre la crémaillère de son nouvel (et très joli) appartement. Plusieurs autres employés de la librairie étaient présents, vous imaginez bien qu'il a été question de la job et de la nouvelle saison littéraire et tout le tralala. Ce que je ne m'attendait pas, c'est lorsque mes ex-collègues m'ont présenté la dernière lubie de mon bon patron. La semaine dernière, il y a eu la distribution d'un code de conduite imposé par la direction de l'entreprise, dans une belle petite brochure verdâtre et drabe, à tous les employés. On y retrouve des choses aussi intéressantes que les interdits vestimentaires (les gougounes, les tites camisoles, les t-shirts avec des inscriptions offensantes...), les interdictions à parler avec ses collègues au travail, les interdiction de manger et boire sur le plancher de travail, les interdictions de péter de travers, etc. Je vais m'arranger pour en obtenir une copie, afin d'être plus précis la prochaine fois que je vais écrire là-dessus. Nul doute que le moron qui sert de Big Brother à mon ex-patron va se jeter là-dessus va tout rapporter à ses maîtres.

Hey, Big, tu me lis toujours? Fuck you!

Une bonne nouvelle!

Le jugement invalidant la loi 104, empêchant aux parents d'enfants envoyés un an à l'école anglaise privée le droit d'obtenir l'éducation en anglais pour eux et leurs descendants, colmatant ainsi une brèche dans la loi 101, a été suspendu par un autre juge de la cour d'appel du Québec. On se rappelle qu'un des juges ayant permis d'invalider cette loi était autrefois un des avocats d'Alliance Quebec, le défunt lobby des anglophones, et avait lui-même participé à la saga des contestations de la loi 101 devant les tribunaux.

J'ai vu la face dépitée de Brent Tyler aux nouvelles, l'avocat qui pilote les attaques contre la Charte depuis des années, au nom du droit à tous de choisir la langue d'enseignement à ses enfants, au mépris de la protection de notre langue, dans cette mer anglo-saxonne qu'est l'Amérique du Nord. Toujours aussi sympathique, l'ex-président D'Alliance Quebec, qui a précipité la chute de cet organisme, lorsque l'ensemble des associations anglophones québécoises l'ont quitté, dégoûtées par l'imbécillité de cet « angryphone » nostalgique du temps où le Québec s'assimilait tranquillement mais sûrement à la langue anglaise. Surtout, Tyler et ses semblables, par leur action juridique, cherche à ramener la langue française à ce qu'elle était autrefois, la langue du pauvre et du sans instruction et la langue anglaise, la langue unique pour faire des affaires.

Quand ils évoquent la tragique disparition de l'anglais au Québec, je me demande bien sur quel drogue ils planent, Tyler et compagnie. Encore aujourd'hui, ça prend un peu de patience à se faire servir en français, même dans mon coin. Remarquez, ça devait être pire autrefois mais justement, je n'ai pas envie de voir la situation se détériorer. Ce jugement inconsidéré de la semaine dernière est un véritable danger pour la survie de la langue et une négation des trente années d'effort à conserver cette langue vivante, en amenant les néo-Québécois à apprendre le français par le biais de nos institutions scolaires. Revenir en arrière, c'est revenir à insulter tous ces gens ayant eu leur éducation en français, ceux que l'on appelle les « enfants de la loi 101 ».

Tyler, me lis-tu? Fuck you too!

Les 25 ans du métal au Québec.

Pour ceux que ça peut intéresser, Radio Canada a réalisé un reportage sur les 25 ans de la musique métal québécoise. Le
reportage diffusé mercredi soir raconte brièvement la petite histoire d'un genre méconnu et ayant eu longtemps une très mauvaise réputation. Je me sens concerné, évidemment, en tant que fan et aussi pour avoir gueulé au micro dans un groupe death metal entre 1992 et 1997. Même si ce groupe, Betrayed Legion, n'a eu que le succès des shows qu'il a fait en première partie de groupes comme B.A.R.F. ou Cryptopsy, ça reste longtemps dans la mémoire.

Quand j'y pense, ça ne fait pas loin de ça, 25 ans, que je m'achète des disques et que j'écoute du métal et du punk. Hé ben! Ça passe vite!

J'ai trouvé ce texte sur le site de Radio-Canada:

Métal québécois

Un quart de siècle de rock corrosif
Un texte de Marc-Antoine Ménard

Nous sommes en 1982. Le rock québécois se résume à Corbeau, Offenbach, April Wine et Men Without Hats. Mais est-ce vraiment tout? Non!

Quelque part à Jonquière, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, Denis « Snake » Bélanger, Denis « Piggy » D'Amour, Michel « Away » Langevin et Jean-Yves « Blacky » Thériault forment le groupe métal Voïvod. Ces musiciens, gavés de hard rock/métal britannique et de musique progressive des années 70, et créateurs d'un style où l'énergie se marie avec la dissonance, ne se doutent peut-être pas qu'ils changeront le Québec musical souterrain au point d'en élargir les frontières.

En 1984, le promoteur Maurice Richard, qui accompagne le groupe de reprises hard rock/métal Helter Skelter dans sa tournée des bars, entend parler de ce groupe saguenéen: « Il ne parlait pas un mot d'anglais et a décroché un contrat avec l'étiquette Metal Blade Records. Ça m'a jeté sur le dos. » Aujourd'hui, en 2007, Maurice Richard et ses productions Rockatak organisent, vendredi, samedi et dimanche prochains, une célébration des 25 ans du métal québécois, dont il attribue en quelque sorte la paternité à Voïvod.

« Ils ont été le premier groupe à arriver avec des compositions originales. Ç'a été l'élément déclencheur de tout ce qui se passe aujourd'hui dans le métal au Québec. Quand quelqu'un réussit quelque chose, ça motive tout le monde. Ils ont ouvert la route, mais ils ont aussi dit aux groupes qu'il fallait être original. »
— Le promoteur Maurice Richard

L'appel de Voïvod a été entendu. Si les années 80 ont été un « début difficile », selon Maurice Richard, les années 90 ont vu la scène québécoise s'améliorer et se diversifier. D'abord avec Gorguts, groupe inspiré par la vague death métal venue de Floride, et devenu par la suite, avec son mythique album Obscura, « le fer de lance du death québécois ». Puis, avec Obliveon, qui mélangeait le thrash des années 80, ainsi que le death des années 90, avec un côté plus progressif et expérimental.

Toutefois, l'intérêt des maisons de disques pour le métal décline au milieu de la décennie, emportant plusieurs groupes avec lui. « Obliveon est peut-être le groupe le plus talentueux à être sorti du Québec. Mais malheureusement pour eux, après avoir décroché un contrat avec Active Records, au Royaume-Uni, ça n'a jamais levé. Dans le mot show-business, il y a le mot business », résume Maurice Richard.

Les années 2000 amènent une résurgence certaine du style, et une présence de plus en plus affirmée des groupes québécois sur la scène internationale. Les plus visibles sont Cryptopsy et Kataklysm. Après avoir adopté un style brutal et extrême au début de sa carrière, ce dernier quatuor écoule aujourd'hui au moins 30 000 exemplaires de ses albums dans le monde, un exploit lorsque l'on appartient à l'underground musical.

« Depuis 2001, ils ont expérimenté davantage, tout en devenant plus accessibles, ce qui ne veut pas dire commercial », commente Stephan Mellul, président de Brave Concerts International (BCI), principal producteur de spectacles métal au Québec.

L'unique Piggy

Retour à Voïvod, et à son guitariste Piggy, mort d'un cancer en août 2005, auquel un hommage sera rendu samedi soir. Selon Steeve Hurdle, ancien membre de Gorguts et fondateur de Negativa, groupe vedette de dimanche soir, Denis D'Amour n'était pas qu'un bon mélodiste, malgré cette agressivité inhérente au métal.

« C'était un explorateur sonore guitaristique. Il inventait ses accords, des textures de son. Il avait une manière unique d'articuler ses accords, d'attaquer les cordes », explique le musicien. D'après le guitariste de Negativa, les groupes du Québec se caractérisent par leur originalité et leur palette de styles.

« Notre identité ici, ce qui fait que d'autres nous demandent ce qu'il y a dans notre eau, on dirait que c'est parce que les groupes se sont dit qu'il fallait être original comme Voïvod. Moi, dès le départ, j'ai voulu faire différent. Negativa s'éloigne d'ailleurs des voix death pour aller vers quelque chose de plus progressif, de plus atmosphérique.»
— Steeve Hurdle, de Negativa

Aujourd'hui, plusieurs groupes québécois au son distinct, notamment Neuraxis, Despised Icon, Unexpect, Ion Dissonance et Beneath the Massacre, ont de bons contrats de disques leur donnant une distribution à l'étranger. « On va peut-être créer une tendance ici même au Québec », s'enthousiasme Steeve Hurdle.

Pôle d'attraction au Canada

« Sans vouloir faire de politique, nous sommes une société distincte. Le Québec est une plaque tournante. Nous avons une ouverture différente de celle des Américains. Nous sommes du monde cool, à la base », dit Maurice Richard au sujet de la spécificité de la scène québécoise, qui s'étend de Montréal à Rouyn-Noranda, en passant par Québec.

Une scène en santé, si on en croit Stephan Mellul, qui organise des concerts dans des salles parfois aussi grandes que le Medley ou le Metropolis, à Montréal. « Pour une organisation qui fait du métal seulement, on est correct financièrement. Au moins la moitié de nos concerts affichent complet », dit-il.

Après une période un peu plus creuse du milieu à la fin des années 90, l'intérêt des groupes étrangers à venir se produire à Montréal et au Québec a décuplé au tournant du millénaire. « Le boom est survenu en 2002. Les groupes veulent davantage tester leur marché maintenant », explique le président de BCI, entreprise fondée en 1994.

Ainsi, des groupes scandinaves comme Children of Bodom et Dimmu Borgir sont passés en quelques années de l'intimité des Foufounes électriques, haut lieu de la culture parallèle à Montréal, aux 2300 places du Metropolis. De même, des groupes power métal comme Blind Guardian et Gamma Ray se sont produits au Medley, d'une capacité de plus de 1500 personnes.

Et contrairement à ce qu'on pourrait penser, le Québec est beaucoup plus aligné sur le marché européen du métal que sur celui des États-Unis. « On peut voir à l'avance ce qui va fonctionner dans les prochains mois. Les gens sont plus sélectifs. Les groupes qui font une fusion de deux ou trois styles, lorsque c'est bien fait, auront du succès », ajoute le producteur.
Une bonne nouvelle pour le métal québécois, donc? « Lorsque j'ai la chance de permettre à un groupe d'ici de jouer en ouverture d'un spectacle étranger, je le fais. On en a vraiment de tous les styles, ici, on a beaucoup, beaucoup de qualité. Quand les Canadiens d'autres provinces parlent de la scène métal, il parlent surtout de celle du Québec », conclut Stephan Mellul.
 
        

Publié par oktobre7 à 17:56:16 dans Le libraire inconnu | Commentaires (0) |

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