Bonjour chères lectrices et chers lecteurs,
j'ai voulu créer une page pour me défouler, écrire ce qu'il se passe ici bas, dans le monde merveilleux des éternels étudiants endettés, avec un boulot peu rénuméré malgré les aptitudes et les diplômes acquis. Les amoureux de la lecture, plus particulièrement les maniaques de livres dont on ne parle pas beaucoup s'y retrouveront. Comme j'aime aussi les cultures métal et punk, c'est certain que je vais écrire quelques lignes là-dessus.
Et puis moi... je suis désormais un ex-libraire, viré pour avoir exprimé son opinion sur son employeur, Renaud-Bray, malgré mes neuf ans d'ancienneté. Je suis dans la trentaine, ma formation est en histoire et en science politique. Pas d'enfant, pas riche, pas d'auto, pas de REER, pas de télé câblée, pas de colocataire et pas d'animaux. Mais beaucoup de livres et de disques.
J'espère que ce site va vous plaire. Bonne lecture!
Jerry Falwell. J'ai appris son décès aujourd'hui, à l'âge de 73 ans. Ce n'est pas dans mes habitudes d'écrire en mal d'un individu venant tout juste de rejoindre son créateur, même si c'était un type vraiment pas sympathique, de son vivant. Pourtant, je tenais à écrire quelques lignes sur ce supposé homme de Dieu.
Le télévangéliste Falwell a été le fondateur et la principale tête dirigeante du mouvement Moral Majority, un PAC (political action comitee) dans tout ce que ce terme renferme de sinistre. Le révérend Falwell, un baptiste fondamentaliste, citant la Bible pour à peu près tous les sujets, avait senti le besoin de promouvoir sa vision religieuse et de lui donner un langage politique, après les tumultueuses années 60 et 70. La Moral Majority, puis la Christian Coalition, autre mouvement politico-religieux cherchant volontairement à rétablir le lien entre l'Église et L'État, en dépit de la Constitution américaine, ont fortement transformé le Parti républicain, autant dans son programme politique que son électorat.
La Moral Majority, regroupant les activistes religieux catholiques, protestants et juifs les plus conservateurs, a été derrière le programme de démolition sociale de Ronald Reagan, le candidat républicain à l'élection de 1980. Anti-avortement, anti-homosexuel, anti-progressiste, favorable à la course à l'armement contre l'URSS et partisan d'un État d'Israël fortement militarisé, le mouvement a contribué aux victoires du président Reagan et à la victoire de George H. W. Bush. Il a également contribué à promouvoir la réduction de l'intervention sociale de l'État, pour permettre un retour massif de la présence des organisations religieuses, dans une vision rétrograde de la philanthropie. Déçu de certaines concessions pragmatiques de Bush père, la coalition n'aurais pas été au rendez-vous en 1992, permettant au démocrate William Clinton de se faire élire. En 2000 et 2004, la Christian Coalition, l'autre mouvement de Falwell, a fortement contribué aux deux élection de George W. Bush et sans doute, au programme ultra-conservateur du Parti républicain.
Ce mouvement de Tartuffes est devenu à la longue si incontournable, un lobby si puissant, qu'il est inimaginable de voir un éventuel candidat républicain se passer de lui. En fait, c'est devenu la partie la plus active du Parti lui-même. Le mouvement de Falwell a si bien réussi à devenir indispensable aux Républicains, autant pour les levée de fonds que pour la mobilisation de militants bénévoles, motivés dans une ferveur religieuse normalement étrangère à la politique, au point qu'on ne pouvait voir la séparation de ce PAC avec le parti lui-même.
Falwell est ainsi devenu un personnage puissant, imbu de lui-même et de son influence. Dans les années où on a vu son ascension, il a passé le plus clair de son temps à pourfendre tout ceux qui lui apparaissaient comme détestables. Outre les féministes, les gays et lesbiennes, les personnalités de gauche, il s'en est même pris aux défenseurs des droits civiques, en se liguant pratiquement avec l'extrême-droite et des milieux fascisants. Il s'est tellement senti intouchable qu'il s'est même permis une attaque particulièrement imbécile, aux lendemains du 11-Septembre. Je vais vous la citer, il s'adressait au public en studio, à l'émission The 700 Club, le 13 septembre 2001:
god must be dead if you're alive
Publié par oktobre7 à 06:06:57 dans Le subversif | Commentaires (0) | Permaliens