Bonjour chères lectrices et chers lecteurs,
j'ai voulu créer une page pour me défouler, écrire ce qu'il se passe ici bas, dans le monde merveilleux des éternels étudiants endettés, avec un boulot peu rénuméré malgré les aptitudes et les diplômes acquis. Les amoureux de la lecture, plus particulièrement les maniaques de livres dont on ne parle pas beaucoup s'y retrouveront. Comme j'aime aussi les cultures métal et punk, c'est certain que je vais écrire quelques lignes là-dessus.
Et puis moi... je suis désormais un ex-libraire, viré pour avoir exprimé son opinion sur son employeur, Renaud-Bray, malgré mes neuf ans d'ancienneté. Je suis dans la trentaine, ma formation est en histoire et en science politique. Pas d'enfant, pas riche, pas d'auto, pas de REER, pas de télé câblée, pas de colocataire et pas d'animaux. Mais beaucoup de livres et de disques.
J'espère que ce site va vous plaire. Bonne lecture!
Pour souligner l'anniversaire du décès de son père, mon amie Marie, Lévisienne exilée comme moi sur l'île, m'a demandé de l'accompagner à l'Oratoire Saint-Joseph. Valérie, autre exilée que je n'avait pas vu depuis longtemps, nous a accompagné dans ce semblant de pèlerinage. Avec la journée magnifique d'hier, ça nous a permis de rendre quelque peu solennelle ce petit détour, sur l'autre versant de la montagne.

Impressionnant, ce lieu sacré, vu des portes du domaine, même s'il apparaît banal aux Montréalais de toujours. la monumentale église semble avoir fait partie du décor depuis l'arrivée de Monsieur de Maisonneuve, avec la colonisation français. De mes lointains souvenirs, j'avais déjà visité l'endroit très jeune avec ma famille. Je me rappelais de l'escalier, pour se rendre à l'Oratoire, avec son centre prévu pour ceux qui veulent grimper...à genou. Les marches de cet escalier central auront beau être en bois, elles ne nous ont pas parues assez invitantes pour exprimer notre foi de cette façon. En plus, Marie se remettait encore de son samedi à refaire la toiture. D'ailleurs côté foi, autant Marie que moi demeurons croyant, autant Valérie n'avait plus eu de contact avec l'Église depuis longtemps.
Contrairement à mes souvenirs, l'intérieur de l'église m'apparaît plus moderne que je le pensais, dépouillé du caractère gothique de beaucoup de nos églises, particulièrement en région. Les rangées de bancs sont des sièges en métal et les immenses statues des Apôtres, immenses et de style résolument moderne, sont en bois. L'endroit m'apparaît plus dépouillée que le pensais. Surtout, les colonnes n'ont plus les centaines de béquilles, cannes, chaises roulantes, prothèses accrochées, symbolisant les guérisons attribuées au Frère André.
Le Frère André... mes souvenirs sur l'histoire du modeste religieux, béatifié par Jean-Paul II, me sont revenu lorsque nous avons visité la petite chapelle tout près, conservée en souvenir de l'inspirateur de ce qu'est devenu l'Oratoire. Je me souvenais vaguement que le logement du frère était conservé quelque part, c'est donc à l'étage au-dessus de la chapelle, derrière une baie vitrée, que nous avons retrouvé les quelques objets quotidiens du Bienheureux : un lit minuscule, un petit poêle à gaz, une table, deux chaises, quelques livres de spiritualité catholique...On s'est demandé ensuite où était le tombeau, mais on a laissé faire. J'ai appris que pendant longtemps, on avait conservé le cœur du Frère André dans un bocal, présenté aux nombreux visiteurs, jusqu'à temps qu'il se fasse dérober, puis il a été retrouvé. Là aussi, personne d'entre nous n'a insisté pour aller voir à quel endroit il était désormais conservé.

Avant de partir de ce site, nous avons fait un tour dans le chemin de croix, bordant l'Oratoire. Les représentations du chemin sont impressionnantes par la taille et rappellent le souvenir de la foi des notables de cette époque, ayant participé à leur construction. Nous nous sommes rappelé quelques éléments de la foi catholique désormais révolus, comme la mortification, telle que pratiquée par les plus dévots. Personnellement, en tant que croyant, je ne pense pas qu'une meilleure expression de sa foi doit passer par un rite soulignant la douleur du Christ. Mais pour celui qui va jusqu'à porter une cilice, c'est son choix. Je me suis amusé, dans les circonstances (on était quand même dans un moment de recueillement...), à rappeler à Valérie quelques détails qui lui semblaient très lointains, comme le nombre de chute du Christ, lors de sa Passion et son chemin vers son calvaire. J'ai eu une vague idée que certains n'ont tellement plus mis les pieds dans un église, qu'il en ont oublié même les éléments de la vie de Jésus.
Valérie m'a impressionné plus tard, avec des souvenirs très précis sur notre époque à Lévis, ainsi qu'à Québec. C'est la première fois que je rencontre quelqu'un qui se rappelle de la chanson des défuntes Fêtes populaires Desjardins et de sa mascotte laide, Timo. Aussi, je ne me rappelle plus pourquoi, elle m'a ramené le souvenir de la façon dont était décoré Place Laurier, le hideux centre d'achat au centre du secteur Sainte-Foy : qui se souviens de la place Normand, dans le secteur des restaurants, au troisième étage, avec ses façades en carton-pâte? Ouach!
Nous avons terminé avec une visite de la boutique souvenir... alors là, j'ai été impressionné, par la multitude d'objets permettant d'exprimer notre foi. Des chapelets, des crucifix, des statuettes et statues des saints, même à l'effigie du Frère André (dont l'une presque grandeur nature, pour les églises), des images pieuses, des médailles, des livres, des crucifix... j'ai revu bon nombre d'images que je voyais régulièrement chez ma grand-mère, étant petit. Déjà bien pourvu chez moi, où on retrouve des crucifix (ça vous étonne, hein?), je me suis abstenu d'achat. La pensée des « marchands du temple » m'est revenue, mais considérant l'entretien d'un si bel endroit, je ne peux difficilement condamner ce côté lucratif. En effet, la visite de l'Oratoire, même guidée, est sous contribution volontaire.
En revenant, j'ai remarquée quelques touristes montant les escaliers, dont ces femmes musulmanes, portant le voile. On va bien visiter les mosquées, pendant nos vacances, les musulmans visitent nos églises...qui parle d'une absence de dialogue entre les religions? Prendre la peine de visiter les lieux de culte est une belle preuve d'ouverture, non?
On a terminé cette belle journée dans un petit bistrot, le même où j'avais regardé l'an dernier un match du Mundial, quand le Portugal a battu la Hollande et ainsi se qualifier pour les finales...c'est là que j'ai constaté l'importance de la communauté lusophone de Montréal.
J'ai eu la vague idée de n'avoir encore rien vu de ma ville... après neuf ans passées ici.
Publié par oktobre7 à 02:33:49 dans Le libraire inconnu | Commentaires (0) | Permaliens