Bonjour chères lectrices et chers lecteurs,
j'ai voulu créer une page pour me défouler, écrire ce qu'il se passe ici bas, dans le monde merveilleux des éternels étudiants endettés, avec un boulot peu rénuméré malgré les aptitudes et les diplômes acquis. Les amoureux de la lecture, plus particulièrement les maniaques de livres dont on ne parle pas beaucoup s'y retrouveront. Comme j'aime aussi les cultures métal et punk, c'est certain que je vais écrire quelques lignes là-dessus.
Et puis moi... je suis désormais un ex-libraire, viré pour avoir exprimé son opinion sur son employeur, Renaud-Bray, malgré mes neuf ans d'ancienneté. Je suis dans la trentaine, ma formation est en histoire et en science politique. Pas d'enfant, pas riche, pas d'auto, pas de REER, pas de télé câblée, pas de colocataire et pas d'animaux. Mais beaucoup de livres et de disques.
J'espère que ce site va vous plaire. Bonne lecture!
Je partage avec vous la prière que ma mère m'a fait parvenir. Elle est bien en vue près de mon babillard.
Mon Dieu, donnez-moi la SÉRÉNITÉ d'accepter les choses que je puis changer
Le COURAGE de changer les choses que je peux
Et la SAGESSE d'en connaître la différence
Pas mal, non? Ça tombe bien, cette prière, ce n'est pas que j'ai envie de me la tatouer en caractère gothique sur un bras, mais c'est tout comme. Avec ce que j'ai appris ce matin, il m'arrive d'avoir de ces tentations, comme ça.
Je suis allé consulter un médecin ce matin, un de la clinique recommandée par mon amie Mélanie, qui est déléguée sociale dans mon syndicat. D'autres militants, dans le même genre que moi où ailleurs, ont connu des situations similaires, la clinique s'est fait une spécialité auprès d'eux. C'est avec la résolution d'en finir au plus vite avec mon problème que je suis allé rencontrer le médecin ce matin. Effectivement, la rencontre a été très courte.
Ce que j'ai appris m'a sidéré. Je croyais en avoir terminé avec la dépression, en 2005, après plus de deux ans de médicaments à prendre. En fait, je pourrais vivre avec cette possibilité jusqu'à la fin de mes jours. Le médecin m'a appris que dans mon cas, avec mon âge et les antécédents familiaux, la possibilité était de 90% de que je retombe dans une période dépressive, dans l'espace d'une année suivant ma rémission. Merde! Pour la suite, le médecin m'a demandé d'aller au même hôpital qu'en 2003, à la même urgence, pour demander à suivre le même processus médicaments/thérapie. Au bout de je ne sais combien d'heures d'attente, dans la salle en question, en joyeuse compagnie des grabataires et des enfants qui hurlent... du moins, c'était comme ça la dernière fois. Je me demande si je devrais avoir l'air pire que je me sens en réalité, pour passer plus rapidement...
C'est ce qui m'attend demain matin, je me lève à 6h00, pour espérer de ne pas me faire tasser dans un coin et être reçu douze heures plus tard. Je vais m'amener deux livres, pour être certain de ne pas mourir d'ennui.
J'avais déjà décris la situation à mon entourage, en leur précisant que je ne souhaitais pas à mes ennemis de vivre la même chose. C'est peut être la raison pour laquelle je vais aller là-bas tôt le matin, dans l'espoir de ne pas m'éterniser et faire autre chose dans la journée, une fois le problème diagnostiqué. Car il me reste un espoir, celui de ne pas être nécessairement dépressif...en effet, si je l'était, outre mon problème de pensées suicidaires incontrôlées, je mange toujours avec appétit, je ne pleure pas tout le temps (ce qui était le cas en 2003), je n'ai pas tendance à m'isoler et, vous en aviez le doute, je garde beaucoup d'espoir envers la vie. Je milite pour Québec solidaire, même si je suis certain que ça va être le PLQ qui va former le gouvernement, j'en connais qui n'iront même pas voter, pour la même évidence. Ce n'est pas très symptomatique de la dépression, n'est-ce pas?
On verra bien demain...
Ridicule...
Vous connaissez peut-être le film de Patrice Leconte portant ce titre, "Ridicule", sorti en 1996, ou encore le roman de Rémi Waterhouse, d'où est tiré le récit. Nous sommes à Versailles, en 1780. Un jeune noble de province, Grégoire Ponceludon de Malavoy, cherche à rencontrer le roi Louis XVI pour obtenir le financement de l'assèchement des marais de ses terres, pour améliorer la vie de ses paysans. Une fois sur place, il constate que le seul moyen d'approcher le roi, entouré d'une cours de « bel-esprits », il doit se soumettre aux mêmes exigences pour pouvoir espérer une audience. Dans cette cours s'affrontent des nobles de différentes fortunes, dont les langues acérées cherche à se faire connaître par les mots d'esprit, dans des joutes oratoires. On peut se rapprocher de la reconnaissance royale pour un bon mot placé, mais un «ridicule » peut mener le malheureux ayant commis une mauvaise répartie à sa perte définitive.
C'est un peu de cette façon que j'entrevois le débat des chefs. Comme chacun doit se démarquer d'une joute oratoire sensiblement de la même mouture que celles du film, on attend alors lequel va planter son adversaire de façon inattendue et définitive, pour se faire sacrer « vainqueur » par les médias et espérer être Premier ministre, peu importe le reste de la campagne. Rappelez-vous le coup de la déclaration de Jacques Parizeau, sortie par Jean Charest en 2003, qui a décontenancé Bernard Landry et a fait capoter sa campagne. Les plus vieux se rappellent le rôle de « l'accusé » tenu par le chef du Parti libéral du Canada, John Turner en 1984, sous les accusations de Brian Mulroney. Ce dernier l'accablait de toute l'incurie des années du gouvernement Trudeau. Le résultat a été révélateur, les conservateurs avaient balayé le pays, particulièrement le Québec
C'est pourquoi je ne suis pas si triste de ne pas voir Françoise David et Scott McKay au débat. Certes, il va manquer beaucoup de contenu à ce débat, les chefs de partis vont s'engueuler à qui mieux-mieux, on va en voir un meilleur que l'autre, nombre d'électeurs ne vont pas être très édifiés de suivre ce spectacle... mais tant qu'à voir la répétition du débat de 2003, aussi bien pour Québec solidaire et le Parti vert de continuer ainsi leur campagne respective et consolider ses appuis.
D'ailleurs, je vais le regarder, ce débat, en compagnie de mes camarades, à notre local électoral de la rue Masson. Si l'hôpital me le permet et m'a relâché avant...
Publié par oktobre7 à 03:18:30 dans Le libraire inconnu | Commentaires (0) | Permaliens