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Le Subversif

Les joies et colères de la vie de libraire

Oktobre, le joyeux libraire

Bonjour chères lectrices et chers lecteurs,



j'ai voulu créer une page pour me défouler, écrire ce qu'il se passe ici bas, dans le monde merveilleux des éternels étudiants endettés, avec un boulot peu rénuméré malgré les aptitudes et les diplômes acquis. Les amoureux de la lecture, plus particulièrement les maniaques de livres dont on ne parle pas beaucoup s'y retrouveront. Comme j'aime aussi les cultures métal et punk, c'est certain que je vais écrire quelques lignes là-dessus. 




Et puis moi... je suis désormais un ex-libraire, viré pour avoir exprimé son opinion sur son employeur, Renaud-Bray, malgré mes neuf ans d'ancienneté. Je suis dans la trentaine, ma formation est en histoire et en science politique. Pas d'enfant, pas riche, pas d'auto, pas de REER, pas de télé câblée, pas de colocataire et pas d'animaux. Mais beaucoup de livres et de disques.




J'espère que ce site va vous plaire. Bonne lecture!

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Être fidèle à sa nature. | 25 juillet 2007

L'entrevue

 

C'est donc hier que j'ai eu mon entrevue, avec cette entreprise américaine spécialisée dans les assurances personnelles. Ce n'est pas une compagnie très neuve, mais elle est assez peu implantée au Québec, contrairement à plusieurs autres provinces canadiennes. En pleine expansion, elle cherche donc à ouvrir des bureaux à la grandeur du Québec. Elle a donc besoin de nombreux employés.

 

J'ai donc été mené vers leurs bureaux de Ville Saint-Laurent, comme 900 autres personnes. J'ai trouvé le tour d'arriver presque en retard, après avoir mal évalué les distances du bureau et de mon domicile. Une fois sur place, j'ai compris alors la raison pour laquelle on m'avait demandé de passer à 11h10 : on était nombreux à avoir eu l'appel. Après une brève entrevue de 10 minutes avec un monsieur de mon âge, bien mis et tout, j'ai été assez convaincant pour passer à la seconde étape. Celle-ci a consisté à une présentation de l'entreprise et de ses objectifs par un autre représentant, d'une durée de plus d'une heure. C'est là que j'ai appris le but de ces entrevues, avec l'ouverture prochains de bureaux. L'offre d'emploi a été largement expliqué, notamment les conditions salariales alléchantes et les avantages sociaux. Le travail, avec un minimum d'implication, peut nous rapporter environs 50 000$ par année et est de nature autonome, il n'y a pas de salaire, on se base surtout sur les contrats conclu suite aux rencontres à faire par semaine. On nous a précisé qu'on aurait droit à une formation et qu'il n'est pas question de défricher le marché, le travail est déjà fait. En somme, pour quelqu'un d'ambitieux et plein de dynamisme, le yuppie-type, c'est l'emploi idéal...

 

...mais pas pour moi.

 

À la suite de la représentation, j'ai rencontré à nouveau le monsieur bien mis de mon âge. Tout juste avant, j'ai rempli un questionnaire qui m'a fait réaliser des aspects de ce type d'emploi m'était étranger à ma nature. J'aurais quand aimé avoir eu plus de temps pour réfléchir à l'offre, mais en répondant aux cinquante questions, j'ai eu l'impression sourde de ne pas être à ma place. Dans le questionnaire, on m'a demandé des choses comme « Quelles sont vos ambitions? » et « Voulez-vous devenir riche rapidement? ». Quand j'ai rencontré  à nouveau mon premier interlocuteur, j'ai essayé de gagner du temps, mais peine perdue, je réalisais qu'il me fallait donner une réponse immédiate. Pour la première fois de ma vie, je devais admettre devant un employeur une opinion qui a pu me faire passer pour un quelconque looser (selon leurs préjugés de leur classe sociale). Pour moi, la richesse ne se calcule pas selon le compte en banque et les biens matériels que l'on possède, c'est d'un autre ordre. Je lui ai expliqué que le fait d'avoir vécu de façon plutôt précaire depuis tant d'année a eu raison de toute ambition à devenir riche, selon leurs critères. Je ne crois pas à ces offres mirobolantes de « la grande carrière pleine d'avenir et de promesses », on m'a déjà chanté ce refrain, quand j'ai été représentant pour Cell-Pro-Bell Mobilité. J'en suis sorti très amer et plutôt convaincu qu'il s'agit d'un mirage, ce n'est pas à la porté de toute nature de s'en mettre plein les proches. C'est peut être dans cette période que je suis devenu franchement critique envers le capitalisme, ce qui m'a mené à mes convictions politiques actuelles. Durant cette période de ma vie, comme je l'ai décrit dernièrement , ce que j'ai découvert a été ma capacité d'aider la clientèle, non pas de lui vendre du rêve. Je suis un excellent employé de soutien, point à la ligne.

 

J'ai remercié le monsieur bien mis, il m'a souhaité bonne chance dans ma carrière.

 

Je retiens de cette épisode ce que ma mère m'a justement fait part ce matin, dans son courriel : « J'avais un peu pensé que c'aurait été un genre de travail comme ils t'ont proposé et c'est vrai que ce n'est pas "vraiment" ton genre. Mais une première entrevue après 9 ans t'aura permis de te dérouiller face à un employeur...il faut voir le bon côté des choses. » Je n'ai pas d'autre chose à ajouter. Je demeure craquant, en chemise-cravate et j'inspire confiance en entrevue, ça c'est certain.

 

Je me suis senti un peu coupable en sortant, du fait d,avoir décliné cette offre. Je suis resté avec cette idée voulant qu'un chômeur ne peut se permettre de lever le nez sur les offres qu'on lui fait. Lorsque j'ai remis mon discman en marche, je me suis senti mieux. J'avais mis un vieux CD de Napalm Death,  « Utopia Banished ». La première chanson s'intitule « I Abstain », elle était vraiment de circonstance...

 

     

 

Le Swing

 

De retour chez moi, j'ai balancé les fringues de l'entrevue pour mes habituels t-shirt de groupe et bermudas. Plus tard en début de soirée, je suis allé rejoindre mon amie Audrey au Petit Medley, rue Saint-Hubert pour en prendre de la  bonne bière. Aussi, cet endroit est le lieu privilégié des amateurs de swing, cette danse revenue d'outre-tombe, depuis quelques années. Émilie et d'autres de leurs amis nous ont rejoint, pour participer à l'activité. Ben oui, mes copines sont devenues accros à ce genre de danse et évidemment... elles ont voulu que je m'y mette. Au début de la soirée, il y avait un cours d'introduction au swing, où les filles ont été très nombreuses à se porter volontaire pour apprendre les rudiments. Si j'ai manqué une chance de me faire connaître de l'une d'entre elles, c'est bien à ce moment, misère! Il y en avait bien une ou deux qui m'apparaissent très bien. Le problème est que je me suis pas trouvé très à l'aise d'apprendre des pas de danse, en portant des Doc Martens hautes de 14 trous. De plus, je détonnais à travers tout ce populo, même en restant à ma place. Si en plus il a fallu que je j'essaie de montrer que je ne danse pas comme une oie, alors là... Et puis le swing, ce n'est pas qu'une petite affaire, même si mes copines trouvent ça facile, désormais, après deux mois de pratique. La musique ne me plaît pas trop, mais c'est plus agréable que le hip hop qu'on entend toujours partout.

 

Peut-être que la prochaine fois, je vais être moins coincé... c'est ma nature, je le crains.

Publié par oktobre7 à 17:58:53 dans Le libraire inconnu | Commentaires (1) |

25-07-2007  22:50  25-07-2007 22:50
La social-démocratie une idée de pauvre ?  De  Mathieu  Sujet:  La social-démocratie une idée de pauvre ?
Tabarnacle, la sociale-démocratie, c'est pas une idée pour les pauvres !!!! T'as le droit de faire de l'argent, pis d'être social-démocrate, d'avoir les valeurs aux bonnes places ! C'est aussi possible d'être honnête pis de faire de l'argent ! La simplicité volontaire, c'est un choix, pas une obligation !

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