Bonjour chères lectrices et chers lecteurs,
j'ai voulu créer une page pour me défouler, écrire ce qu'il se passe ici bas, dans le monde merveilleux des éternels étudiants endettés, avec un boulot peu rénuméré malgré les aptitudes et les diplômes acquis. Les amoureux de la lecture, plus particulièrement les maniaques de livres dont on ne parle pas beaucoup s'y retrouveront. Comme j'aime aussi les cultures métal et punk, c'est certain que je vais écrire quelques lignes là-dessus.
Et puis moi... je suis désormais un ex-libraire, viré pour avoir exprimé son opinion sur son employeur, Renaud-Bray, malgré mes neuf ans d'ancienneté. Je suis dans la trentaine, ma formation est en histoire et en science politique. Pas d'enfant, pas riche, pas d'auto, pas de REER, pas de télé câblée, pas de colocataire et pas d'animaux. Mais beaucoup de livres et de disques.
J'espère que ce site va vous plaire. Bonne lecture!

Il me semble que je n'ai pas dit beaucoup de chose sur Renaud-Bray, depuis quelques temps. Comme c'était tranquille, hormis les coupures d'heures dans les succursales, il n'y avait peu de chose à ajouter. Toujours les mêmes inepties, de la part de la direction commerciale, afin d'être moins efficace et passer pour une bande de crétins. La routine habituelle, quoi.
Il fallait que je termine à 18h00, pour connaître la dernière pitrerie de notre direction. Deux jours auparavant, nous avions obtenu, en très grande quantité, les nouveaux livres de Stéphane Bourguignon et de Guy Corneau. Dans le cas de ce dernier, c'est considérable, pour un livre de psycho-pop. Nous avions déjà eu la consigne de placer les autocollants "Coups de coeur", vous savez, ce truc laid que nous avons comme marque de commerce. Pour une fois où la consigne est arrivée AVANT de placer tous les livres, on a eu l'opportunité de placer les collants et les livres ensuite, sur les étalages. Autrement, on recevait la consigne deux jours plus tard, pour mieux perdre notre temps à démonter les piles de livres, placer les p'tis maudits collants, puis remonter les piles. Un livre avec un "Coup de coeur", il faut se fier dessus... une grosse connerie de marketing cheap. Enfin, on a passé une heure à placer ce putain d'autocollant sur chacune des couvertures, de toutes les copies en magasin.
Ces deux titres, ils ont été des "Coups de coeur"... pour moins de 48 heures. Une autre directive est arrivée aujourd'hui. Les deux titres ne sont plus des "Coups de coeur", ordre de la direction. Le choix des "Coups de coeur", c'est Pierre Renaud en personne. Que s'est-il passé? Dans le contexte où l'entreprise perd du fric par milliers de dollars, fait subir des coupes dans nos horaires, continue à plastronner devant le milieu comme une business en pleine forme, la voilà qu'elle n'est pas foutue de coordonner ses décisions commerciales. Et encore une autre heure perdue à enlever tous ces autocollants sur ces livres...partout dans le réseau. Quand je l'ai appris, ma réaction a été "Bon, les livres, là, y'était bon pis là, y sont pus bon...". Quelle bouffonnerie. On ne saura jamais pourquoi notre bon patron a fait volte-face, comme on ignore les raisons des choix des titres, pour l'obtention du "Coup de coeur". Remarquez, certains livres ont déjà le logo imprimé sur leur page couverture, comme les livres de Sudoku, de Rudel Médias.
Quand un jour, peut-être pas si lointain, on fera l'autopsie de cette entreprise ubuesque, j'espère qu'on ramènera ce beau contre-exemple de gestion, pour l'avenir de la profession.
Notre bon patron, au naturel... et quand il se force à sourire!
Publié par oktobre7 à 04:34:16 dans Le libraire inconnu | Commentaires (0) | Permaliens
Nous avons appris la décision des employés de l'usine d'Olymel, à Vallée Jonction, en Beauce. 97% d'entre eux ont voté contre l'offre ultime de leur employeur, une offre d'une convention collective non-négociée, demandant un grave recul de conditions de travail. Cet odieux chantage, mené par Olymel et par la voix du "corporate bum" qu'est l'avocat patronal Lucien Bouchard, a été contrecarré par une volonté manifeste de travailleurs refusant de se faire plumer, au nom de la mondialisation. Travailler, oui, mais pas à n'importe quel prix.

Employés d'Olymel, à Vallée-Jonction
Je connais les habitants de la Beauce. Ce n'est pas le genre de personnes avec lesquels je suis à l'aise, après avoir vécu pas très loin de cette région. Des gens plutôt conformistes, attirés par le discours du libéralisme, la culture américaine et le matérialisme. Mais ce que j'ai apprécié de ces travailleurs de Vallée-Jonction, c'est leur pragmatisme. Ce ne sont pas des militants syndicaux menés par des idéaux abstraits, mais bien par le souci de la justice. Nul doute que rien ne garantissait le maintien des emplois par Olymel à cette usine. En fait, il n'aurait pas été étonnant de savoir qu'un peu plus tard cette année, ces mêmes emplois auraient été perdus, au profit de l'investissement réalisé en Alberta par cette entreprise. À entendre les membres du conseil d'administration, Olymel ne peut faire autrement, pour mener la compétition avec des joueurs internationaux, le discours habituel pour justifier l'injustice créée par le processus de la mondialisation des marchés. On a eu l'illustration de la signification des paroles de Michel Chartrand, en son temps:
"Le capitalisme est un système sans coeur, amoral, asocial, anational et au-dessus de tous les gouvernements."
Publié par oktobre7 à 04:44:42 dans Le subversif | Commentaires (0) | Permaliens