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Le Subversif

Les joies et colères de la vie de libraire

Oktobre, le joyeux libraire

Bonjour chères lectrices et chers lecteurs,



j'ai voulu créer une page pour me défouler, écrire ce qu'il se passe ici bas, dans le monde merveilleux des éternels étudiants endettés, avec un boulot peu rénuméré malgré les aptitudes et les diplômes acquis. Les amoureux de la lecture, plus particulièrement les maniaques de livres dont on ne parle pas beaucoup s'y retrouveront. Comme j'aime aussi les cultures métal et punk, c'est certain que je vais écrire quelques lignes là-dessus. 




Et puis moi... je suis désormais un ex-libraire, viré pour avoir exprimé son opinion sur son employeur, Renaud-Bray, malgré mes neuf ans d'ancienneté. Je suis dans la trentaine, ma formation est en histoire et en science politique. Pas d'enfant, pas riche, pas d'auto, pas de REER, pas de télé câblée, pas de colocataire et pas d'animaux. Mais beaucoup de livres et de disques.




J'espère que ce site va vous plaire. Bonne lecture!

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Lendemain de veille | 28 mars 2007

Je me suis fait discret un peu plus tard aujourd'hui. Ma soirée d'hier a été un peu difficile à récupérer, je me suis couché à 4h00 ce matin, avec l'effet de quelques pintes de bonne bière. Et avec le sentiment de vivre dans l'ambivalence...vous me pardonnerez donc d'avoir été tradif à ma contribution de vos lectures.

 

D'une part, vous ne serez pas surpris, je ne partage pas du tout la joie des partisans du Caudillo Dumont. 41 députés, des candidats arrivant deuxième dans 45 autres comtés, dont plusieurs à Montréal, le titre de parti de l'Opposition officielle, un gouvernement libéral minoritaire, dont la durée de vie ne s'étendra pas tellement à plus d'une année et demi. Avec à l'horizon, le conservatisme de Stephen Harper, prêt à fondre sur les mêmes secteurs remportés par l'ADQ, suite à une élection possible dans l'année. Non, je ne suis pas tellement heureux, mais je me répète ce que ma mère m'a envoyé à nouveau, la prière de la sérénité. Hier, à la soirée électorale au théâtre Plaza, entouré de mes camarades, je répétais comment nous allons devoir revivre certaines luttes passée, car il est certain désormais que le mouvement social n'aura pas l'écoute des députés de l'ADQ, pour mener à bien les projets afin d'améliorer l'ordinaire de milliers de personnes défavorisées au Québec. « On n'a pas fini de manifester! », une phrase que j'ai répété souvent hier soir. Assez pour que je n'ai plus tellement de voix aujourd'hui, comme si j'avais eu une longue pratique avec mon groupe.

 

Je n'en rajoute pas plus, écrire sur des trucs négatifs et toujours les mêmes, ça deviens lassant. J'en profite donc pour vous inciter à visiter le site de Nic et lire ce texte très limpide, sur la signification du programme adéquiste dans les régions où ce parti a obtenu son support. C'est ma consolation, le désenchantement risque d'être rapide, chez de nombreux partisans du Caudillo, quand ils en sauront plus long sur la signification du mot « changement » dans la bouche de leur « cheuf ». Nic est un bloguiste à découvrir et à suivre, nous avons le privilège de l'avoir dans notre communauté.

 

D'autre part, avec Québec solidaire, je dirais que cette soirée au Plaza m'a été très salutaire. J'étais entouré d'une foule d'amis, je devais connaître personnellement entre le quart et le tiers des gens présents. La symbiose que nous avons vécu, en scandant le slogan classique « Ce n'est qu'un début... » et en entendant les discours de nos principaux candidats. Celui d'Amir, en particulier. Vous l'avez peut-être regardé à la télé, un grand moment de la jeune histoire de notre parti...et de ma vie de militant. Le discours en citant Miron, je ne pouvait être que là, dans la salle. Dans quelques années, je pourrais dire « J'étais là », la fierté dans la voix. Nous n'avons pas de député aujourd'hui, nous avons obtenu la deuxième place dans les comtés de Mercier et Gouin, une ou deux troisième place ailleurs, on s'est contenté d'améliorer nos résultats de 2003, du temps de l'UFP. Nous avons eu environs 150 000 voix dans tout le Québec, soit 3,67%. Mais malgré ces scores modestes, nous savons que désormais, nous sommes inévitables, quoiqu'en disent les journaleux de Power Corporation. Certains coins du Québec sont encore perméables à notre arrivée, mais ailleurs, nous sommes étonné de la réception de notre message. Je pense entre autre à Rimouski, où nous avons fait un résultat honorable, là où nous avions aucune organisation.

 

Les Verts ont fait un peu mieux que nous, mais malheureusement, leurs votes sont concentrés dans l'ouest de l'Île. J'ai appris justement hier qu'il s'agit de la seule alternative des jeunes anglophones ou allophones, peu intéressés à la question nationale mais pas plus au message du PLQ de leurs parents. Je sais aussi que désormais, le Parti Vert du Québec va être aussi inévitable. Il lui reste cependant à peaufiner le discours, surtout l'arrimer avec une base de programme plus tangible, liée à la vie des citoyens et citoyennes.

 

Aujourd'hui, en ce lendemain de veille un peu difficile, j'ai eu l'excellente initiative d'aller aider à vider notre local électoral et revoir mes camarades, au lieu de ruminer avec mon mal de crâne. Le bilan de mon implication, il est plus que positif. Je n'en ai pas fait autant que je l'aurait souhaité, mais quand même, on a fait ensemble ce qu'on a pu, en obtenant plus du double de voix que ce qu'on a obtenu en 2003, avec Omar Aktouf, sans compter l'expérience d'une campagne électorale. Et surtout, surtout, que de nouvelles personnes, dont j'ai eu la chance de faire la connaissance. Rien qu'à Rosemont, je pense à François et Maria, en plus du groupe du Comité de coordination. Mais aussi tous les militants qui ont spontanément offert de leur temps, je pense à Roger, Françoise, Louise, Michel, des gens avec un cœur gros comme ça, de l'espoir à revendre. Je pense aussi à ceux que j'ai connu dans mon comté, Hochelaga-Maisonneuve, avec Minerva, Gabriel, mon candidat, avec qui je suis revenu de notre soirée (je lui doit une bière!), sa copine dont j'oublie le nom à l'instant et Alexandre, mon ancien collègue, avec qui maintenant je vais militer activement. Et les autres, que j'ai vu hier soir, tant de candidats que je connais, comme Valérie, la candidate dans Viau, André, dans Crémazie, Jocelyn, dans le Nord... Une belle bande de rêveurs et d'utopistes, dont on ne peut plus faire semblant d'ignorer ou simplement mépriser.

 

Ah oui, moi aussi, je l'ai trouvé ben plate, quand j'ai su que Patapouf 1er était finalement réélu. C'étais ma grande consolation, mais bon, une fois la nouvelle encaissée, on s'est acheté une autre pinte...

 

Ça serait faux, de dire que j'ai hâte à la prochaine fois. Je sors de ces semaines émotionnellement épuisé, une campagne électorale aussi peu reluisante au niveau des idées ne laisse pas beaucoup de gens indemne. La suite ne sera pas jojo, avec l'Union nationale créditiste prête à nous faire revivre les mêmes platitudes. Je me dis qu'il va être important cette année, de donner au Québec une journée du 1er Mai dont on se souviendra longtemps. C'est ma prochaine date à retenir.

 

                   

                      Une partie des candidats, le 16 mars dernier

 

 

                                    

                            Ce qui attend notre gouvernement minoritaire, cette semaine...

Publié par oktobre7 à 04:36:35 dans Le subversif | Commentaires (0) |