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Le Subversif

Les joies et colères de la vie de libraire

Oktobre, le joyeux libraire

Bonjour chères lectrices et chers lecteurs,



j'ai voulu créer une page pour me défouler, écrire ce qu'il se passe ici bas, dans le monde merveilleux des éternels étudiants endettés, avec un boulot peu rénuméré malgré les aptitudes et les diplômes acquis. Les amoureux de la lecture, plus particulièrement les maniaques de livres dont on ne parle pas beaucoup s'y retrouveront. Comme j'aime aussi les cultures métal et punk, c'est certain que je vais écrire quelques lignes là-dessus. 




Et puis moi... je suis désormais un ex-libraire, viré pour avoir exprimé son opinion sur son employeur, Renaud-Bray, malgré mes neuf ans d'ancienneté. Je suis dans la trentaine, ma formation est en histoire et en science politique. Pas d'enfant, pas riche, pas d'auto, pas de REER, pas de télé câblée, pas de colocataire et pas d'animaux. Mais beaucoup de livres et de disques.




J'espère que ce site va vous plaire. Bonne lecture!

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L'arroseur arrosé. | 22 août 2007

Je suis resté étonné ce matin, peu après mon réveil. D'une part, je me rappelais du dernier rêve que j'ai fait, je me suis retrouvé employé à nouveau par Renaud-Bray...L'autre étonnement est venu d'un vidéo tourné à Montebello, durant le sommet du PSP. Ma camarade Sybel a placé sur son site Facebook un extrait de ce vidéo où l'on peut voir un chef syndical, Dave Cole, du syndicat CEP, interpeller trois « militants anarchistes », en réalité des flics déguisés. Ceux-ci semblent s'être insérés à travers les manifestants, afin de créer plus de tensions avec les escouades anti-émeutes. On appelle ça des « agents provocateurs », c'est une tactique vieille comme le monde, afin de jeter le discrédit sur un mouvement ou un groupe et de justifier une réaction musclée de la police.

 

Comme vous le verrez sur l'extrait, les trois flics déguisés ont été dénoncé non seulement par le syndicaliste, mais aussi par les militants anarchistes. De plus, sans aucun doute, ces « undercovers » se sont mal préparés. Remarquez leurs vêtements, ça ne colle pas avec leur rôle. C'est du toc, on dirait qu'ils ont acheté leurs pantalons camouflage la veille. La casquette du flic tenant la pierre est de marque, il n'y a pas un anarchiste qui porterait ça. Pire encore, un de ses deux collègues, probablement un gars de Québec, porte un t-shirt de CHOI-FM, la station où Jeff Fillion sévissait. C'est justement ce t-shirt que portait ses fans, avec l'inscription « Liberté! Je crie ton nom partout! ». Aucun anarchiste, aucun militant de gauche moindrement sérieux, ne porterait l'effigie de la station de radio diffusant la démagogie réactionnaire de Fillion. D'ailleurs, ces supporteurs, les « X » comme ils s'appelaient, se faisaient un devoir de dénigrer toute forme de manifestation comme le geste inutile de la « go-gauche ». Le flic arborant ce t-shirt ne devait pas avoir tellement de vêtements noirs, pour faire une bourde pareille!

 

            

Ce n'étais qu'un rêve...

 

Je me suis retrouvé cette nuit...de nouveau libraire, de retour dans mon ancienne succursale de Sainte-Catherine ouest, avec mon ancienne directrice, celle qui ne me portait pas dans son cœur. De ce temps-là, moi et mes collègues devions faire avec une zélée de l'entreprise, dont la ferveur lui a coûté son poste, à force de dérapages. Alors, vous imaginez bien mon réveil : je sais très bien que jamais, au grand jamais, la direction souhaite me revoir dans les murs d'un de ses commerces, je le savais dans mon rêve et je retrouvais à servir la clientèle, en me demandant bien pourquoi je travaille là.

 

Message à Big Brother : rapportes bien ce que tu viens de lire, ça les fera rire, en haut lieu...

Publié par oktobre7 à 15:15:27 dans Le libraire inconnu | Commentaires (0) |

Seconde journée de travail. | 22 août 2007

Après cette journée de rodage d'hier, j'étais prêt à entreprendre celle d'aujourd'hui, sans stress, malgré le contexte. Il faut voir l'endroit où nous travaillons : un comptoir avec quatre caisses, devant lequel les étudiants défilent et nous remettent les titre ou encore les numéros des livres et des recueils qu'ils doivent acheter. Ça fonctionne rondement, mais quand même, il nous faut parfois élever la voix pour se faire entendre. Aussi, le sens de l'organisation n'est pas inné, il faut parfois faire avec des clients arrivant avec trois ou quatre listes de livres dont nous n'avons pas la moindre idée de quoi il s'agit. Je travaille avec calme, ce n'est pas cette atmosphère qui me fait peu, après avoir vécu neuf Temps des Fêtes dans une librairie, la meilleure (et seule) période profitable de l'année.

Ça m'a rappelé qu'il y a vingt ans, je commençais ma scolarité au collégial, au CEGEP de Lévis-Lauzon. À observer les clients et clientes que nous avons eu aujourd'hui, hormis la mode, il n'y a pas de grande différence. Enfin, oui. Comme c'est un collège de Montréal, je vois passer les Nations Unies à mon comptoir! C'est vraiment un privilège de travailler dans ce contexte. Pour revenir à mes 17 ans de cette époque lointaine, là où je me suis reconnu, c'est parmi les tout nouveaux arrivants au collège, frais débarqués de la polyvalente. Il fallait les entendre parler de leur nouvel environnement, les libertés qui leur sont accordées, les coups d'œil des gars vers les filles, ceux des filles vers les gars... Évidemment, je ne leur ressemble pas trop, mes trente-quelques années apparaissent mais je sens que les jeunes ne savent pas trop comment me voir, quand je leur parle. En fait, je m'habille comme d'habitude, avec mes fringues de punk, alors pour eux, il y a comme une distorsion. « Les adultes n'ont pas l'air de d'ça, d'habitude », selon ce que me lance leur expression non-verbale. Enfin, quand j'y pense, la nouvelle cohorte a l'âge des enfants que j'aurais pu avoir, si je n'avais pas fait trop attention, mes premières fois où... Dans certains cas, j'ai l'âge de leur parents, à coup sûr. Hé ben! C'est là que je suis rendu... 

Toujours Montebello...

 

L'organisme No One is Illegal/Personne n'est illégale a diffusé ce communiqué, pour expliquer pourquoi il était important de s'opposer au Partenariat pour la sécurité et la prospérité (PSP). J'ai jugé nécessaire de vous le transmettre.

POURQUOI NOUS MANIFESTONS Montebello, Québec (19-21 août 2007) -- Stephen Harper, George Bush et le président mexicain Felipe Calderón se réunissent derrière des barrières d'acier et des milliers de policiers au château Montebello, dans le cadre du soi-disant " Partenariat pour la sécurité et la prospérité (PSP) ".  

Ils parlent de "sécurité" et de "prospérité", mais leur programme en est un d'insécurité et de misère pour les classes ouvrières et opprimées de toutes les Amériques.

En bref, le " Partenariat pour la sécurité et la prospérité (PSP) " conjugue les politiques destructrices néo-libérales de l'Accord de libre échange nord-américain (ALENA) aux tactiques de peur et de paranoïa associées aux politiques de " sécurité nationale ". Le PSP est un nouveau projet, mais il cadre parfaitement dans le programme colonialiste et capitaliste imposé aux peuples du monde depuis des siècles.  

Le véritable programme du PSP n'est un secret pour personne : guerres meurtrières et occupations militaires à l'étranger; militarisation des frontières et augmentation des détentions et des déportations; attaques soutenues contre les peuples autochtones, les pauvres, les migrant-e-s et la classe ouvrière; destruction de l'environnement; multiplication des méga projets au service de l'avarice des entreprises; et pire encore.

Le PSP, décrit par ses agents comme une ALENA version 2.0, est conçu et promu par des sociétés transnationales et les groupes de pression qui les soutiennent, comme le Conseil canadien de chefs d'entreprise. Ces "big boss" rencontreront les chefs d'État ici même au château, à huis clos, évidemment...  

Le PSP renforce le principe de la "Forteresse Amérique du Nord", en vertu duquel les riches et privilégiés vivent reclus dans des communautés fermées et des villes gentrifiées, protégés par la police et des mesures de sécurité, alors que le capital circule librement à travers les frontières et que l'accès à la main d'œuvre bon marché et aux ressources naturelles s'accroît; pour tous les autres, il y a les barrières et les frontières, les réserves, les centres de détention, les prisons, la surveillance accrue et une précarité généralisée.

Aujourd'hui, alors que les politiciens et les chefs d'entreprise se cachent derrière des lignes de police et une barrière d'acier de trois mètres de haut, et que nous sommes exclus à l'extérieur et poussés dans des "zones de manifestation", Montebello est le symbole le plus éloquent de cette Forteresse Amérique du Nord.  

NOUS REFUSONS D'ETRE MIS EN CAGE

Alors que Bush, Harper et Calderón se réunissent avec les grands capitalistes, un réseau d'activistes anticapitalistes prônant l'action directe, provenant du Québec et de l'Ontario, unis par les principes de l'Action mondiale de peuples (AMP), tenteront de perturber le Sommet.  

Nous ne demanderons pas aux chefs et agents du PSP, ni aux gouvernements, d'être plus gentils. Nous n'avons aucun intérêt à négocier les termes de notre misère ou à être achetés avec des miettes. La justice et la dignité s'obtiennent par la mobilisation de base, par la lutte et par l'action directe, pas par la charité de riches philanthropes, de rock-stars ou de politiciens complices du système de destruction. Bush, Harper et Calderón méritent d'être confrontés directement!

Nos manifestations et notre résistance s'enracinent dans l'organisation des luttes quotidiennes: pour la souveraineté et l'autodétermination des peuples autochtones des Amériques; pour la justice, la dignité et la libre circulation des migrant-e-s; contre les détentions et les déportations; contre la guerre et l'impérialisme; pour la justice en milieu de travail; contre la pauvreté, pour la justice écologique; pour la libération de tous les prisonniers politiques; et en solidarité avec les mouvements de justice sociale partout dans le monde.  

En 1994, le jour de l'entrée en vigueur de l'ALENA, les Zapatistes du Chiapas ont entamé un soulèvement dans le sud du Mexique, en déclarant que l'ALENA représente une " sentence de mort " pour les peuples autochtones. Avec le PSP, les politiciens, bureaucrates et entreprises nord-américaines réitèrent leur sentence de mort contre nous tou-te-s. L'inspiration des Zapatistes fais toujours échos, 13 ans plus tard, alors que nous lions nos luttes et nos préoccupations, et nous unissons pour confronter le PSP, à Montebello et au-delà. Nous sommes partout...

INFO:   www.psp-spp.com --  www.agp.org --  info@psp-spp.com

 

                     

 

Publié par oktobre7 à 03:23:25 dans Le subversif | Commentaires (0) |