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Le Subversif

Les joies et colères de la vie de libraire

Oktobre, le joyeux libraire

Bonjour chères lectrices et chers lecteurs,



j'ai voulu créer une page pour me défouler, écrire ce qu'il se passe ici bas, dans le monde merveilleux des éternels étudiants endettés, avec un boulot peu rénuméré malgré les aptitudes et les diplômes acquis. Les amoureux de la lecture, plus particulièrement les maniaques de livres dont on ne parle pas beaucoup s'y retrouveront. Comme j'aime aussi les cultures métal et punk, c'est certain que je vais écrire quelques lignes là-dessus. 




Et puis moi... je suis désormais un ex-libraire, viré pour avoir exprimé son opinion sur son employeur, Renaud-Bray, malgré mes neuf ans d'ancienneté. Je suis dans la trentaine, ma formation est en histoire et en science politique. Pas d'enfant, pas riche, pas d'auto, pas de REER, pas de télé câblée, pas de colocataire et pas d'animaux. Mais beaucoup de livres et de disques.




J'espère que ce site va vous plaire. Bonne lecture!

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L’homme d’un de mes souvenirs n’est plus. | 27 avril 2007

J'ai appris ce matin la mort de Mstislav Rostropovich, un des grands musiciens de notre époque. Il avait 80 ans.

 

Je ne réécrirait pas toute sa biographie, ce qui serait un peu inutile. Je laisse ici quelques liens, celui de son article sur Wikipedia, et d'autres liens sur Youtube.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Mstislav_Rostropovitch

http://www.youtube.com/watch?v=LU_QR_FTt3E

http://www.youtube.com/watch?v=PnzLEDDbANY

http://www.youtube.com/watch?v=Ud3BvW2MAj4

 
Je me rappellerai toujours de lui, pour un souvenir des plus émouvants de ma jeunesse. C'est lors de la Chute du Mur de Berlin, en novembre 1989. Rostropovich, installé à Paris, regarde comme des millions de personnes les informations en direct. Il a cette idée qui le frappe, aller jouer pour le souvenir de ceux qui sont mort, en tentant de franchir le « mur de la honte », depuis son érection en 1961. Il demande à un de ses amis fortunés, pour lui « emprunter » son avion, vers Berlin. C'est aussitôt fait. Une fois rendu sur place, à l'aéroport, il prend un taxi, qui le mène au pied du Mur, à un endroit peu fréquenté. Sur place, Rostropovich est  embêté : il a amené son violoncelle, mais il a oublié d'emporter un banc, ou une chaise pliante. Il se rend à la maison la plus proche. À la maîtresse de la maison, il lui demande de lui emprunter une chaise, qu'il rapportera bien entendu après sa prestation. La dame le reconnaît, lui demande quand même « s'il est bien Rostropovich », ce que confirme l'intéressé. Elle lui demande de l'attendre quelques instants. Elle revient avec la chaise et une vingtaine de ses amis, qui constitueront son public. 

Rostropovich jouera pour cette vingtaine de personne, et un caméraman qui prendra cette scène très émouvante en images. Malheureusement, je n'ai pu retrouver de documents, sur les moteurs de recherche qui me sont habituels. Je n'ai également pu trouver de photos de cet événement. Mais je l'ai vu, ce matin là, à la télévision. J'ai su qui il était. Et j'ai pleuré en l'entendant jouer du Bach, avec son violoncelle, avec comme seul décor le gris du Mur de Berlin.

                                   

Publié par oktobre7 à 22:07:01 dans Le libraire inconnu | Commentaires (0) |