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Le Subversif

Les joies et colères de la vie de libraire

Oktobre, le joyeux libraire

Bonjour chères lectrices et chers lecteurs,



j'ai voulu créer une page pour me défouler, écrire ce qu'il se passe ici bas, dans le monde merveilleux des éternels étudiants endettés, avec un boulot peu rénuméré malgré les aptitudes et les diplômes acquis. Les amoureux de la lecture, plus particulièrement les maniaques de livres dont on ne parle pas beaucoup s'y retrouveront. Comme j'aime aussi les cultures métal et punk, c'est certain que je vais écrire quelques lignes là-dessus. 




Et puis moi... je suis désormais un ex-libraire, viré pour avoir exprimé son opinion sur son employeur, Renaud-Bray, malgré mes neuf ans d'ancienneté. Je suis dans la trentaine, ma formation est en histoire et en science politique. Pas d'enfant, pas riche, pas d'auto, pas de REER, pas de télé câblée, pas de colocataire et pas d'animaux. Mais beaucoup de livres et de disques.




J'espère que ce site va vous plaire. Bonne lecture!

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Un autre drôle qui fait honte à son chef... ça aide à tempérer le blues d'hiver! | 16 mars 2007

J'admet être amèrement déçu de la couverture médiatique de la campagne électorale actuelle, mais encore plus de cette montée de l'ADQ. Cette croyance désormais acquise chez bon nombre d'électeurs que ce parti et surtout son chef, Mario Dumont, représentent leurs intérêts me laisse perplexe. Je n'ai pas l'impression d'avoir vu le même débat que ces électeurs, alors que Mario Dumont a démontré son incapacité à assumer le poste qu'il convoite. Il ne reste qu'à se demander à quoi servent ces « combats de coqs », si ce n'est que pour valoriser celui qui va sortir un lapin de sa manche le plus rapidement, pour impressionner ses électeurs. Vivement un siège pour Québec solidaire, afin que l'on ne puisse plus éviter de débattre en profondeur, la prochaine fois, en présence d'un représentant de la gauche.

 

Peut-être que ce choix envers l'ADQ se justifie, par le dégoût envers le bipartisme, la gestion sans vision de l'actuel gouvernement, le type de souveraineté proposé par le Parti québécois, allez savoir. Peut-être qu'il se justifie aussi par la volonté de voir le Québec se transformer en une société pas très loin de ce qu'elle a été, une société conservatrice, dont la religion serait cette fois-ci la création de la richesse, et l'évangile serait fourni par les idéologues de tout poil de l'IEDM et consort, agissant en curés du capitalisme sauvage. Mais est-ce suffisant pour élire un parti dont le seul atout est son chef, un politicien très habile, avec un programme autrefois néo-libéral mais désormais plutôt flou, et une cohorte de candidats qui n'inspirent rien d'autre que de la méfiance, tant ils ont fait preuve d'opinions les plus révoltantes, lorsqu'ils ont été libre de s'exprimer. Même si Mario Dumont et son parti ne forment pas le prochain gouvernement, je ne tiens pas non plus à ce qu'ils forment l'Opposition officielle, devant un autre gouvernement libéral de Jean Charest. Ça m'incite à en faire beaucoup plus, du téléphone de pointage et du porte-à-porte pour mon candidat de Québec solidaire (c'est François Saillant, dans Rosemont), car avec une telle opposition, il est certain que nous assisterons à des reculs importants des mouvements sociaux, incapables d'avoir un quelconque appui auprès des ministères, devant une configuration parlementaire marquée à droite. L'ADQ, sans exagérer, est le parti qui a déjà eu pour but de mettre un terme à toute subvention et à toute reconnaissance des mouvement sociaux, cette fonction publique informelle permettant l'appui sur le terrain, pour les mesures d'aide de l'État, dans les milieux les plus difficiles. Pour un parti regroupant les réactionnaires les plus allergiques à l'action sociale et à ses manifestations, il va être intéressant de voir la recrudescence de ces mêmes manifestations qu'ils abhorrent. On va en faire, des marches de protestation, camarades...

 

               

 

À ce sujet, la seule consolation que j'ai aujourd'hui est de vous présenter le nouveau champion de la déclaration loufoque de l'ADQ. Vous avez sûrement remarqué, les adéquistes et leurs proches en politiques ont tendance à cultiver un défaut, c'est l'idée de la confrontation. Pas tous les adéquistes, je ne veut pas faire de généralisation, mais c'est une tendance notoire. Le Plateau de la go-gauche versus les régions, les personnalités connues versus le « vrai monde », les fonctionnaires versus les contribuables, les « syndicaleux » versus les entrepreneurs, les « ethnies » versus les « vrais Québécois », les intellos versus le monde qui parle « des vrais affaires », les gauchistes à pancartes versus les créateurs de richesse, etc. Mais la meilleure, c'est la confrontation entre les « baby-boomers » et la génération montante. Je l'ai remarqué, dans la critique anti-système de certains adéquistes, il est notoire qu'on inclus le conflit de génération. Le monsieur d'aujourd'hui a fait cette même dichotomie générationnelle.

 

Victor Bilodeau, candidat de l'ADQ dans Pontiac, s'est trouvé très intelligent d'écrire en septembre 2006, dans une publication d'Aylmer (http://www.bulletinaylmer.com/archive/2006-09-20/lettres.html) une lettre ouverte sur l'injustice que commettent les baby-boomers, par leur simple présence...Peu représentative de sa qualité de docteur en philosophie, cette lettre contient la perle suivante :

-« C'est un cercle vicieux, plus on est endetté plus on s'enlise. Les taxes et les impôts nous écrasent et le poids des dettes se fait sentir. (...) Les boomers pour leur part n'ont pas ce problème. Depuis leurs naissances qu'ils détournent les ressources de la société à leur avantage, eux qui prétendent au monopole de la solidarité, eux qui n'ont même pas eu le courage se reproduire après avoir eu tout cuit dans le bec au niveau professionnel. Voilà qu'ils deviennent des cas de Liberté 55 avec grosse pension. Voilà une solution nous devrions saisir les fonds de leur régime de retraite et de la Régie des Rentes du Québec et payer la dette qu'ils nous ont gracieusement laissée avec. »

 

Cela ne fait pas 10-15 ans qu'il l'a écrit, le monsieur Bilodeau, c'est l'automne dernier, misère! Une chose que j'ai définitivement renié de mon errements du passé, de ma jeunesse un peu poche, c'est bien ce genre de discours, représentatif d'un manque de maturité évident. Mes parents sont de ces baby-boomers injustement traités de profiteurs par ce monsieur. Et je profite à mon tour de leur travail de toute leur vie, sans quoi je serais actuellement pas mal plus dans la dèche. Nous profitons tous de leur travail, ces gens de la génération du baby-boom, à des degrés divers. On n'est peut-être pas aussi riche qu'on voudrait l'être, mais à comparer d'où cette génération a démarré dans la vie, le chemin parcouru est immense. Et je ne me trouve pas si mal, même en étant un petity libraire mal payé.

 

Pour paraphraser un slogan à la mode autrefois : Faisons payer les retraités! C'est dans le programme de l'ADQ, ça?

 

Si ce monsieur Bilodeau est élu, il va peut être essayer de se confondre avec les rideaux de la chambre d'assemblée, des années après avoir écrit une bêtise pareille...

 

                                     

                        Victor Bilodeau: vous êtes un baby boomer? Il ne vous aime pas...

Publié par oktobre7 à 23:07:48 dans Le subversif | Commentaires (3) |