Bonjour chères lectrices et chers lecteurs,
j'ai voulu créer une page pour me défouler, écrire ce qu'il se passe ici bas, dans le monde merveilleux des éternels étudiants endettés, avec un boulot peu rénuméré malgré les aptitudes et les diplômes acquis. Les amoureux de la lecture, plus particulièrement les maniaques de livres dont on ne parle pas beaucoup s'y retrouveront. Comme j'aime aussi les cultures métal et punk, c'est certain que je vais écrire quelques lignes là-dessus.
Et puis moi... je suis désormais un ex-libraire, viré pour avoir exprimé son opinion sur son employeur, Renaud-Bray, malgré mes neuf ans d'ancienneté. Je suis dans la trentaine, ma formation est en histoire et en science politique. Pas d'enfant, pas riche, pas d'auto, pas de REER, pas de télé câblée, pas de colocataire et pas d'animaux. Mais beaucoup de livres et de disques.
J'espère que ce site va vous plaire. Bonne lecture!
<< Un vendredi de flemme! | Travaillez! | Pour les retraités... >>
J'avais vaguement prévu d'écrire un peu sur l'émission que j'ai découvert hier, chez Luc. Ce dernier a le câble gratos, un oublie de Vidéotron, si je me rappelle bien, Luc ne payerais pas pour ça. Sauf que j'ai réagi un peu mal, ce matin, en lisant l'éditorial de monsieur Sanfaçon, dans le Devoir. Je n'aime pas me réveiller de travers et il a fallu que je lise les insignifiances de ce type surévalué, un conservateur qui la joue au centre, capable de faire autant la girouette que Richard Martineau, un autre surévalué dans son genre.
En voulant ajouter des arguments aux économistes néo-libéraux que sont Pierre Fortin et son collègue et ancien élève Luc Godbout, Jean-Robert Sanfaçon a écrit une grosse connerie, mais probablement que ça lui a échappé, comme d'habitude. Il ne se trouvera pas beaucoup de gens pour lui ramener ça sur le nez, surtout comme il l'écrit lui-même, parler d'économie en pleine été, ce n'est pas l'idéal.
Ma réaction a été sur l'argument suivant : en voulant défendre l'idée des fameux « Lucides », dont font partie les deux économistes, comme quoi nous ne produisons pas assez de richesse au Québec et qu'il faut travailler plus, voilà que Sanfaçon défend de repousser l'âge de la retraite...comme quoi les gens, en prenant leur retraite jeune, cessent d'être actif. Ils sont donc à classer dans le passif, comme le calculent ces économistes, avec leur vision binaire de la société. La colonne « revenu », la colonne « dépense ». Je cite : « Il est également temps que les entreprises et les gouvernements modifient les règles d'accès à la retraite afin d'encourager les gens à rester actifs plus longtemps. On ne dira jamais assez combien les élus de certaines villes sont irresponsables de soutenir, avec l'argent des contribuables, le droit à la retraite à 50 ans, et même plus tôt pour certains employés municipaux -- policiers, pompiers ou personnel d'entretien. » En clair, il faudrait donc restreindre le droit de négocier des employés syndiqués du secteur public et privé, afin de les obliger à travailler jusqu'à l'âge de la pension. Celle-ci pourrait être ramenée quelque part à 70 ans, si on laissait faire ces tristes sires d'économistes. Et les travailleurs n'ont plus rien à dire là-dessus, « vous dormirez quand vous serez mort », disais Lucien Bouchard, personnifié par André G. Ducharme de RBO.
Il faut croire que Sanfaçon n'a pas trop d'idée sur ce que signifie l'expression « être actif ». Il ne connaît pas de retraités dans la cinquantaine comme moi, il faut croire, et il ne connaît pas non plus les raisons pour laquelle on encourage tacitement les policiers et les pompiers à prendre leur retraite dans la cinquantaine. Il y a quelques années encore, la retraite était obligatoire après 32 ans de service, pour les policiers de la Sûreté du Québec. La mesure a été abolie, pour permettre à certains policiers de rester au travail plus longtemps. Le meilleur exemple est justement mon père, qui a pris sa retraite de la SQ à cinquante ans, après trente années de service. Considérant le stress qu'a comporté son travail, surtout au début de sa carrière dans le Bas-du-Fleuve (on comprendra qu'il est beaucoup moins chevelu que moi, pas seulement parce qu'il a gardé la coupe réglementaire encore aujourd'hui...), c'est normal de permettre aux gens ayant fait partie de corps de police ou de pompier de partir plus jeune. Pourquoi ça serait différent maintenant? Bien sûr, l'alarmant calcul des économistes Fortin et Godbout est une vérité révélée, issue du dogme néo-libéral...
Et la notion d'être actif, comment se fait-il qu'elle ne se calcule uniquement qu'à l'aune du PIB et de la déclaration de revenu? J'étais encore à la maison parentale, quand mon père a pris sa retraite. Pensez-vous que mon père, par ailleurs dans une excellente forme physique, avait l'intention de se bercer le restant de ses jours? Je le voyais moins souvent à la maison dans ces premières années, parce que bricoleur et habile de ses mains comme il est, il s'est mis à prendre toute sorte de petits contrats de peinture et de rénovation. Je le voyais mal passer ses journées à niaiser au centre d'achat local, comme on en voit parfois. Ces travaux, ils ne sont pas calculé dans le PIB, mais pour nos économistes, ça ne compte pas, ce n'est pas de la richesse. Quand ma mère garde les garçons de ma sœur pour une journée, ça ne compte pas non plus, ce n'est pas de la richesse... pourtant ma sœur fait fonctionner l'économie, en se permettant une sortie et en dépensant pour ses activités. Dans le calcul de nos lucides économistes, ça se perd quelque part. Possiblement les limbes de l'impossibilité de calculer. Dans le contexte où on se fait donner des indications alarmiste qu'à la seule aulne des chiffres, on se demande si on ne se fout pas de nous.
J'ai entendu cette semaine qu'au Canada, mais moins au Québec, les gens étaient atteint de cette bizarrerie bien nord-américaine de ne pas prendre de vacance. Aux États-Unis, pour se faire bien voir de son patron, il est bien de ne prendre jamais de vacance. Comme si la richesse ne se crée pas en se reposant, en allant faire un voyage ou encore faire du camping. Bien sûr, sans prendre de vacance, c'est évident qu'on est plus productif... pas pour rien qu'en ce même pays, on pratique l'absentéisme plus que sa religion!
Pour un Sanfaçon, qui produit tellement de richesse en écrivant ses inepties dans son journal néanmoins appréciable, travailler et produire de la richesse, ça ne se passe pas autrement que selon les règles précise de l'économie. Le fait de réviser ses notions, ça ne lui est jamais passé à l'esprit. Le calcul de la richesse selon le PIB est tellement partiel, car il oublie l'essentiel : c'est un produit humain. Dans ce travail, on omet énormément des facteurs dont l'effort physique, l'endurance du corps et de l'esprit, le bonheur d'y participer, etc. Pour un économiste de l'engeance de l'économisme triomphant, ça ne compte nullement, il n'y a pas de chiffre, donc pas d'explication possible pour eux. Ça explique pourquoi les économistes tentent d'en finir une fois pour toute avec les sciences humaines, ces constructions de « pelleteux de nuages barbus, drogués et marxistes », comme le disent si bien les cravatés du cerveau qui peuplent les rangs des blogues du droitisme.
Je suggère la lecture plus intéressante du texte précédent de Louis Gill, son commentaire sur les conclusions alarmistes de ses anciens confrères de l'UQÀM. Aussi, je n'en ai pas tellement le temps aujourd'hui de développer là-dessus, mais il existe un calcul plus intelligent que celui du PNB ou du PIB, le Bonheur national brut (BNB). Le concept est pas mal plus intéressant que ceux dont on nous rabâche à partir des chaires universitaires d'administration, des milieux patronaux et autre Institut économique de Montréal...
Publié par oktobre7 à 18:22:12 dans Le subversif | Commentaires (0) | Permaliens