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Le Subversif

Les joies et colères de la vie de libraire

Oktobre, le joyeux libraire

Bonjour chères lectrices et chers lecteurs,



j'ai voulu créer une page pour me défouler, écrire ce qu'il se passe ici bas, dans le monde merveilleux des éternels étudiants endettés, avec un boulot peu rénuméré malgré les aptitudes et les diplômes acquis. Les amoureux de la lecture, plus particulièrement les maniaques de livres dont on ne parle pas beaucoup s'y retrouveront. Comme j'aime aussi les cultures métal et punk, c'est certain que je vais écrire quelques lignes là-dessus. 




Et puis moi... je suis désormais un ex-libraire, viré pour avoir exprimé son opinion sur son employeur, Renaud-Bray, malgré mes neuf ans d'ancienneté. Je suis dans la trentaine, ma formation est en histoire et en science politique. Pas d'enfant, pas riche, pas d'auto, pas de REER, pas de télé câblée, pas de colocataire et pas d'animaux. Mais beaucoup de livres et de disques.




J'espère que ce site va vous plaire. Bonne lecture!

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Une affaire criminelle presque résolue. | 14 août 2007

Un souvenir de ma jeunesse a peut être connu son épilogue, l'autre jour. En fait, il s'agit d'un affaire criminelle impliquant une personnalité du monde artistique, dont je m'étais souvenu et que j'avais ressassé pendant quelques années, pour en faire un canevas d'un roman policier. Ce n'est pas dans mon habitude de commenter ce genre d'affaire, par souci de ne pas ajouter à la douleur des proches, même si l'événement est lointain. Cependant, je ne pouvais passer cela sous silence.

 

Le 18 juillet 1984, la police retrouvait le corps de la comédienne Denise Morelle dans un appartement vide de la rue Sanguinet, dans le quartier latin à Montréal. La veille, elle aurait été battue sauvagement, violée puis assassinée. Au moment du drame, j'avais 14 ans et cet événement m'avais marqué. Non pas que j'ai été un fan de la Ribouldingue et de Dame Plume, une émission dont j'ai vu les reprises, dans mon enfance, c'est plutôt le mystère autour de ce meurtre. En effet, on s'est interrogé à l'époque de la raison pour laquelle madame Morelle avait été visité un appartement, dans un environnement peu recommandable, à l'époque. Quelques théâtres avaient pignon sur rue aux alentours, mais ce secteur ne jouissait pas de l'attrait qu'il a aujourd'hui. L'édifice où on a découvert le corps de Denise Morelle fait le coin des rues Sanguinet et Emery, tout près du cinéma Quartier Latin. On a expliqué que le propriétaire de l'appartement avait laissé la porte déverrouillée, en prévision de la visite de madame Morelle. Dans les hypothèses soulevées, on croit que l'assassin aurait été surpris à l'intérieur, ou qu'il aurait suivi sa victime, pour l'agresser à son arrivé à l'intérieur du logement. C'est ce que nous allons savoir prochainement, maintenant qu'un suspect a été arrêté et que la justice a enclenché son processus.

 

L'idée de mon canevas était de construire une histoire autour de ce mystère, entourant l'absence de preuve et de la présence de madame Morelle dans un appartement plutôt sordide. Évidemment, dans la construction de ma fiction, j'aurais créé des personnages purement fictifs et je n'aurais fait qu'une lointaine allusion à cette affaire. Dans mon projet, je voulais créer un personnage d'un policier hanté par ce meurtre dix ans plus tard, qui poursuit l'affaire jusqu'à quelques jours de sa retraite. La vision du corps de la victime l'ayant ébranlé de façon définitive, il a tout fait pour retrouver le moindre indice, jusqu'au jour où un second meurtre se produit, avec des similitudes avec la première affaire, sur les lieux du drame.

 

Pour mon histoire, je dois admettre que je vais suivre l'affaire. Je ne suis pas de ces fanas des histoires juridiques, les lecteurs de Photo-Police et autres journaux « jaunes » visant un public friand d'histoires infectes ou macabres. J'ai même un peu de mépris pour ce genre de journaux et leurs lecteurs. Pourtant, pour la suite de mon projet, aujourd'hui et depuis longtemps sur la glace, je saurais en même temps que vous l'aboutissement de cette longue enquête.

 

La Fête au Bouc

 

J'ai terminé hier la lecture du roman de Mario Vargas Llosa, La Fête au Bouc. Je dois dire d'emblée que j'ai été fortement impressionné par ce roman à connotation historique. Le personnage principal en particulier, le dictateur Raphael L. Trujillo Molina, sorte de « père de la partie » autoproclamé, dont le règne de 31 années sur la République dominicaine a été particulièrement ubuesque et sanglant, sert de catalyseur à plusieurs histoires particulières.

 

                

 

Nous suivons trois trames dans ce roman. Celle du dictateur, dans la dernière journée de son règne et de sa vie, celle des ses assassins et des membres du complot ayant permis son exécution et celle d'une femme mûre, de retour dans son pays natal, après une absence et un silence avec sa famille de plus de quarante ans. Au fil des rencontres et des histoires particulières de protagonistes tout à fait crédible, finement précisé dans les intrigues, on ne peut lâcher ce roman, dont le dénouement révèle quelques recoupements habilement soutenu.

 

Je ne reprocherais pas à l'auteur d'avoir joué un peu avec l'histoire réelle de l'assassinat de ce dictateur et lui-même assassin de dizaines de milliers de personnes, durant son trop long règne. Bénéficiant de l'appui des États-Unis, lui-même ex-Marine, Trujillo a construit sa tyrannie, « l'ère Trujillo », sur la mort de ses opposants et de leurs familles, de même qu'il s'est rendu responsable des meurtres en masse de milliers de travailleurs haïtiens, en voulant « blanchir » la race dominicaine. Particulièrement mégalomane, le « Chef », ou « le Bienfaiteur », comme l'appelaient ses partisans, a obtenu des institutions politiques à sa cause un statut quasi-monarchique, qui a fait de lui le véritable chef d'État dominicain, en dépit de la présence d'un président, directement sous ses ordres. La capitale, Saint-Domingue, a été connu sous le nom de « Ciudad Trujillo », du vivant de son inspirateur. De nombreux édifices importants, ponts, monuments à sa gloire et autres lieux (montagnes, rivières, régions, etc.) ont également porté le nom de Trujillo. Pour éviter les répétitions, on a fait de même avec les membres de sa famille, sa mère, ses frères, ses fils et sa fille.

 

Le roman m'a longtemps été suggéré par Nicole, ma cheffe-libraire. C'est un des romans préférés, qu'elle a vendu avec beaucoup d'enthousiasme. Peu de temps avant mon renvoi, je m'étais résolu à le lire cet été. C'est chose faite et j'en suis enchanté, l'impression favorable qu'il a laissé à Nicole se partage aisément. Je vous suggère fortement à le lire, si vous aimez les romans historiques, dans un contexte aussi éprouvant que celui d'une dictature sud-américaine.

 

Quelques images du vilain bonhomme:

 

    

 

                   

Publié par oktobre7 à 02:22:34 dans Le libraire inconnu | Commentaires (0) |

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