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Le Subversif

Les joies et colères de la vie de libraire

Oktobre, le joyeux libraire

Bonjour chères lectrices et chers lecteurs,



j'ai voulu créer une page pour me défouler, écrire ce qu'il se passe ici bas, dans le monde merveilleux des éternels étudiants endettés, avec un boulot peu rénuméré malgré les aptitudes et les diplômes acquis. Les amoureux de la lecture, plus particulièrement les maniaques de livres dont on ne parle pas beaucoup s'y retrouveront. Comme j'aime aussi les cultures métal et punk, c'est certain que je vais écrire quelques lignes là-dessus. 




Et puis moi... je suis désormais un ex-libraire, viré pour avoir exprimé son opinion sur son employeur, Renaud-Bray, malgré mes neuf ans d'ancienneté. Je suis dans la trentaine, ma formation est en histoire et en science politique. Pas d'enfant, pas riche, pas d'auto, pas de REER, pas de télé câblée, pas de colocataire et pas d'animaux. Mais beaucoup de livres et de disques.




J'espère que ce site va vous plaire. Bonne lecture!

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Cette semaine si tranquille... | 21 juillet 2007

Habituellement, ce n'est pas moi qui fait « Yéééééé! C'est vendredi!! ». Avec une semaine plutôt calme, je me garderai une petite réserve. Surtout que je suis toujours en chômage, après mon renvoi, voilà deux semaine de cela. À ce sujet, je m'adresse à mon Big Brother chez mon ex-employeur, toujours à la quête d'éléments supplémentaires pour me coincer :

 

                              

 

Merci, George.

 

En fait, ma semaine n'a pas été aussi plate que je le prétend. Le jour, il est vrai, j'attend des nouvelles des employeurs chez qui j'ai sollicité un emploi. À cette date, mon CV s'est retrouvé chez bon nombre de boîtes de toute sorte, des bureaux et des commerces. Pour les plus près de mon domaine, l'enseignement, j'attend la semaine prochain pour faire un blitz. Le soir, je ne l'ai pas passé à regarder des DVD, comme ça arrive souvent...

 

Lundi : en revenant de ma ballade de vélo digestive, lesté d'une boîte de popsicles, j'ai croisé ma voisine Constance, avec qui je partage la galerie d'en arrière et la cour. Elle m'a offert de prendre quelques bières en sa compagnie, ce que j'ai accepté. On a passé une agréable soirée à se raconter nos dernières péripéties, en buvant de la Heineken. Dans la journée, avant de rencontrer ma psy, je suis passé laisser du linge au Village des Valeurs. Profitant de ma présence, je suis allé vérifier l'adage de ma tante Pauline (Y'en a qui jettent les choux gras!) et je n'ai pas été déçu : une superbe paire de  bottes Doc Martens noires,14 trous et à ma pointure m'attendait, pour le prix aussi ridicule de 15$. Le type qui les possédait avant moi n'a même pas pris le temps de les casser. Ça explique la belle ampoule que j'ai aujourd'hui, au talon du pied gauche...

 

Mardi : dans la journée, j'ai reçu un appel d'Éric, mon ami polyglotte, avec qui je suis allé voir ce film sino-finlandais la semaine dernière. Il m'offre de l'accompagner à un spectacle à la Sala Rossa, sur la rue Saint-Laurent, sa blonde a décliné à la dernière minute et il lui reste un billet. En vérifiant sur le web, j'ai retrouvé la publicité du spectacle en question, Éric semblait croire que je connaissais le groupe en vedette, Battles. Ça m'a permis de faire des découvertes, moi le métalleux punk avec une petite culture trop orienté vers les mêmes trucs.

 

Les groupes annoncés, outre Battles, sont Singer et Etaoin Shrdlu. Éric a beau me préciser un peu plus les membres de ces groupes, je demeure dans l'expectative. Nous sommes arrivé assez tôt, pour s'installer devant la scène, quitte à ce que j'ai les oreilles qui bourdonnent pour quelques heures. Le premier groupe est celui au nom imprononçable. Musicalement, c'est intéressant et plutôt exploratoire. Bien que le groupe fasse uniquement des pièces instrumentales, c'est loin d'être ennuyeux. Je ne pourrai dire si je suis intéressé à me payer un disque de ce groupe, je suis encore incapable de le situer dans un mouvement quelconque. Post-rock? Quand même, il a offert une prestation énergique.

 

Etaoin Shrdlu

 


 

Le second groupe m'a plutôt laissé froid. Singer fait un genre encore plus expérimental, avec des musiciens aguerris et plein de potentiels...mais leur musique est franchement plate et sans intérêt. Sur scène, j'ai même trouvé que ça manquait de sérieux. Le guitariste en particulier, avec sa cravate coupée et sa chemise aménagée pour sa strap de guitare, pourrait donner dans un genre quasi clownesque. Ils on beau avoir du talent, je ne suis même pas certain que ça vaille la peine de faire ce genre de musique sur scène, c'est même barbant. Du moins, pour un public peu averti dont je fait partie, on peu laisser faire. Par contre, pour un festival de musique actuelle, le groupe a probablement sa place.

 

Sur le coup, j'ai lancé à Éric que les gens présents dans la salle ont des têtes d'employés de Renaud-Bray. Je n'aurais jamais si bien dit, car un peu plus tard, mon ancienne collègue Julie m'a trouvé et m'a annoncé que deux autres camarades de la succursale étaient présents, Antoine et le Dude. J'ai vu le Dude de loin, mais pas lui, trop occupé à observer la longue installation de l'équipement de Battles sur scène.

 

C'est dans ce type de spectacle que l'on peut observer la persistance d'un courant artistique très ancien, le mouvement beatnik... Bon, je sais que ça fait cliché et que je me base sur une observation très restreinte. Il faudrait que j'aille plus souvent voir ce type de groupes musicaux, pour m'en assurer. Quand même, j'en ai vu qui arborait le look de façon si ostentatoire, autant que d'autres personnes apparaissent en punk. Certains m'ont rappelé quelques profs que j'ai eu, au secondaire et au collégial, mais avec des têtes de la jeune vingtaine.

 

Je l'ai écrit plus haut, avant la prestation de Battles, il a fallu que Singer dégage de la scène avant que le groupe installe son volumineux matériel. Ça été un peu long, heureusement, le gars de la console s'est rendu compte que le disque de Thin Lizzy qu'il faisait jouer emmerdait tout le monde. Comme je le disait à Éric, ça me rappelait mes premières années où je pouvait sortir dans les bars, quand les trentenaires du temps avaient le contrôle de la musique. Je pense au D'Auteuil, à Québec, ou encore au Philray, à Laurier Station, le bar préféré de ma première blonde, où on en a entendu de ces classiques du rock des années 70 et 80. Assez pour s'en dégoûter. Après Thin Lizzy, on a eu droit ...à un album de MDC! Wow! Là, on m'a fait plaisir.

 

Battles est un groupe très orignal, dont la recherche musicale est très intéressante, selon ce que j'ai pu entendre. L'utilisation de samplings fait directement sur scène était assez inattendu. Même l'aspect scénique était originale, avec la batterie placée sur le bord de la scène,  en avant, avec une cymbale juchée très au-dessus du set. Malheureusement, il se faisait tard et j'étais fatigué, je suis parti après la troisième pièce. D'après la façon dont la foule était compacte, ce qui m'a pas facilité ma sortie,  Battles était très attendu. Il me faudra en entendre plus attentivement, afin de me faire une meilleure idée.

 

Battles

 

Mercredi : après une autre journée tranquille, je suis allé au cinéma avec le camarade Frank, qu m'avait appelé la veille. Après un passage dans ma cour arrière et quelques bières, nous sommes allé voir 1408, le dernier film basé sur une œuvre de Stephen King. Réalisé par Mikael Håfström, mieux connu dans on pays d'origine qu'en terre américaine, et mettant en vedette John Cusack et Samuel L. Jackson, ce film m'a bien plu, malgré quelques lacunes du scénario. Je tenais à voir ce film pour une seule raison, 1408 est une de mes nouvelles préférées. Incluse dans le recueil Tout est fatal, cette nouvelle m'avait fait retrouver ce que j'avais aimé plus jeune, dans l'écriture de Stephen King. En quelques dizaines de pages, nous assistons au travail d'investigation d'un écrivain cynique et sceptique, avec à son actif une série de livres sur les lieux présumés hantés, d'une chambre d'hôtel mystérieuse. Cette chambre causé la mort de ceux qui ont voulu passer la nuit à l'intérieur. Mais comme on le verra, son travail, habituellement tranquille, sera plus mouvementé cette fois-ci... Dans le film, on a gardé l'essentiel de la nouvelle et on a ajouté une foule de détails, certains sont inutiles mais d'autres améliorent le suspense.

 

...J'ai fait le saut à quelques endroits, ce qui m'a valu de me faire rire de moi par Frank...

 

 

Ben quoi, j'ai eu beau avoir été libraire pendant plus de neuf ans, j'ai bien le droit d'aimer la littérature de Stephen King, non?!? J'ai connu une libraire qui ne lisait plus rien depuis des années et que Garneau puis Renaud-Bray ont gardé dans leurs murs!

 
Jeudi : autre petite journée sans histoire, qui prend une tournure inattendue, lorsque je rejoint Frefon, qui m'apprend qu'on se retrouvent tous aux Trois Brasseurs de la rue Sainte-Catherine (dans la partie McGill), pour un semblant de 5 à 7. C'est le que je les ai rejoins, Luc, Snott et sa femme, Frefon et Sylvain, pour quelques bières et des quiproquos avec les waiters. On a terminé au Petit Medley, pendant que Snott allait tenter de corrompre un libraire de la succursale Indigo, pour obtenir une copie 24 heures avant tout le monde un exemplaire du dernier de la série Harry Potter. Je suis certain qu'il a échoué...Je pense qu'il avait un peu bu.
 
Aujourd'hui : j'ai passé la journée à la maison, en espérant un appel d'un employeur et surtout, une accalmie de la flotte qui nous tombe sur la tête. Ça vient tout juste de se dégager, dans le ciel. Il paraît qu'il va avoir du soleil toute la fin de semaine.
 
« C'est imbattable, viens te joindre à nous! »
 
Ce sont des paroles de l'ancien jingle utilisé par les Forces armées canadiennes, dans les publicités des années 70 et 80. Avec les annonces du gouvernement Harper, concernant la réouverture du collège militaire de Saint-Jean et le réinvestissement dans la base aérienne de Saint-Pie-de-Bagot, on dirait bien qu'on veuille faire changer une opinion nettement anti-militariste au Québec. À mon humble avis, ça ne changera pas grand'chose à cette opinion, n'en déplaise aux néo-conservateurs d'ici, dont je remarque une haine affichée envers les Québécois sur leurs blogues. Je pense à l'auteur du blogue « Monde Nouveau », dont les textes sont carrément réactionnaires. Personne n'est dupe, ce ne sont pas plus de francophones dans cette armée, nettement réfractaire au bilinguisme officiel, qui vont changer la perception de la chose militaire.
 
Je crois que ce sont les Cowboys Fringants, avec la chanson « La Sainte Paix », qui ont évoqué une réponse possible à ce rejet massif du militarisme au Québec :
 
Les Cowboys Fringants

La Sainte paix

 

Le monde est sans dessus dessous

Les chefs d'états s'énervent le poil

La marde est pognée partout

Ca parle rien qu' de ça aux nouvelles

C'est donc triste de constater

Qu'y a pas eu d'évolution

Qu'on soit prêt à s'entretuer

Comme des hommes de Cro-magnon

Mais chez nous au Québec

Y'a pas d' guerre depuis des siècles

On n'aime pas ça se faire tuer

Me semble que c' pas compliqué!

 

On a p't-être ben des défauts

Mais on n'est pas des "crack-potes"

On n'aime pas les chars d'assaut

Pas plus que le bruit des bottes

Allons résistons mes frères

A la connerie des militaires

Dans notre village d'Astérix

Au nord de l'Amérique...

 

A travers les années

On a toujours été pognés

Dans des conflits militaires

Qui ne nous concernaient guère

A l'époque c'est nos grand pères

Qui ont subi la conscription

Et qui ont traversé la mer

Pour servir de chair à canon

Mais moi j' te dis qu'aujourd'hui

Y feront pas de moi un tueur

Pour le compte d'une patrie

J'aime mieux devenir déserteur

 

J' tiendrai jamais une mitraillette

Pis je ferai jamais de push-ups dans bouette

Dans le fond d'une caserne

Des forces armées canadiennes

Allons résistons mes frères

A la connerie des militaires

Dans notre village d'Astérix

Au nord de l'Amérique...

 

J'viens d'un pays tranquille

Qui n'a jamais vu de missiles

Icitte du temps quand on s' battait

C'était à coups de mousquets

S'ils veulent jouer au G.I. Joe

Avec des bonhommes vivants

Moi j' les laisse faire les idiots

Et pis je sors mon drapeau blanc

Rien à foutre de l'armada

Et d' la folie des chefs d'états

La guerre sainte c' pour les épais

Moi ce que j' veux c'est la sainte paix

 

Allons résistons mes frères

A la connerie des militaires

En chantant "une colombe"

Loin du sifflement des bombes

Et au nord de l'Amérique

Devant not' village d'Astérix

Ca sera marqué en français :

"Icitte, sacrez nous donc la paix"

La Sainte Paix !

Publié par oktobre7 à 02:52:03 dans Le libraire inconnu | Commentaires (1) |