Bonjour chères lectrices et chers lecteurs,
j'ai voulu créer une page pour me défouler, écrire ce qu'il se passe ici bas, dans le monde merveilleux des éternels étudiants endettés, avec un boulot peu rénuméré malgré les aptitudes et les diplômes acquis. Les amoureux de la lecture, plus particulièrement les maniaques de livres dont on ne parle pas beaucoup s'y retrouveront. Comme j'aime aussi les cultures métal et punk, c'est certain que je vais écrire quelques lignes là-dessus.
Et puis moi... je suis désormais un ex-libraire, viré pour avoir exprimé son opinion sur son employeur, Renaud-Bray, malgré mes neuf ans d'ancienneté. Je suis dans la trentaine, ma formation est en histoire et en science politique. Pas d'enfant, pas riche, pas d'auto, pas de REER, pas de télé câblée, pas de colocataire et pas d'animaux. Mais beaucoup de livres et de disques.
J'espère que ce site va vous plaire. Bonne lecture!
Vous êtes superstitieux? Ce n'est pas vraiment mon cas, mais à voir le nombre de mariages qui se sont réalisés aujourd'hui, sans compter ceux à venir, la folie du nombre chanceux a une réelle importance. Quand on constate le nombre de joueurs au Québec, avec les chiffres effarants de profits de Loto-Québec, on peut supposer que les numéros influencent plus qu'on le pense...
Ma seconde journée de ma nouvelle situation ne m'a pas été très productive, hormis ma vaisselle qui traînait depuis quelques jours. Ma vie de vieux garçon a l'avantage de pouvoir me faire jouir de la flemmardise, sans trop de complexe. Comme je ne suis plus en colocation depuis bientôt trois ans, je me rappelle plutôt difficilement des compromis de cette époque où je devais vivre dans le partage d'un quatre et demi, dans Rosemont rue Saint-Michel, obligatoirement avec une autre personne pour arriver à payer le loyer. En six ans et demi, j'ai vécu avec neuf personnes successives. Pour la majorité, ça s'est très bien passé. Je pense à Judyth, les deux Mathieu, Michel, Éric, Sébastien et surtout Frank, qui m'a enduré le plus longtemps. Les deux autres, ça été une autre histoire. Je pense à surtout à cette ordure de Bernard, un sale type et un escroc du plus bas niveau. Le genre d'individu que même mes « charmants » voisins d'en face ne pourraient supporter. Passons.
Ce 7 juillet, ça signifie aussi un dixième anniversaire. Le sept juillet 1997, j'ai débuté dans la vente. Ma première expérience de vente. Non, ça n'a pas été les livres, ni les disques, ni d'autres produits culturels. En fait, j'ai été représentant-vendeur...pour une boîte affiliée à Bell Mobilité à Lévis, Cell Pro inc. Cette boîte n'existe plus, elle a été rachetée par la Celluboutique, le gros représentant de Bell Mobilité à Québec. C'est à ce moment que j'ai été viré, quelques mois plus tard. Je n'étais pas le meilleur vendeur, loin de là, mais j'ai appris énormément, durant les quatre mois et quelques où j'ai tenté de vendre des téléphones cellulaires.
Durant cette courte période, où je devais réaliser une dizaine d'activations de nouvelles lignes par mois (j'en faisait quatre ou cinq...), où on me voyait la plupart du temps en chemise-cravate et avec la chemise polo de la boîte, j'ai su ce que voulaient dire le mot « vendre »...et le mot « escroquerie ». Au départ, heureux d'avoir été embauché, après une période un peu longue sans travail (mais heureusement, j'habitais chez mes parents, en vrai Tanguy que j'étais...), j'ai fait confiance à mes patrons. On était cinq dans la boîte, les deux patrons associés et trois vendeurs. Le boss avec lequel je faisait équipe à Lévis, l'autre étant au commerce de Québec, devait me montrer les rudiments du métier. Ce que j'ai appris surtout, c'est son amour pour le golf, les sorties d'affaire, le luxe, etc. mais pour la façon de faire, ça m'a pris du temps. Peu de temps après mon arrivée, je remarquais que la boîte était en chute...les affaires n'allaient pas très bien. Le marché était saturé, plusieurs clients potentiels étaient en attente de la prochaine génération de cellulaire, ceux fonctionnant en mode numérique. Ils devaient arriver à la fin de cette année. Aussi, les activations de nouvelles lignes étaient difficiles à cette époque, le marché était plutôt restrictif. Hormis Bell Mobilité et Cantel (maintenant Rogers/AT&T), les autres compagnies n'étaient pas vraiment compétitives, comme Fido et Mike. Telus n'arrivera que plus tard et d'autres joueurs auront le temps de naître et mourir (Espion), jusqu'à aujourd'hui. Jamais on n'aurait vu d'adolescent avec un téléphone cellulaire à lui, c'était impensable. Même une pagette, ce n'était pas très courant sur un ado. Aussi, j'allais l'apprendre plus tard, le patron avec lequel je travaillais préparait sa sortie en douce, en escroquant son associé. De plus, il avait contribué à démolir le nom de l'entreprise, par ses sautes d'humeur avec les clients. J'ai dû reprendre le service après-vente, laissé à lui-même depuis quelques temps. C'est en essayant de récupérer les clients de l'entreprise que j'ai découvert ce que j'aimais le plus dans la vente. Ce n'est pas le prestige d'être le meilleur vendeur, comme mon autre patron, le gars à l'origine de l'expression « capable de vendre un congélateur à un Esquimau ». M'en mettre plein les poches...bof. Comme je vendais de façon à ce que je gagne l'équivalent du salaire minimum, selon le nombre d'heures passé au commerce, je n'y croyais pas tellement. C'est là aussi que j'ai goûté au trip du travailleur autonome, pour savoir que ce n'est pas pour moi. Non, ce que j'ai découvert, c'est que j'adorait le service à la clientèle. Démerder les gens avec leurs problèmes, parfois même hors de mon contrôle, ça été vrai un plaisir, car j'ai aimé la reconnaissance de la clientèle, je l'ai eu très souvent. Je ne pense pas que beaucoup de vendeurs se font payer à boire par des clients croisés par hasard dans un bowling...
Que pensait mon patron de mon service? Il me disait « tu vends pas assez, tu t'occupes trop du service après-vente, c'est mon baratin, ça tu t'en crisss, laisses-les faire... ». Belle mentalité. Quand il m'a annoncé, en novembre, que suite au rachat de la boîte il ne me gardait pas, je l'ai remercié et je suis parti heureux de ma délivrance...Fini, l'association avec des filous! J'ai appris qu'avec les clients, on se doit d'être toujours honnête, sans faire d'exception.
Ce que je vendais à l'époque, ce sont ces modèles de téléphones cellulaires :


De gauche à droite: le Nokia 918, le Motorola DPC-650 et le Motorola Star Tac, ce dernier était nouvellement arrivé sur le marché en 1997.
Je n'aurais jamais cru qu'un jour, on en vienne à nous vendre des téléphones qui prennent des photos, qui permettent de pouvoir prendre ses courriels, de regarder des clips...
Bon, v'là aut'chose...
Je viens d'apprendre par mon amie Véro que mon poste chez Renaud-Bray est déjà affiché. Mon ex-employeur n'a pas perdu de temps...Si ça vous intéresse, c'est du 35 heures par semaine, de 10h00 à 18h00, à la succursale Fleury. Mais ce poste doit être comblé à l'interne d'abord, alors un peu de patience...

Moi aussi, j'en ai un qui me surveille...
Publié par oktobre7 à 23:44:43 dans Le libraire inconnu | Commentaires (0) | Permaliens
Première journée, en tant que nouveau chômeur. Je me suis réveillé à peine plus tard que d'habitude, mais évidemment, je me suis souvenu très vite que ma vie avait changé la veille. Je n'avait pas à faire l'heure et quelques minutes de transport en commun, pour me rendre à la succursale. Ce matin, le seul objectif était de m'inscrire à l'assurance-emploi. Et de penser à mon avenir immédiat. Tout un exercice. Pourtant, je ne sens pas d'anxiété ou de crainte, seulement une excitation plutôt agréable. Aucun effet perceptible sur ma dépression en voie de rétablissement, du moins pas jusqu'à maintenant. Je constate que je bénéficie de nombreux atouts personnels, ma personnalité, mes études, mon expérience, mes contacts, ma famille, mes amis... je ne crains pas de me retrouver à la rue non plus. Seule demeure la tristesse de ne plus être libraire chez Renaud-Bray, de ne plus faire partie de l'équipe de ma succursale et en être le délégué syndical.
Plusieurs d'entre vous ont reçu un courriel de ma part, concernant ma nouvelle vie. Je remercie ceux qui m'ont envoyé en retour des mots d'encouragement, j'ai énormément apprécié. La majorité a évoqué que je ne pouvait qu'avoir une meilleure situation à l'avenir, du moins plus appropriée à ma formation et à mon expérience. Vous avez entièrement raison, j'ai déjà commencé à fouiller les petites annonces. C'est gênant pour mon ex-employeur, il semblerait que mon salaire, après neuf ans d'expérience et trois négociations de conventions collectives, est inférieur au salaire de départ de nombreux emplois offerts actuellement. Je ne suis pas étonné.
Je me suis rendu au bureau de Ressources Humaines du Canada, sur la rue Sherbrooke. Arrivé sur place, j'apprend qu'il a déménagé depuis deux ans. Heureusement, il est situé pas trop loin, rue l'Assomption, pas loin de l'entrée du métro. Sur place, une sympathique préposée à l'accueil (elle est vraiment sympathique, ce n'est pas de la dérision!) m'a indiqué que désormais, on peut remplir sa demande sur Internet. Bien sûr, ça fait combien d'année que je n'ai pas fait appel à ce service? Plus de neuf ans. Non, en fait, j'ai bénéficié d'une mise à pied temporaire, en février 2001, lorsque je me suis fracturé la cheville. Mais ça fonctionnait de la même manière, les fiches à remplir et à envoyer par la poste. Après avoir fait ma démarche et rempli mon formulaire, j'ai déjà fait un peu de recherche, à partir de mon ordinateur.. Je pense à l'enseignement au secondaire, au adultes de préférence. J'ai déjà envoyé un CV, par courriel, à ... (je ne dirais rien qui intéresse le Big Brother de la rue Saint-Denis qui me surveille, prout!)

Je fait partie d'une statistique plutôt en voie de raréfaction, le taux de chômage est actuellement de 6,9% au Québec, le plus bas taux depuis trente ans, dit-on. J'ai une vague impression que je ne serai pas chômeur très longtemps...
C'est qui le type qui a écrit « Le mépris n'aura qu'un temps »?
Et entre-temps, en Irak...
Voici le dernier montage d'Ava Lowery, de Peacetakescourage.com. Ça m'a rappelé la chance extraordinaire d'être chômeur ici, à Montréal...
Publié par oktobre7 à 01:20:29 dans Le libraire inconnu | Commentaires (0) | Permaliens